Archive pour la catégorie ‘Business’

Beatport et ses exclus, meilleure manière de promouvoir le piratage ? L’exemple avec Paul Ritch

Paul Ritch Carrrrramba Monkey mix dans Google

L’un des derniers titres de Paul Ritch, Carrrrramba (Monkey mix) est parmi les meilleures ventes de la plateforme américaine, et pourtant il y a de grandes chances que le titre soit largement piraté… Analyse sur le pourquoi et le comment:
1° Le titre est en exclusivité sur Beatport
2° Beatport est très mauvais en SEO (Search Engine Optimization)
3° Le titre n’est proposé à la vente ni sur le site de l’artiste, ni sur le site du label
4° Google indexe les sites pertinents sur une expression donnée. Les sites pertinents sur cette expression sont dans l’ordre: site de l’artiste, site du label, MySpace de l’artiste, MySpace du label, sites de vente en ligne, autres sites

L’équation 1+2+3+4 fait que ce sont les téléchargements illégaux qui arrivent en top des recherches dans Google !!!

Le pire dans l’histoire, c’est que beatport s’enorgueille d’avoir des exclusivités, et que les artistes et labels croient que ça puisse leur être bénéfique !

Pour ceux qui veulent acheter cet excellent titre, le lien est ici (je n’encourage pas Beatport, mais l’artiste)

Zimbalam, dernière tireuse à la française en date de la longue traîne

MyMajorCompany d’un côté, Tunecore de l’autre, les agrégateurs traditionnels comme Wild Palms ou Believe ont la vie dure. D’un côté un business model qui permet de se concentrer sur le plus vendeur, de déporter le risque financier sur les internautes, et donc de rationnaliser à maxima financièrement. De l’autre, un service qui ne facture plus du tout à la commission, mais uniquement à la mise en ligne pour un coût dérisoire, et sans demande d’exclusivité. Comment dès lors exister quand on prend des commissions élevées (30% minimum), et qu’on impose des conditions contractuelles très dures (paiements différés, exclusivité longue) ?
On lance un service sous un autre nom, en l’occurrence Zimbalam
.”Parce que tous les artistes ont le droit d’exister et de rester libres”
C’est ainsi que Believe annonce son service sur son blog. Le même Believe se félicitait il y a quelques temps de faire une sélection “drastique” des artistes en portefeuille. Jadis, il portait au pilori les services rémunérés par la publicité. Au lancement de NeoMusicStore en janvier 2005, il me proposait dans ses bureaux la fourniture d’un catalogue d’un million de titres (sic). Aujourd’hui, la société ouvre un service pour tous les artistes.
Sous condition. Ou plutôt sous conditions.
Les conditions ?

Toucher 90% des revenus… mais payer des frais d’inscription de 20€ pour un single et 30€ pour un album

La longue traîne et l’agrégation de nombreuses petites sommes qui la composent vit donc encore. Mais en 2009, cela prend moins, et l’interprétation ironique du contrat par Mesyc sur les forums d’Audiofanzine fait plus grincer des dents que sourire

Wormee… deuxième test (ou pas)

Je vous avais promis de reparler de Wormee plus tard, une fois le service réellement ouvert. Mais je dois dire que je n’ai pas grand chose à dire. Le service n’apporte rien de différenciant par rapport à l’offre française Deezer et Jiwa, et accuse encore un retard conséquent en matière de catalogue. On annonçait une focalisation sur l’éditorial et le social; l’éditorial me semble relativement pauvre aujourd’hui (il suffit de voir la playlist de l’été pour se dire que les personnes qui en sont en charge ont quelques trains de retard) et faute de masse critique, le social est inexistant. Bref, je n’ai même pas envie de m’y attarder… préférant accumuler les playlists dans Spotify (à tel point qu’il faudrait qu’ils implémentent une recherche dans les playlists en plus du catalogue pour mon usage). La grosse difficulté pour Wormee, c’est bel et bien Spotify, qui fait un buzz terrible sans aucun moyen dans les pages de la presse hi-tech, comme chez les blogueurs et les analystes qui (comme moi, Andrew Dubber, Philippe Astor), ne trouvaient pas leur bonheur jusqu’ici en la matière et en font aujourd’hui l’application la plus utilisée sur leur PC (ou Mac :p). Preuve est que les moyens ne suffisent pas pour imposer un service. Bien entendu, il ne faut pas enterrer tout de suite Wormee qui est à peine né… mais il ne faudrait pas qu’il connaisse le même sort que Pikeo (dont j’ai eu du mal à retrouver le nom c’est dire) pour les photos… Il est difficile de rentrer sur un marché où un (ou des) acteur s’est déjà imposé, si on n’apporte pas quelque chose de vraiment disruptif, plus que des améliorations cosmétiques.

Airtist, poisson d’avril tardif ou absurdité imposée par le chant du cygne ?

Je n’ai pas pour habitude de prendre trop à parti des sites qui sont sur la distribution de musique, même lorsqu’il s’agit plus de vendre de la publicité que de la musique. Je me contente de dénoncer leur business qui ne convient à personne si ce n’est à eux… mais il faut un moment mettre les pieds dans le plat, et en bon cuisinier et “défenseur de la veuve et de l’orphelin” (ou au moins de l’artiste lésé par des requins de tous genres), il faut quand même parler de certaines transactions, comme celles faites aujourd’hui par Airtist à ses artistes inscrits. Je ne publierai pas l’annonce officielle, vous la trouverez ailleurs. Prenons-le avec humour, voici donc ma recette pour faire d’Airtist un site de musique financée par la publicité, à point.

- Prenez 2 doigts d’étudiants issus d’une école de commerce persuadés d’avoir compris pourquoi le P2P était populaire
- Mélangez avec une large dose de subventions locales et régionales.
- Laissez gonfler en annonçant que vous voulez sauver l’industrie de la musique tout en faisant la promotion des nouveaux talents.
- Ajoutez de la levure de fonds pour obtenir la signature du catalogue d’une major aux abois.
- Saupoudrez largement de publicité visuelle partout sur les pages, y compris pour des services qui vantent des téléchargement illégaux.
- Ajoutez une dose (30 secondes) d’amertume indissociable du reste du plat pour qui voudra y goûter

Vous obtenez déjà un produit indigeste, mais il faut alors entamer une deuxième phase

- Prenez les cellules de base et séparez le jaune des majors et principaux agrégateurs plus riches en protéines du blanc des indépendants que vous mettrez de côté
- Laissez macérer en attendant que la crise rende la dégustation de votre recette de plus en plus difficile pour tous.
- Prenez les blancs pour en extraire le liquide au maximum, battez en neige en les assemblant tous pour faire gonfler le gâteau

Seul problème, à cette étape, seules quelques personnes pourront déguster le gâteau.

Dernière étape (encore à faire): Déglonflez la bulle et diluez les comptes bidons (puisque créés par des votes pour mises en avant dans des classements d’artistes) sur eBay.

Ah, et il parait que Beezik va faire “mieux”: réuménérer ceux qui téléchargent de la musique… La question qui vient donc naturellement est: Est-ce avec l’argent des artistes ? La musique gagnerait décidément beaucoup à avoir moins de commerciaux ou marketeux en son sein, malheureusement, ils bénéficient toujours d’une bonne presse sur Internet (certes plus quand ils travaillent dans une société technologique que dans une major) … et la longue traîne est décidément un concept qui consiste surtout pour les distributeurs et agrégateurs à profiter des petits acteurs pour se rémunérer eux-mêmes…

Last.Fm payant pour le streaming… et alors ?

Où comment les dirigeants de Last.FM n’ont pas compris ce qui faisait la valeur de leur site. Je ne sais pas si c’est parce que ça a été racheté par CBS, mais la politique de Last.FM est très mauvaise et si elle ne va pas lui faire perdre ses utilisateurs, à coup sûr, ils ne viendront plus sur le site… Pourquoi ?
- Il existe aujourd’hui des sites d’écoute gratuits: Spotify, Imeem, Jiwa, Deezer, … ce que ne permet pas Last.FM
- Last.FM permet en revanche depuis longtemps de constituer un profiling, ce qui est très important pour les fans de musique qui souhaitent découvrir de nouvelles choses
- Spotify intègre l’API Last.FM (on peut mettre son nom d’utilisateur et permet donc de conserver ce profiling, et d’avoir une écoute gratuite complète, et donc de bénéficier des 2 mondes
- Les premières API basées et sur Spotify et sur Last.FM commencent à sortir comme celle-ci qui vous permet d’être à jour sur les additions à Spotify qui pourraient vous intéresser, moyen exceptionnel pour repérer les nouvelles sorties par exemple

On obtient donc un cercle vertueux où Spotify nourrit son compte Last.FM simplement et où Last.FM nous fait des recommandations dans Spotify, et ce sans aucun intérêt commercial (bref le rêve dans un monde où la diffusion de musique ne serait pas dirigée par des intérêts économiques). Bref, Last.FM est certainement l’un des meilleurs services musicaux, mais il n’a pas compris ce qui faisait sa valeur (ou a du mal à la facturer). Dès que j’ai utilisé Spotify, je ne me suis plus rendu du tout sur Last.FM, et il y a fort à parier que je ne serai pas le seul…