Vieux routard du rock à Saint-Malo un week-end de 15 août

Difficile de faire un report complet du festival de la Route du Rock 2009 à Saint-Malo quand on n’assiste qu’à l’une des soirées donc je me contenterai de ladite soirée, en ce samedi ensoleillé du 15 août au Fort Saint-Père. Dans la série “je me fais vieux”, quand je disais avoir assisté (sans discontinuer) à Astropolis depuis 1999, je me remémore ma première Route du Rock… en 1996 (soit la première édition où je disposais d’un véhicule pour m’y rendre :p). Le visage du festival n’a pas tant que ça évolué depuis, organisé par les mêmes personnes (l’association Rennaise Rock Tympans), toujours dans les mêmes lieux (même s’il s’est étendu l’après-midi à la ville de Saint-Malo), avec toujours une même ligne directrice, proche des Inrocks (pour ne pas dire l’inrockuptible Lenoir), qui laisse une large place au rock britannique, sans réelle tête d’affiches populaire, mais avec une réelle, même si plus ou moins légère selon les années, ouverture aux musiques dansantes (et donc électroniques aussi)

Je dois bien avouer que l’évocation de la programmation 2009 ne m’avait guère enthousiasmé, ni sur le plan du rock, ni sur celui de l’electro. Je ne suis pas fan de la pop formattée pour la radio (fût-elle anglaise); “Pop is not a musical form”, comme d’autres l’ont dit auparavant ou comme je l’arbore avec fierté sur le festival à qui mieux mieux pour faire passer le message qu’il ne faudrait pas apposer cette étiquette. The Kills, Peaches, The Horrors étaient les noms qui m’intéressaient, je ne suis pas très fan d’Autokratz et Kitsune en général, et je n’écoute plus Dominique A depuis que je n’écoute plus Lenoir (ce qui est à peu près le cas depuis que j’ai l’ADSL) et étant donné le prix d’entrée relativement prohibitif (34 Euros en réservation), et mon budget festival qui a explosé en 2009, j’envisageais le samedi et optionnellement le vendredi. La non-venue de The Horrors a donc fait que je me suis concentré sur le vendredi. Bien qu’habitué au festival, je n’ai visiblement pas encore su anticiper mon arrivée pour ne pas rater St Vincent. Mais pourquoi diantre ont-ils inversé l’ordre de passage ? Tant pis pour moi, cela semblait sympa… Je me rattraperai plus tard sur ArteLiveWeb, un service d’une chaine TV qui propose enfin du concert live de qualité correcte (pour le son parce que pour l’image on repassera) sur le web. Je ne peux qu’applaudir l’initiative.

A défaut, c’est donc sur les premières notes de Papercuts que j’arrive au fort. Groupe typique de début de soirée Route du Rock pourrait-on dire, sympa à écouter comme à la radio en dilettante. Rien de plus. Camera Obscura prend la suite, et l’adjectif qui me vient tout de suite sur les premiers titres, c’est “gentillet”. Mais je dois dire qu’avec la progression de leur concert, mon impression s’améliore, et au contraire de Papercuts, je pense que je redonnerai une oreille à ce groupe à l’occasion sur Spotify :) . Je n’avais guère profité de The Kills aux Eurockéennes pour cause de cohue entre photographes (vous savez ceux qui ne “connaissent pas le groupe, mais il parait que c’est bien”) qui m’avait fait patienter (loin) derrière la scène… pour ne finalement rien faire. Manqué les 4 premiers titres et placé très loin, je n’avais pas franchement pu apprécier le concert, et venait principalement pour eux à la RdR. Absolument pas réfractaire aux boucles ajoutés aux prestations scéniques contrairement à d’autres qui m’accompagnaient, leur son, comme leur prestation scénique me convainct définitivement que le groupe fait partie des rares groupes de rock dont le set ne m’ennuie une seule seconde (si on élude les problème techniques :p). Ils se comptent sur les doigts d’une main de nos jours. Le show de Peaches s’annonce, et de ce côté-là pas de surprise, l’inflation continue. Tenues multiples et déjantées, pogo sur le public… Sweet machine, son groupe, et ses danseuses, sont dans le même trip. Le public, lui, se réchauffe sur un rock électro et des titres complètement revisités façon live pour certains. Une bonne conclusion… sauf qu’il y avait Four Tet après. Bizarrement, parce que le sieur, hormis via des remixes, sonne plutôt lounge sur ses productions. Je me dis que c’est une façon de proposer une certaine descente. Eh bien non, il joue en Ableton DJ Set (ou quelque chose qui y ressemble fortement), mais ça ne ressemble pas à grand chose, si ce n’est à des boucles de groove sur lesquelles on aurait posé des sons Warpiens au rabais. Je pars avant la fin.

Autre report (à peu près dans la même veine, mais avec un titre plus racoleur :p) sur Derrière la Fenêtre

The end of CD and recorded music… what can we sell today ?

We often hear from the mouth of self-proclamed prophets that the era of recorded music nears the end, and that sales decline can’t be prevented. If I agree with this fact, as of today’s offer (physical and digital), I don’t agree when they explain that solution resides in live music and T-shirts (to sum up) to compensate sales of recordings. Still, I tjink there are many ways today to sell recorded music or other “things” or “services” related to music… Quick tour d’horizon of what we can SELL (OMG what a terrible word !)

Full, permanent and realtime access to music
This is an access from a PC, but also a mobile, hifi system or car audio system to the whole library of music available on earth. Cultural benefit can’t be discussed, but multiple barriers exist. Financing, territorial issues plague this kind of service nowadays. Still, a service like Spotify is close to achieve it. A mobile version (announced), and being able to import our own library seem to be the 2 biggest steps to overcome.

Controlled channel
It’s been a long fantasy from the musical industry for a while, abandoned just some months ago with DRM removal, a way to control music distribution. Apple does it (with some drawbacks) for its apps delivery platform, and it seems that users are accepting it: use an unique distribution service to download content on a mobile device. But today, it’s only possible on a mobile device (and maybe even only on those from Cupertino) If mobile app can be used to promote an artist (including those developed by NeoMusicStore), it is not yet used to deliver for-pay content, except using iTunes links (which is already good). The album is dead, long live the app

Extending live experience
Most live shows are now recorded. What is done about it ? Rarely anything internally, this is generally licensed to a media. Why shouldn’t put it on sales, for every single performance ? It’s quite easy to do, and still, very few artists do it. In my personal library, I only count one group (The Pixies) whose I bought a concert. As group is selling the complete tour, those attending can either choose the concert they attend, or any other one, if tracklisting is different for example: Nine Inch Nails performs different sets, but even if Trent Reznor is avant-gardist, hist last tour is not (yet ?) available to download. I’d would be a customer if the Nîmes Arenas show and another one including tracks I like which were not performed that night were made available. Beware not to be greedy as bands (or their label) have been with live performances CD. This is an extension, or even an incentive to go and see an artist performing live. Beyond$8/€6, this is probably too expensive. Video, whether it be live or on-demand, can also be part of the package. For having experimented it during the previous months, solutions now exist to stream live or on-demand on a PC or mobile device and make users pay for that.

Selling “social link”
When Joachim Garraud sells a customizable album on its website, not only he’s selling its own music, but also a social link. First he lets everyone decide what should be the tracklisting and layout, then the customer almost makes a donation (as tracks are available on pirate websites). Nowadays, everyone knows how to sell music with no relationship at all through an aggregator or iTunes, whether the artist is wll known or confidential, but we fail at building/selling this social link, which is really important for a long term relationship with the audience. Selling on a direct channel is a good way to enhance this relationship, but collecting emails to offer exclusive content is another one, and building a link within the audience is another thing to think about.

Selling artistic process or material
Imogen Heap is the perfect example of an artist which lets her public involve in the artistic and promotional process for her productions (cf The New Music Business Model: Imogen Heap), Trent Reznor allows musicians to remix his music, others are selling learning lessons. Not everyone will buy music-related products or services, but those who really like music can buy a lot more than CD and merchandising, as long as they get a benefit from that (unfortunately most new ideas are purely marketing gadgets).

All of this is already experimented on NeoMusicStore, and should grab some attention in the coming months as sales decline continue (and I don’t think any Cocktail nor CMX will prevent it). Innovators like Nine Inch Nails won’t have waited for the sales to decline to get millions of dollars of incomes by reiventing themselves, showing there’s no crisis but only some people which don’t know what their market (OMG what a terrible word, again) is.

Fin du CD et de la musique enregistrée … ce qu’on peut vendre aujourd’hui

On entend souvent chez les prophètes auto-proclamés que la vente de musique enregistrée touche à sa fin, que le déclin des ventes est inexorable. Si je suis relativement d’accord avec ce fait quand on parle de la manière et des supports de vente (physiques ou numériques), je ne suis absolument pas sur la même ligne quand on dit que le live et le T-shirt (pour simplifier) permettront de compenser les ventes de la musique enregistrée. Pourtant, je pense qu’il y a aujourd’hui plusieurs moyens de vendre de la musique enregistrée ou d’autres “choses” ou “services” dans la musique… Petit tour d’horizon de que l’on peut VENDRE (mon dieu quel mot horrible !)

L’accès complet, permanent et temps réel à la musique
C’est l’accès depuis un PC, mais aussi depuis un mobile, son ensemble hifi, son auto-radio à toute la création musicale du monde. La vertu culturelle est indiscutable, mais les blocages sont nombreux. Financement, problèmes de territorialité sont les principaux freins aujourd’hui. Pourtant un service comme Spotify semble le plus proche d’y parvenir. Une version mobile (en cours) et la possibilité d’intégrer sa propre bibliothèque de musique pour compléter l’offre déjà sous licence, semblent les 2 plus grosses étapes à franchir. On peut également penser à des choses similaires, mais par niche (qui peut aller jusqu’à un artiste particulier)

Le canal contrôlé
C’est un grand fantasme de l’industrie musicale, poursuivi encore il y a peu avec les DRM, la possibilité de contrôler la distribution de la musique. Apple le fait (avec plus ou moins de succès) avec sa plateforme de distribution d’applications, et cela semble le modèle actuel que les utilisateurs sont prêts à accepter: passer par un service de distribution unique pour télécharger du contenu sur son mobile. Aujourd’hui, il n’y a guère que sur le mobile (voire l’iPhone/iPod) que cela soit possible. Si aujourd’hui l’application mobile est utilisée comme moyen de promotion (y compris dans les applications développées par NeoMusicStore), elle ne l’est pas encore beaucoup pour distribuer du contenu payant, au-delà du lien vers l’achat sur iTunes (ce qui est déjà pas mal). The album is dead, long live the app

La prolongation de l’expérience du live
La plupart des concerts sont actuellement enregistrés, au moins en audio. Qu’en fait-on ? Rarement quelque chose, si ce n’est une cession à un media contre licence d’exploitation. Pourquoi dès lors ne pas systématiser l’enregistrement, et proposer sa vente, et ce pour chacune des performances ? C’est aisé à faire et pourtant aujourd’hui, très peu d’artistes le font. Dans ma bibliothèque personnelle, je ne recense qu’un groupe (les Pixies) dont j’ai acheté la performance ainsi. Sachant que le groupe proposait l’intégralité de sa tournée à la vente, ceux se rendant aux concerts peuvent au choix acheter le concert auquel ils ont assisté, mais aussi d’autres si le tracklisting est complètement différent: cas d’un artiste comme Nine Inch Nails… qui bien qu’avant-gardiste ne propose pas (encore ?) sa dernère tournée Wave au téléchargement. Je serais pourtant client si le live de Nîmes et un autre comprenant des titres que j’apprécie mais qu’il n’a pas joué ce soir-là. Attention à ne pas être trop gourmand comme on l’a été sur les lives en CD. Il s’agit là d’un prolongement, ou au contraire d’une incitation à aller voir l’artiste en concert. Au-dessus de 8$/6€, le prix est probablement trop élevé. La video, en live comme à la demande, peut également faire partie du package. Pour l’avoir expérimenté, je sais que des solutions existent désormais pour faire du streaming et du on-demand, payants, assez facilement sur PC comme sur mobile.

Vendre du lien social
Quand Joachim Garraud propose sur son site un album “à la carte” en vente directe, il propose non seulement sa musique, mais il propose un lien social. D’abord, parce qu’il laisse chacun libre de créer son propre album comme il l’entend, ensuite parce que l’internaute est presque dans l’acte de don (puisque les titres sont disponibles en piratage). Aujourd’hui, on sait vendre de manière froide sa musique via un agrégateur, une plateforme généraliste, qu’on soit un artiste reconnu ou confidentiel, on peut même être fier d’y être en rayon, mais on ne sait que trop rarement vendre ce lien social, pourtant primordial car seul garant d’une pérennité par l’attachement de l’acheteur à l’artiste. Vendre en direct est un moyen de conforter ce lien social, mais collecter les emails pour offrir du contenu exclusif en est également un ou bâtir une relation entre les fans eux-mêmes ne sont pas non plus à négliger.

Vendre la démarche ou le matériel artistique
Imogen Heap est l’exemple-type de l’artiste qui implique son public dans tout le processus artistique et promotionnel de ses créations (cf The New Music Business Model: Imogen Heap), Nine Inch Nails implique les musiciens amateurs parmi son public à le remixer, certains autres vendent des cours. Tout le public n’est pas enclin à acheter des produits liés à la musique, mais un public de passionnés est prêt à acheter beaucoup plus qu’un CD et du merchandising, pour peu qu’il y trouve un intérêt pas uniquement gadget (cas malheureusement de nombreuses idées dans la musique).

Tout ceci constitue des pistes de recherche déjà expérimentées sur NeoMusicStore, et qui devraient recevoir un écho de plus en plus favorable au gré des désillusions probables de l’industrie (et ni Cocktail, ni CMX, nouveaux supports attendus ne me laissent présager qu’il en soit autrement). Les précurseurs comme Nine Inch Nails n’auront pas attendu pour déjà dégager des millions de dollars de recettes en sachant se réinventer eux-mêmes, démontrant par la même qu’il n’y a pas crise de l’industrie mais méconnaissance de son “marché” (encore un gros mot).

Astropolis 2009, 15ème… ou 11ème c’est selon…

Qu’on calcule le nombre total d’éditions ou celles auxquelles j’ai assistées. Ca va devenir un maronnier sur ce blog, mes reports de festival à force :D 11, c’est beaucoup (j’assiste au festival sans discontinu pour DJing depuis 1999), alors, cette fois-ci, les événements ont voulu que je passe cette édition avec des jeunes qui n’ont pas mon recul, mais apportent plus de fraîcheur, et un regard et sur les historiques et sur les petits nouveaux, plus que complémentaire. La fraîcheur s’est logiquement quelque peu entamée chez moi au fil des ans. Ambiance générale, déceptions, confirmations et bonnes surprises, astro-panorama complet.

Fait rare, l’astro-astre (il est de coutume de tout préfixer astro à Brest début Août) était présent sur les 4 jours, et si les températures n’étaient pas pour autant méridionales, cela permet de profiter des événements dans des conditions agréables (au contraire des intempéries méridionales d’Electromind). Le Brestois (et le Breton plus largement) est toujours consommateur d’ivresse en grande partie (la perspective de mes propos sur les Nuits Sonores dans un précédent post est significative quand on sait qu’il y avait des “cadavres” jonchant le sol de l’entrée de Keroual dès 20h), et Astropolis est toujours le festival “de la musique qui tape”, avec un excellent son… mais de pauvres lights et visuels… Cette édition ne fait pas exception… même si nombre de ces points sont plus à mettre au passif d’un festival qu’on suit depuis si longtemps. Pourtant, la première soirée augurait du meilleur, puisque CocoRosie (après Underwires, guère à sa place ici) ouvrait le bal du festival dès le mercredi (parmi les changements en 11 éditions, il y aura eu le nombre de soirs), et il va sans dire que c’était un bon choix, tant l’audience (très féminine comme vous l’aurez pu voir sur mon Flickr) était calme et captive … à l’exception de notre Mathieu local qui demandait d’”envoyer” ;) . Seul bémol, un prix d’entrée (qui ne s’appliquait pas à moi) était quelque peu prohibitif (le même groupe était présent à Rennes pour bien moins cher dans une salle plus petite, on comprend mal l’envolée). La Carène a vraiment apporté un plus au festival… on ne peut pas dire qu’un lieu comme le César soit très approprié à l’événement. De fait je n’aurais de toutes façons pu (pour raisons administratives) m’y rendre cette année et me serai donc contenter de la Carène les 3 premiers soirs). Hors défoncé, le raver moyen est quand même bon enfant, la sécurité cool, et c’est aussi pour ça qu’on aime le festival. Il a su rester authentique.

Richie Hawtin était l’attraction du jeudi (même si Troy Pierce n’était pas annoncé comme amuse-bouche loin de là), et de nombreuses personnes viennent voir le producteur, leur “idole” (c’est bien le terme que j’ai entendu). Pour l’avoir déjà vu à 2 reprises au festival, je m’attendais à un bon moment, mais je connaissais aussi les faiblesses du sieur: une grande froideur, un set linéaire dicté uniquement parce qu’il a envie de faire, et une communication avec le public quasi nulle. De ce côté, pour moi, il n’y aura donc pas eu de surprise sur sa prestation, propre, efficace… comme on l’attend. Et du côté de ceux qui justement le voyaient la première fois, ils ont été déçus par tout cela et auront au final préféré le second couteau. Cela ne remet pas en cause pour autant ses qualités de producteur, label manager et vision (et je serais mal placé de dire le contraire avec Remix.me). Son Twitter aura été aussi un bon moyen de partager encore plus l’expérience (dommage que le Twitty Wall ait été aussi discret à la Carène, ça fait partie des innovations – certes un peu nerdy – sympathiques). Dommage aussi (mais on y est habitué à Astro) qu’aussi peu de lumière soit mise sur le DJ (de manière générale). Ou si on ne veut pas le starifier, il faut également en faire autant dans le reste de la comm. D’ailleurs, sur ce sujet, il est à noter que les responsables des lights ne comprenaient même pas les demandes des groupes (je pense notamment à Au Revoir Simone qui avait demané une ambiance dark sur l’un de ses derniers titres et qui l’a fait tous feux allumés). C’est pt’et pas leur métier de comprendre l’anglais, mais à ce moment-là, se synchroniser avec les groupes par rapport au tracklisting serait une bonne idée. Sur le plan des déceptions, le samedi cette fois, Erol Alkan ne m’aura toujours pas convaincu, bien qu’étant prêt à changer ma position par rapport à sa prestation des Nuits Sonores… ça envoie, mais c’est vrai qu’on n’est pas loin du son du Nord comme on pouvait le faire dans les “Thunderdome” comme j’ai pu l’entendre autour de moi. Je n’accroche pas. Pas plus qu’à The Proxy, auquel je n’adhère décidément que quand je suis sous l’emprise d’alcool. Le même set aux Transmusicales, aux Nuits Sonores, et à Brest. En l’espace de neuf mois. Mouais. Surkin, il faut le voir une fois, en général, la deuxième ça nous gonfle déjà. A son passage sur la scène AstroFloor, plusieurs personnes m’ont dit n’entendre que les graves, certains pensant qu’il y avait même un problème de son. Il a son public, la presse généraliste, par panurgisme (suffit que Télérama, Les Inrocks et Libé en disent du bien pour que le reste de la presse suive en général dans les musiques “underground’), l’encense, tant mieux pour lui. Je l’ai déjà dit, ce n’est pas ma came. Après je suis pt’et tout simplement trop vieux :D . Sur le plan des déceptions liées au son, celle la Cour en manquait singulièrement (au moins un caisson de graves). On avait peine à voir Enola enchaîner des pépites sans que le sound system suive. On aimerait aussi que le toit de la Carène ne soit pas seulement un espace de plus pour du son qui cogne (qui plus est avec des DJs qui sont loin d’avoir soit un niveau technique acceptable, soit un sens du DJing… comme la plupart des DJs “bouche-trous” vus sur le festival d’ailleurs… ), mais une ambiance plus lounge serait la bienvenue, le lieu y étant propice. Evidemment le cadre et la température n’en feront jamais un Cafe del Mar, mais il serait judicieux de le penser autrement.

Enola, c’était l’un des 2 noms que j’avais donnés à mon entourage sur les gens à ne pas manquer (vous aurez deviné le deuxième) sur la soirée du samedi, et je ne m’étais pas trompé. Ce gars-là a non seulement agrégé les meilleurs influences américaines et européennes dans ses prods, mais il est d’une chaleur communicative (hédoniste pour reprendre un adjectif qui est un étendard du festival, et qui ne me déplait pas :p) qui fait vraiment plaisir. Il prend son pied, et le transmet au public. Toujours plus agréable qu’un DJ qui fait constamment la moue, fût-il dans un rôle. Je suis client de ses prods dans mes sets, et je pense que c’est le talent français des derniers mois. J’avais clairement apprécié ce choix artistique lors de l’annonce de la programmation. Dommage qu’il soit passé si tôt en live, il aurait mérité un plus large public, d’autant qu’il est plus à l’aise dans son live que dans un set DJ. Electric Rescue, qui aura pris sa suite sur l’Astro Floor, n’a pas eu la même subtilité, ni les mêmes structures de morceau… C’est l’efficacité qui aura primé. Il en faut, mais les adeptes comme moi d’une techno léchée, auront à attendre longtemps sur l’Astro-floor un son qui leur colle aux tripes. C’est vers 4h que ce son est arrivé, en la personne de Sven Vath. Tête d’affiche n°1 du festival, elle n’est pour autant pas usurpée tant il aura donné une claque à toute l’assistance (Après 4 jours et mon âge, j’avais malgré tout du mal à rester vaillant sur les coups de 6h30… dommage car il aura été parfait jusqu’au bout). Techniquement efficace, une sélection variée, des mixes longs qui ne font pas traîner en longueur des titres qui ne le méritent pas, mais au contraire leur donne leur vraie dimension sur un son adapté (j’ai été étonné du rendu de certains titres de la dernière compilation Cocoon, label du sieur), et le tout, à 100% sur vinyle siouplé, dans un style démonstratif mais pas racoleur (non non, je ne citerai personne d’autre :p). Faute de Gui Boratto qu’on m’a dit parfait (dans son style, et dans ses tracks), je m’étais reporté sur le live de Laurent Garnier à la Carène, sans grande conviction, l’ayant déjà vu aux Eurockéennes (je l’avais volontairement manqué à Lyon). Pourtant, son live a quelque peu évolué (un nouveau titre, pas franchement exceptionnel, mais louable) car laissant une part d’improvisation au show. Intéressant, les morceaux s’enchaînaient sans réel blanc, contrairement aux Eurockéennes. Le DJ s’adapte et aura su conquérir un public, il est vrai déjà bien acquis à sa cause.

Parmi les choses à revoir, on aimerait évidemment, surtout après avoir fait les nuits sonores, que tout soit bien sur des rails, on a l’impression parfois d’une certaine légèreté dans l’organisation (chose entendue dans la bouche de nombreuses personnes qui faisaient ce festival pour la première fois), ce qui est dommage après 15 ans. ça en fait certes aussi le charme, on n’est clairement pas dans la grosse machine… mais bon quand on vient pour la 11ème fois sur le festival pour en faire une promo plutôt intéressante, c’est toujours dommage de devoir refaire un pitch… on ne demande pas une accred pour ne pas payer. J’ai payé une (ou plusieurs) accred pro aux Trans et aux Nuits Sonores. En revanche, on ne leur a fait ni application mobile, ni couverture photo avec fourniture complète des photos et videos commes on le fait depuis 11 éditions sur Astropolis… C’est pt’et pour faire la fine bouche, mais il serait bon pour le festival qu’il se professionnalise un peu plus, d’autant qu’il y a des gens compétents et passionnés qui y passent (Loig cette année par exemple). Ce ne sera jamais les NS, mais prendre modèle sur les Transmusicales serait une bonne chose.

Enfin, sur un plan 100% privé, cette édition d’Astropolis aura pour moi été l’occasion d’enterrer de mauvais souvenirs d’une édition il y a 5 ans, et rien que pour cela cette édition avait de quoi me rendre heureux :)

Quelles sont les choses que vous avez aimé, qui vous ont déçu, plu ou déplu… exprimez-vous dans les commentaires

J’y étais: Nine Inch Nails aux arènes de Nîmes le 28 juillet 2009

Nine Inch Nails n’a pas en notre pays la popularité d’un Michael Jackson dont la sanctification ne saurait tarder. Pourquoi ? Parce qu’il ne rentre dans aucune catégorie (les rockeux trouvent ça trop électronique, les fans d’électro trop rock), et dans un pays où l’ouverture musicale est l’exception et la tribu d’appartenance sociale la règle, rien d’étonnant. Pourtant, Trent Reznor, parce que Nine Inch Nails, c’est Trent Reznor, est l’archétype de l’artiste autodidacte, omnipotent, avant-gardiste… qui ne connaît aucune limite dans sa création. Forcément, ça ne peut que plaire à un gars comme moi. Et pourtant. Ce n’était pas facile au lycée d’écouter Nine Inch Nails, période la plus importante pour l’appartenance à un groupe social. Lenoir, Zegut, Radio Nova, Radio FG, j’écoutais à l’époque les 4… ce qui n’avait rien de commun.

Logiquement, une oreille éduquée à tous ses sons, ne pouvait qu’apprécier Head Like a Hole, et le chef d’oeuvre des chefs d’oeuvre (dans les textes, comme dans les sons, et la structuration de l’album) The Downward spiral… C’est bien avec ce dernier qu’a commencé ma frénésie de collection des “Halo”, maxi, sous-projets, albums de remixes sortis de l’imagination de Trent Reznor, qui visaient chacun à aller plus loin encore, soit dans la démarche de proposer des choses que l’on attend pas, soit dans un bricolage sans limite. Nine Inch Nails, c’est quoi ? C’est de prime abord, un groupe bruitiste, et la “faune” qui va aux concerts du sieur en France n’est pas si éloignée que cela de celle qui va à HellFest voir Marylin Manson. Eh oui, malheureusement la plupart des gens sont venus à NIN via Marylin Manson (alors que le deuxième n’est qu’une caricature dont a enfanté le premier). Pourtant le premier titre qui a fait connaître NIN, aura été un titre “dance” (au bon sens du terme) qui passait en boucle sur MTV. D’autres l’auront remarqué sur l’excellente bande originale de The Crow (où même ceux qui comme moi ne sont pas super fans de Cure pourront écouter un très bon titre du groupe) où il reprenait avec excellence Dead Souls de Joy Division. D’autres l’auront découvert par la reprise de Johnny Cash de Hurt (la chanson qu’il vous faut écouter si vous ne connaissez pas NIN, ainsi que sa reprise). Parce que NIN, c’est tout ça, ça peut être proche du metal, comme de la techno, comme d’une musique de film, comme de piano minimaliste (sur The Fragile notamment) qui, à la Erik Satie, saura vous toucher.

Plus de 15 ans que j’écoute ce groupe, et il faut qu’il annonce que c’est sa dernière tournée (ouais y’en a eu 2 autres qui ont annoncé ça cette année) pour que je décide de me rendre à un de ses concerts. Problème, en France, il n’est annoncé qu’au Zenith… j’ai horreur de la froideur et de l’impersonnalité des Zenith (on ne doit pas que des bonnes chances à Monsieur Jack Lang), je m’étais donc résolu à aller le voir… sauf que, par le plus grand des hasards, il se retrouve au festival de Nimes (programmation fourre-tout à la Vieilles Charrues, mais réparti par soir, donc au final pas si mal que ça) et je me demande comment les programmateurs ont pu avoir l’idée de le mettre dans le line-up (surtout que les Eurockéennes, plus proche du style et l’ayant déjà accueilli, l’avaient approché) sachant que les festival a comme sponsor principal NRJ et NRJ12… c’est de l’anti NRJ NIN ! Bref, l’occasion donc de venir dans un lieu vieux de 2000 ans, et de faire le touriste dans une ville que je ne connais pas.

Si je ne fais pas le fan basique qui crie dès qu’il voit son idole (parce que Trent Reznor est quand même l’une des personnes dans la musique que je respecte le plus, et sur 15 ans, c’est même lui de loin) comme certains peuvent le faire avec Charlie Winston alors qu’il n’a commis qu’un album :D , j’avoue que j’ai ressenti quelque chose (une démystification peut-être) lorsque je l’ai vu sur scène. Mais pas de souci, c’est encore la musique plus tard qui m’aura donnée des frissons, pas l’image. J’attendais beaucoup, et je n’ai pas été déçu. On n’est pas dans le vieux groupe qui redéroule ses vieux titres de façon à relever l’enthousiasme du public régulièrement (façon Smashing Pumpkins – dont le meilleur album au passage a connu les mêmes producteurs que des collaborateurs de NIN), ni dans celui du groupe de rock pataud, qui fait encore des shows comme on les faisait dans les années 70 et que les moyens techniques étaient limités (chanson de 4′ pause de 2′, chanson de 4′, etc)… le show est millimétré, et on évite les causeries banales et interminables des groupes usuels. Le mot entre les titres se limitant à un thank you et le silence complet pendant plus d’1 seconde n’interviendra que 4 fois en 2 heures… et jamais plus de 20 secondes ! Bref, si l’homme est douée dans la composition, le relationnel (ce qui me fait dire que ceux qui disent ne pas pouvoir faire tout seul mentent, sont fainéants ou ont une autre activité), il l’est tout autant dans l’exécution d’un show. Rien à dire sur l’énergie, le travail fait sur les morceaux, le live est dans une énergie plus électrique et organique que les disques, et c’est tant mieux, car le fan de rock obtus à l’électro qui se retrouvera au concert n’aura pas à se plaindre de bout en bout. C’est une performance rock, rien de moins, mais très certainement, et de loin, le meilleur concert rock des 200 auxquels j’ai dû assister. Hurt, joué en unique rappel (je crois que le festival, même si c’était un concert complet, avait des obligations horaires), aura été le paroxysme du set bien évidemment. Et il faut dire que joué dans une arène, sans les voix des spectateurs qui couvrent celle du chanteur (j’en avais un peu peur par les bribes entendues sur les autres shows, publiées par l’équipe de promo de Trent sur son site web), c’était parfait… comme quoi le fait que les Français ne maitrisent pas l’anglais… ça a du bon parfois :D

Gros cafard (certes la chanson – quand on la comprend – aide) en revanche à la fin du concert, parce que je me suis dit que probablement jamais je n’assisterai à un autre concert de NIN, ni à un meilleur concert rock tout court.

Le début de Hurt (ouh c’est pas bien)

La Mer (pour le son)

Le coffret “bien débuter NIN :) ” sur iTunes (bravo c’est mieux)