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Vieilles Charrues contre ViaGogo, réelle avancée ou manipulation ?
Vous l’avez peut-être lu, vu ou entendu, les Vieilles Charrues ont gagné un procès (en référé) contre Viagogo, site qu’ils n’hésitent pas pour certains à qualifier d’arnaque. L’information est reprise telle quelle par les TVs locales (France 3) ou la presse régionale (Ouest-France) qui ne prennent même pas la peine de donner les motifs de la condamnation (qui remettraient largement en cause la communication du festival). Voici dans une série de questions/réponses une analyse un peu plus poussée que celle que vous trouverez dans vos medias locaux
Que reproche-t-on à Viagogo ?
De vendre des billets sur Internet jusqu’à 5 fois leur valeur
Est-ce interdit par la loi ?
Oui par la loi du 27 juin 1919 portant répression du trafic des billets de théâtre. dès lors qu’une manifestation est subventionnée par l’Etat.
Que risquent les contrevenants à cette loi ?
3750 F d’amende. Des francs de 1919. Soit moins de 8 Euros. Si l’amende est reclassée en amende de 5ème classe (discutable devant un tribunal), 1750 Euros.
La revente à tarif plus élevé serait-elle autorisée en l’absence de subventions aux Vieilles Charrues ?
Oui
Est-ce que ViaGogo vend effectivement des billets à tarifs majorés ?
Non, car c’est une plate forme de mise en relation, qui ne fait pas de commerce de billets. Ce sont les internautes qui proposent ces ventes.
N’y-a-t’il pas d’autres plateformes de mises en relation qui agissent de même ?
Si: eBay, Le Bon Coin (dans lequel le groupe Ouest-France avait une participation), de nombreux forums, indépendants ou non.
Pourquoi les vieilles Charrues n’ont elles pas attaqué ces autres plateformes ?
Je ne sais pas.
Pourquoi les vieilles Charrues ont gagné ?
Elles n’ont pas gagné sur ce motif, mais sur celui du préjudice à l’image. Le festival poursuivrait “au regard des spectacles proposés, un objectif social”, objectif qui justifie les subventions. Certainement aussi parce que l’avocat de ViaGogo n’a pas su lui-même pointer les incohérences des Vieilles Charrues à ce sujet.
Quelles incohérences ?
Celles ci-dessous
Est-ce que les Vieilles Charrues donnent une grande publicité sur le fait que des tickets ne seront bientôt plus ou ne sont plus disponibles à la vente via des voies traditionelles ?
Les Vieilles Charrues annoncent régulièrement quand une journée, un ensemble de journées est sur le point d’être complet. Sur leur site, leur Facebook, Twitter. Ils sont à chaque fois largement relayés par la presse (Voyez par vous-mêmes).
Est-ce que ça a un intérêt pratique, comme le risque de se déplacer physiquement le jour de l’événement et de ne pas avoir de ticket ?
Plusieurs semaines, voire mois avant, non.
Est-ce que ça fait le buzz et provoque un caractère d’urgence d’achat chez les fans ?
Pour le buzz, c’est évident à la lecture des reprises instantanées dans la presse. Pour le caractère d’urgence, seuls les fans peuvent s’exprimer, je n’en fais pas partie. En tant qu’observateur desdits fans, je tendrais vers une réponse positive.
Est-ce que cela a une conséquence sur le marché gris ?
Je vous laisse juger.
Est-il possible de limiter la vente sur le marché gris ?
Oui
Comment ?
En ne suscitant pas d’urgence chez les fans
En émettant des billets nominatifs
En ayant une plateforme de revente officielle
Les Vieilles Charrues émettent-ils des billets nominatifs ?
Oui, mais pas exclusivement
Vérifient-ils l’information nominative à l’entrée ?
Pas à ma connaissance, sauf à posteriori, mais je ne saurais être affirmatif
Les Vieilles Charrues ont-ils une plateforme de revente officielle ?
Oui, Zepass.com, dans laquelle Vivendi détient une participation
Peut-on dire dès lors que ZePass est légal et ViaGogo non ?
Non car ViaGogo était la plateforme de revente officielle pour Roland Garros par exemple. Cela n’avait pas empêché ZePass de vendre également des billets pour cette manifestation. Les 2 mettent en garde les vendeurs vis-à-vis de la législation.
Qu’est-ce que représente ViaGogo par rapport à ZePass ?
Ce sont des concurrents. ViaGogo est un site international. Vivendi a racheté des parts de Digitick qui a lui-même acquis celles de ZePass, dans le but de l’internationaliser.
Est-ce que la condamnation est définitive ?
Non, le référé est un jugement d’urgence, qui n’a pas de caractère définitif.
Les medias locaux sont-ils partisans ?
Je vous laisse juger
Pourquoi défendez-vous ViaGogo ?
Parce que je connais un peu le marché de la billetterie et que je ne pense pas qu’on cherche réellement à endiguer le problème. Il faut soit faire une loi pour punir pénalement les revendeurs (on sait le faire pour des téléchargeurs, alors que c’est plus difficilement traçable, et beaucoup moins dommageable), ou on émet des billets nominatifs que l’on contrôle.
Parce qu’on ne se doit pas d’utiliser le mots “presque” “complet” plusieurs fois par semaine des semaines avant le déroulement de l’événement.
Parce que je trouve abusif de se focaliser sur un seul site de mise en relation, et certainement pas le plus puissant.
Universités Françaises et podcasting, pourquoi je ne veux plus travailler avec une Université Française
On me sollicite régulièrement dans l’enseignement supérieur pour des outils de distribution de contenus simplifiés, des applications mobile d’apprentissage ou d’étude comportementale, etc; plus du fait d’individus, que d’institutions (est-ce étonnant ?). J’étais, à l’origine du projet NeoPodcast (créé avant même que les podcasts n’arrivent sur iTunes), très enthousiaste sur ce principe, car le podcast est selon moi le meilleur accompagnant d’un étudiant aujourd’hui, que ce soit en PDF, audio, video, sur un PC, un netbook, un mobile ou une tablette. J’avais même bâti une offre spécifiquement pour le milieu enseignant français (celui qui pense que partager son savoir publiquement ne peut que lui nuire personnellement), à savoir des livraisons de podcasts contrôlées et personnalisées (pas jusqu’à ajouter des verrous numériques au contenu quand même !). Sollicité par un responsable informatique d’une Université des Rhônes-Alpes qui décidait de se séparer de son prestataire actuel (sans en préciser la raison), j’ai accepté pendant 2 ans (de mai 2008 à mai 2010) d’héberger leurs podcasts. J’avais mis à disposition un compte test (non payant) entre mai et septembre 2008 afin qu’il s’assure que le service rendu était à la hauteur de leurs attentes, et j’ai fourni un support réactif régulièrement sans le facturer. Bien mal m’en aura pris, car ledit responsable a par la suite pris l’habitude de demander des évolutions qui demandaient des développements spécifiques avec la litanie usuelle du mauvais payeur, mais à laquelle je n’étais pas préparé avec une institution publique: “on vous paiera l’ensemble à la fin”, “on vous amènera d’autres universités”, “on n’a pas votre facture”, “on ne retrouve pas votre recommandé” (je vous passe les “magouilles” avec des conventions antidatées, etc). Résultat: 10 jours de développement (en calculant serré, qui plus est… une entreprise de services l’aurait probablement estimée à 30 au bas mot).
Fin 2009/Début 2010, on m’annonce que le service va basculer en interne. Je comprends alors (l’Université est déjà en retard de 6 mois des paiements du simple hébergement) qu’il va être difficile de se faire payer, malgré les belles promesses régulières). Le choix d’une solution 100% Apple (XServe), non monitorée, me laisse présager l’usuel budget public QU’IL FAUT dépenser (cela risquait de leur coûter 10 fois plus cher sans même compter les ressources humaines, pour un service rendu plus faible…), avec notamment la perte des podcasts privés (qui pourtant fait beaucoup pour amener les enseignants français à publier leurs cours). Ce serait pour l’intégration à iTunes U que le service basculerait en interne. Enfin, je ne suis pas aussi naïf que leur hiérarchie, je savais très bien que l’intégration à iTunes U pouvait déjà se faire sur un hébergement NeoPodcast, c’était même prévu dès 2008… mais ne l’a pas été du fait des responsables. Excité comme une puce de rejoindre un service qui héberge Stanford ou Harvard (comme un jeune artiste en herbe qui signe chez un agrégateur et se voit dans la boutique Apple au même niveau que les Rolling Stones), le responsable acquiert donc des XServe au printemps 2010… XServe qui commenceront à être fonctionnels à l’été… et dont la fin de support sera annoncée par Apple à l’automne. Si ça ce n’est pas un exemple parfait du mauvais choix technologique et budgétaire…
Aux dernières nouvelles, le service est régulièrement lent ou indisponible, toujours pas dans iTunes U, le responsable toujours là, la hiérarchie ne trouve toujours rien à redire malgré des budgets 10 fois supérieurs et des promesses non tenues… pas de changement côté Université, y’a juste moi qui ai dû réduire mes dépenses en 2010, me retrouve avec une perte (à cause de 6800 Euros d’impayés, dont 4550 proviennent de l’université) et me demande à quoi bon continuer une activité déficitaire (j’espérais me verser mes premiers salaires en 2010), avec des outils déjà prêts mais qui ne serviront à personne (une clause de non-concurrence m’empêchant de le déployer dans une université de Virginie qui s’est montrée intéressée). Qui en pâtit ? Moi, sur la trésorerie évidemment, accessoirement sur mon moral pour avoir passé du temps sur des services qui ne servent à rien… pire, cela impacte mes autres clients – ceux qui sont honnêtes -, avec lesquels je ne peux plus être aussi compréhensif (plus aucune application iPhone n’est désormais publiée sur l’App Store sans versement d’acompte par exemple)
Vu d’ici, l’autonomie des universités me paraît plus comme “plus de budget de l’Etat, moins de contrôles des dépenses”, et en aucun cas le postulat d’un rapprochement entre l’Université et l’entreprise pour le bénéfice des étudiants ou d’une gestion plus sérieuse pour le bénéfice du contribuable. Et le fonctionnaire de l’enseignement, qui se dit décrié par le secteur privé, est quant à lui peu regardant du travailleur indépendant. Peut-être aurais-je dû tout facturer – au triple comme le font la plupart des entreprises privées dès lors qu’elles s’adressent à des administrations-, aurais-je dû couper purement et simplement le service dans la journée qui suit le défaut de paiement, comme le font tous les fournisseurs d’hébergement ? Eh bien, non car j’ai un sens du service et du respect. Ce que je ne peux pas dire de ces Messieurs, qu’ils fussent responsables des podcasts et nouvelles technologies ou Président de l’Université en question
Les 30% d’Apple sur les abonnements par quelqu’un qui les comprend
En tant que développeur iOS (et Android quand je serai motivé) et ex-distributeur de musique sur Internet, je voudrais corriger plusieurs points sur les fameux 30% que prendrait Apple sur tous les abonnements, en énonçant des faits:
- Apple n’a jamais poussé les éditeurs à faire des applications natives. Avant iPhone OS 2, Apple recommandait uniquement les web apps. C’est à la demande de la communauté des développeurs qu’Apple a proposé un SDK qui a progressivement ouvert son système à des développements tiers.
- Apple ne prend pas 30% sur tous les abonnements aux magazines ou service de musique en ligne, seulement ceux qui sont souscrits uniquement via des applications natives sur ses appareils. Apple ne prendra pas 30% quand l’abonnement sera fait via le web, web mobile ou sur un appareil autre.
- Apple a proposé les achats dans les apps (in-app purchases) à la demande des éditeurs (de presse, mais aussi de jeux). Les règles de publication n’ont pas changé depuis son annonce il y a près d’un an.
- Si la presse estime reverser 30% de ses abonnements à Apple, c’est qu’elle vend 100% via le canal Apple. Vendre à plus d’un tiers via un réseau de distribution rend toujours l’éditeur dépendant de ce réseau de distribution.
- Apple n’interdit pas la publication d’applications accessibles uniquement sur abonnement, ni ne perçoit de commission, lorsque la souscription n’est pas possible dans l’application.
- La part des commissions sur les micro-transactions qui part dans le réseau bancaire est de l’ordre de 15% du prix de vente en-dessous de 1 Euro. Celle de gestion des fraudes de 1 à 2%. Ceux qui peuvent se permettre des commissions sur les micro-transactions inférieures à cela excluent les charges bancaires ou la gestion des fraudes de leurs propres commissions (Paypal, Google Checkout).
Il y a bien des raisons de se plaindre de la politique d’Apple en matière de distribution, mais certains éditeurs se sont juste fourvoyés en se rendant dépendants de la plateforme.
This is it… Pourquoi j’arrête la vente de digital pour tous sur NeoMusicStore
La vente directe a vécu. Ou plutôt n’a jamais vraiment existé. Si j’ai longtemps été convaincu (et le reste) que la vente directe est plus profitable à un artiste ou label, force est de constater que le marché du numérique ne s’est jamais vraiment orienté vers cela. Poids des traditions de distribution, les “agrégateurs” – que certains observateurs de la musique sans rien connaître à la musique appellent “labels” – ont remplacé les distributeurs indépendants dans la filière indépendante qui avait pourtant tout à gagner d’une redistribution des cartes. Au final, j’ai l’impression en 2010, et depuis quelques années déjà que les indés sont plus suivistes des majors (en appliquant les mêmes recettes, avec du retard qui plus est) qu’innovateurs comme ils pouvaient l’être au début des années 2000.
Aujourd’hui, de nombreux labels pensent que c’est encore la meilleure stratégie que d’être présent sur tous les stores. De nombreux artistes pensent qu’être disponible sur un store suffit à être vendu comme cela pouvait l’être à l’époque de la présence dans les bacs de disques (et encore). De nombreux acteurs pensent qu’il faut être sur Deezer ou les sites sans réalité économique pour les artistes, “pour la promotion” (c’est sûr que c’est l’usage premier pour les gens qui vont un site de musique à la DEMANDE, découvrir des choses qu’ils ne connaissent pas). Une étude est sortie récemment pour montrer qu’il fallait environ 50000 écoutes sur un site de streaming pour gagner autant qu’une vente directe d’un titre. Dans le même temps, ces sites récupèrent 50000 emails donc. 50000 emails de gens qui écoutent votre musique valent bien plus, à long terme, qu’une vente. Le contact direct (et la vente directe) permettent, surtout pour des artistes en développement de constituer une communauté autour d’un artiste, ce que ne permettront jamais une multitude de sites qui streament ou vendent de la musique, qui gardent ces informations pour eux (dans le vain espoir de le vendre à des annonceurs ou à Google).
J’ai été contacté à plusieurs reprises par des agrégateurs (dès le lancement du site), qui m’ont promis monts et merveilles (un catalogue d’1 million de titres – qu’ils n’avaient pas – pour le plus abject d’entre eux), mais n’ai guère trouvé (si ce n’est pour proposer la même chose que les autres) d’intérêt à lister des pages de contenu dont tout le monde se fiche de la visibilité (car il s’agit bien de cela). Pourquoi ? Parce que les agrégateurs comme les autres savent que 70% du marché du téléchargement est sur iTunes, et que c’est la seule visibilité intéressante (mais difficile à obtenir). Néanmoins, ils ne sont pas avares en promotion sur d’autres sites et services qui n’apportent strictement rien, histoire de justifier leur rôle auprès des artistes et labels qu’ils n’arrivent pas à placer sur iTunes.
Je n’ai jamais voulu proposer de publicité car je pense qu’on ne doit pas vendre du temps de cerveau disponible quand on considère la musique autrement qu’un produit d’appel. La musique n’a jamais été pour moi un produit de consommation avant toute chose, ceux qui pensent que ça l’est sont libres de mettre leur musique sur ces sites. Je n’ai jamais voulu mettre le catalogue d’une quelconque major, non seulement parce que je considère que passé leur travail de publishing et de ventes de produits consommables, elles n’ont plus aucune existence aujourd’hui sur la scène musicale mais aussi parce je n’ai jamais voulu devenir dépendant d’actionnaires.
Soyons honnête, la vente par téléchargement à 1 Euros ou moins ne fait gagner d’argent à personne si ce n’est aux banques. Que ce soit sur iTunes, sur eMusic, ou sur NeoMusicStore. Le coût de gestion et de maintenance est trop élevé, ce qui fait que les seuls stores qui gagnent de l’argent sont ceux qui vendent autre choses que de la musique en téléchargement (sonneries, jeux, applications, baladeurs et téléphones, …) ou la vendent plus cher (1,50 à 3 Euros)
Est-ce la fin de NeoMusicStore ? Non.
J’ai toujours fait cela par passion et ne souhaite plus en faire que cela. Je vais donc désormais proposer la solution aux gens avec lesquels j’ai envie de travailler, et seulement à eux, comme je le faisais aux débuts du service. Solution de promotions (applications iPhone, agrégation de contenus online, intégration sur pages webs), solution de distribution (vente et paiement directs), solution de tracking (voir quels sont les meilleurs référents, influenceurs), services originaux (Remix.me)… Les artistes et labels actuellement inscrits sont invités à se rendre dans leur back office pour obtenir le solde de leurs ventes, pour les opérations pour lesquelles ils ne recevaient pas le paiement en direct.
Jonathan Benassaya, l’homme qui faisait des avances aux majors
Voilà, c’est fait, Spotify l’a tuer. Le PDG de Blogmusik, éditeur de Deezer, s’est fait virer mettre à l’écart par ses actionnaires, et il a semble-t’il été l’un des derniers à l’apprendre. Jonathan Benassaya était apparu sur les écrans TV il y a 2 ans et demi en annonçant qu’il allait sauver l’industrie de la musique. Dès lors, et comme toute société qui part de ce postulat, il avait perdu à mes yeux toute légitimité dans ce secteur. Langage double populiste: les majors sont méchantes, mais en même temps il leur fait les yeux doux car il ne peut/veut pas faire un Deezer sans leur catalogue qui en est la substance première. Langage double sur la rémunération, puisque les artistes sont une nouvelle fois les dindons de la farce, et que les fondateurs et les majors s’en mettent plein les fouilles. Ceux qui voient en Deezer un acteur français innovant en matière de musique n’auront probablement pas connu RadioBlog ou … Kioskradio. Ceux qui voient en Deezer un acteur respectueux des artistes (comme le disait presque la précédente Ministre de la Culture), sont probablement ceux qui trouvent que la musique est toujours trop chère, quel que soit son prix.
Le modèle économique
C’est plutôt de l’absence de modèle économique dont il faudrait parler. Je me demande encore aujourd’hui comment une société peut lever autant de fonds alors que les exemples de réussite dans le domaine sont inexistants, comme les perspectives à l’heure où on écrit la balance des charges et recettes attendues. Je ne connais aucun service qui fasse de la marge bénéficiaire sur sa seule activité musicale (pas même Apple). Deezer s’est lancé sur la promesse d’un financement par la seule publicité. Si publicité il y a bien sur le site, les annonceurs n’y trouvent pas leur compte pour la simple raison que le site est rarement en avant-plan pour les internautes. Le site a progressivement ajouté l’obligation de s’inscrire (ce qui lui permet d’avoir une base de données plus large, mais des informations de plus en plus souvent inexactes), puis une version premium, largement au-dessous de ce qui existait déjà sur le marché. Bref, le modèle économique de Deezer est de perdre de l’argent, et même avec une nouvelle équipe dirigeante, il faudrait revoir les fondamentaux pour en gagner.
La faute aux majors ?
C’est la réponse facile, que ne manqueront pas d’avancer les analystes en herbe du marché de la musique en ligne (et dieu sait s’il y en a un paquet). Il faudrait être stupide pour dire cela, car personne n’a jamais obligé Deezer à licencier le catalogue des majors. Sauf que Deezer sans le catalogue des majors n’aurait jamais atteint une telle popularité. Un contrat est signé entre 2 parties. Les majors ont raison de demander beaucoup si elles peuvent l’obtenir, d’autant que Deezer n’est pas la première société, ni la dernière, à avoir reçu un financement qui passe directement de la poche des actionnaires à celle des majors.