Archive pour la catégorie ‘musique’
Vieilles Charrues contre ViaGogo, réelle avancée ou manipulation ?
Vous l’avez peut-être lu, vu ou entendu, les Vieilles Charrues ont gagné un procès (en référé) contre Viagogo, site qu’ils n’hésitent pas pour certains à qualifier d’arnaque. L’information est reprise telle quelle par les TVs locales (France 3) ou la presse régionale (Ouest-France) qui ne prennent même pas la peine de donner les motifs de la condamnation (qui remettraient largement en cause la communication du festival). Voici dans une série de questions/réponses une analyse un peu plus poussée que celle que vous trouverez dans vos medias locaux
Que reproche-t-on à Viagogo ?
De vendre des billets sur Internet jusqu’à 5 fois leur valeur
Est-ce interdit par la loi ?
Oui par la loi du 27 juin 1919 portant répression du trafic des billets de théâtre. dès lors qu’une manifestation est subventionnée par l’Etat.
Que risquent les contrevenants à cette loi ?
3750 F d’amende. Des francs de 1919. Soit moins de 8 Euros. Si l’amende est reclassée en amende de 5ème classe (discutable devant un tribunal), 1750 Euros.
La revente à tarif plus élevé serait-elle autorisée en l’absence de subventions aux Vieilles Charrues ?
Oui
Est-ce que ViaGogo vend effectivement des billets à tarifs majorés ?
Non, car c’est une plate forme de mise en relation, qui ne fait pas de commerce de billets. Ce sont les internautes qui proposent ces ventes.
N’y-a-t’il pas d’autres plateformes de mises en relation qui agissent de même ?
Si: eBay, Le Bon Coin (dans lequel le groupe Ouest-France avait une participation), de nombreux forums, indépendants ou non.
Pourquoi les vieilles Charrues n’ont elles pas attaqué ces autres plateformes ?
Je ne sais pas.
Pourquoi les vieilles Charrues ont gagné ?
Elles n’ont pas gagné sur ce motif, mais sur celui du préjudice à l’image. Le festival poursuivrait “au regard des spectacles proposés, un objectif social”, objectif qui justifie les subventions. Certainement aussi parce que l’avocat de ViaGogo n’a pas su lui-même pointer les incohérences des Vieilles Charrues à ce sujet.
Quelles incohérences ?
Celles ci-dessous
Est-ce que les Vieilles Charrues donnent une grande publicité sur le fait que des tickets ne seront bientôt plus ou ne sont plus disponibles à la vente via des voies traditionelles ?
Les Vieilles Charrues annoncent régulièrement quand une journée, un ensemble de journées est sur le point d’être complet. Sur leur site, leur Facebook, Twitter. Ils sont à chaque fois largement relayés par la presse (Voyez par vous-mêmes).
Est-ce que ça a un intérêt pratique, comme le risque de se déplacer physiquement le jour de l’événement et de ne pas avoir de ticket ?
Plusieurs semaines, voire mois avant, non.
Est-ce que ça fait le buzz et provoque un caractère d’urgence d’achat chez les fans ?
Pour le buzz, c’est évident à la lecture des reprises instantanées dans la presse. Pour le caractère d’urgence, seuls les fans peuvent s’exprimer, je n’en fais pas partie. En tant qu’observateur desdits fans, je tendrais vers une réponse positive.
Est-ce que cela a une conséquence sur le marché gris ?
Je vous laisse juger.
Est-il possible de limiter la vente sur le marché gris ?
Oui
Comment ?
En ne suscitant pas d’urgence chez les fans
En émettant des billets nominatifs
En ayant une plateforme de revente officielle
Les Vieilles Charrues émettent-ils des billets nominatifs ?
Oui, mais pas exclusivement
Vérifient-ils l’information nominative à l’entrée ?
Pas à ma connaissance, sauf à posteriori, mais je ne saurais être affirmatif
Les Vieilles Charrues ont-ils une plateforme de revente officielle ?
Oui, Zepass.com, dans laquelle Vivendi détient une participation
Peut-on dire dès lors que ZePass est légal et ViaGogo non ?
Non car ViaGogo était la plateforme de revente officielle pour Roland Garros par exemple. Cela n’avait pas empêché ZePass de vendre également des billets pour cette manifestation. Les 2 mettent en garde les vendeurs vis-à-vis de la législation.
Qu’est-ce que représente ViaGogo par rapport à ZePass ?
Ce sont des concurrents. ViaGogo est un site international. Vivendi a racheté des parts de Digitick qui a lui-même acquis celles de ZePass, dans le but de l’internationaliser.
Est-ce que la condamnation est définitive ?
Non, le référé est un jugement d’urgence, qui n’a pas de caractère définitif.
Les medias locaux sont-ils partisans ?
Je vous laisse juger
Pourquoi défendez-vous ViaGogo ?
Parce que je connais un peu le marché de la billetterie et que je ne pense pas qu’on cherche réellement à endiguer le problème. Il faut soit faire une loi pour punir pénalement les revendeurs (on sait le faire pour des téléchargeurs, alors que c’est plus difficilement traçable, et beaucoup moins dommageable), ou on émet des billets nominatifs que l’on contrôle.
Parce qu’on ne se doit pas d’utiliser le mots “presque” “complet” plusieurs fois par semaine des semaines avant le déroulement de l’événement.
Parce que je trouve abusif de se focaliser sur un seul site de mise en relation, et certainement pas le plus puissant.
Les 30% d’Apple sur les abonnements par quelqu’un qui les comprend
En tant que développeur iOS (et Android quand je serai motivé) et ex-distributeur de musique sur Internet, je voudrais corriger plusieurs points sur les fameux 30% que prendrait Apple sur tous les abonnements, en énonçant des faits:
- Apple n’a jamais poussé les éditeurs à faire des applications natives. Avant iPhone OS 2, Apple recommandait uniquement les web apps. C’est à la demande de la communauté des développeurs qu’Apple a proposé un SDK qui a progressivement ouvert son système à des développements tiers.
- Apple ne prend pas 30% sur tous les abonnements aux magazines ou service de musique en ligne, seulement ceux qui sont souscrits uniquement via des applications natives sur ses appareils. Apple ne prendra pas 30% quand l’abonnement sera fait via le web, web mobile ou sur un appareil autre.
- Apple a proposé les achats dans les apps (in-app purchases) à la demande des éditeurs (de presse, mais aussi de jeux). Les règles de publication n’ont pas changé depuis son annonce il y a près d’un an.
- Si la presse estime reverser 30% de ses abonnements à Apple, c’est qu’elle vend 100% via le canal Apple. Vendre à plus d’un tiers via un réseau de distribution rend toujours l’éditeur dépendant de ce réseau de distribution.
- Apple n’interdit pas la publication d’applications accessibles uniquement sur abonnement, ni ne perçoit de commission, lorsque la souscription n’est pas possible dans l’application.
- La part des commissions sur les micro-transactions qui part dans le réseau bancaire est de l’ordre de 15% du prix de vente en-dessous de 1 Euro. Celle de gestion des fraudes de 1 à 2%. Ceux qui peuvent se permettre des commissions sur les micro-transactions inférieures à cela excluent les charges bancaires ou la gestion des fraudes de leurs propres commissions (Paypal, Google Checkout).
Il y a bien des raisons de se plaindre de la politique d’Apple en matière de distribution, mais certains éditeurs se sont juste fourvoyés en se rendant dépendants de la plateforme.
Sunrise Festival (Poland) festival report by some french guy
As there were not so many French people at Sunrise festival, I’ll write this post in English…
As a music background Sasha’s Intro and Swedish House Mafia anthem @ Sunrise Festival
Let’s start with Sunrise Festival, which has gained momentum in the electronic music community lately, being seen as the Nordic/polish Ibiza/Kazantip, even if it takes place close to the Baltic sea in Kolobrzeg. Don’t expect this comparison this year, at least on the weather level as sun was lacking most of the week-end (except maybe for last 2 hours of Sunday after on the beach). 2 main nights (Friday and Saturday), after on Sunday, and “awards event” on Sunday evening. 2 stages were offered to the foreign raver that I was. Without even looking at the line-up, I figured out someone my age would prefer the analog one to the digital one. In the end, I spent less than 1 hour on the digital stage, and probably more than 20 on the analog one
I was amazed by 3 things at Sunrise. First one is the level of professionalism of the festival, some of our french festivals could be well inspired to attend this festival, as it’s well organized for everything (sound, lights, stage architecture and size, drinks, food, toilets, 3-day passes … etc). Digital “Trance” stage was huge, and located on a parking lot, whereas analog stage was in an amphitheater. Second thing is the ambiance. As someone from Brittany, I expected Polish people to be fond of alcohol like us, but actually there were a lot less of people drunk at the festival, which is great… and everyone seemed happy, without being high. Third thing is of course the number of good-looking women in this country, you never know where to look at, there are always handsome girls around. I even tweeted that I thought I was in Paradise when 4 charming red hair women were surrounding me
Very few of them spoke English (or French) unfortunately
Friday line-up was made of too many Djs that were similar, all of them but one (Joris Voorn) played the Swedish House Mafia track (You have to understand this track is massive when played in a amphitheater) for example. By the way, all tracklistings are available here. Joris Voorn is really the DJ I appreciated the most on the first nights as the other DJs (Dirty South, Funkagenda, Dada Life) were too electro-house for me. Joris offered a good selection, good technique, and sounds we wouldn’t hear for the whole night. I was surprised to see that the amphitheater was the most crowded when Joachim Garraud, a customer of mine (with iPhone app), was performing. I was expecting more from Laidback Luke, especially when he started to mix The Bells by Jeff Mills, but was quite disappointed when he (tried to) mix it with Major Lazer. Technically, he wasn’t so good, real mixes where rare, he just tried to place a maximum of its own juice. Probably one of those producers who are better in a studio than on stage in a DJ set. Rain accompanied us for the 2 last hours with the sun rise ![]()
I was eager to attend the Saturday night as I had appreciated Pete Tong 30 months before in London and had never seen Sasha, Hardwell was a good candidate also. Pete Tong was quite good, offering a better, more subtle selection than most DJs, and for sure more diversified. Good moment, even if most of Polish people didn’t appreciate. Many people came back to see Sasha, but his intro by Sasha let almost everyone still as he started very smoothly with no beat where most DJs at the festival we just using massive kicks and long breaks to get the people dancing… But surely, he got people to move to his hypnotic set. Only for his set, I think that Sunrise was worth attending as I felt as I was in a rave like I haven’t felt for years (and surely not at a Caribou live set 2 weeks after such as a ignorant Inrockuptibles journalist). Many other stars (ATFC, Hardwell) performed but no other really grabbed my interest. I didn’t see at all Armin van Buuren, as even if I wanted to see the “phenomenon”, I knew I could see him again one week later at Nature One in Germany. Rain also was the last guest for this second night
The third night is actually a day and night as you can attend the after party on the beach (beginning 2 hours after the end of the second night, so that’s really difficult not to get some sleep before), and the awards event. If you are not Polish, you can avoid Sunday evening event as there’s a lot of talking – including during the DJ sets, which are again a bit too electro-house/trancey for me. That made me go to bed before the end, although I attended the whole 2 first nights. I only see the 2 latest hours of the after party and there were the best ones for weather as this was the only time we really had sunshine. A good moment to have a look around to beautiful women as well
I will attend for sure again, as I both enjoy the ambiance, the numerous views :p and some of the DJ sets. I just hope next year they will have more techno (or real house ?) and less electro-house (I guess that Trance is too popular right there to get rid of it… anyway, I don’t mind if we have a good line-up on Analog Stage). With Nuits Sonores festival in Lyon, these are so far the festivals I like the most so far (still haven’t attended Sonar). I guess that with such videos and photos, that shouldn’t be too difficult to bring some friends from France.
Route du rock 2010, compte-rendu
En fond sonore de l’article, la playlist du festival (les liens vers les albums de Martina plus bas sont pas mal aussi)
Les premiers noms annoncés pour la Route du Rock n’avaient pas suscité beaucoup d’intérêt autour de moi pour cette 20ème édition, alors que d’emblée elle me semblait personnellement relevée. Bizarrement, à l’arrivée, tout le monde s’accordait sur le fait que c’était une des meilleures affiches de la Route du Rock. Après deux festivals à l’ambiance survoltée en Pologne et Allemagne, le week-end au fort (avec une audience peu vigoureuse) s’annonçait comme un moyen de se poser pour écouter ou réécouter des groupes dans de meilleures conditions (une seule scène, “à taille humaine” comme il est de bon aloi de dire) que par le passé (notamment The National, Foals, Serena Maneesh, Two Door Cinema Club et Massive Attack). Une météo indigne d’un mois d’août tout le week-end m’aura fait me concentrer sur le Fort Saint-Père, qui à lui seul concentrait pas mal des pépites (bien qu’un crochet pour voir la chanteuse de Mazziestar – et de biens d’autres featuring – ne m’aurait pas déplu)
Arrivée sous un temps relativement clément vendredi, Dum Dum Girls et leurs remarquables collants finissent malheureusement leur prestation. Trop tard pour être juge. A la Route du Rock, presque tout le monde est fan d’Arcade Fire (et donc regrette qu’ils n’aient pas encore été alignés sur la programmation). Je ne suis pas du même avis, et même si la qualité de leurs productions est indéniable, l’étiquette “a fait partie d’Arcade Fire” que porte Owen Pallett n’est pas pour moi garante de qualité ni de critique favorable à coup sûr (cf le flonflon sur The Big Machine). On me suggère Andrew Bird, et c’est vrai que la ressemblance est forte, le violoniste ne démérite pas, c’est certain, on classera sa prestation parmi les “inévitables concerts paisibles qu’on écoute volontiers en fond à la RdR”
. Yann Tiersen, un Rennais qui fait beaucoup parler de lui, en France et à l’étranger, et que – (énorme) honte à moi – je n’avais pas encore eu l’occasion de voir en concert. En préalable à la sortie de son nouvel album Dust Lane sur Mute/Naïve, il est venu présenter une “création”, terme qui suscite généralement la méfiance chez moi car elle associe parfois des univers totalement différents sans réelle cohésion. Mais le musicien est habitué aux collaborations, et n’hésite pas en live, à être là où on ne l’attend pas. “Il ne joue même pas la valse d’Amélie”. Si il l’a fait, mais tellement réarrangée que seuls les plus avisés comme moi l’ont reconnue :p Point d’orchestration douce donc, bizarremment, les moments les plus calmes seront sur un titre aux paroles explicites (“Fuck me fuck me, make me come again”). On annonçait un set noisy, effectivement, il en avait quelques accents (on côtoiera d’ailleurs l’artiste plus tard pendant le set de Serena Maneesh que l’on peut classer dans le genre), mais il était autrement plus digeste que ceux des figures du genre. Ni enchantement (comme aurait certainement pu le provoquer, chez la gent féminine en tout cas, la reprise de ses “movie scores”), ni déception, mais un agréable moment partagé avec un artiste toujours prêt à se remettre en question, malgré la relative discrétion de ses accompagnants. The Black Angels étaient très attendus par certains de mes proches fans de rock psyché et noisy. Pas déplaisant, mais pas non plus très engageant. Je ne peux que constater de plus en plus qu’il me faut un groove, dans le rock, pour apprécier pleinement un live. Même si la soirée de Dimanche me prouvera le contraire. Dommage que d’autres “Black” (Keys) n’aient pas fait partie du line-up, les revoir m’aurait autrement plus exalté. Classés “post-punk”, les Liars ne manquent pas d’énergie, mais manquent également de ce groove qu’on peut trouver chez Foals, Gossip ou d’autres. La prestation n’est pas mauvaise, mais me laisse une fois de plus de marbre. Exactement ce que certains de mes followers/ing depuis leur PC reprochent au public aussi. C’est vrai qu’il n’y a pas encore l’excuse d’être englué dans la boue
. Caribou, à l’instar de Fuck Buttons, fait partie de ces “groupes électros qui veulent faire de la scène comme un groupe rock”, encensés par la critique hype rock pour des raisons qui m’échappent vraiment. Et comme pour Fuck Buttons, je ressens la même impression d’à peu près, de volonté de faire de l’électro avec des recettes du rock, là où un journaliste des Inrocks qualifie le set de “presque rave”. On dira que ça fait juste 10 ans qu’il n’a pas mis les pieds dans une rave ou un festival électronique pour sortir une telle ânerie. Moi je trouve leur électro cheap, sans progression, foutraque. A part n’avoir une vision de l’electro limitée au pauvre catalogue des majors, j’ai du mal à voir ça autrement que du sous Dominik Eulberg, Traum, Trapez, Border Community … Etc. Alors bien sûr, ça fait dodeliner de la tête ou taper du pied, parfois. Je concède que cela puisse être beaucoup déjà pour certains peu coutumiers du fait.
Martina Topley Bird m’avait déjà séduit avec Maxinquaye et Nearly God pour le compte de Tricky, mais également sur ses 2 albums solos. La relecture de certains de ses titres plus quelques nouveaux m’avaient ravi aux Eurockéennes, je ne manquais donc pas de dire à mon entourage de ne surtout pas la manquer, malgré son heure (trop) avancée. Eh bien, j’ai raté moi-même une grande partie, malgré un départ en temps et en heure, faute aux inciviques qui voulaient gratter la file de voiture vers les parkings (dont une partie j’imagine se fichait d’ailleurs de MTB). Malgré le déluge pendant son concert (pourtant seule pluie de la soirée), le public présent semble conquis aux applaudissements entendus en fin de prestation. The Hundred in The Hands m’est totalement inconnu, il paraîtrait pourtant que c’est hype. Avec Warp comme étiquette, ça aide en général à être classé dans ladite catégorie. Amusant qu’un label à l’origine électro soit désormais hype dans l’”intelligentsia pop rock”, et quasiment marginal en électro. Hype pas forcément méritée à l’écoute, mais une bonne découverte malgré tout, avec des ritournelles électro-pop qui égaieront la pause alimentaire
. Autre groupe “hypeux”, Foals a pour lui un public déjà conquis. Son principal atout, sa capacité avec de bonnes lignes de basse à vous faire vous trémousser. Quand le groupe décide volontairement de changer cette formule, il perd aussi – à mes yeux – de son intérêt pour redevenir un groupe de pop comme les autres. Etrangement un titre phare comme “Hummer” n’est même pas dans la setlist. Pas plus que “Unfinished sympathy” dans celle de Massive Attack qui se contente – fait rare – d’un seul titre en “Encore”, Atlas Air. Titre qui valait jusqu’ici seul le coup, tant l’interprétation live en faisait un “massive track”, très hypnotique. Et là, grosse déception, version short réinterprétée, il en perd toute sa saveur. On ne pouvait attendre un aussi beau concert qu’à Nantes, mais la prestation m’a semblé en deçà de celle des Eurockéennes. Bon, on a quand même l’avantage de la proximité, et les amateurs de Massive Attack de la première heure (recrutés avec Blue Lines ou Protection) n’ont semblent-ils pas boudé leur plaisir pour autant. Il n’y a que des überusers de Twitter pour cela qui peuvent sortir des bêtises comme “la musique a besoin de chant pour la musicalité”. Ceux qui trouvaient Massive Attack trop froid ne semblent pas changer d’avis non plus, le fait que le concert soit millimétré plaide en leur défaveur sur cet aspect. Tant pis si la musique de MA ne leur a jamais fait hérisser les poils. Quand rétrospectivement on repense au set de Caribou, on se dit qu’on est quand même dans une autre dimension sur la richesse des structures musicales avec le groupe de Bristol. Après ce qui a quand même pour beaucoup été le climax de la soirée, les Two Door Cinema Club sont parvenus à conserver une bonne partie du public aux abords de la scène, avec une electro-pop non prétentieuse mais efficace. “Crédit Agricole” est le titre qui a le plus de succès comme je peux lire sur le hashtag #routedurock . We Have Band joue face à un public mitigé, avec une frange qui apprécie les références 80′s et ne demande qu’à continuer à remuer son popotin, et une autre, dont je fais partie, qui trouve cela plutôt indigeste [NDR: désolé Z.])
Le dimanche soir représentait pour moi un peu le jour de “relaxe”, avec une programmation qui sur le papier, bien que séduisante, ne m’excitait guère plus que cela. Ce n’est donc que tardivement que j’arrive au Fort Saint-Père, avec un concert d’Archie Bronson Outfit déjà bien entamé. Pas si mal que ça au demeurant. J’avais déjà pu entrevoir Serena Maneesh aux Eurockéennes, mais n’avais pas insisté car je savais (comme pour Foals), que j’aurais tout le loisir de les voir à Saint-Malo. Je ne suis pas client du genre, et je dois dire que “j’attends que ça se passe”, prosaïquement. Je n’avais pas assisté à la prestation de The National en 2005, j’avais un souvenir d’un concert qui ne m’avait pas franchement enthousiasmé en 2007 aux Transmusicales alors qu’en fait, après vérification c’était déjà à la Route du Rock que je les avais vus (dans une soirée où je me souviens pourtant très bien avoir vu Elvis Perkins, Justice, Herman Düne et Art Brut, bizarrement), bref, pas de souvenir transcendant alors que la critique qui compte (celle qui influence une partie de la presse musicale) se confondait en louanges. Je disais même à des amis barmen bénévoles avant qu’ils ne commencent que je m’attendais à un concert “chiant” . Et pourtant, en ce dimanche soir, ils m’auront presque transporté, avec un son, qui n’a pourtant ni grande énergie, ni groove. J’aime(ais) beaucoup les Tindersticks, ou Rodolphe Burger/Kat Onoma dont ils sont relativement proches, dans le minimalisme et le soin apporté aux mélodies, mais largement moins downtempo et crooner. Subtilité et richesse sont les mots qui me viennent à l’esprit pour décrire leur musique. Assurément, je n’en aurai pas un souvenir distant lorsqu’il faudra évoquer plus tard cette soirée. Je ne connaissais pas l’extravagance des Flaming Lips sur scène. Entrée sur scène en sortant d’un “vagin en LED clignotantes”, ballons, confettis et guirlandes, déguisements de mauvais goût, “figurants danseurs”, le groupe ne lésine pas sur les moyens sur le plan visuel. On en oublie forcément la musique, qui n’est pas exceptionnelle non plus. On s’apitoie sur le sort du chanteur qui peine à faire sortir le public de l’immobilisme malgré tous les frous-frous (quand on est snob, réputation de l’audience du festival, on ne se manifeste pas beaucoup physiquement). J’en fais partie parce que je n’accroche pas au son, contrairement aux Sigur Ros dans le même genre (un peu moins exacerbés néanmoins) vus ici. La conclusion était donnée aux Rapture, qui n’ont pas manqué de saluer les groupes qui les avaient précédé en leur souhaitant de devenir une tête d’affiche comme eux (même au second degré, j’suis pas sûr que ce genre de remarque soit la bienvenue dans un festival). Comme la presse pop/rock aime à s’éprendre de choses électros pas si énormes que cela, la presse électro s’intéresse à des formations “type rock” qui ont du mal à convaincre sur la durée. Ce que j’en ai vu ressemblait beaucoup à ce que j’en ai entendu sur disque, il est indéniable qu’ils ont un savoir-faire pour faire bouger le public, mais rien qui ne me décidera à rester jusqu’à la fin de leur concert. Etienne Jaumet annoncé en “after badgés” était tentant (malgré la prévisible promiscuité de cuités), mais la perspective de devoir me lever à 8h (ce sera en fait à 10 :-S) m’en a dissuadé
Une édition moins grise-mine que le ciel au final, récompensée par une affluence réelle malgré les conditions. Il y a tout lieu d’être satisfait de la collection Automne de la Route du Rock
Les lives d’ArteLiveWeb
Review des Inrocks, pas franchement dans le même ton, mais avec plein d’adjectifs dedans
Report d’une Roukine en bottes trendy
La Route du Rock, vue par qqn qui n’y était pas
Eurockéennes de Belfort 2010, le compte-rendu
Pour changer, mon report ne reprendra pas le Line-up du festival selon sa chronologie, mais selon l’ordre alphabétique des artistes, en ne m’attardant que sur ceux sur lesquels je me suis attardé également pendant le festival. Si vous êtes pressés, allez directement au dernier paragraphe, ou sur l’artiste qui vous intéresse. Je ne m’attarde pas sur le style musical, on n’est plus dans les années 90 où on n’avait que le texte pour avoir un aperçu des albums… Mettez juste ça en fond sonore
Commençons violemment avec Airbourne, qui n’est pas trop ma came, plutôt un divertissement, et là, tout le monde en aura eu pour son compte sur ce point avec les exploits acrobatiques de l’un de ses membres (je vous laisse regarder les photo reports, je n’en ai pas fait cette année). J’aurai plus approché Baronnes (boules quies bien vissées aux oreilles quand même) mais n’aurai pu écouter plus d’un titre. Bomba Estereo est l’un des groupes que j’aurais bien vus, mais que j’ai zappé en faveur d’un autre groupe, The Black Keys. Honte à moi peut-être mais je ne connaissais pas du tout avant qu’ils ne soient annoncés dans la programmation… Mais avais vite rattrapé sur Spotify… Et ce sera assurément encore la bande-son sur la route de mes vacs. A l’instar de XX, un groupe de rock qui sait utiliser le minimalisme du rock sans tomber dans les travers d’un énième basse-batterie-guitare. En live, le groupe ne déçoit pas, même si le ressenti est celui de l’album en substance. Amateur de son premier album, complètement déçu du second, je n’attendais pas grand chose d’une prestation de Charlotte Gainsbourg dans un festival de plein air, mais je dois dire que c’etait au-delà de ce que je craignais (et les critiques de la presse du lendemain montrent bien que les gens qui les écrivent le font avant même la prestation – la voient-ils -, juste par rapport à l’aura d’un groupe, et sans tenir compte du retour du public, qui a largement déserté la scène au fur et à mesure). Chromeo aura montré la faiblesse live d’un exercice electro-fun(k) qui peut pourtant trouver son intérêt dans une fête organisée dans un appart’
Emilie Simon, que dire de plus après avoir déjà assisté par 2 fois à sa performance depuis la sortie de son dernier album ? Copie conforme en moins long des concerts de Nantes et Rennes, on retiendra surtout son solo guitare sèche sur Fleur de Saison. Accessoirement, c’est surtout de pouvoir l’entendre en conf de presse qui m’aura fait plaisir égoïstement (même si je me sentais un peu seul à savoir appréhender son univers au-delà de l’inévitable comparaison à Kate Bush, et les inepties du journaliste qui préfère que les chanteuses françaises chantent en français. Hé ho bonhomme, Emilie Simon, c’est pas de la variété française non plus) Empire of the Sun, c’est un peu le show à la Mika, mais pour les adultes. Grosse scénographie, avec du tube pop comme on peut l’écouter volontiers en fond sonore à la radio. Ethiopiques est la touche d’”exotisme” qui plait vraiment aux Eurockéennes, et nous rappelle les scènes des Transmusicales, avec une succession d’artistes sur scène, qui ne cherchent pas a démontrer quoi que ce soit, mais juste à donner du plaisir au public.
Fuck Buttons m’a toujours paru surévalué par la critique (mais à l’instar d’Ed Banger, à partir du moment où ça plait aux Inrocks, Tsugi et Libé, ça plait à tout le monde – en même temps je dis ça mais je ne sais pas si FB plait aux susnommés, je ne lis plus la presse musicale du tout depuis plus d’un an maintenant), mais ça m’a paru encore plus flagrant en live où on voit qu’ils n’en ont strictement rien à foutre du public. Je n’aime pas quand Plastikman le fait, je n’apprécie pas plus quand c’est Fuck Buttons, d’autant moins lorsque ce n’est ni dansant ni harmonique. Ceux qui les comparent à Aphex Twin ou Boards of Canada devraient réviser leurs classiques. Gablé avait l’air de plaire à l’une de mes “accompagnatrices parisiennes”, à Jean-Louis Brossard aussi, p’tet pour la formation originale et l’ambiance, mais certainement pas pour l’exécution qui semblait reposer sur un bon paquet d’enregistrements. Hindi Zahra m’aura plus plu sur son album que sur scène, mais à l’instar d’Ethiopiques, la creation qu’elle présentait aux Eurocks avait l’avantage de faire danser le public, et donner un peu d’air frais à un moment où les rockeux classiques jouaient. Hot Chip me confirme que le pouet pouet (ok j’exagère peut-être en les classant dans ce genre) même “plaisant” sur disque, ne me fait même pas bouger le petit orteil en live comme souvent quand l’electro veut reproduire les formations rock. Infectious Grooves aurait pu me plaire il y a 10 (15 ?) ans quand j’appréciais le son (pourtant très répétitif) des red hot, mais là, il me laisse plutôt de marbre. Jay-Z a fait du Jay-Z. J’apprécie variablement les Strokes, mais n’adhère en revanche invariablement pas à Julian Casablancas. Son approche scénique qui n’a rien à envier à celle des BB Brunes n’aide pas, il faut dire. Kasabian est de ces groupes de rocks “classiques” (avec The Drums et The Hives sur l’affiche) qui me donnent envie d’aller faire un tour au bar.
LCD Soundsystem, tout le monde ou presque les a déjà vus en festival. C’est bien rodé, il n’y a pas beaucoup de surprises, mais c’est également un bon moment assuré pour toute la durée de leur set. Après Massive Attack, le groupe qui m’aura fait le plus bouger (cad dodeliner de la tête et taper du pied
). Je ne m’attarderai pas sur Massive Attack, mon report de Nantes était aussi valable pour les Eurockeennes, y compris sur la tuerie Atlas Air en conclusion. En revanche, sa principale chanteuse sur cette tournée, Martina Topley Bird m’a particulièrement impressionné. Je vous avais dit “tout le mal” de la prestation de Tricky l’an dernier sans elle, j’avais déjà ses albums, mais avait raté une grande partie de son show en première partie de Massive Attack à Nantes. Grossière erreur, à ne pas commettre si vous allez à la Route du Rock par exemple, sa prestation avec son ninja de batteur a vraiment été le gros coup de coeur pour moi cette année des Eurockeennes (d’autres m’ont dit du bien de Janelle Monae, mais n’ai pas assisté assez longtemps à sa performance pour juger). On voit qu’elle a été à bonne école avec Tricky, et elle l’enthousiasme désormais plus que son ex compagnon. My Lady’s House aura représenté ma foi avec grande qualité la scène locale, avec une pop qui ne demeriterait pas sur une plus grande scène. Oy aura eu un effet banane sur les festivaliers, avec ses chansonnettes pas si enfantines qu’elles ne le paraissent de prime abord. Selah Sue ne m’aura pas fait l’effet que Julien m’avait promis. Au contraire, le peu que j’en aurai vu m’aura fait la mettre dans la catégorie des chanteuses insipides avec ces “hmm yeyeye”, peut-être un peu hâtivement, on lui donnera une seconde chance, à une autre occasion. Sophie Hunger & Piers Faccini & Patrick Watson auront su me détourner de The Dead Weather (mais bon je ne suis pas un inconditionnel de Jack White non plus) avec une mise en jambe parfaite pour le festival, sur une formation folk pour le moins originale (choeur, “orchestre”). Beaucoup d’émotion avec cette combinaison. The Gaslamp Killer, s’il n’est probablement pas un DJ talentueux (peu d’impro), n’en mérite pas moins le détour, presque plus pour l’”acting” que pour le son, tant il entraine son audience dans les subtilités mélodiques de sa playlist par ses contorsions (pauvre iPad qui recevait son enthousiasme aussi). Enfin terminons avec The XX (puisqu’arrivé trop tard pour voir les clones de Phoenix Two Door Cinema Club) qui comme cela a déjà été rapporté reproduisent quasiment de manière indentique (mais plus allongée) leur album sur scène. Mais quel bonheur quand même que de retrouver la voix de la chanteuse, le minimalisme qui alterne calme et énergie, même si on ne peut s’empêcher qu’on aurait été si bien à L’Omnibus pour la Collection Hiver, pour les apprécier à leur juste valeur.
Pour ceux qui viennent directement au dernier paragraphe, et en résumé pour les autres, aux rangs du très bon, il aura donc fallu mettre dans l’ordre Martina Topley Bird, Massive Attack, Black Keys, The XX et LCD Soundsystem, des déceptions, Charlotte Gainsbourg et Fuck Buttons, et sur les découvertes sympas, Oy, Ethiopiques, Hindi Zahra, et My Lady’s House… Tout ça dans la limite de ce que à quoi j’aurai assisté évidemment ! Un excellent cru encore pour moi en tout cas, avec une organisation et une ambiance (même avec les enfants venu voir cette Chantal Goya masculine qu’est Mika) qu’on peut leur envier dans notre Bretagne éthylique.
Emilie Simon aux Eurockeennes (avec moi dans la video visiblement
)
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