Le mot du jour… une application iPhone pour sourire le matin quelle que soit l’actualité

Malaise vagal, fracture numérique, jungle, visite présidentielle, voici quelques définitions décalées, humoristiques voire cyniques que vous trouvez dans l’application iPhone Le mot du jour, première application iPhone non musicale (mais toujours gratuite) réalisée par mes soins.

Mes proches le savent déjà, je suis un gai luron qui aime manier le mot, je le fais donc partager à d’autres avec une définition quotidienne en lien avec l’actualité (principalement française)
du jour… qui permet aussi de conserver (ou non) en archives ses définitions favorites. Difficile exercice néanmoins, le public n’est pas un cercle privé…

C’est aussi la première application qui reçoit les Push Notifications (pas encore dans la version actuelle, mais dans un update soumis hier soir à Apple), histoire d’avoir un aperçu de ce que cela donnera dans les applications artistes / festival (la mise à jour de l’application de Joachim Garraud sera la première à la recevoir)

N’hésitez pas à laisser un petit commentaire sur iTunes, surtout s’il est positif ;)

Emilie Simon, the Big Machine … difficile chronique

Retour en arrière. J’ai découvert Emilie Simon un peu par hasard, puisque la société dans laquelle je travaillais à l’époque hébergeait les sites Internet d’Universal Music France, et avais pu l’écouter avant la sortie officielle du premier album. Bien que généralement peu porté par les sorties de cette maison de disques, j’y avais jeté une oreille plus qu’attentive, hallucinant même que l’album ait pu sortir chez Barclay. Au même moment, des remixes croisés avec Avril (chez F Com) sont produits (Desert remixé par Avril, The Date remixé par Emilie). Amateur de ce dernier, également bricoleur de sons par excellence, j’avais prévu de faire une interview pour DJing.com à l’occasion de sa venue sur Rennes. Et qui assurait la première partie ? Emilie Simon, qui se produisait pour la première fois sur scène (à ma connaissance), et qui était encore anonyme pour le public présent ce soir du 13 février 2003… sauf pour moi :p. Et ce sont pendant ses répétitions/balances que j’ai finalement enregistré l’interview de Fred Avril (qui m’a dit beaucoup de bien de la miss quand je lui ai dit l’avoir tout juste découverte). Depuis comme vous pouvez le comprendre, je regrette n’avoir échangé ce jour-là qu’un timide bonjour avec cette artiste, parmi les plus respectables aujourd’hui en France. Les auteurs/compositeurs/interprètes féminines, en électronique, sont plus que rares, alors quand elles sont dans la lignée (non usurpée) de Björk, sans mimétisme pour autant, je ne peux que m’incliner, et surtout m’émouvoir. Et c’est bien le verbe qu’il faut employer quand comme moi on cherche dans la musique, véritable création et émotions. Son live ce soir-là, La Marche de l’Empereur plus tard, Végétal, … ses productions se sont succédées avec les qualités que l’on connaît. Au-delà de ses choix artistiques, l’explorateur que je suis des nouvelles façon de créer, promouvoir et vendre la musique grâce au numérique, ne peut que l’admirer quand elle quitte la ligne corporate d’Universal/Barclaysur ces points, ce qui n’a rien de facile. Et je salue (et propage l’information jusqu’à Engadget) lorsqu’elle est la première artiste à proposer/imposer le téléchargement de son album live “A l’Olympia” sans DRM

Dreamland est la première pièce issue de The Big Machine qui parvient à nos oreilles, et je dois bien l’avouer, une certaine déception pour moi, car si la production est toujours un ton largement au dessus de nombre de musiques électroniques “populaires”, le ton mi-festif mi-mélancolique “bowiesque” et des orchestrations emphatiques me semble loin du faux minimalisme de ses précédentes productions. Je me console en me disant que c’est le premier single, et qu’il est forcément plus consensuel que l’album. A l’écoute de The Big Machine ces derniers jours, je comprends que c’est un vrai tournant qu’amorce Emilie avec cet album. Certains disent qu’elle assume la filiation de Kate Bush, j’étais personnellement plus amateur de celle de Björk. Attention, The Big Machine n’est pas un mauvais album, mais les compositions sont plus denses, “riches” qu’à l’habitude. A vrai dire, le titre est fort à propos, on a l’impression qu’elle a quitté son piano et son home studio pour libérer la grosse machine. Elle s’est entourée notamment du producteur d’Arcade Fire, et ça se sent dans l’usage des cuivres. J’apprécie Arcade Fire dans son style, mais la trompette ne sied guère à l’univers que s’était construit Emilie Simon. Il est aussi bon que les précédents, mais musicalement, l’album me touche moins. Il conserve néanmoins une cohérence réelle, une ligne directrice qui n’en fait pas une simple compilation de titres, et c’est un plaisir de l’écouter et le réécouter dans son intégralité plutôt que d’aller dans la segmentation comme on le fait de plus en plus chez d’autres artistes.

L’album est déjà disponible sur iTunes depuis quelques jours, je l’écoute sur ma part sur Spotify… avant d’acheter le vinyle lundi… et j’irai sûrement la voir à Nantes et/ou à Caen.

On pouvait difficilement rester insensible à la musique d’Emilie, à ses performances multi-instruments, à son charme certain. Pour des raisons que je n’exposerai pas ici, la sortie de cet album est difficile pour Émilie, et difficile aussi à chroniquer objectivement pour des gens qui comme moi ont suivi son parcours avec grand intérêt depuis plus de 6 ans, et qui sont forcément affectés eux aussi par ce qui l’affecte. La musique véhicule des émotions, et les musiques d’Emilie savent nous toucher et nous extirper des larmes (oui, même à des grands gaillards comme moi) comme peu en sont capables, rien que par la richesse de ses compositions. Je me joins avec sincérité, aux nombreuses personnes qui se sentent redevables envers elle par l’émotion qu’elle nous a procurée, pour la soutenir dans cette période difficile.

De l’utilité des chroniques de disque (musique ?) en 2009

Plusieurs blogs parlaient ces derniers temps de la manière d’écrire des chroniques de disques (ou de musique en ces temps où le disque tend à disparaître). En réponse à ces articles, je me pose surtout la question de leur utilité. Est-ce vraiment encore d’actualité d’écrire des chroniques à l’heure où l’écoute de musique est aisée via de simples liens, sur son PC… voire sur son mobile. Je rejoins Drowned In Sound et pense que non. Je pense, à l’heure où je dépensais quelque(s) centaine(s) d’euros par mois en musique il y a 10 ans encore, que la critique des Inrockuptibles, de Lenoir, de Coda, voire de Trax (plus proche de nous) ou Rock’nFolk (quand j’étais au lycée, après faut pas déconner non plus) guidait mes choix au moins d’écoute, parce que l’écoute c’était chez le disquaire, quand il n’y avait pas trop de demande pour les platines… ça avait un sens. Aujourd’hui, je lis encore les Inrocks (plus les autres), mais je zappe la partie chroniques (pourtant très réduite)

Je pense qu’aujourd’hui la critique musicale n’intéresse guère plus que les critiques eux-mêmes et les artistes/managers/community managers/public relations qui les voient encore comme des leaders d’opinion qui peuvent influencer le succès d’un groupe. Qu’ils ne sont plus. Le vrai leader d’opinion, qui existait déjà au temps passé que je décris ci-dessus, mais qui a pris de l’importance avec le temps, c’est moi, c’est vous, c’est tout passionné de musique, qui aura fait “découvrir” du son à ses proches, etc. Alors, pourquoi les critiques de musique ne font-elles plus recettes ?
1. Parce que la presse tout court ne fait plus recette
2. Parce que de nombreux magazines se sont fourvoyés en mélangeant CD promotionnel, publicité et article rédactionnel vantant les mérites de tel disque
3. Parce que l’internaute ne lit pas une page web comme il lit un magazine. Ceux qui comme moi ont géré des sites webs à contenu éditorial depuis longtemps (12 ans en ce qui me concerne), auront remarqué que l’internaute moyen a du mal à lire plus de 3 phrases complètes sur une page web. Même chez les lecteurs les plus assidus (dont je pense faire partie), la lecture en diagonale est fréquente, et seule une poignée de blogs/webzines parviennent encore à retenir leur attention.
4. Parce qu’il est plus facile de se faire son propre avis directement via une playlist Deezer, Spotify, Imeem, Hype Machine qu’un leader d’opinion (le passionné dans votre entourage) vous aura transmis, par email, IM, Facebook ou Twitter.

Je serais mal placé de dire que les chroniques ne doivent plus exister, j’en fais moi-même de temps en temps (même si c’est de plus en plus d’événement, et de moins en moins de musique), mais la considérer comme essentielle ne peut plus aujourd’hui être une conviction que de leurs rédacteurs.

Le lossless ou la dernière lubie des plateformes de ventes de musique numérique françaises

Tout le monde s’y met… Qobuz, Musiclassics, MusicMe, etc… il faut du lossless parce que le lossless, c’est ce qu’il se fait de mieux selon leurs équipes marketing respectives. Mais le lossless, qu’est-ce que c’est réellement ? Ce sont plusieurs formats distincts: ALA chez Apple, WMA Lossless chez Microsoft, FLAC pour les défenseurs du libre… pour ne citer que les 3 plus connus (il y en a une ribambelle). Et là, vous avez déjà compris le casse-tête… on reproduit le même problème d’interopérabilité qu’antan avec les DRM. Si vous choisissez le format d’Apple, vous ne pourrez pas le lire sur autre chose qu’iTunes ou un iPod/iPhone, si vous choisissez le format de Microsoft, vous ne pourrez pas le lire sur autre chose qu’un PC ou un baladeur “PlayForSure”, si vous choisissez le FLAC, vous pourrez éplucher les sites de geeks pour trouver le soft et le baladeur qui supportent ce format. Il faut vraiment être *** pour ne pas comprendre ce problème d’interopérabilité dès lors qu’on étudie un minimum ce format. Qu’on le propose en 2005 (ce qui fut mon cas sur NeoMusicStore), je peux le comprendre, mais en 2009, comment non seulement le proposer et s’en féliciter ? Alors, bien sûr on peut obtenir le Wave original (16 bits 48 Khz bien souvent) par une (longue) opération de décodage, mais dans ce cas, pourquoi ne pas proposer le Wave directement ? Par souci d’économie de disquesdurs ? Faux argument, le stockage ne coûte plus rien. Par souci d’économie de bande passante ? Celui-ci est recevable puisque par rapport au Wave 16 bits, on peut gagner 40% à 50% de consommation. Mais à quel détriment de l’user-experience… En fait celui qui a tout compris (et que je vais “copier” sur cet aspect), c’est AllOfMP3, qui stockait quand il pouvait les Wave, et les réencodait à la volée pour le client dans le format de son choix. Dans ce cas bien précis, l’utilisateur peut gagner à obtenir du lossless, mais bien souvent quand on propose du Wave et du lossless, le client choisit du Wave, ça, tous les stores américains (et Joachim Garraud en France) l’ont compris depuis. Le vendre par ailleurs comme de la qualité master n’a plus de sens car peu nombreux sont les artistes qui enregistrent leurs productions en 16 bits 48 Khz de nos jours.

Note à MyMajorCompany & consorts: un producteur n’est pas qu’un financier

A la lecture de l’interview de Sevan Barsikian de MyMajorCompany sur NetEco, je me dis qu’on n’a pas franchement gagné au change avec le nouveau modèle de développement médiatique d’artistes dans la musique. Au matraquage marketing a succédé le matraquage marketing, à la pauvreté musicale a succédé la pauvreté musicale, à la “star” éphémère a succédé la star éphémère, au populisme a succédé le populisme à outrance, à l’enrichissement de gens sortis d’HEC a succédé l’enrichissement de gens sortis d’HEC ou fils de, à Jean-Marie Messier a succédé Stephane Courbit. Mouais…

Vous pouvez continuer à donner les chiffres de gains, après tout, le PMU et le Loto affichent aussi les meilleurs gains, eux aussi sans afficher les leurs. Mais le jackpot risque d’être plus rare dans la musique qu’au loto dorénavant.

Mais de grâce, cessez de qualifier les internautes qui prennent désormais le risque financier pour vous de producteurs et de leur donner un semblant de pouvoir qu’à l’évidence n’est que purement accessoire dans votre dessein commercial. Un producteur, c’est quelqu’un comme Butch Vig qui est capable de faire d’un groupe grunge parmi les autres, l’emblème d’une génération, et recevoir une critique unanime, par la simple magie d’un seul album dont la qualité de production (qui comprend des choix artistiques réels sur l’apport de musiciens, de sons, de cohérence à une oeuvre, les choix de mixage) nous surprend encore aujourd’hui. Y aurait-il eu un Mellon Collie and the Infinite Sadness, meilleur album, et pourtant OVNI à l’époque, des Smashing Pumpkins, sans Flood et Alan Moulder, eux-même devant une partie de leur travail à Trent Reznor ? Certainement pas. Le producteur n’est pas qu’un financier comme on le décrit dans les mauvais soaps ou shows real tv qui vous montrent l’ascension médiatique d’un groupe.

Mais de grâce, cessez de vous qualifier de découvreur de talents lorsque vous ne nous faites découvrir que des chansons niaises ou jetables destinées à une écoute de 3′ à la radio ou à la TV entre deux spots de pub, et qui auraient pu rester volontiers dans l’anonymat dans lequel elles retomberont 3 ans plus tard. Pour les découvertes médiatiques, s’il y a bien un acteur (pourtant décrié) qui en fait encore de réelles, il s’agit d’Apple, qui dans tous les genres, sait découvrir des pépites qu’il met en avant via des synchronisations. Et je peux vous aussurer que tout artiste en devenir a bien plus à gagner d’une synchronisation Apple que d’atteindre un palier à 3000 ou 100 000 Euros sur une de ces plateformes. Pour ceux qui préfèrent la musique aux discours financiers, voilà de quoi les rassasier en la matière d’ailleurs, avec des musiques des pubs de la période iPod mais aussi des débuts: The Music of Apple Inc. Si vous ne souhaitez que la partie pub iPod