Jan
25
2010
3

Jonathan Benassaya, l’homme qui faisait des avances aux majors

Voilà, c’est fait, Spotify l’a tuer. Le PDG de Blogmusik, éditeur de Deezer, s’est fait virer mettre à l’écart par ses actionnaires, et il a semble-t’il été l’un des derniers à l’apprendre. Jonathan Benassaya était apparu sur les écrans TV il y a 2 ans et demi en annonçant qu’il allait sauver l’industrie de la musique. Dès lors, et comme toute société qui part de ce postulat, il avait perdu à mes yeux toute légitimité dans ce secteur. Langage double populiste: les majors sont méchantes, mais en même temps il leur fait les yeux doux car il ne peut/veut pas faire un Deezer sans leur catalogue qui en est la substance première. Langage double sur la rémunération, puisque les artistes sont une nouvelle fois les dindons de la farce, et que les fondateurs et les majors s’en mettent plein les fouilles. Ceux qui voient en Deezer un acteur français innovant en matière de musique n’auront probablement pas connu RadioBlog ou … Kioskradio. Ceux qui voient en Deezer un acteur respectueux des artistes (comme le disait presque la précédente Ministre de la Culture), sont probablement ceux qui trouvent que la musique est toujours trop chère, quel que soit son prix.

Le modèle économique
C’est plutôt de l’absence de modèle économique dont il faudrait parler. Je me demande encore aujourd’hui comment une société peut lever autant de fonds alors que les exemples de réussite dans le domaine sont inexistants, comme les perspectives à l’heure où on écrit la balance des charges et recettes attendues. Je ne connais aucun service qui fasse de la marge bénéficiaire sur sa seule activité musicale (pas même Apple). Deezer s’est lancé sur la promesse d’un financement par la seule publicité. Si publicité il y a bien sur le site, les annonceurs n’y trouvent pas leur compte pour la simple raison que le site est rarement en avant-plan pour les internautes. Le site a progressivement ajouté l’obligation de s’inscrire (ce qui lui permet d’avoir une base de données plus large, mais des informations de plus en plus souvent inexactes), puis une version premium, largement au-dessous de ce qui existait déjà sur le marché. Bref, le modèle économique de Deezer est de perdre de l’argent, et même avec une nouvelle équipe dirigeante, il faudrait revoir les fondamentaux pour en gagner.

La faute aux majors ?
C’est la réponse facile, que ne manqueront pas d’avancer les analystes en herbe du marché de la musique en ligne (et dieu sait s’il y en a un paquet). Il faudrait être stupide pour dire cela, car personne n’a jamais obligé Deezer à licencier le catalogue des majors. Sauf que Deezer sans le catalogue des majors n’aurait jamais atteint une telle popularité. Un contrat est signé entre 2 parties. Les majors ont raison de demander beaucoup si elles peuvent l’obtenir, d’autant que Deezer n’est pas la première société, ni la dernière, à avoir reçu un financement qui passe directement de la poche des actionnaires à celle des majors.

L’histoire est bien illustrée ici

Written by Sylvain Corvaisier in: Business, musique |
Oct
06
2009
0

Beatport and its fake exclusives

If you like electronic music and purchase music downloads, there’s a great chance you bought some music on Beatport. This website, which launched with a $1.29 pricetag continuously raised its prices, up to $2.49 these days for exclusives (for MP3 320k and AAC 192k versions)

I suspected some fake exclusives, but I didn’t think that trickery was that important. When I recorded my last DJ set, I built a new features for the DJ Hedonist mobile app. You will be able to purchase the tracklisting through iTunes Store when track is available. Having bought half of my tracks as exclusives on Beatport, I didn’t expect to find as many tracks available on iTunes (With $0.99 price tag, and a better audio quality: AAC 256k)

Out of 7 announced as exclusives on Beatport, not less than 3 are available on iTunes. Here is the list if you want to check by yourself:
Mark Knight, Mannheim, Toolroom
Plaupez, L’Ame d’un Singe, Le Bien et le Mal
Gino’s & Kiko, Pink Loco, Eklektisch

OK, Beatport could say that labels are responsible, but in any case, it shows that neither Beatport or those labels respect their consumers. They may announce that they have Wave exclusive, but they should find some other reasons to continue charging us 2.49 for MP3s and AACs…

Written by Sylvain Corvaisier in: Business, English, musique | Tags:
Oct
06
2009
2

Beatport et les fausses exclusivités

Si vous êtes amateur de musique électronique et que vous achetez de la musique en téléchargement, il y a de grandes chances que vous ayiez déjà commandé de la musique sur Beatport. Ce site, qui s’est lancé sur une offre à 1.29$ le titre (sans facturer la TVA à l’époque) a progressivement augmenté ses tarifs pour qu’on arrive aujourd’hui à des titres à 1.49 Euros, voire à 2.49 Euros (pour les versions MP3 et AAC) lorsqu’ils sont annoncés comme exclusifs.

Je suspectais des triches sur les exclusivités, mais je ne pensais pas que la tromperie était aussi importante. A l’occasion de mon dernier mix, j’ai intégré une fonctionnalité à une version à venir de l’application DJ Hedonist. Il sera possible d’acheter le tracklisting sur iTunes, pour peu que le titre soit disponible sur la plateforme. Achetant pour moitié des exclusivités, je ne m’attendais pas à pouvoir trouver beaucoup de titres sur iTunes (proposés, il faut le rappeler à 0.99 Euros, et dans une meilleure qualité audio – AAC 256k – que les versions MP3 et AAC de Beatport)

Sur 7 titres annoncés comme exclusifs sur Beatport, pas moins de 3 sont en effet disponibles sur iTunes
Les titres en question pour que vous vérifiez de vous-même:
Mark Knight, Mannheim, Toolroom
Plaupez, L’Ame d’un Singe, Le Bien et le Mal
Gino’s & Kiko, Pink Loco, Eklektisch

Alors, bien sûr, Beatport pourrait se défausser sur les labels… mais dans tous les cas, cela montre que ni Beatport, ni les labels ne sont respectueux de leurs acheteurs. Qu’ils annoncent l’exclusivité sur le Wave à la rigueur, mais pour le reste qu’ils trouvent d’autres arguments pour vendre au prix d’une exclusivité.

Written by Sylvain Corvaisier in: Business, musique | Tags:
Aug
21
2009
6

Note à MyMajorCompany & consorts: un producteur n’est pas qu’un financier

A la lecture de l’interview de Sevan Barsikian de MyMajorCompany sur NetEco, je me dis qu’on n’a pas franchement gagné au change avec le nouveau modèle de développement médiatique d’artistes dans la musique. Au matraquage marketing a succédé le matraquage marketing, à la pauvreté musicale a succédé la pauvreté musicale, à la “star” éphémère a succédé la star éphémère, au populisme a succédé le populisme à outrance, à l’enrichissement de gens sortis d’HEC a succédé l’enrichissement de gens sortis d’HEC ou fils de, à Jean-Marie Messier a succédé Stephane Courbit. Mouais…

Vous pouvez continuer à donner les chiffres de gains, après tout, le PMU et le Loto affichent aussi les meilleurs gains, eux aussi sans afficher les leurs. Mais le jackpot risque d’être plus rare dans la musique qu’au loto dorénavant.

Mais de grâce, cessez de qualifier les internautes qui prennent désormais le risque financier pour vous de producteurs et de leur donner un semblant de pouvoir qu’à l’évidence n’est que purement accessoire dans votre dessein commercial. Un producteur, c’est quelqu’un comme Butch Vig qui est capable de faire d’un groupe grunge parmi les autres, l’emblème d’une génération, et recevoir une critique unanime, par la simple magie d’un seul album dont la qualité de production (qui comprend des choix artistiques réels sur l’apport de musiciens, de sons, de cohérence à une oeuvre, les choix de mixage) nous surprend encore aujourd’hui. Y aurait-il eu un Mellon Collie and the Infinite Sadness, meilleur album, et pourtant OVNI à l’époque, des Smashing Pumpkins, sans Flood et Alan Moulder, eux-même devant une partie de leur travail à Trent Reznor ? Certainement pas. Le producteur n’est pas qu’un financier comme on le décrit dans les mauvais soaps ou shows real tv qui vous montrent l’ascension médiatique d’un groupe.

Mais de grâce, cessez de vous qualifier de découvreur de talents lorsque vous ne nous faites découvrir que des chansons niaises ou jetables destinées à une écoute de 3′ à la radio ou à la TV entre deux spots de pub, et qui auraient pu rester volontiers dans l’anonymat dans lequel elles retomberont 3 ans plus tard. Pour les découvertes médiatiques, s’il y a bien un acteur (pourtant décrié) qui en fait encore de réelles, il s’agit d’Apple, qui dans tous les genres, sait découvrir des pépites qu’il met en avant via des synchronisations. Et je peux vous aussurer que tout artiste en devenir a bien plus à gagner d’une synchronisation Apple que d’atteindre un palier à 3000 ou 100 000 Euros sur une de ces plateformes. Pour ceux qui préfèrent la musique aux discours financiers, voilà de quoi les rassasier en la matière d’ailleurs, avec des musiques des pubs de la période iPod mais aussi des débuts: The Music of Apple Inc. Si vous ne souhaitez que la partie pub iPod

Written by Sylvain Corvaisier in: Business, musique |
Aug
19
2009
2

iLike revendu 20M$ après avoir levé 16.5M$ et en étant profitable…

C’est une mauvaise nouvelle pour toutes les start-ups dans le domaine de la musique qui comptaient faire péter leur tirelire lors d’une revente (et j’en connais un paquet rien qu’en France), iLike, société qui a plus de 7 ans et l’un des rares services profitables du secteur (pour ne pas dire le seul avec iTunes, Beatport et eMusic parmi les majeurs) n’aurait été revendue que 20M$, au plus offrant de MySpace, Facebook et Amazon, le meilleur offrant étant le premier cité. Cela veut dire qu’une société, même bénéficiaire, dans le domaine de la musique, n’aura reçu qu’un premium de 20% par rapport aux investissements consentis depuis sa création, et une division par près de 3 de sa valorisation il y a encore quelques mois. Et encore, par un acteur qui a une activité certaine dans le domaine de la musique (seul Amazon, déjà actionnaire principal d’Amie Street peut encore être un prétendant à l’achat dans le domaine, et n’était visiblement pas prêt à mettre une somme aussi élevée). On est loin, très loin du rachat de Last.FM par CBS (certes les transactions sont de toutes manières rares dans le secteur). Voilà qui devrait plus que refroidir les investisseurs.

Written by Sylvain Corvaisier in: Business, musique |

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