Archive pour la catégorie ‘musique’

Note à MyMajorCompany & consorts: un producteur n’est pas qu’un financier

A la lecture de l’interview de Sevan Barsikian de MyMajorCompany sur NetEco, je me dis qu’on n’a pas franchement gagné au change avec le nouveau modèle de développement médiatique d’artistes dans la musique. Au matraquage marketing a succédé le matraquage marketing, à la pauvreté musicale a succédé la pauvreté musicale, à la “star” éphémère a succédé la star éphémère, au populisme a succédé le populisme à outrance, à l’enrichissement de gens sortis d’HEC a succédé l’enrichissement de gens sortis d’HEC ou fils de, à Jean-Marie Messier a succédé Stephane Courbit. Mouais…

Vous pouvez continuer à donner les chiffres de gains, après tout, le PMU et le Loto affichent aussi les meilleurs gains, eux aussi sans afficher les leurs. Mais le jackpot risque d’être plus rare dans la musique qu’au loto dorénavant.

Mais de grâce, cessez de qualifier les internautes qui prennent désormais le risque financier pour vous de producteurs et de leur donner un semblant de pouvoir qu’à l’évidence n’est que purement accessoire dans votre dessein commercial. Un producteur, c’est quelqu’un comme Butch Vig qui est capable de faire d’un groupe grunge parmi les autres, l’emblème d’une génération, et recevoir une critique unanime, par la simple magie d’un seul album dont la qualité de production (qui comprend des choix artistiques réels sur l’apport de musiciens, de sons, de cohérence à une oeuvre, les choix de mixage) nous surprend encore aujourd’hui. Y aurait-il eu un Mellon Collie and the Infinite Sadness, meilleur album, et pourtant OVNI à l’époque, des Smashing Pumpkins, sans Flood et Alan Moulder, eux-même devant une partie de leur travail à Trent Reznor ? Certainement pas. Le producteur n’est pas qu’un financier comme on le décrit dans les mauvais soaps ou shows real tv qui vous montrent l’ascension médiatique d’un groupe.

Mais de grâce, cessez de vous qualifier de découvreur de talents lorsque vous ne nous faites découvrir que des chansons niaises ou jetables destinées à une écoute de 3′ à la radio ou à la TV entre deux spots de pub, et qui auraient pu rester volontiers dans l’anonymat dans lequel elles retomberont 3 ans plus tard. Pour les découvertes médiatiques, s’il y a bien un acteur (pourtant décrié) qui en fait encore de réelles, il s’agit d’Apple, qui dans tous les genres, sait découvrir des pépites qu’il met en avant via des synchronisations. Et je peux vous aussurer que tout artiste en devenir a bien plus à gagner d’une synchronisation Apple que d’atteindre un palier à 3000 ou 100 000 Euros sur une de ces plateformes. Pour ceux qui préfèrent la musique aux discours financiers, voilà de quoi les rassasier en la matière d’ailleurs, avec des musiques des pubs de la période iPod mais aussi des débuts: The Music of Apple Inc. Si vous ne souhaitez que la partie pub iPod

iLike revendu 20M$ après avoir levé 16.5M$ et en étant profitable…

C’est une mauvaise nouvelle pour toutes les start-ups dans le domaine de la musique qui comptaient faire péter leur tirelire lors d’une revente (et j’en connais un paquet rien qu’en France), iLike, société qui a plus de 7 ans et l’un des rares services profitables du secteur (pour ne pas dire le seul avec iTunes, Beatport et eMusic parmi les majeurs) n’aurait été revendue que 20M$, au plus offrant de MySpace, Facebook et Amazon, le meilleur offrant étant le premier cité. Cela veut dire qu’une société, même bénéficiaire, dans le domaine de la musique, n’aura reçu qu’un premium de 20% par rapport aux investissements consentis depuis sa création, et une division par près de 3 de sa valorisation il y a encore quelques mois. Et encore, par un acteur qui a une activité certaine dans le domaine de la musique (seul Amazon, déjà actionnaire principal d’Amie Street peut encore être un prétendant à l’achat dans le domaine, et n’était visiblement pas prêt à mettre une somme aussi élevée). On est loin, très loin du rachat de Last.FM par CBS (certes les transactions sont de toutes manières rares dans le secteur). Voilà qui devrait plus que refroidir les investisseurs.

Vieux routard du rock à Saint-Malo un week-end de 15 août

Difficile de faire un report complet du festival de la Route du Rock 2009 à Saint-Malo quand on n’assiste qu’à l’une des soirées donc je me contenterai de ladite soirée, en ce samedi ensoleillé du 15 août au Fort Saint-Père. Dans la série “je me fais vieux”, quand je disais avoir assisté (sans discontinuer) à Astropolis depuis 1999, je me remémore ma première Route du Rock… en 1996 (soit la première édition où je disposais d’un véhicule pour m’y rendre :p). Le visage du festival n’a pas tant que ça évolué depuis, organisé par les mêmes personnes (l’association Rennaise Rock Tympans), toujours dans les mêmes lieux (même s’il s’est étendu l’après-midi à la ville de Saint-Malo), avec toujours une même ligne directrice, proche des Inrocks (pour ne pas dire l’inrockuptible Lenoir), qui laisse une large place au rock britannique, sans réelle tête d’affiches populaire, mais avec une réelle, même si plus ou moins légère selon les années, ouverture aux musiques dansantes (et donc électroniques aussi)

Je dois bien avouer que l’évocation de la programmation 2009 ne m’avait guère enthousiasmé, ni sur le plan du rock, ni sur celui de l’electro. Je ne suis pas fan de la pop formattée pour la radio (fût-elle anglaise); “Pop is not a musical form”, comme d’autres l’ont dit auparavant ou comme je l’arbore avec fierté sur le festival à qui mieux mieux pour faire passer le message qu’il ne faudrait pas apposer cette étiquette. The Kills, Peaches, The Horrors étaient les noms qui m’intéressaient, je ne suis pas très fan d’Autokratz et Kitsune en général, et je n’écoute plus Dominique A depuis que je n’écoute plus Lenoir (ce qui est à peu près le cas depuis que j’ai l’ADSL) et étant donné le prix d’entrée relativement prohibitif (34 Euros en réservation), et mon budget festival qui a explosé en 2009, j’envisageais le samedi et optionnellement le vendredi. La non-venue de The Horrors a donc fait que je me suis concentré sur le vendredi. Bien qu’habitué au festival, je n’ai visiblement pas encore su anticiper mon arrivée pour ne pas rater St Vincent. Mais pourquoi diantre ont-ils inversé l’ordre de passage ? Tant pis pour moi, cela semblait sympa… Je me rattraperai plus tard sur ArteLiveWeb, un service d’une chaine TV qui propose enfin du concert live de qualité correcte (pour le son parce que pour l’image on repassera) sur le web. Je ne peux qu’applaudir l’initiative.

A défaut, c’est donc sur les premières notes de Papercuts que j’arrive au fort. Groupe typique de début de soirée Route du Rock pourrait-on dire, sympa à écouter comme à la radio en dilettante. Rien de plus. Camera Obscura prend la suite, et l’adjectif qui me vient tout de suite sur les premiers titres, c’est “gentillet”. Mais je dois dire qu’avec la progression de leur concert, mon impression s’améliore, et au contraire de Papercuts, je pense que je redonnerai une oreille à ce groupe à l’occasion sur Spotify :) . Je n’avais guère profité de The Kills aux Eurockéennes pour cause de cohue entre photographes (vous savez ceux qui ne “connaissent pas le groupe, mais il parait que c’est bien”) qui m’avait fait patienter (loin) derrière la scène… pour ne finalement rien faire. Manqué les 4 premiers titres et placé très loin, je n’avais pas franchement pu apprécier le concert, et venait principalement pour eux à la RdR. Absolument pas réfractaire aux boucles ajoutés aux prestations scéniques contrairement à d’autres qui m’accompagnaient, leur son, comme leur prestation scénique me convainct définitivement que le groupe fait partie des rares groupes de rock dont le set ne m’ennuie une seule seconde (si on élude les problème techniques :p). Ils se comptent sur les doigts d’une main de nos jours. Le show de Peaches s’annonce, et de ce côté-là pas de surprise, l’inflation continue. Tenues multiples et déjantées, pogo sur le public… Sweet machine, son groupe, et ses danseuses, sont dans le même trip. Le public, lui, se réchauffe sur un rock électro et des titres complètement revisités façon live pour certains. Une bonne conclusion… sauf qu’il y avait Four Tet après. Bizarrement, parce que le sieur, hormis via des remixes, sonne plutôt lounge sur ses productions. Je me dis que c’est une façon de proposer une certaine descente. Eh bien non, il joue en Ableton DJ Set (ou quelque chose qui y ressemble fortement), mais ça ne ressemble pas à grand chose, si ce n’est à des boucles de groove sur lesquelles on aurait posé des sons Warpiens au rabais. Je pars avant la fin.

Autre report (à peu près dans la même veine, mais avec un titre plus racoleur :p) sur Derrière la Fenêtre

Fin du CD et de la musique enregistrée … ce qu’on peut vendre aujourd’hui

On entend souvent chez les prophètes auto-proclamés que la vente de musique enregistrée touche à sa fin, que le déclin des ventes est inexorable. Si je suis relativement d’accord avec ce fait quand on parle de la manière et des supports de vente (physiques ou numériques), je ne suis absolument pas sur la même ligne quand on dit que le live et le T-shirt (pour simplifier) permettront de compenser les ventes de la musique enregistrée. Pourtant, je pense qu’il y a aujourd’hui plusieurs moyens de vendre de la musique enregistrée ou d’autres “choses” ou “services” dans la musique… Petit tour d’horizon de que l’on peut VENDRE (mon dieu quel mot horrible !)

L’accès complet, permanent et temps réel à la musique
C’est l’accès depuis un PC, mais aussi depuis un mobile, son ensemble hifi, son auto-radio à toute la création musicale du monde. La vertu culturelle est indiscutable, mais les blocages sont nombreux. Financement, problèmes de territorialité sont les principaux freins aujourd’hui. Pourtant un service comme Spotify semble le plus proche d’y parvenir. Une version mobile (en cours) et la possibilité d’intégrer sa propre bibliothèque de musique pour compléter l’offre déjà sous licence, semblent les 2 plus grosses étapes à franchir. On peut également penser à des choses similaires, mais par niche (qui peut aller jusqu’à un artiste particulier)

Le canal contrôlé
C’est un grand fantasme de l’industrie musicale, poursuivi encore il y a peu avec les DRM, la possibilité de contrôler la distribution de la musique. Apple le fait (avec plus ou moins de succès) avec sa plateforme de distribution d’applications, et cela semble le modèle actuel que les utilisateurs sont prêts à accepter: passer par un service de distribution unique pour télécharger du contenu sur son mobile. Aujourd’hui, il n’y a guère que sur le mobile (voire l’iPhone/iPod) que cela soit possible. Si aujourd’hui l’application mobile est utilisée comme moyen de promotion (y compris dans les applications développées par NeoMusicStore), elle ne l’est pas encore beaucoup pour distribuer du contenu payant, au-delà du lien vers l’achat sur iTunes (ce qui est déjà pas mal). The album is dead, long live the app

La prolongation de l’expérience du live
La plupart des concerts sont actuellement enregistrés, au moins en audio. Qu’en fait-on ? Rarement quelque chose, si ce n’est une cession à un media contre licence d’exploitation. Pourquoi dès lors ne pas systématiser l’enregistrement, et proposer sa vente, et ce pour chacune des performances ? C’est aisé à faire et pourtant aujourd’hui, très peu d’artistes le font. Dans ma bibliothèque personnelle, je ne recense qu’un groupe (les Pixies) dont j’ai acheté la performance ainsi. Sachant que le groupe proposait l’intégralité de sa tournée à la vente, ceux se rendant aux concerts peuvent au choix acheter le concert auquel ils ont assisté, mais aussi d’autres si le tracklisting est complètement différent: cas d’un artiste comme Nine Inch Nails… qui bien qu’avant-gardiste ne propose pas (encore ?) sa dernère tournée Wave au téléchargement. Je serais pourtant client si le live de Nîmes et un autre comprenant des titres que j’apprécie mais qu’il n’a pas joué ce soir-là. Attention à ne pas être trop gourmand comme on l’a été sur les lives en CD. Il s’agit là d’un prolongement, ou au contraire d’une incitation à aller voir l’artiste en concert. Au-dessus de 8$/6€, le prix est probablement trop élevé. La video, en live comme à la demande, peut également faire partie du package. Pour l’avoir expérimenté, je sais que des solutions existent désormais pour faire du streaming et du on-demand, payants, assez facilement sur PC comme sur mobile.

Vendre du lien social
Quand Joachim Garraud propose sur son site un album “à la carte” en vente directe, il propose non seulement sa musique, mais il propose un lien social. D’abord, parce qu’il laisse chacun libre de créer son propre album comme il l’entend, ensuite parce que l’internaute est presque dans l’acte de don (puisque les titres sont disponibles en piratage). Aujourd’hui, on sait vendre de manière froide sa musique via un agrégateur, une plateforme généraliste, qu’on soit un artiste reconnu ou confidentiel, on peut même être fier d’y être en rayon, mais on ne sait que trop rarement vendre ce lien social, pourtant primordial car seul garant d’une pérennité par l’attachement de l’acheteur à l’artiste. Vendre en direct est un moyen de conforter ce lien social, mais collecter les emails pour offrir du contenu exclusif en est également un ou bâtir une relation entre les fans eux-mêmes ne sont pas non plus à négliger.

Vendre la démarche ou le matériel artistique
Imogen Heap est l’exemple-type de l’artiste qui implique son public dans tout le processus artistique et promotionnel de ses créations (cf The New Music Business Model: Imogen Heap), Nine Inch Nails implique les musiciens amateurs parmi son public à le remixer, certains autres vendent des cours. Tout le public n’est pas enclin à acheter des produits liés à la musique, mais un public de passionnés est prêt à acheter beaucoup plus qu’un CD et du merchandising, pour peu qu’il y trouve un intérêt pas uniquement gadget (cas malheureusement de nombreuses idées dans la musique).

Tout ceci constitue des pistes de recherche déjà expérimentées sur NeoMusicStore, et qui devraient recevoir un écho de plus en plus favorable au gré des désillusions probables de l’industrie (et ni Cocktail, ni CMX, nouveaux supports attendus ne me laissent présager qu’il en soit autrement). Les précurseurs comme Nine Inch Nails n’auront pas attendu pour déjà dégager des millions de dollars de recettes en sachant se réinventer eux-mêmes, démontrant par la même qu’il n’y a pas crise de l’industrie mais méconnaissance de son “marché” (encore un gros mot).

Astropolis 2009, 15ème… ou 11ème c’est selon…

Qu’on calcule le nombre total d’éditions ou celles auxquelles j’ai assistées. Ca va devenir un maronnier sur ce blog, mes reports de festival à force :D 11, c’est beaucoup (j’assiste au festival sans discontinu pour DJing depuis 1999), alors, cette fois-ci, les événements ont voulu que je passe cette édition avec des jeunes qui n’ont pas mon recul, mais apportent plus de fraîcheur, et un regard et sur les historiques et sur les petits nouveaux, plus que complémentaire. La fraîcheur s’est logiquement quelque peu entamée chez moi au fil des ans. Ambiance générale, déceptions, confirmations et bonnes surprises, astro-panorama complet.

Fait rare, l’astro-astre (il est de coutume de tout préfixer astro à Brest début Août) était présent sur les 4 jours, et si les températures n’étaient pas pour autant méridionales, cela permet de profiter des événements dans des conditions agréables (au contraire des intempéries méridionales d’Electromind). Le Brestois (et le Breton plus largement) est toujours consommateur d’ivresse en grande partie (la perspective de mes propos sur les Nuits Sonores dans un précédent post est significative quand on sait qu’il y avait des “cadavres” jonchant le sol de l’entrée de Keroual dès 20h), et Astropolis est toujours le festival “de la musique qui tape”, avec un excellent son… mais de pauvres lights et visuels… Cette édition ne fait pas exception… même si nombre de ces points sont plus à mettre au passif d’un festival qu’on suit depuis si longtemps. Pourtant, la première soirée augurait du meilleur, puisque CocoRosie (après Underwires, guère à sa place ici) ouvrait le bal du festival dès le mercredi (parmi les changements en 11 éditions, il y aura eu le nombre de soirs), et il va sans dire que c’était un bon choix, tant l’audience (très féminine comme vous l’aurez pu voir sur mon Flickr) était calme et captive … à l’exception de notre Mathieu local qui demandait d’”envoyer” ;) . Seul bémol, un prix d’entrée (qui ne s’appliquait pas à moi) était quelque peu prohibitif (le même groupe était présent à Rennes pour bien moins cher dans une salle plus petite, on comprend mal l’envolée). La Carène a vraiment apporté un plus au festival… on ne peut pas dire qu’un lieu comme le César soit très approprié à l’événement. De fait je n’aurais de toutes façons pu (pour raisons administratives) m’y rendre cette année et me serai donc contenter de la Carène les 3 premiers soirs). Hors défoncé, le raver moyen est quand même bon enfant, la sécurité cool, et c’est aussi pour ça qu’on aime le festival. Il a su rester authentique.

Richie Hawtin était l’attraction du jeudi (même si Troy Pierce n’était pas annoncé comme amuse-bouche loin de là), et de nombreuses personnes viennent voir le producteur, leur “idole” (c’est bien le terme que j’ai entendu). Pour l’avoir déjà vu à 2 reprises au festival, je m’attendais à un bon moment, mais je connaissais aussi les faiblesses du sieur: une grande froideur, un set linéaire dicté uniquement parce qu’il a envie de faire, et une communication avec le public quasi nulle. De ce côté, pour moi, il n’y aura donc pas eu de surprise sur sa prestation, propre, efficace… comme on l’attend. Et du côté de ceux qui justement le voyaient la première fois, ils ont été déçus par tout cela et auront au final préféré le second couteau. Cela ne remet pas en cause pour autant ses qualités de producteur, label manager et vision (et je serais mal placé de dire le contraire avec Remix.me). Son Twitter aura été aussi un bon moyen de partager encore plus l’expérience (dommage que le Twitty Wall ait été aussi discret à la Carène, ça fait partie des innovations – certes un peu nerdy – sympathiques). Dommage aussi (mais on y est habitué à Astro) qu’aussi peu de lumière soit mise sur le DJ (de manière générale). Ou si on ne veut pas le starifier, il faut également en faire autant dans le reste de la comm. D’ailleurs, sur ce sujet, il est à noter que les responsables des lights ne comprenaient même pas les demandes des groupes (je pense notamment à Au Revoir Simone qui avait demané une ambiance dark sur l’un de ses derniers titres et qui l’a fait tous feux allumés). C’est pt’et pas leur métier de comprendre l’anglais, mais à ce moment-là, se synchroniser avec les groupes par rapport au tracklisting serait une bonne idée. Sur le plan des déceptions, le samedi cette fois, Erol Alkan ne m’aura toujours pas convaincu, bien qu’étant prêt à changer ma position par rapport à sa prestation des Nuits Sonores… ça envoie, mais c’est vrai qu’on n’est pas loin du son du Nord comme on pouvait le faire dans les “Thunderdome” comme j’ai pu l’entendre autour de moi. Je n’accroche pas. Pas plus qu’à The Proxy, auquel je n’adhère décidément que quand je suis sous l’emprise d’alcool. Le même set aux Transmusicales, aux Nuits Sonores, et à Brest. En l’espace de neuf mois. Mouais. Surkin, il faut le voir une fois, en général, la deuxième ça nous gonfle déjà. A son passage sur la scène AstroFloor, plusieurs personnes m’ont dit n’entendre que les graves, certains pensant qu’il y avait même un problème de son. Il a son public, la presse généraliste, par panurgisme (suffit que Télérama, Les Inrocks et Libé en disent du bien pour que le reste de la presse suive en général dans les musiques “underground’), l’encense, tant mieux pour lui. Je l’ai déjà dit, ce n’est pas ma came. Après je suis pt’et tout simplement trop vieux :D . Sur le plan des déceptions liées au son, celle la Cour en manquait singulièrement (au moins un caisson de graves). On avait peine à voir Enola enchaîner des pépites sans que le sound system suive. On aimerait aussi que le toit de la Carène ne soit pas seulement un espace de plus pour du son qui cogne (qui plus est avec des DJs qui sont loin d’avoir soit un niveau technique acceptable, soit un sens du DJing… comme la plupart des DJs “bouche-trous” vus sur le festival d’ailleurs… ), mais une ambiance plus lounge serait la bienvenue, le lieu y étant propice. Evidemment le cadre et la température n’en feront jamais un Cafe del Mar, mais il serait judicieux de le penser autrement.

Enola, c’était l’un des 2 noms que j’avais donnés à mon entourage sur les gens à ne pas manquer (vous aurez deviné le deuxième) sur la soirée du samedi, et je ne m’étais pas trompé. Ce gars-là a non seulement agrégé les meilleurs influences américaines et européennes dans ses prods, mais il est d’une chaleur communicative (hédoniste pour reprendre un adjectif qui est un étendard du festival, et qui ne me déplait pas :p) qui fait vraiment plaisir. Il prend son pied, et le transmet au public. Toujours plus agréable qu’un DJ qui fait constamment la moue, fût-il dans un rôle. Je suis client de ses prods dans mes sets, et je pense que c’est le talent français des derniers mois. J’avais clairement apprécié ce choix artistique lors de l’annonce de la programmation. Dommage qu’il soit passé si tôt en live, il aurait mérité un plus large public, d’autant qu’il est plus à l’aise dans son live que dans un set DJ. Electric Rescue, qui aura pris sa suite sur l’Astro Floor, n’a pas eu la même subtilité, ni les mêmes structures de morceau… C’est l’efficacité qui aura primé. Il en faut, mais les adeptes comme moi d’une techno léchée, auront à attendre longtemps sur l’Astro-floor un son qui leur colle aux tripes. C’est vers 4h que ce son est arrivé, en la personne de Sven Vath. Tête d’affiche n°1 du festival, elle n’est pour autant pas usurpée tant il aura donné une claque à toute l’assistance (Après 4 jours et mon âge, j’avais malgré tout du mal à rester vaillant sur les coups de 6h30… dommage car il aura été parfait jusqu’au bout). Techniquement efficace, une sélection variée, des mixes longs qui ne font pas traîner en longueur des titres qui ne le méritent pas, mais au contraire leur donne leur vraie dimension sur un son adapté (j’ai été étonné du rendu de certains titres de la dernière compilation Cocoon, label du sieur), et le tout, à 100% sur vinyle siouplé, dans un style démonstratif mais pas racoleur (non non, je ne citerai personne d’autre :p). Faute de Gui Boratto qu’on m’a dit parfait (dans son style, et dans ses tracks), je m’étais reporté sur le live de Laurent Garnier à la Carène, sans grande conviction, l’ayant déjà vu aux Eurockéennes (je l’avais volontairement manqué à Lyon). Pourtant, son live a quelque peu évolué (un nouveau titre, pas franchement exceptionnel, mais louable) car laissant une part d’improvisation au show. Intéressant, les morceaux s’enchaînaient sans réel blanc, contrairement aux Eurockéennes. Le DJ s’adapte et aura su conquérir un public, il est vrai déjà bien acquis à sa cause.

Parmi les choses à revoir, on aimerait évidemment, surtout après avoir fait les nuits sonores, que tout soit bien sur des rails, on a l’impression parfois d’une certaine légèreté dans l’organisation (chose entendue dans la bouche de nombreuses personnes qui faisaient ce festival pour la première fois), ce qui est dommage après 15 ans. ça en fait certes aussi le charme, on n’est clairement pas dans la grosse machine… mais bon quand on vient pour la 11ème fois sur le festival pour en faire une promo plutôt intéressante, c’est toujours dommage de devoir refaire un pitch… on ne demande pas une accred pour ne pas payer. J’ai payé une (ou plusieurs) accred pro aux Trans et aux Nuits Sonores. En revanche, on ne leur a fait ni application mobile, ni couverture photo avec fourniture complète des photos et videos commes on le fait depuis 11 éditions sur Astropolis… C’est pt’et pour faire la fine bouche, mais il serait bon pour le festival qu’il se professionnalise un peu plus, d’autant qu’il y a des gens compétents et passionnés qui y passent (Loig cette année par exemple). Ce ne sera jamais les NS, mais prendre modèle sur les Transmusicales serait une bonne chose.

Enfin, sur un plan 100% privé, cette édition d’Astropolis aura pour moi été l’occasion d’enterrer de mauvais souvenirs d’une édition il y a 5 ans, et rien que pour cela cette édition avait de quoi me rendre heureux :)

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