Route du rock 2010, compte-rendu
En fond sonore de l’article, la playlist du festival (les liens vers les albums de Martina plus bas sont pas mal aussi)
Les premiers noms annoncés pour la Route du Rock n’avaient pas suscité beaucoup d’intérêt autour de moi pour cette 20ème édition, alors que d’emblée elle me semblait personnellement relevée. Bizarrement, à l’arrivée, tout le monde s’accordait sur le fait que c’était une des meilleures affiches de la Route du Rock. Après deux festivals à l’ambiance survoltée en Pologne et Allemagne, le week-end au fort (avec une audience peu vigoureuse) s’annonçait comme un moyen de se poser pour écouter ou réécouter des groupes dans de meilleures conditions (une seule scène, “à taille humaine” comme il est de bon aloi de dire) que par le passé (notamment The National, Foals, Serena Maneesh, Two Door Cinema Club et Massive Attack). Une météo indigne d’un mois d’août tout le week-end m’aura fait me concentrer sur le Fort Saint-Père, qui à lui seul concentrait pas mal des pépites (bien qu’un crochet pour voir la chanteuse de Mazziestar – et de biens d’autres featuring – ne m’aurait pas déplu)
Arrivée sous un temps relativement clément vendredi, Dum Dum Girls et leurs remarquables collants finissent malheureusement leur prestation. Trop tard pour être juge. A la Route du Rock, presque tout le monde est fan d’Arcade Fire (et donc regrette qu’ils n’aient pas encore été alignés sur la programmation). Je ne suis pas du même avis, et même si la qualité de leurs productions est indéniable, l’étiquette “a fait partie d’Arcade Fire” que porte Owen Pallett n’est pas pour moi garante de qualité ni de critique favorable à coup sûr (cf le flonflon sur The Big Machine). On me suggère Andrew Bird, et c’est vrai que la ressemblance est forte, le violoniste ne démérite pas, c’est certain, on classera sa prestation parmi les “inévitables concerts paisibles qu’on écoute volontiers en fond à la RdR”
. Yann Tiersen, un Rennais qui fait beaucoup parler de lui, en France et à l’étranger, et que – (énorme) honte à moi – je n’avais pas encore eu l’occasion de voir en concert. En préalable à la sortie de son nouvel album Dust Lane sur Mute/Naïve, il est venu présenter une “création”, terme qui suscite généralement la méfiance chez moi car elle associe parfois des univers totalement différents sans réelle cohésion. Mais le musicien est habitué aux collaborations, et n’hésite pas en live, à être là où on ne l’attend pas. “Il ne joue même pas la valse d’Amélie”. Si il l’a fait, mais tellement réarrangée que seuls les plus avisés comme moi l’ont reconnue :p Point d’orchestration douce donc, bizarremment, les moments les plus calmes seront sur un titre aux paroles explicites (“Fuck me fuck me, make me come again”). On annonçait un set noisy, effectivement, il en avait quelques accents (on côtoiera d’ailleurs l’artiste plus tard pendant le set de Serena Maneesh que l’on peut classer dans le genre), mais il était autrement plus digeste que ceux des figures du genre. Ni enchantement (comme aurait certainement pu le provoquer, chez la gent féminine en tout cas, la reprise de ses “movie scores”), ni déception, mais un agréable moment partagé avec un artiste toujours prêt à se remettre en question, malgré la relative discrétion de ses accompagnants. The Black Angels étaient très attendus par certains de mes proches fans de rock psyché et noisy. Pas déplaisant, mais pas non plus très engageant. Je ne peux que constater de plus en plus qu’il me faut un groove, dans le rock, pour apprécier pleinement un live. Même si la soirée de Dimanche me prouvera le contraire. Dommage que d’autres “Black” (Keys) n’aient pas fait partie du line-up, les revoir m’aurait autrement plus exalté. Classés “post-punk”, les Liars ne manquent pas d’énergie, mais manquent également de ce groove qu’on peut trouver chez Foals, Gossip ou d’autres. La prestation n’est pas mauvaise, mais me laisse une fois de plus de marbre. Exactement ce que certains de mes followers/ing depuis leur PC reprochent au public aussi. C’est vrai qu’il n’y a pas encore l’excuse d’être englué dans la boue
. Caribou, à l’instar de Fuck Buttons, fait partie de ces “groupes électros qui veulent faire de la scène comme un groupe rock”, encensés par la critique hype rock pour des raisons qui m’échappent vraiment. Et comme pour Fuck Buttons, je ressens la même impression d’à peu près, de volonté de faire de l’électro avec des recettes du rock, là où un journaliste des Inrocks qualifie le set de “presque rave”. On dira que ça fait juste 10 ans qu’il n’a pas mis les pieds dans une rave ou un festival électronique pour sortir une telle ânerie. Moi je trouve leur électro cheap, sans progression, foutraque. A part n’avoir une vision de l’electro limitée au pauvre catalogue des majors, j’ai du mal à voir ça autrement que du sous Dominik Eulberg, Traum, Trapez, Border Community … Etc. Alors bien sûr, ça fait dodeliner de la tête ou taper du pied, parfois. Je concède que cela puisse être beaucoup déjà pour certains peu coutumiers du fait.
Martina Topley Bird m’avait déjà séduit avec Maxinquaye et Nearly God pour le compte de Tricky, mais également sur ses 2 albums solos. La relecture de certains de ses titres plus quelques nouveaux m’avaient ravi aux Eurockéennes, je ne manquais donc pas de dire à mon entourage de ne surtout pas la manquer, malgré son heure (trop) avancée. Eh bien, j’ai raté moi-même une grande partie, malgré un départ en temps et en heure, faute aux inciviques qui voulaient gratter la file de voiture vers les parkings (dont une partie j’imagine se fichait d’ailleurs de MTB). Malgré le déluge pendant son concert (pourtant seule pluie de la soirée), le public présent semble conquis aux applaudissements entendus en fin de prestation. The Hundred in The Hands m’est totalement inconnu, il paraîtrait pourtant que c’est hype. Avec Warp comme étiquette, ça aide en général à être classé dans ladite catégorie. Amusant qu’un label à l’origine électro soit désormais hype dans l’”intelligentsia pop rock”, et quasiment marginal en électro. Hype pas forcément méritée à l’écoute, mais une bonne découverte malgré tout, avec des ritournelles électro-pop qui égaieront la pause alimentaire
. Autre groupe “hypeux”, Foals a pour lui un public déjà conquis. Son principal atout, sa capacité avec de bonnes lignes de basse à vous faire vous trémousser. Quand le groupe décide volontairement de changer cette formule, il perd aussi – à mes yeux – de son intérêt pour redevenir un groupe de pop comme les autres. Etrangement un titre phare comme “Hummer” n’est même pas dans la setlist. Pas plus que “Unfinished sympathy” dans celle de Massive Attack qui se contente – fait rare – d’un seul titre en “Encore”, Atlas Air. Titre qui valait jusqu’ici seul le coup, tant l’interprétation live en faisait un “massive track”, très hypnotique. Et là, grosse déception, version short réinterprétée, il en perd toute sa saveur. On ne pouvait attendre un aussi beau concert qu’à Nantes, mais la prestation m’a semblé en deçà de celle des Eurockéennes. Bon, on a quand même l’avantage de la proximité, et les amateurs de Massive Attack de la première heure (recrutés avec Blue Lines ou Protection) n’ont semblent-ils pas boudé leur plaisir pour autant. Il n’y a que des überusers de Twitter pour cela qui peuvent sortir des bêtises comme “la musique a besoin de chant pour la musicalité”. Ceux qui trouvaient Massive Attack trop froid ne semblent pas changer d’avis non plus, le fait que le concert soit millimétré plaide en leur défaveur sur cet aspect. Tant pis si la musique de MA ne leur a jamais fait hérisser les poils. Quand rétrospectivement on repense au set de Caribou, on se dit qu’on est quand même dans une autre dimension sur la richesse des structures musicales avec le groupe de Bristol. Après ce qui a quand même pour beaucoup été le climax de la soirée, les Two Door Cinema Club sont parvenus à conserver une bonne partie du public aux abords de la scène, avec une electro-pop non prétentieuse mais efficace. “Crédit Agricole” est le titre qui a le plus de succès comme je peux lire sur le hashtag #routedurock . We Have Band joue face à un public mitigé, avec une frange qui apprécie les références 80′s et ne demande qu’à continuer à remuer son popotin, et une autre, dont je fais partie, qui trouve cela plutôt indigeste [NDR: désolé Z.])
Le dimanche soir représentait pour moi un peu le jour de “relaxe”, avec une programmation qui sur le papier, bien que séduisante, ne m’excitait guère plus que cela. Ce n’est donc que tardivement que j’arrive au Fort Saint-Père, avec un concert d’Archie Bronson Outfit déjà bien entamé. Pas si mal que ça au demeurant. J’avais déjà pu entrevoir Serena Maneesh aux Eurockéennes, mais n’avais pas insisté car je savais (comme pour Foals), que j’aurais tout le loisir de les voir à Saint-Malo. Je ne suis pas client du genre, et je dois dire que “j’attends que ça se passe”, prosaïquement. Je n’avais pas assisté à la prestation de The National en 2005, j’avais un souvenir d’un concert qui ne m’avait pas franchement enthousiasmé en 2007 aux Transmusicales alors qu’en fait, après vérification c’était déjà à la Route du Rock que je les avais vus (dans une soirée où je me souviens pourtant très bien avoir vu Elvis Perkins, Justice, Herman Düne et Art Brut, bizarrement), bref, pas de souvenir transcendant alors que la critique qui compte (celle qui influence une partie de la presse musicale) se confondait en louanges. Je disais même à des amis barmen bénévoles avant qu’ils ne commencent que je m’attendais à un concert “chiant” . Et pourtant, en ce dimanche soir, ils m’auront presque transporté, avec un son, qui n’a pourtant ni grande énergie, ni groove. J’aime(ais) beaucoup les Tindersticks, ou Rodolphe Burger/Kat Onoma dont ils sont relativement proches, dans le minimalisme et le soin apporté aux mélodies, mais largement moins downtempo et crooner. Subtilité et richesse sont les mots qui me viennent à l’esprit pour décrire leur musique. Assurément, je n’en aurai pas un souvenir distant lorsqu’il faudra évoquer plus tard cette soirée. Je ne connaissais pas l’extravagance des Flaming Lips sur scène. Entrée sur scène en sortant d’un “vagin en LED clignotantes”, ballons, confettis et guirlandes, déguisements de mauvais goût, “figurants danseurs”, le groupe ne lésine pas sur les moyens sur le plan visuel. On en oublie forcément la musique, qui n’est pas exceptionnelle non plus. On s’apitoie sur le sort du chanteur qui peine à faire sortir le public de l’immobilisme malgré tous les frous-frous (quand on est snob, réputation de l’audience du festival, on ne se manifeste pas beaucoup physiquement). J’en fais partie parce que je n’accroche pas au son, contrairement aux Sigur Ros dans le même genre (un peu moins exacerbés néanmoins) vus ici. La conclusion était donnée aux Rapture, qui n’ont pas manqué de saluer les groupes qui les avaient précédé en leur souhaitant de devenir une tête d’affiche comme eux (même au second degré, j’suis pas sûr que ce genre de remarque soit la bienvenue dans un festival). Comme la presse pop/rock aime à s’éprendre de choses électros pas si énormes que cela, la presse électro s’intéresse à des formations “type rock” qui ont du mal à convaincre sur la durée. Ce que j’en ai vu ressemblait beaucoup à ce que j’en ai entendu sur disque, il est indéniable qu’ils ont un savoir-faire pour faire bouger le public, mais rien qui ne me décidera à rester jusqu’à la fin de leur concert. Etienne Jaumet annoncé en “after badgés” était tentant (malgré la prévisible promiscuité de cuités), mais la perspective de devoir me lever à 8h (ce sera en fait à 10 :-S) m’en a dissuadé
Une édition moins grise-mine que le ciel au final, récompensée par une affluence réelle malgré les conditions. Il y a tout lieu d’être satisfait de la collection Automne de la Route du Rock
Les lives d’ArteLiveWeb
Review des Inrocks, pas franchement dans le même ton, mais avec plein d’adjectifs dedans
Report d’une Roukine en bottes trendy
La Route du Rock, vue par qqn qui n’y était pas
Eurockéennes de Belfort 2010, le compte-rendu
Pour changer, mon report ne reprendra pas le Line-up du festival selon sa chronologie, mais selon l’ordre alphabétique des artistes, en ne m’attardant que sur ceux sur lesquels je me suis attardé également pendant le festival. Si vous êtes pressés, allez directement au dernier paragraphe, ou sur l’artiste qui vous intéresse. Je ne m’attarde pas sur le style musical, on n’est plus dans les années 90 où on n’avait que le texte pour avoir un aperçu des albums… Mettez juste ça en fond sonore
Commençons violemment avec Airbourne, qui n’est pas trop ma came, plutôt un divertissement, et là, tout le monde en aura eu pour son compte sur ce point avec les exploits acrobatiques de l’un de ses membres (je vous laisse regarder les photo reports, je n’en ai pas fait cette année). J’aurai plus approché Baronnes (boules quies bien vissées aux oreilles quand même) mais n’aurai pu écouter plus d’un titre. Bomba Estereo est l’un des groupes que j’aurais bien vus, mais que j’ai zappé en faveur d’un autre groupe, The Black Keys. Honte à moi peut-être mais je ne connaissais pas du tout avant qu’ils ne soient annoncés dans la programmation… Mais avais vite rattrapé sur Spotify… Et ce sera assurément encore la bande-son sur la route de mes vacs. A l’instar de XX, un groupe de rock qui sait utiliser le minimalisme du rock sans tomber dans les travers d’un énième basse-batterie-guitare. En live, le groupe ne déçoit pas, même si le ressenti est celui de l’album en substance. Amateur de son premier album, complètement déçu du second, je n’attendais pas grand chose d’une prestation de Charlotte Gainsbourg dans un festival de plein air, mais je dois dire que c’etait au-delà de ce que je craignais (et les critiques de la presse du lendemain montrent bien que les gens qui les écrivent le font avant même la prestation – la voient-ils -, juste par rapport à l’aura d’un groupe, et sans tenir compte du retour du public, qui a largement déserté la scène au fur et à mesure). Chromeo aura montré la faiblesse live d’un exercice electro-fun(k) qui peut pourtant trouver son intérêt dans une fête organisée dans un appart’
Emilie Simon, que dire de plus après avoir déjà assisté par 2 fois à sa performance depuis la sortie de son dernier album ? Copie conforme en moins long des concerts de Nantes et Rennes, on retiendra surtout son solo guitare sèche sur Fleur de Saison. Accessoirement, c’est surtout de pouvoir l’entendre en conf de presse qui m’aura fait plaisir égoïstement (même si je me sentais un peu seul à savoir appréhender son univers au-delà de l’inévitable comparaison à Kate Bush, et les inepties du journaliste qui préfère que les chanteuses françaises chantent en français. Hé ho bonhomme, Emilie Simon, c’est pas de la variété française non plus) Empire of the Sun, c’est un peu le show à la Mika, mais pour les adultes. Grosse scénographie, avec du tube pop comme on peut l’écouter volontiers en fond sonore à la radio. Ethiopiques est la touche d’”exotisme” qui plait vraiment aux Eurockéennes, et nous rappelle les scènes des Transmusicales, avec une succession d’artistes sur scène, qui ne cherchent pas a démontrer quoi que ce soit, mais juste à donner du plaisir au public.
Fuck Buttons m’a toujours paru surévalué par la critique (mais à l’instar d’Ed Banger, à partir du moment où ça plait aux Inrocks, Tsugi et Libé, ça plait à tout le monde – en même temps je dis ça mais je ne sais pas si FB plait aux susnommés, je ne lis plus la presse musicale du tout depuis plus d’un an maintenant), mais ça m’a paru encore plus flagrant en live où on voit qu’ils n’en ont strictement rien à foutre du public. Je n’aime pas quand Plastikman le fait, je n’apprécie pas plus quand c’est Fuck Buttons, d’autant moins lorsque ce n’est ni dansant ni harmonique. Ceux qui les comparent à Aphex Twin ou Boards of Canada devraient réviser leurs classiques. Gablé avait l’air de plaire à l’une de mes “accompagnatrices parisiennes”, à Jean-Louis Brossard aussi, p’tet pour la formation originale et l’ambiance, mais certainement pas pour l’exécution qui semblait reposer sur un bon paquet d’enregistrements. Hindi Zahra m’aura plus plu sur son album que sur scène, mais à l’instar d’Ethiopiques, la creation qu’elle présentait aux Eurocks avait l’avantage de faire danser le public, et donner un peu d’air frais à un moment où les rockeux classiques jouaient. Hot Chip me confirme que le pouet pouet (ok j’exagère peut-être en les classant dans ce genre) même “plaisant” sur disque, ne me fait même pas bouger le petit orteil en live comme souvent quand l’electro veut reproduire les formations rock. Infectious Grooves aurait pu me plaire il y a 10 (15 ?) ans quand j’appréciais le son (pourtant très répétitif) des red hot, mais là, il me laisse plutôt de marbre. Jay-Z a fait du Jay-Z. J’apprécie variablement les Strokes, mais n’adhère en revanche invariablement pas à Julian Casablancas. Son approche scénique qui n’a rien à envier à celle des BB Brunes n’aide pas, il faut dire. Kasabian est de ces groupes de rocks “classiques” (avec The Drums et The Hives sur l’affiche) qui me donnent envie d’aller faire un tour au bar.
LCD Soundsystem, tout le monde ou presque les a déjà vus en festival. C’est bien rodé, il n’y a pas beaucoup de surprises, mais c’est également un bon moment assuré pour toute la durée de leur set. Après Massive Attack, le groupe qui m’aura fait le plus bouger (cad dodeliner de la tête et taper du pied
). Je ne m’attarderai pas sur Massive Attack, mon report de Nantes était aussi valable pour les Eurockeennes, y compris sur la tuerie Atlas Air en conclusion. En revanche, sa principale chanteuse sur cette tournée, Martina Topley Bird m’a particulièrement impressionné. Je vous avais dit “tout le mal” de la prestation de Tricky l’an dernier sans elle, j’avais déjà ses albums, mais avait raté une grande partie de son show en première partie de Massive Attack à Nantes. Grossière erreur, à ne pas commettre si vous allez à la Route du Rock par exemple, sa prestation avec son ninja de batteur a vraiment été le gros coup de coeur pour moi cette année des Eurockeennes (d’autres m’ont dit du bien de Janelle Monae, mais n’ai pas assisté assez longtemps à sa performance pour juger). On voit qu’elle a été à bonne école avec Tricky, et elle l’enthousiasme désormais plus que son ex compagnon. My Lady’s House aura représenté ma foi avec grande qualité la scène locale, avec une pop qui ne demeriterait pas sur une plus grande scène. Oy aura eu un effet banane sur les festivaliers, avec ses chansonnettes pas si enfantines qu’elles ne le paraissent de prime abord. Selah Sue ne m’aura pas fait l’effet que Julien m’avait promis. Au contraire, le peu que j’en aurai vu m’aura fait la mettre dans la catégorie des chanteuses insipides avec ces “hmm yeyeye”, peut-être un peu hâtivement, on lui donnera une seconde chance, à une autre occasion. Sophie Hunger & Piers Faccini & Patrick Watson auront su me détourner de The Dead Weather (mais bon je ne suis pas un inconditionnel de Jack White non plus) avec une mise en jambe parfaite pour le festival, sur une formation folk pour le moins originale (choeur, “orchestre”). Beaucoup d’émotion avec cette combinaison. The Gaslamp Killer, s’il n’est probablement pas un DJ talentueux (peu d’impro), n’en mérite pas moins le détour, presque plus pour l’”acting” que pour le son, tant il entraine son audience dans les subtilités mélodiques de sa playlist par ses contorsions (pauvre iPad qui recevait son enthousiasme aussi). Enfin terminons avec The XX (puisqu’arrivé trop tard pour voir les clones de Phoenix Two Door Cinema Club) qui comme cela a déjà été rapporté reproduisent quasiment de manière indentique (mais plus allongée) leur album sur scène. Mais quel bonheur quand même que de retrouver la voix de la chanteuse, le minimalisme qui alterne calme et énergie, même si on ne peut s’empêcher qu’on aurait été si bien à L’Omnibus pour la Collection Hiver, pour les apprécier à leur juste valeur.
Pour ceux qui viennent directement au dernier paragraphe, et en résumé pour les autres, aux rangs du très bon, il aura donc fallu mettre dans l’ordre Martina Topley Bird, Massive Attack, Black Keys, The XX et LCD Soundsystem, des déceptions, Charlotte Gainsbourg et Fuck Buttons, et sur les découvertes sympas, Oy, Ethiopiques, Hindi Zahra, et My Lady’s House… Tout ça dans la limite de ce que à quoi j’aurai assisté évidemment ! Un excellent cru encore pour moi en tout cas, avec une organisation et une ambiance (même avec les enfants venu voir cette Chantal Goya masculine qu’est Mika) qu’on peut leur envier dans notre Bretagne éthylique.
Emilie Simon aux Eurockeennes (avec moi dans la video visiblement
)
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Art Rock 2010, compte-rendu
Premier festival de l’année (eh oui, ni Panoramas à Morlaix, ni Nuits Sonores à Lyon cette année)
Jour 2
A peine parti du travail, direction Saint-Brieuc et le forum de la Passerelle afin d’assister à la représentation d’Air. Formation exceptionnelle (que l’on pourra voir à Paris à la Cité de la Musique également), puisque le duo réinterprète Virgin Suicides, accompagné de 2 ex-membre de Supergrass (dont le chanteur), les Hot Rats. Si je connais et apprécie grandement le groupe (3ème sur mon Last.FM si vous ne me croyez pas :p) depuis ses débuts sur Source avec son Modular Mix, je n’avais pas encore eu l’occasion de les voir sur scène (honte à moi). Voilà qui est donc réparé, même si Virgin Suicides n’est pas forcément ce que j’aurais voulu voir en premier malgré la qualité de la bande originale du film de Sofia Coppola (dont je suis également amateur). La prestation est propre, et reprend absolument tous les titres de la BO dans une setlist ordonnée comme le disque (et l’apparition des musiques dans le film) m’a-t’il semblé. Se déroulant dans un théâtre, les spectateurs assistent assis à la prestation, ce qui est en fait approprié. Malgré la présence (rare chez Air) d’une batterie, évidemment, les titres d’Air ne sont pas “dynamiques”. Conforme à mes attentes est la façon dont je décrirais le concert. Je n’ai été ni surpris, ni soufflé ni déçu. Le ressenti général m’a paru disparate, avec des gens déçus, et d’autres dithyrambiques (dont des étrangers étonnés que ce n’était pas sold out plus tôt). Mais bon, pour les Français, il y avait Olivia Ruiz en face, autrement plus populaire chez nous. Malheureusement, j’aurais bien voulu compléter ce que j’en avais brièvement vu aux Eurockéennes, mais il semblerait que le set “festival” dure 1h, pas plus et donc le concert s’achevait quand j’ai rejoint la place Poulain Corbion. Pas grave, j’allais pouvoir enfin voir Ghinzu, après leurs difficultés techniques des Eurockéennes (décidément pas mal de groupes vus là-bas). Pas de grande surprise non plus, c’est bon, très bon, similaire au Muse du premier album (je n’apprécie plus vraiment Muse depuis au contraire du grand public qui l’apprécie depuis), ou Placebo. Une grande partie du public familial est parti, mais il reste encore quelques âmes qui dépassent la trentaine, et qui bougeront sur leur reprise de Twist and Shout en rappel. C’est propre, c’est un set de festival classique, rien à redire. C’est alors que rentre en scène Vitalic. Et là, la première réflexion qui me vient à l’esprit c’est que son cachet a dû bien augmenter depuis 6 mois, étant donné qu’il dispose de techniciens pour installer son laptop et sa console de mix. Si j’ai beaucoup aimé son premier maxi, qui apportait quelque chose de neuf dans le son électro, j’ai beaucoup moins aimé la suite (au contraire du grand public encore une fois, je dois vraiment être snob), car il a continuellement appliqué la même recette, racoleuse. Sur le son, donc je n’accroche vraiment pas du tout, je passe pour le trentenaire qui n’apprécie pas la musique techno auprès de petits jeunes, puisque je reste fixe, toujours amusant lorsqu’on a été à la première rave française disons-le ainsi
. Sur la forme, à part bouger quelques potards, et comme trop souvent dans l’exercice du live électro, pas grand chose à se mettre sous la dent hormis un beau mur LED (d’où la réflexion sur le cachet), en V forcément, et tellement bien synchronisé au live qu’on comprend qu’il n’y a aucune improvisation (en même temps, je pense que Ghinzu déroule le même set dans tous les festivals). Retour à Rennes, pour un off en quelque sorte, et voir pendant 1h15 (pas le courage de faire plus) le set de Chloé à l’Espace (qui a eu la bonne idée de l’inviter mais ne sait absolument pas en faire la promo), dont le style me parle plus. Loin des sentiers battus pourtant, Chloé distille une électro minimale très en percussions, breaks et effets (peut-être un peu trop pour ces derniers) qui a le mérite d’être très hypnotique. C’est pas facile de rentrer dedans, mais une fois qu’on y est, on retrouve le plaisir de la musique hypnotique sur laquelle on n’a pas envie d’arrêter de se trémousser. Il faut donc maintenant que j’écoute son album
Les photos par Alter1fo (ce serait bien de les avoir dans l’appli d’ailleurs)
iPad, premières impressions
Voici ce que j’ai testé:
iBooks (relativement sommaire, mais store pratique)
Kindle (lecture plus sympa, mais pas de store embarqué)
Video live HD (http://iphone.envivio.com) en streaming (qualité top, forcément :p mais écran pas en 16:9 dommage)
Jeu iPad Asphalt 5 HD m’a bluffé
Jeux iPhone upscalés Ridge Racer et Monkey Ball mieux que je ne le pensais
Applications iPhone avec texte pas géniales (dont les miennes)
YouTube (la meilleure version, mieux que le web, de loin)
iTunes (pourquoi pas possible de se connecter à la librairie d’un autre iTunes ???)
iCab Mobile vraie différence par rapport à Safari
ToodleDo, bon gestionnaire de tâches
Korg Electribe assez bluffant, même si c’est quand même un jouet…
Seule application non fonctionnelle jusqu’ici: Canal+.
This is it… Pourquoi j’arrête la vente de digital pour tous sur NeoMusicStore
La vente directe a vécu. Ou plutôt n’a jamais vraiment existé. Si j’ai longtemps été convaincu (et le reste) que la vente directe est plus profitable à un artiste ou label, force est de constater que le marché du numérique ne s’est jamais vraiment orienté vers cela. Poids des traditions de distribution, les “agrégateurs” – que certains observateurs de la musique sans rien connaître à la musique appellent “labels” – ont remplacé les distributeurs indépendants dans la filière indépendante qui avait pourtant tout à gagner d’une redistribution des cartes. Au final, j’ai l’impression en 2010, et depuis quelques années déjà que les indés sont plus suivistes des majors (en appliquant les mêmes recettes, avec du retard qui plus est) qu’innovateurs comme ils pouvaient l’être au début des années 2000.
Aujourd’hui, de nombreux labels pensent que c’est encore la meilleure stratégie que d’être présent sur tous les stores. De nombreux artistes pensent qu’être disponible sur un store suffit à être vendu comme cela pouvait l’être à l’époque de la présence dans les bacs de disques (et encore). De nombreux acteurs pensent qu’il faut être sur Deezer ou les sites sans réalité économique pour les artistes, “pour la promotion” (c’est sûr que c’est l’usage premier pour les gens qui vont un site de musique à la DEMANDE, découvrir des choses qu’ils ne connaissent pas). Une étude est sortie récemment pour montrer qu’il fallait environ 50000 écoutes sur un site de streaming pour gagner autant qu’une vente directe d’un titre. Dans le même temps, ces sites récupèrent 50000 emails donc. 50000 emails de gens qui écoutent votre musique valent bien plus, à long terme, qu’une vente. Le contact direct (et la vente directe) permettent, surtout pour des artistes en développement de constituer une communauté autour d’un artiste, ce que ne permettront jamais une multitude de sites qui streament ou vendent de la musique, qui gardent ces informations pour eux (dans le vain espoir de le vendre à des annonceurs ou à Google).
J’ai été contacté à plusieurs reprises par des agrégateurs (dès le lancement du site), qui m’ont promis monts et merveilles (un catalogue d’1 million de titres – qu’ils n’avaient pas – pour le plus abject d’entre eux), mais n’ai guère trouvé (si ce n’est pour proposer la même chose que les autres) d’intérêt à lister des pages de contenu dont tout le monde se fiche de la visibilité (car il s’agit bien de cela). Pourquoi ? Parce que les agrégateurs comme les autres savent que 70% du marché du téléchargement est sur iTunes, et que c’est la seule visibilité intéressante (mais difficile à obtenir). Néanmoins, ils ne sont pas avares en promotion sur d’autres sites et services qui n’apportent strictement rien, histoire de justifier leur rôle auprès des artistes et labels qu’ils n’arrivent pas à placer sur iTunes.
Je n’ai jamais voulu proposer de publicité car je pense qu’on ne doit pas vendre du temps de cerveau disponible quand on considère la musique autrement qu’un produit d’appel. La musique n’a jamais été pour moi un produit de consommation avant toute chose, ceux qui pensent que ça l’est sont libres de mettre leur musique sur ces sites. Je n’ai jamais voulu mettre le catalogue d’une quelconque major, non seulement parce que je considère que passé leur travail de publishing et de ventes de produits consommables, elles n’ont plus aucune existence aujourd’hui sur la scène musicale mais aussi parce je n’ai jamais voulu devenir dépendant d’actionnaires.
Soyons honnête, la vente par téléchargement à 1 Euros ou moins ne fait gagner d’argent à personne si ce n’est aux banques. Que ce soit sur iTunes, sur eMusic, ou sur NeoMusicStore. Le coût de gestion et de maintenance est trop élevé, ce qui fait que les seuls stores qui gagnent de l’argent sont ceux qui vendent autre choses que de la musique en téléchargement (sonneries, jeux, applications, baladeurs et téléphones, …) ou la vendent plus cher (1,50 à 3 Euros)
Est-ce la fin de NeoMusicStore ? Non.
J’ai toujours fait cela par passion et ne souhaite plus en faire que cela. Je vais donc désormais proposer la solution aux gens avec lesquels j’ai envie de travailler, et seulement à eux, comme je le faisais aux débuts du service. Solution de promotions (applications iPhone, agrégation de contenus online, intégration sur pages webs), solution de distribution (vente et paiement directs), solution de tracking (voir quels sont les meilleurs référents, influenceurs), services originaux (Remix.me)… Les artistes et labels actuellement inscrits sont invités à se rendre dans leur back office pour obtenir le solde de leurs ventes, pour les opérations pour lesquelles ils ne recevaient pas le paiement en direct.