Archive pour la catégorie ‘Neo’
4 vilains petits secrets de la musique 2.0
Traduit de 4 Dirty Little Secrets Of Music 2.0
Désolé de vous dire ça mais…
1. LES GROS CHEQUES PRENNENT LE PAS SUR LES BONNES IDEES – Demandez à n’importe quelle startup dans la musique. Vous penseriez que les majors adhéreraient à toutes les grandes idées qu’elles pourraient trouver pour les aider à sauver leur business. Non. Les labels sont inondés avec tellement de “bonnes idées” et sont tellement désespérées pour leurs fondamentaux, que les seules idées qu’elles prennent sérieusement sont attachées à de gros chèques.
2. CHAQUE FOIS QUE LA MUSIQUE EST LICENCIEE A UN SERVICE DE MUSIQUE 2.0 FINANCE PAR LA PUBLICITE, UNE FAILLE DE CONTRAT EST PROBABLEMENT EXPLOITEE – Combien d’éditeurs ou de contrats d’édition connaissez-vous disant “C’est OK pour me payer une petite fraction des revenus publicitaires estimés chaque fois que ma chanson est jouée ou téléchargée” ?
3. VOUS NE POUVEZ LE FAIRE VOUS-MÊME – Il n’y a pas…
assez d’heures par jour pour répondre aux emails de tous vos amis Facebook/MySpace, mettre à jour vos dates sur Last.FM, poster de nouvelles photos sur Flickr, monter les rush de votre video backstage avant de les poster sur YouTube, et pour toujours trouver le temps d’écrire des chansons, les enregistrer et les jouer. Il faut un village pour éléver un enfant. Il faut une équipe pour construire une carrière. Commencez à en créer une aujourd’hui
4. MEME APRES QUE LE CSA AMERICAIN AIT INTERDIT LES CADEAUX AUX PROGRAMMATEURS RADIO, LES INDES N’ONT AUCUNE CHANCE A LA RADIO
Il n’y a pas eu beaucoup de changement. La musique indé n’a toujours quasiment aucune chance d’être diffusée sur des radios commerciales. Les programmateurs radio ont toujours tendance à jouer de moins en moins de nouveaux disques. Et la plupart viennent toujours de leurs connaissances dans les majors
Is playing at my house… ça démarre ce week-end … avec Clara [EDIT]
Je vois ici ou là qu’aujourd’hui, la musique en ligne manque d’innovation… Moi je ne trouve pas. Certes, côté business, on a tellement fait tout et n’importe quoi ces derniers mois, que le n’importe quoi est bien obligé de faire profil bas depuis quelques semaines avec la crise. Mais de crise des passionnés, non je ne vois pas. Je suis “consommateur” des concerts à emporter de la Blogothèque, et je dois dire qu’au delà de notre propre initiative “Bedroom DJ” il y a quelques années (qui faisait déjà jouer un DJ connu “at home”, mais avant l’arrivée des YouTube et sites videos de masse), le succès du concept de Chryde m’a clairement inspiré pour la naissance d’Is Playing At My House, nouveau “side project” de Neo v3 (et le premier à être lancé officiellement). Nous profiterons du festival des Transmusicales dans notre chère belle ville en mettant sur le devant de la scène un genre qui reste trop marginal dans notre Bretagne, la techno minimale, avec Clara Moto, autrichienne signée sur le label InFine d’Agoria (Un bon CV donc à 24 ans), que les auditeurs de mon podcast auront déjà pu entendre, et qui est une artiste/DJ à suivre. Pour le son, (comme pour l’image d’ailleurs :p), on ne pouvait rêver mieux, donc on ne peut que remercier les Transmusicales de l’avoir invitée et Clara de devenir notre marraine pour ce projet (Fafa Monteco en sera le parrain).
Le principe est simple.
On invite un DJ dans un vrai appartement ou maison (plus tard peut-être des groupes, mais il faudra alors de plus grandes maisons – caves ?
– pour les accueillir) dans le cadre de sa promotion et/ou d’artistes dont il voudrait faire la promotion dans son set (pour un label manager par exemple), on invite également quelques happy few, et pour le reste de la planète on diffuse en live sur Internet (évidemment le show est disponible après on-demand, et en podcast). Dans un premier temps, ces sessions seront enregistrées dans mon entourage, mais le but, c’est que cela puisse être enregistré n’importe où, afin d’en faire un media alternatif de promotion de ceux qui n’ont pas accès aux mass media. Aucune implication financière, les streams sont diffusés par le système Ustream qui est gratuit, aucune publicité additionnelle, aucune rémunération pour les artistes/DJs en promo (hormis défraiement éventuel), mais des informations/clips/liens pour en savoir plus et acheter leur musique (idéalement l’intégration directe de la vente via Neo). Pour le nom, j’ai choisi quelque chose de facile à mémoriser qui illustre bien le concept et qui reprend le célèbre “Daft Punk is playing at my house” des LCD Soundsystem.
Au-delà des concerts à emporter pour l’inspiration, on m’a aussi parlé d’Awdio, projet auquel je ne croyais pas du tout tant qu’il était payant et en audio seulement. Donc ce serait plutôt pour moi l’exemple à ne pas suivre. Ils sont désormais gratuits, c’est déjà un grand progrès j’avoue (côté utilisateur en tout cas). Reste qu’Is Playing At My House fait dans l’”événementiel” et une soirée dans l’intimité d’un salon pour mettre en avant la musique et l’artiste tout en permettant le téléchargement ultérieur à la demande ou en podcast, plutôt que dans celle d’un club ou d’un bar qui vend avant tout sa marque pour attirer des gens en manque de show off (dommage d’autant plus donc que la video soit absente). Mais surtout, ce qui démarque ce projet d’Awdio et le rapproche des Concerts à emporter, c’est que ce n’est pas un énième site musical avec business model (foireux) et investisseurs qui vont avec… ce qui s’avère loin d’être accessoire comme différence. La motivation n’est pas financière, le seul financement (lorsque nécessaire, idéalement jamais) viendra de sponsors… C’est juste un moyen de trouver de nouvelles voies de promotion pour des artistes qui méritent d’être multidiffusés, en faisant usage de ce que nous permet le réseau.
La première c’est samedi ou dimanche (horaire encore non déterminé) ici: is-playing-at-my-house.com
[EDIT] Le timing était très serré pour Clara, mais d’une grande gentillesse, elle nous a accordé 1h de son temps ce dimanche avant de rentrer, et en résulte un set minimal de 35′, que vous pouvez désormais apprécier à la même adresse à la demande. Versions iPod à venir.
Les risques des agrégateurs en musique: mes craintes se confirment
Dès 2004/2005, on m’avait demandé dans mon entourage si c’était la bonne solution de prendre un agrégateur pour distribuer sur iTunes et les autres sites par la suite. J’avais dit que cela ne posait pas problème, si on ne mettait pas tous ses oeufs dans le même panier, parce qu’en cas de problème avec ce dernier, on risquait de tout perdre. Mes prédictions semblent effectivement se confirmer une nouvelle fois, et malheureusement cette fois-ci je dirais. A l’époque, je déconseillais tout particulièrement les agrégateurs français qui IMPOSAIENT des EXCLUSIVITES, souvent LONGUES qui plus est, ce qui n’a pas de sens dans le numérique où un nouveau mode de distribution apparaît tous les 6 mois. Surtout, pour en avoir rencontré certains, j’avais pu me rendre compte de leur discours fumeux (le français qui se proclame actuellement leader européen m’annonçait en janvier 2005 avoir 1 million de titres en catalogue déjà à cette époque, alors qu’il n’en avait que quelques centaines, milliers à tout casser par exemple). Malgré tout, de nombreux artistes et éditeurs, parce que non ou mal informés ou conseillés, ou parce qu’ils ne voulaient pas s’embêter avec les formalités (pourtant, rien ne sert d’être sur toutes les plateformes, et être sur les 4/5 majeures ne demande guère plus d’une semaine de travail pour un éditeur à l’inscription, et rien de plus que le travail qu’il fait avec son agrégateur à chaque sortie de musique ensuite), ou encore parce qu’ils pensaient que le modèle numérique devait logiquement reprendre le modèle physique (pourtant avec la dématérialisation ça n’a pas de sens), ont adhéré à ce discours commercial.
Un post sur les forums d’Audiofanzine stigmatise l’un d’entre eux (que je ne nommerai pas mais qui est l’un des 3 plus connus en France) plus particulièrement mais le problème est applicable à plusieurs d’entre eux (rien qu’en France il y a un paquet d’agrégateurs) est lorsque cet agrégateur a des soucis financiers (ce qui est inéluctable pour moi car c’est un non-sens que cette activité pour moi sur le marché du numérique), eh bien, les premiers qui ne voient pas la couleur de leurs reversements sont encore et toujours les artistes et éditeurs
Pour ne pas que ce post ne serve à rien, s’il fallait en utiliser (je dis bien fallait), aujourd’hui, les seuls que je pourrais recommander par retour d’expérience sont dans l’ordre les suivants:
Tunecore,
Reverbnation,
CDBaby,
The Orchard
Les opportunistes sont légion en musique, et c’est vraiment pénible de lutter contre ce genre d’entités qui a un très bon discours commercial, mais un irrespect total de la “marchandise vendue”.
Richie Hawtin and Music 2.0 – Richie Hawtin et la musique 2.0
“Every track these days should be considered a work in progress
Everything is version 1.0, and anybody should be allowed to take your ideas and add their own ideas to it. We need to be more open about music, ideas and ownership.
For electronic music to progress we need to be more open-minded.
I believe a producer should be allowed to reuse and resample anything they want, in a reasonable manner.
At the moment, a producer creates a track and then this song is supposed to be left like that forever, like a rock in a field… everything changes with time, and I believe that each song should be allowed to have a life of its own after it’s released to the public.” (Richie Hawtin)
Sounds like remix.me
Comment vendre la musique en ligne en 2009 (et après) ? Remix.me !
Alors voilà ce qu’on pourrait décrire comme un post prétentieux, car comme beaucoup de gens dans la monde de la musique (à vrai dire plus dans le monde des start-ups que dans celui de la musique), je vais y énoncer ma vision de comment vendre la musique dans les années à venir… alors que je n’ai aucune formation “commerciale” et que ce n’est même pas mon activité principale (juste un “hobby” très prenant depuis 10/15 ans). Comme le disait Borey Sok dans une conférence musique 2.0 il y a peu, comment vendre quelque chose qu’on peut se procurer gratuitement ?. D’autant plus lorsque le gratuit peut aussi être “légal” (la portée de ce terme étant discutable), mais que ces modèles ne permettent pas le financement comme les modèles physiques ? D’autant plus qu’on rentre dans une période de crise qui annonce de nombreuses coupes de plan media, là où la publicité est déjà le seul moteur de financement.
J’ai lancé un système de radio à la carte qui bâtissait sa programmation selon vos goûts musicaux en 2000, Kioskradio. Le site a disparu en 2001 pour des conditions économiques – les miennes puisque je sortais tout juste de l’école – et celles du marché – en pleine bulle Internet – mais il a été repris depuis par Last.FM en 2003 et les Smart Radios de Deezer en 2008 pour prendre les exemples les plus connus dans notre cher pays.
J’ai lancé en 2004/2005 un service de téléchargement de musique en MP3 100% sans DRM, avec vente directe, NeoMusicStore, qui s’avère être encore relativement unique dans sa philosophie (vente directe, pas de rétention pendant des mois des dûs aux artistes/labels, liberté totale de prix et de produits, etc)
2008 aura été l’année terrible du produit musique (avec la story Qtrax au MIDEM comme premier épisode) justement en montrant par de nombreuses initiatives qu’il ne s’agissait que d’un produit, qu’on vous vend soit contre de la publicité (ou temps de cerveau disponible comme je me plais à le paraphraser), soit dans un abonnement package avec votre fournisseur d’accès, soit comme un moyen de spéculation, soit comme cadeau Bonux. Bref, la musique devient de plus en plus accessoire de la vente d’autre chose, et la création… ça devient juste un gros mot qu’il ne faut surtout pas évoquer dans les rencontres avec les “décideurs” (à remplacer par investisseurs, marketeurs ou faiseurs de tendances) du secteur.
Après avoir pris le pouls de tout ce qui se fait, et surtout de toutes ces dérives, je pense qu’il faut remettre en avant la création, et comme d’autres, je pense qu’il y a beaucoup de créateurs qui s’ignorent derrière ceux qui aiment la musique pour autre chose que du remplissage de disque dur. Je lance en 2008, dans ce qui est une des plus grandes nouveautés de NeoMusicStore v3 (dont je ne peux malheureusement pas encore donner la date de sortie, même si j’espère que ce sera également en 2008) ce que je pense être l’avenir de la vente de musique en tant que création.
C’est un postulat ambitieux, mais ce n’est pas mon premier dans la musique, qui est celui de croire qu’au-delà du non-DRM (qui n’est finalement que la base de ce qu’on attend du “produit musique”, pas non plus une révolution comme on tend à nous le faire croire), il y a autre chose qui peut intéresser les mélomanes et artistes en herbe, c’est de pouvoir participer à la création. Mais, pas participer à la création en “votant” (comme des années de Star Academy et des millions de SMS “nous” ont éduqué), et tant pis si notre vote ne représente pas la majorité, mais en partant du travail – fini – d’un artiste pour lui insuffler notre propre personnalité et ensuite la partager avec ses propres amis, son propre public. Il existe aujourd’hui pléthore d’outils simples qui permettent de composer soit même de la musique, d’un simple GarageBand à un Ableton Live. De nombreux artistes en électronique se sont faits par exemple connaître du grand public grâce à UN remix. Il existe des masters, sur de nouveaux morceaux, mais surtout sur le back catalogue qu’on n’exploite pas comme on pourrait le faire à l’heure de l’instantanéité. Il est temps de proposer ces masters comme la création de l’artiste, et en tant que tel, les vendre à un tarif premium, au-delà du 1 Euro syndical ou des 8% de recettes publicitaires. Il est temps aussi de considérer l’internaute comme autre chose qu’un pirate… ou alors si, comme un pirate dans le genre bootleggeur qui va savoir apporter une dose de création dans la musique qu’il télécharge. Et lui donner la liberté lui-même de diffuser ses créations dérivées.
Je partais du principe qu’un artiste qui propose sa musique sous ce format devrait accepter non seulement d’être remixé, mais aussi que ses remixes soient mis en vente (tout en gardant les droits de sa diffusion), j’ai compris avec mes échanges avec plusieurs artistes (et notamment ceux de renom), que c’était un point qui pouvait déranger, au moins dans un premier temps, parce que ce serait cautionner en quelque sorte que son travail soit dévalorisé. Je pense que lorsque la co-création (Salut Alban
) sera bien rentrée dans les moeurs, on fera bien le distingo entre l’oeuvre originale et son remix (je pense que c’est déjà le cas pour tous les “consommateurs de remixes” actuels) et que la “caution” n’existera plus dès lors que ce sera acquis que la “création” n’est pas celle de l’artiste original.
Ca se passe ici (EPK disponible): http://remix.me et sur Twitter