Universités Françaises et podcasting, pourquoi je ne veux plus travailler avec une Université Française
On me sollicite régulièrement dans l’enseignement supérieur pour des outils de distribution de contenus simplifiés, des applications mobile d’apprentissage ou d’étude comportementale, etc; plus du fait d’individus, que d’institutions (est-ce étonnant ?). J’étais, à l’origine du projet NeoPodcast (créé avant même que les podcasts n’arrivent sur iTunes), très enthousiaste sur ce principe, car le podcast est selon moi le meilleur accompagnant d’un étudiant aujourd’hui, que ce soit en PDF, audio, video, sur un PC, un netbook, un mobile ou une tablette. J’avais même bâti une offre spécifiquement pour le milieu enseignant français (celui qui pense que partager son savoir publiquement ne peut que lui nuire personnellement), à savoir des livraisons de podcasts contrôlées et personnalisées (pas jusqu’à ajouter des verrous numériques au contenu quand même !). Sollicité par un responsable informatique d’une Université des Rhônes-Alpes qui décidait de se séparer de son prestataire actuel (sans en préciser la raison), j’ai accepté pendant 2 ans (de mai 2008 à mai 2010) d’héberger leurs podcasts. J’avais mis à disposition un compte test (non payant) entre mai et septembre 2008 afin qu’il s’assure que le service rendu était à la hauteur de leurs attentes, et j’ai fourni un support réactif régulièrement sans le facturer. Bien mal m’en aura pris, car ledit responsable a par la suite pris l’habitude de demander des évolutions qui demandaient des développements spécifiques avec la litanie usuelle du mauvais payeur, mais à laquelle je n’étais pas préparé avec une institution publique: “on vous paiera l’ensemble à la fin”, “on vous amènera d’autres universités”, “on n’a pas votre facture”, “on ne retrouve pas votre recommandé” (je vous passe les “magouilles” avec des conventions antidatées, etc). Résultat: 10 jours de développement (en calculant serré, qui plus est… une entreprise de services l’aurait probablement estimée à 30 au bas mot).
Fin 2009/Début 2010, on m’annonce que le service va basculer en interne. Je comprends alors (l’Université est déjà en retard de 6 mois des paiements du simple hébergement) qu’il va être difficile de se faire payer, malgré les belles promesses régulières). Le choix d’une solution 100% Apple (XServe), non monitorée, me laisse présager l’usuel budget public QU’IL FAUT dépenser (cela risquait de leur coûter 10 fois plus cher sans même compter les ressources humaines, pour un service rendu plus faible…), avec notamment la perte des podcasts privés (qui pourtant fait beaucoup pour amener les enseignants français à publier leurs cours). Ce serait pour l’intégration à iTunes U que le service basculerait en interne. Enfin, je ne suis pas aussi naïf que leur hiérarchie, je savais très bien que l’intégration à iTunes U pouvait déjà se faire sur un hébergement NeoPodcast, c’était même prévu dès 2008… mais ne l’a pas été du fait des responsables. Excité comme une puce de rejoindre un service qui héberge Stanford ou Harvard (comme un jeune artiste en herbe qui signe chez un agrégateur et se voit dans la boutique Apple au même niveau que les Rolling Stones), le responsable acquiert donc des XServe au printemps 2010… XServe qui commenceront à être fonctionnels à l’été… et dont la fin de support sera annoncée par Apple à l’automne. Si ça ce n’est pas un exemple parfait du mauvais choix technologique et budgétaire…
Aux dernières nouvelles, le service est régulièrement lent ou indisponible, toujours pas dans iTunes U, le responsable toujours là, la hiérarchie ne trouve toujours rien à redire malgré des budgets 10 fois supérieurs et des promesses non tenues… pas de changement côté Université, y’a juste moi qui ai dû réduire mes dépenses en 2010, me retrouve avec une perte (à cause de 6800 Euros d’impayés, dont 4550 proviennent de l’université) et me demande à quoi bon continuer une activité déficitaire (j’espérais me verser mes premiers salaires en 2010), avec des outils déjà prêts mais qui ne serviront à personne (une clause de non-concurrence m’empêchant de le déployer dans une université de Virginie qui s’est montrée intéressée). Qui en pâtit ? Moi, sur la trésorerie évidemment, accessoirement sur mon moral pour avoir passé du temps sur des services qui ne servent à rien… pire, cela impacte mes autres clients – ceux qui sont honnêtes -, avec lesquels je ne peux plus être aussi compréhensif (plus aucune application iPhone n’est désormais publiée sur l’App Store sans versement d’acompte par exemple)
Vu d’ici, l’autonomie des universités me paraît plus comme “plus de budget de l’Etat, moins de contrôles des dépenses”, et en aucun cas le postulat d’un rapprochement entre l’Université et l’entreprise pour le bénéfice des étudiants ou d’une gestion plus sérieuse pour le bénéfice du contribuable. Et le fonctionnaire de l’enseignement, qui se dit décrié par le secteur privé, est quant à lui peu regardant du travailleur indépendant. Peut-être aurais-je dû tout facturer – au triple comme le font la plupart des entreprises privées dès lors qu’elles s’adressent à des administrations-, aurais-je dû couper purement et simplement le service dans la journée qui suit le défaut de paiement, comme le font tous les fournisseurs d’hébergement ? Eh bien, non car j’ai un sens du service et du respect. Ce que je ne peux pas dire de ces Messieurs, qu’ils fussent responsables des podcasts et nouvelles technologies ou Président de l’Université en question
Si t’es pas payé t’es quand même tenu par la clause de non-concurrence? Et elle va jusqu’à concerner des universités américaines? T’as pas moyen de la dénoncer? :0
Bonjour,
L’Etat, et les universités en sont le parfait exemple, est le plus mauvais employeur. La valeur de l’exemple (face au monde du privé) est aux abonnés absents. Exemple : les entreprises ne peuvent pas renouveler ad vitam eternam un CDD (celui-ci devant alors être muté en CDI)…chose pourtant que pratique allègrement l’Etat français.
Exemple de pratique courante : http://www.lemonde.fr/societe/article/2009/10/05/les-soutiers-de-l-universite_1249443_3224.html
(Voir aussi le site du collectif PAPERA)
Votre sens du service vous honore en tout cas !
Je travaille dans une société américaine. On peut avoir une activité non salariée mais on doit rester loyal… Le terme de loyauté n’a rien de précis mais j’évite de mélanger les activités… Sinon j’aurais déjà fait des apps de streaming
Il y a des gens de Rennes 2 qui m’ont contacté BTW. Quant à l’université en question, j’ai surtout dû tomber sur un “petit chef”