Archive pour la catégorie ‘musique’
Massive Attack. Massive F*cking Attack… et Nantes vs Rennes en matière de concerts
J’ai hésité presque jusqu’à la dernière minute… Un Zénith, c’est pas trop mon truc… surtout pour de la musique “intimiste” qui est censée dégager de l’émotion plus que de l’énergie. La dernière fois que j’avais assisté à leur concert, c’était aux Transmusicales (et en 1994, c’était une édition autrement plus marquante que celles des dernières années) où je n’avais pas tant que ça accroché (honte à moi)… trop dub à mon goût à l’époque, je les ai dans mon top Last.FM, et pense que c’est un groupe majeur pour le mélange des genres depuis presque… 20 ans ! On apprécie Massive Attack soit pour des joyaux comme Teardrop, soit pour son melting pot culturel très anglais, ses références caraïbéennes (Horace Andy), le vivier de talents et featurings qui y sont passés (Tricky, Martina Topley Bird, Liz Frazer, Sinead O’Connor, Neneh Cherry) malgré un trio de base parfois réduit au solo, l’utilisation des guitares autrement que comme un championnat… ou encore le groupe dont tout le monde attend le fameux LP5 depuis de nombreuses années
Splitting the atom m’avait presque déçu à la première écoute, mais Massive Attack étant coutumier de ne pas faire du copier-coller d’un album à l’autre, cet EP met du temps à vous prendre au corps et finit par y parvenir..
Après le report d’un concert au Zénith, je savais à peu près à quoi m’attendre… Première visite au Zénith de Nantes, je suis rassuré, rien à voir avec celui de Paris et sa terrible accoustique, celui de Nantes est plus modeste, avec une architecture qui ne produit pas de réverbérations dans tous les sens (un peu comme on en a au Liberté ou au “Musikhall” à Rennes). Martina Topley Bird en première partie et featuring sur quelques titres de Massive Attack, Deborah Miller, et Horace Andy en guest star. Maxinquaye (Hmm Black Steel) a toujours été mon album favori de Tricky, ainsi que ses autres titres avec Martina (plus que Björk même sur Nearly God), dont j’ai également les 2 albums solo, donc Martina en première partie me convenait parfaitement, contrairement à d’autres qui n’y ont probablement entendu que la synchro de la publicité Kenzo. Formation minimaliste (elle et un batteur), elle me convainct pourtant moins sur scène que sur disque. Pas si grave, un bon moment quand même.
Massive Attack déroule la même setlist à tous ses concerts (n’est pas Trent Reznor qui veut), donc il n’y aura pas de surprise de ce côté-là contrairement à ce que pourrait faire croire un voisin très démonstratif qui s’exclame aux premières notes de chaque titre. Le groupe a choisi une setlist énergétique et ne garde que ses titres incontournables dans l’étiquette “trip hop” “mellow”… OK on est dans une tournée qui fait des grandes salles, ça se comprend. Pas d’économie sur les moyens, hormis les nombreuses voix, le duo s’entoure de deux batteurs, un guitariste, un bassiste, un “DJ” aux samples et aux claviers, alors que 3D et Martina prennent eux-même les claviers à l’occasion. Débauche sonore, mais débauche visuelle aussi. Et une utilisation sympathique d’écrans de LED, puisque c’est clairement le parti d’illustrations ou textes hypnotiques qui est pris. Avec succès, surtout quand il diffuse “le mot du jour” ou du moins, les perles de l’actualité du moment. Sarkozy roi du pipeau à Berlin fait applaudir la salle en plein milieu d’un titre. En même temps, on se doute qu’il y a peu de Jeunes Populaires dans le public (encore que avec des premières places à 34 Euros, on y trouve peu d’étudiants sans le sou aussi). Hypnotisé, on l’est facilement mais pas à regret car on reste bercé par le son lancinant (mais énergique). En revanche, ce qui fait la force de Massive Attack sur disque (bien savoir s’entourer) en fait forcément la faiblesse sur scène, parce qu’il est difficile de rameuter tout le monde pour sa tournée. Elizabeth Fraser manquait beaucoup à Teardrop, dont la réorchestration minimaliste (sans samples qui dégagent pourtant toute l’émotion du titre) me laisse la saveur d’une (mauvaise) cover. Je ressens plus de frissons quand j’écoute cette musique seul allongé dans le noir sur mon lit, qu’en communion avec le groupe et son public. Dommage. Mais cette chanson a probablement besoin d’un certain confinement, d’une certaine stéréophonie pour être appréciée à sa juste valeur. Deborah Miller n’est pas non plus Shara Nelson sur Unfinished Sympathy, mais sa voix est appréciée sur Safe from Harm. Des frissons, j’en ai en revanche ressenti sur Future Proof ou encore sur Psyche. C’est ce que j’étais venu chercher. Je repars ravi de Nantes et rentre à Rennes dépité de ne plus voir ces artistes qui y ont fait leurs armes.
Nantes vs Rennes
Comme moi, vous l’avez certainement remarqué, mais depuis 10 ans, Rennes a beaucoup perdu de son positionnement culturel, notamment au profit de Nantes, notamment dans le milieu musical. De courtes vues pourraient penser que c’est parce qu’il n’y avait plus le Liberté (la belle affaire), qu’il y avait notre chère Bernadette, d’autres diront qu’à l’ère d’Internet et sa diffusion one-to-many, les Transmusicales ont largement perdu leur pouvoir de défricheur. A la direction culturelle de la Mairie on reste probablement persuadé que les Transmusicales participent encore au dynamisme local parce que les marronniers de la presse de début décembre sur le sujet ne manquent pas. En même temps, dans la presse nationale, qui ne manquerait pas une chouille au “bar pro des Trans” avec ses potes (et rédiger dans le train du retour à Paris quelques lignes sur le groupe communément annoncé comme révélation avant même le festival, quand même), c’est le moyen de faire la fête sous couvert de travail… encore que les difficultés de la presse musicale devraient commencer à se faire sentir cet hiver d’après les echos que j’en entends. Côté associations culturelles organisatrices de concerts, l’emprise d’ATM est tellement grande (sur les salles, sur le fait qu’il ne faut pas dénoncer la répartition peu juste des subventions en risquant de ne plus s’en voir attribuer…) que personne ne peut se permettre le luxe (en public, parce qu’en privé on ne se lâche pas) de remettre en cause cette politique culturelle. Cela amène en dérivé, une concurrence malsaine entre les organisateurs, qui fait qu’au lieu d’être fédéré comme on peut l’être à Lyon ou dans une moindre mesure, Nantes, ça part dans tous les sens, dans un esprit de compétition et jalousie. En attendant, le 9 décembre je serai à Nantes voir Emilie Simon, qui avait donné son tout premier concert à Rennes, et n’y passe même plus. Manquerait plus que le pôle TV numérique disparaisse à Rennes (ce qui est en bonne voie) pour que je déménage définitivement ailleurs… et pourquoi pas à Nantes.
Message personnel à la direction culturelle de la Ville de Rennes… s’il y avait des bars à préempter par la Mairie dans le coin de la rue Saint-Michel, le 1929 n’en faisait certainement pas partie. Et sinon, à Nantes et à Lyon, on boit moins qu’à Rennes chez les jeunes, le budget va plus dans le culturel que l’alcool, bizarrement.
Deezer premium: après Radio.blog, Last.FM, Deezer copie Spotify
Je l’avais dit en début d’année sur un ton ironique, le concurrent principal de Deezer, celui qui l’amènerait à sa probable disparition, serait Spotify. En tout cas, si son fondateur ne prenait pas au sérieux cette “menace” en janvier dans les commentaires, la révélation aujourd’hui de Deezer Premium prouve bien le contraire. Car sur le papier (et dans le communiqué de presse copié tel quel par tous les “sites d’information”), Deezer Premium ne fait ni plus ni moins que copier le principe de Spotify… à quelques exceptions près…
1. L’application
Deezer utilise la technologie Adobe Air. L’avantage: une portabilité facile côté développement sur Mac et PC. L’inconvénient, une empreinte CPU et mémoire importantes (regardez les captures d’écran ci-jointes). Pire, dès que j’ai manipulé activement l’interface, j’ai eu plusieurs microcoupures de son.
2. La qualité audio
Je n’ai pas encore trouvé un seul titre à 320 Kbps (ceux que j’écoute sont à max 128Kbps) contrairement à ce qui est annoncé. OK, Spotify ne propose pas toute sa bibliothèque en 320Kbps à l’heure actuelle, mais même ceux qui ne le sont pas encore, sont plus écoutables que tous ceux que j’ai pu écouter dans Deezer Desktop, et ce même dans la version mobile de Spotify. Bon point néanmoins, Deezer annonce que le titre n’est pas disponible en haute qualité quand on passe sa souris sur le player (même si HQ est illuminé)
3. L’interface
L’utilisateur de Deezer ne sera pas dépaysé par l’interface de Deezer Desktop qui ne fait que recopier celle du site web (l’arbre de Noël publicitaire en moins). L’utilisateur de Spotify l’a trouvera peu réactive.
4. Le P2P
Contrairement à Spotify qui utilise le P2P pour des démarrages rapides et une moins grande consommation de bande passante (le poste n°1 des dépenses dans ce genre de services, bien devant les droits), Deezer fonctionne toujours en mode web
5. La gestion du mode connecté
Très compliquée, il faut passer, dans l’application desktop comme dans l’application mobile par les préférences. Le mode Spotify est beaucoup plus intuitif à ce niveau
6. L’utilisation “en entreprise”
Jonathan Benassaya m’avait opposé que Spotify serait compliqué à faire marcher en entreprise parce que c’est une application. En fait Spotify a marché dès le premier jour en entreprise. Ce qui n’est pas le cas de Deezer Desktop qui ne sait visiblement pas intégrer un proxy.
7. La version mobile
En 3G, le temps de chargement est long, mais je parviens à m’authentifier et lire les titres de mes playlists. Je ne parviens pas à faire fonctionner le mode non connecté pour l’instant.
8. La possibilité d’ajouter sa propre bibliothèque
C’est une chose que je reprochais à Spotify comme l’un de ses derniers manques, et Deezer le fait (certes mal) en vous proposant d’uploader votre propre musique. Je préférerais un fonctionnement à la Serato Scratch Live qui importe le contenu de votre base iTunes et ses playlists
Bref, comme toujours Deezer compte sur sa position hégémonique (en France, parce qu’ailleurs, ce n’est qu’un acteur insignifiant), son réseau (en ayant à la fois Xavier Niel comme Christine Albanel par le passé dans sa poche, ce qui n’est pas rien) pour s’imposer. Il y a eu BlogMusik qui a copié Radio.Blog, les smart radios qui ont copié Last.FM, maintenant, c’est Spotify, mais même pas “patriotisme”, je n’utiliserai pas encore ce service de sitôt. Le service n’est pas foncièrement mauvais, surtout quand la référence est le site web (mêmes inconvénients sur la lourdeur, la qualité audio, juste les publicités en moins), mais pas de quoi détourner les utilisateurs de Spotify pour l’instant. Un jour, il va bien falloir innover.
EDIT: Quelques chiffres:
L’Expansion: ” Deezer revendique 10 millions d’utilisateurs en Europe”
Challenges: “En devenant payant, Deezer prend-il le risque de perdre une grande partie de ses membres qui n’accepteront pas les intrusions publicitaires? Jonathan Benassaya estime que 10 à 15% d’entre eux devraient opter pour la formule à 4,99 euros alors que 2 à 3% choisiront celle à 9,99 euros. Cela représenterait près de 150 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel, contre 7,4 millions actuellement, dont une partie sera reversée aux majors de la musique et autres labels indépendants partenaires du site.”
Si on analyse aujourd’hui les chiffres tangibles, 10 millions d’utilisateurs apportent chacun 0,74 cents de recettes au site par an (on ne connaît pas leur coût), soit moins que l’équivalent d’achat d’un seul titre par an.
Jonathan Benassaya annonçait en mai 2008 une rentabilité pour fin 2008 avec l’offre publicitaire. Avec la formule premium, il en annonce une désormais “dès le premier semestre 2010″



Beatport and its fake exclusives
If you like electronic music and purchase music downloads, there’s a great chance you bought some music on Beatport. This website, which launched with a $1.29 pricetag continuously raised its prices, up to $2.49 these days for exclusives (for MP3 320k and AAC 192k versions)
I suspected some fake exclusives, but I didn’t think that trickery was that important. When I recorded my last DJ set, I built a new features for the DJ Hedonist mobile app. You will be able to purchase the tracklisting through iTunes Store when track is available. Having bought half of my tracks as exclusives on Beatport, I didn’t expect to find as many tracks available on iTunes (With $0.99 price tag, and a better audio quality: AAC 256k)
Out of 7 announced as exclusives on Beatport, not less than 3 are available on iTunes. Here is the list if you want to check by yourself:
Mark Knight, Mannheim, Toolroom
Plaupez, L’Ame d’un Singe, Le Bien et le Mal
Gino’s & Kiko, Pink Loco, Eklektisch
OK, Beatport could say that labels are responsible, but in any case, it shows that neither Beatport or those labels respect their consumers. They may announce that they have Wave exclusive, but they should find some other reasons to continue charging us 2.49 for MP3s and AACs…
Beatport et les fausses exclusivités
Si vous êtes amateur de musique électronique et que vous achetez de la musique en téléchargement, il y a de grandes chances que vous ayiez déjà commandé de la musique sur Beatport. Ce site, qui s’est lancé sur une offre à 1.29$ le titre (sans facturer la TVA à l’époque) a progressivement augmenté ses tarifs pour qu’on arrive aujourd’hui à des titres à 1.49 Euros, voire à 2.49 Euros (pour les versions MP3 et AAC) lorsqu’ils sont annoncés comme exclusifs.
Je suspectais des triches sur les exclusivités, mais je ne pensais pas que la tromperie était aussi importante. A l’occasion de mon dernier mix, j’ai intégré une fonctionnalité à une version à venir de l’application DJ Hedonist. Il sera possible d’acheter le tracklisting sur iTunes, pour peu que le titre soit disponible sur la plateforme. Achetant pour moitié des exclusivités, je ne m’attendais pas à pouvoir trouver beaucoup de titres sur iTunes (proposés, il faut le rappeler à 0.99 Euros, et dans une meilleure qualité audio – AAC 256k – que les versions MP3 et AAC de Beatport)
Sur 7 titres annoncés comme exclusifs sur Beatport, pas moins de 3 sont en effet disponibles sur iTunes
Les titres en question pour que vous vérifiez de vous-même:
Mark Knight, Mannheim, Toolroom
Plaupez, L’Ame d’un Singe, Le Bien et le Mal
Gino’s & Kiko, Pink Loco, Eklektisch
Alors, bien sûr, Beatport pourrait se défausser sur les labels… mais dans tous les cas, cela montre que ni Beatport, ni les labels ne sont respectueux de leurs acheteurs. Qu’ils annoncent l’exclusivité sur le Wave à la rigueur, mais pour le reste qu’ils trouvent d’autres arguments pour vendre au prix d’une exclusivité.
Le mot du jour… une application iPhone pour sourire le matin quelle que soit l’actualité
Malaise vagal, fracture numérique, jungle, visite présidentielle, voici quelques définitions décalées, humoristiques voire cyniques que vous trouvez dans l’application iPhone Le mot du jour, première application iPhone non musicale (mais toujours gratuite) réalisée par mes soins.
Mes proches le savent déjà, je suis un gai luron qui aime manier le mot, je le fais donc partager à d’autres avec une définition quotidienne en lien avec l’actualité (principalement française)
du jour… qui permet aussi de conserver (ou non) en archives ses définitions favorites. Difficile exercice néanmoins, le public n’est pas un cercle privé…
C’est aussi la première application qui reçoit les Push Notifications (pas encore dans la version actuelle, mais dans un update soumis hier soir à Apple), histoire d’avoir un aperçu de ce que cela donnera dans les applications artistes / festival (la mise à jour de l’application de Joachim Garraud sera la première à la recevoir)
N’hésitez pas à laisser un petit commentaire sur iTunes, surtout s’il est positif