Archive pour la catégorie ‘Entourage’

Astropolis, manoir de Keroual

C’est avec un peu de retard (du moins par rapport aux éditions précédentes pour lesquelles on s’attachait à être sur site dès les premières heures, et de jour) pour des raisons de transport (train en retard de plus d’une heure) et d’accès au manoir que nous avons commencé la couverture de cette soirée vers 23h. Les têtes d’affiche n’étant programmées qu’à partir de cette heure, ce n’était pas si dommageable, mais bon, on ne vient pas seulement pour les têtes d’affiche. On sent qu’il y a de gros moyens cette année, que ce soit par la dimension des scènes que de la décoration ou de l’usage de videos (des choses qui pouvaient parfois pêcher sur Astropolis au regard d’autres événements électroniques d’envergure). Autre bon point, l’emplacement des scènes n’avait pas bougé d’un iota par rapport à l’an passé, ce qui est une bonne chose pour les habitués :) . Ci-dessous, un compte-rendu par scène et non par horaire.

A l’arrivée, Hip to Drum est déjà bondé avec la performance de DJ Pone. Du turntablism qui met – vraiment bien – en jambe avant la prestation de Mix Master Mike, qui lui “déchire sa race” (désolé de ne pas avoir trouvé d’autres qualificatifs plus journalistiques – ou verbeux journaleux – pour décrire sa performance). Encore 100% sur vinyle (enfin avec l’aide d’un Serato live quand même), c’est le genre de prestation qui nous fait nous demander pourquoi on a quitté ses bonnes vieilles platines vinyles (peut-être parce qu’on est loin du talent de MMM tout simplement, et que les CDJ suffisent aux rares cuts/scratchs que l’on fait). Alors bien entendu, on pourra dire que ce n’est qu’un enchaînement de DJ tools, boucles et autre acapellas, qui ont tourné des centaines de fois sous les doigts agiles du DJ… mais cela impressionne et fait son oeuvre… Ambiance énorme, avec cette fois (pour comparer à Ed Banger), des crossovers vraiment bien pensés et taillés dans la playlist. RATM, Nirvana, Guetta, tout y passe, sans qu’on n’ait rien à y redire, même en abhorrant à l’habitude certaines des productions diffusées. Bref, ça va être difficile de passer après. Mais c’est sans compter le talent scénique de Missill jeune “Djette” (le terme n’est décidément pas joli) qui n’hésite pas à enfiler du rose, et à stimuler le public pour qu’il se manifeste sur ses bootlegs. On reste donc dans le ton de Mix Master Mike sur le plan musical, avec une orientation marquée vers les lignes de basses vrombissantes (préparant ainsi le terrain au Drum’n'Bass d’Elisa do Brasil) et des nappes opportunes pour faire monter l’excitation. Comme à son habitude (c’est un peu l’habituée de l’étape), la gracieuse et toujours souriante Elisa do Brasil nous déroule ensuite un mix techniquement parfait de Drum’n'Bass qui sait nous redonner goût au genre, avec un MC non moins à l’aise pour nous rendre l’exercice moins linéaire. A tous ceux qui sont fans de la miss, sachez que nous avons en plus le droit à son subtil déhanché derrière les platines (assertion complètement gratuite dans l’unique but de faire plein de jaloux :D ).

Astrofloor est la scène “flagship” du festival, qui accueille souvent les plus grosses pointures du moment. Cela n’a pas dérogé à la règle avec la présence de Yuksek, Boys Noize, Umek ou encore Birdy Nam Nam, soit dans des genres différents, des artistes en vogue actuellement. Seul point faible de la scène, le manque de continuité dans un style musical, mais on peut également l’imputer à une diversification même du genre électronique ces dernières années. Arno Gonzalez était le DJ français qui oeuvrait avant minuit, et s’il y en a bien un qui a respecté le leitmotiv de l’événement, avec un mélange de productions d’aujourd’hui et de classiques, c’est lui. Danton Eeeprom, producteur très recherché pour ses remixes dernièrement, lui a succédé, dans un live qui s’est en revanche avéré très très linéaire (et qui montre les limites des producteurs dont le succès repose sur un son particulier). Dans le même ordre d’idée, Yuksek lui succédait. Si son live était beaucoup plus varié que le précédent, on avait l’impression que l’artiste n’était pas à son aise, finissant même sa prestation 10′ avant l’horaire prévue. Son set en lui-même était néanmoins l’un des plus appréciés sur cette scène. Attendus, les Birdy Nam Nam lui succédait. On le sait, c’est le côté visuel des Birdy(ies ?) qui plaît au public, tout comme leur science de distiller des sons sans frontière stylistique. Avec 4 DJs aux platines (dont Crazy B qui officiait aussi lors de l’Astro-boum dans l’après-midi), c’est certain que l’occupation scénique n’a rien à voir avec celle d’un DJ ou live solo comme on y est souvent habitué dans l’électronique. Dans le principe, le fonctionnement est en fait similaire à celui d’un groupe si ce n’est que l’instrument serait ici remplacé par des boucles affectées à chacun, deux étant affectées aux lignes instrumentales, et deux autres aux rythmiques (que ce soit par des percussions ou des scratchs). Si le résultat n’est pas fondamentalement différent de turntablists solos (il y a même peut-être moins d’improvisation à 4 au final), le mélange de genres est peut-être plus réel qu’un simple mélange par des titres de styles, chacun mettant sa personnalité et son savoir-faire dans les sons directement. Attendu par un public peu sensible aux mixes technos linéaires, je ne peux conclure s’il a répondu aux attentes, n’ayant pas été là pour la fin de leur prestation. Autre producteur en vogue à l’instar de Yuksek et Danton Eeprom car demandé pour de nombreux remixes. Là encore malheureusement, c’est un son particulier que demande les artistes qui en souhaitent des remixes, et en live seul, on tombe en revanche dans une linéarité d’électro house minimaliste qui lasse assez vite. Encore une fois un bon producteur ne fait pas forcément un bon live.

La scène de la Cour accueillait successivement le Sonic Crew, Daniel Bell et Derrick May. S’il y avait un résumé à faire de la scène, c’est que chacun a distillé le son qu’on en attendait (et donc ceux qui venaient pour voir leur artiste ont dû en avoir pour leur compte), soit Sonic Crew avec une techno pêchue et des standards du genre, Daniel Bell avec un minimalise “façon américaine” (donc non bleep), et Derrick May avec une sélection Détroitienne (techno linéaire et harmonique). Pas de déception donc sur cette scène, mais pas non plus d’exaltation démesurée, que ce soit de la part du public ou des artistes.

Mekanik avait étrangement peu de public lors de notre arrivée… du moins à ce qu’on est habitué lors des précédentes éditions. Une large partie du public s’arrêtait probablement tout simplement à Hip to Drum. Cela s’est effectivement etoffé au cours de la soirée, sans que ce soit la scène sur laquelle nous nous soyons rendu le plus (comme à l’habitude)

En résumé, c’est une bonne édition d’Astropolis, qui n’aura pas souffert de pluies (malgré des zones quelque peu boueuses, surtout en fin de soirée), permettant d’apprécier donc au mieux les prestations de chacun. Personnellement, et un peu à ma surprise, étant plutôt fan d’Astrofloor ou la Cour, c’est la scène Hip to Drum qui m’aura le plus enthousiasmé, peut-être parce qu’il y avait un rythme réel (bien que bougeant moi-même d’une scène à l’autre), et on sentait une réelle envie des DJ’s, quelque chose probablement moins présent sur les scènes Astrofloor (trop hâchée), ou La Cour (pas de surprise)

Images haute résolution dans le set Flickr de Raymond

Astropolis, deuxième jour: Astro Cocktail, AstroClub, Bunker Palace 2

Une journée (ou plutôt soirée) bien remplie s’annonce pour ce vendredi. Pas de pass photo le jeudi m’aura encouragé à utiliser l’iPhone, et à vrai dire, c’est pas plus mal dans les conditions de la Carène Club et d’AstroClub, où il n’est pas aisé de se mouvoir avec un “vrai appareil photo” avec objectif. Accessoirement, ça m’aura permis de constater l’instantanéité de l’exercice (et c’est là que l’on voit que le métier de photographe n’a pas fini sa mutation engendrée par le numérique), permettant ainsi de diffuser en direct (ou à quelques secondes de décalage, temps d’upload sur réseau téléphonique oblige) des photos de l’événement. Donc au final, hormis pour l’AstroCoktail, je choisis la même configuration pour ce vendredi. Mes contacts FaceBook auront apprécié, de mon côté cela me donne aussi des idées (et donc du travail en plus) pour NeoMusicStore et LiveAndRare dont les nouvelles versions vont bientôt débouler)

17h et des poussières, direction le toit de la Carène pour l’Astro-cocktail avec un DJ set et un concert. On n’est clairement pas en terrasse du Cafe Del Mar à Ibiza (ni pour le cadre, ni pour la meteo), malgré la volonté des organisateurs de nous le vendre comme tel. Le but réel est d’offrir une prestation gratuite dans un cadre différent d’un club ou d’une salle de concerts. Il ne pleut pas, c’est déjà ça. Ambiance bon enfant (il y en a d’ailleurs quelques-uns, en attendant l’Astro-Boum du samedi), le rendez-vous permet de rencontrer quelques autres têtes rennaises qui ont fait le déplacement pour le festival. Gros baillements pour moi (peu de sommeil dans la nuit/matinée précédente), va falloir penser à la sieste d’avant concert.

Quelques heures plus tard (soit vers 0h30 – dommage, j’aurai donc manqué les prestation scéniques de Sebastien Tellier et M83), direction le César pour l’Astro Club avec Ed Banger en tête d’affiche. Bon pour tous ceux qui connaissent Ed Banger, pas de grande surprise, le label au marketing terriblement efficace (quelques bonnes productions par quelques artistes auront permis d’obtenir de bonnes critiques dans Trax, les Inrocks et Telerama, cela aura ensuite suffi pour que le reste de la presse en dise du bien, sans même se déplacer à aucune de leurs soirées). Donc comme à leur habitude, il s’agit plus d’une boum qu’autre chose. Si on veut être positif, on dira que c’est un crossover de genres, avec les Pixies, Snoop Doggy Dogg, Abba et Technotronic en guise de playlist. Le principal aura de toutes façons été atteint, avec une presse dythirambique, le remplissage de la jauge étant assuré. Pour le reste, l’alcool aura fait son oeuvre, donc peu importe qu’il y ait au final largement plus de monde au bar extérieur que sur la piste. A noter que la petite salle propose de son côté une programmation Drum’N'Bass (donc complètement hors de propos pour qui vient voir la boum d’Ed Banger, néanmoins de quoi se nettoyer les oreilles lorsque saoûlé par le show de la salle d’à-côté) J’aurai pour ma part fait des allers-retours entre Astroclub et la deuxième partie de la soirée à la Carène pour pouvoir photographier l’intégralité des artistes.

A la Carène, l’annulation du jour se nomme Heartsrevolution, remplacé tant bien que mal par Poni Hoax. Carl Craig est là, avec CDJ-1000 et Serato live. La salle l’accueillant à la Carène, est sans surprise, blindée (ce que j’avais aussi constaté au Canvas à Londres pour le dernier NYE). Son set est propre, avec des classiques distillés régulièrement, et une bonne utilisation des effets. Le niveau auquel on l’attendait, ça bouge dans tous les sens, rien à dire, j’y aurais passé toute ma soirée si le “devoir” ne m’avait appelé. Des DJs du crew Astropolis se succèdent dans le Hall avec une sélection musicale souvent de qualité. J’arrive au début de la prestation des Midnight Juggernauts sur la scène concert (dont la dimension aurait mieux convenue à Carl Craig, mais difficile de placer des groupes de scènes dans l’autre salle), qui semble ravir le public, assez nombreux. La prestation semble meilleure que celle vue à Electroni-K, mais n’étant pas particulièrement fan de leurs productions, je me contenterais de demander à mon entourage rennais ce qu’ils en auront pensé dans les jours qui viennent :) . Poni Hoax a pour rude tâche de prendre le créneau laissé vacant par Heartsrevolution. Après une longue période de balance, le groupe s’attèle à ramener le public, massé en dehors de la salle. Chose pas facile avec les beats ravageurs qui viennent du Club. Heureusement, certains étant venus plus pour voir des prestations scéniques que des DJ sets, ils finiront par attirer ce public.

Pour moi, c’est retour à la case hôtel, non sans passer voir quelques instants la prestation de Pedro “Busy P” Winter, juste histoire de… il s’agit maintenant d’être en forme pour la (longue) dernière soirée à Keroual… qui s’annonce malheureusement pluvieuse.
Carl Craig, Bunker Palace 2, Astropolis, Brest

Astropolis, premier jour: Paul Ritch, Brodinski (et non Dave Clarke), Surkin

Cette année, j’assiste de nouveaux aux 3 jours d’Astropolis. La première soirée se déroulait pour moi à la Carène (très belle salle d’ailleurs, on se demande pourquoi la ville de Rennes n’a pas fait une salle similaire, plutôt que de rénover la salle de la Cité et le Liberté, ce serait une dimension complètement adaptée pour la ville de Rennes – à défaut de l’être pour celle de Brest en dehors de ce grand raoût – pour les musiques actuelles, et le public que l’on est en droit d’attendre pour des concerts d’artistes indépendants)

Paul Ritch est un très bon producteur/remixeur (je pense notamment au Limbo de Ludovic Vendi), qui a en peu de temps acquis ses lettres de noblesses dans l’intelligentsia électro internationale, et pour une bonne raison. En un peu plus d’1 heure, il nous a livré ce jeudi soir un set “minimal qui tape”, millimétré, qui aura plus aux fans d’un son sans concession (qui le rend peut-être moins accessible du coup néanmoins que ses successeurs)

Brodinski (comme Surkin qui lui succédait) fait partie de ces producteurs du renouveau de la French Touch dans le sillage des Justice, Ed Banger & co. Bon d’emblée, je dois dire que s’il y a des productions de Brodinski que je trouve honnêtes, la profusion de ring modulation, phazer et autres effets de montées et descentes dans le son, certes efficaces, me saôulent personnellement assez rapidement. Ca a le mérite d’être efficace. Ca s’intercale dans une soirée avec plusieurs artistes, heureusement, car on n’en prendrait certainement pas 3/4h ou plus.

A la base, je ne suis pas plus fan du son de Surkin (même si j’admire la qualité de ses remixes), mais il faut reconnaître qu’il a un sens inné du live, très proche de celui des Daft Punk (et donc de Justice), à savoir un très bon usage de vieilleries/standards électros (ce qui est fort pour son âge – 21 ans), de boucles, de filtres et d’Ableton ou Reason (en tout cas d’un soft similaire taillé pour le live… qui aura malheureusement planté sur son Macbook, privant le public de son pendant plus de 5′). Et si je ne suis pas fan de ses productions, il faut bien avouer qu’en live, même si c’est très préparé, il sait mettre le public (dont moi) dans sa poche. Une très agréable surprise donc au final.

C’est dommage que Dave Clarke n’eut été là, mais bon en même temps, même si Brodinski + Surkin, ça faisait beaucoup de House uptempo, il valait mieux un Brodinski motivé qu’un Dave Clarke là pour seulement honorer son contrat (ce qu’il n’aura donc pas fait)

Y’avait encore du monde à la Carène à 3h45 ! (photo mise en live sur mon compte Facebook à cette même heure, miracle de l’homme moderne connecté en permanence au réseau avec son iPhone)
Astropolis, Bunker Palace 1, La Carène, 14 août 2008, photos

Coup bas :)

Nelwan fait le prosélytisme de la tecktonik au pays des Cow Boys !

Bon allez, sans rancune, je t’inviterai volontiers dans une VRAIE soirée électro quand tu reviendras dans le coin ;)

Fin d’une olympiade

Comprenne qui pourra…