Eurockéennes de Belfort 2010, le compte-rendu
Pour changer, mon report ne reprendra pas le Line-up du festival selon sa chronologie, mais selon l’ordre alphabétique des artistes, en ne m’attardant que sur ceux sur lesquels je me suis attardé également pendant le festival. Si vous êtes pressés, allez directement au dernier paragraphe, ou sur l’artiste qui vous intéresse. Je ne m’attarde pas sur le style musical, on n’est plus dans les années 90 où on n’avait que le texte pour avoir un aperçu des albums… Mettez juste ça en fond sonore
Commençons violemment avec Airbourne, qui n’est pas trop ma came, plutôt un divertissement, et là, tout le monde en aura eu pour son compte sur ce point avec les exploits acrobatiques de l’un de ses membres (je vous laisse regarder les photo reports, je n’en ai pas fait cette année). J’aurai plus approché Baronnes (boules quies bien vissées aux oreilles quand même) mais n’aurai pu écouter plus d’un titre. Bomba Estereo est l’un des groupes que j’aurais bien vus, mais que j’ai zappé en faveur d’un autre groupe, The Black Keys. Honte à moi peut-être mais je ne connaissais pas du tout avant qu’ils ne soient annoncés dans la programmation… Mais avais vite rattrapé sur Spotify… Et ce sera assurément encore la bande-son sur la route de mes vacs. A l’instar de XX, un groupe de rock qui sait utiliser le minimalisme du rock sans tomber dans les travers d’un énième basse-batterie-guitare. En live, le groupe ne déçoit pas, même si le ressenti est celui de l’album en substance. Amateur de son premier album, complètement déçu du second, je n’attendais pas grand chose d’une prestation de Charlotte Gainsbourg dans un festival de plein air, mais je dois dire que c’etait au-delà de ce que je craignais (et les critiques de la presse du lendemain montrent bien que les gens qui les écrivent le font avant même la prestation – la voient-ils -, juste par rapport à l’aura d’un groupe, et sans tenir compte du retour du public, qui a largement déserté la scène au fur et à mesure). Chromeo aura montré la faiblesse live d’un exercice electro-fun(k) qui peut pourtant trouver son intérêt dans une fête organisée dans un appart’
Emilie Simon, que dire de plus après avoir déjà assisté par 2 fois à sa performance depuis la sortie de son dernier album ? Copie conforme en moins long des concerts de Nantes et Rennes, on retiendra surtout son solo guitare sèche sur Fleur de Saison. Accessoirement, c’est surtout de pouvoir l’entendre en conf de presse qui m’aura fait plaisir égoïstement (même si je me sentais un peu seul à savoir appréhender son univers au-delà de l’inévitable comparaison à Kate Bush, et les inepties du journaliste qui préfère que les chanteuses françaises chantent en français. Hé ho bonhomme, Emilie Simon, c’est pas de la variété française non plus) Empire of the Sun, c’est un peu le show à la Mika, mais pour les adultes. Grosse scénographie, avec du tube pop comme on peut l’écouter volontiers en fond sonore à la radio. Ethiopiques est la touche d’”exotisme” qui plait vraiment aux Eurockéennes, et nous rappelle les scènes des Transmusicales, avec une succession d’artistes sur scène, qui ne cherchent pas a démontrer quoi que ce soit, mais juste à donner du plaisir au public.
Fuck Buttons m’a toujours paru surévalué par la critique (mais à l’instar d’Ed Banger, à partir du moment où ça plait aux Inrocks, Tsugi et Libé, ça plait à tout le monde – en même temps je dis ça mais je ne sais pas si FB plait aux susnommés, je ne lis plus la presse musicale du tout depuis plus d’un an maintenant), mais ça m’a paru encore plus flagrant en live où on voit qu’ils n’en ont strictement rien à foutre du public. Je n’aime pas quand Plastikman le fait, je n’apprécie pas plus quand c’est Fuck Buttons, d’autant moins lorsque ce n’est ni dansant ni harmonique. Ceux qui les comparent à Aphex Twin ou Boards of Canada devraient réviser leurs classiques. Gablé avait l’air de plaire à l’une de mes “accompagnatrices parisiennes”, à Jean-Louis Brossard aussi, p’tet pour la formation originale et l’ambiance, mais certainement pas pour l’exécution qui semblait reposer sur un bon paquet d’enregistrements. Hindi Zahra m’aura plus plu sur son album que sur scène, mais à l’instar d’Ethiopiques, la creation qu’elle présentait aux Eurocks avait l’avantage de faire danser le public, et donner un peu d’air frais à un moment où les rockeux classiques jouaient. Hot Chip me confirme que le pouet pouet (ok j’exagère peut-être en les classant dans ce genre) même “plaisant” sur disque, ne me fait même pas bouger le petit orteil en live comme souvent quand l’electro veut reproduire les formations rock. Infectious Grooves aurait pu me plaire il y a 10 (15 ?) ans quand j’appréciais le son (pourtant très répétitif) des red hot, mais là, il me laisse plutôt de marbre. Jay-Z a fait du Jay-Z. J’apprécie variablement les Strokes, mais n’adhère en revanche invariablement pas à Julian Casablancas. Son approche scénique qui n’a rien à envier à celle des BB Brunes n’aide pas, il faut dire. Kasabian est de ces groupes de rocks “classiques” (avec The Drums et The Hives sur l’affiche) qui me donnent envie d’aller faire un tour au bar.
LCD Soundsystem, tout le monde ou presque les a déjà vus en festival. C’est bien rodé, il n’y a pas beaucoup de surprises, mais c’est également un bon moment assuré pour toute la durée de leur set. Après Massive Attack, le groupe qui m’aura fait le plus bouger (cad dodeliner de la tête et taper du pied
). Je ne m’attarderai pas sur Massive Attack, mon report de Nantes était aussi valable pour les Eurockeennes, y compris sur la tuerie Atlas Air en conclusion. En revanche, sa principale chanteuse sur cette tournée, Martina Topley Bird m’a particulièrement impressionné. Je vous avais dit “tout le mal” de la prestation de Tricky l’an dernier sans elle, j’avais déjà ses albums, mais avait raté une grande partie de son show en première partie de Massive Attack à Nantes. Grossière erreur, à ne pas commettre si vous allez à la Route du Rock par exemple, sa prestation avec son ninja de batteur a vraiment été le gros coup de coeur pour moi cette année des Eurockeennes (d’autres m’ont dit du bien de Janelle Monae, mais n’ai pas assisté assez longtemps à sa performance pour juger). On voit qu’elle a été à bonne école avec Tricky, et elle l’enthousiasme désormais plus que son ex compagnon. My Lady’s House aura représenté ma foi avec grande qualité la scène locale, avec une pop qui ne demeriterait pas sur une plus grande scène. Oy aura eu un effet banane sur les festivaliers, avec ses chansonnettes pas si enfantines qu’elles ne le paraissent de prime abord. Selah Sue ne m’aura pas fait l’effet que Julien m’avait promis. Au contraire, le peu que j’en aurai vu m’aura fait la mettre dans la catégorie des chanteuses insipides avec ces “hmm yeyeye”, peut-être un peu hâtivement, on lui donnera une seconde chance, à une autre occasion. Sophie Hunger & Piers Faccini & Patrick Watson auront su me détourner de The Dead Weather (mais bon je ne suis pas un inconditionnel de Jack White non plus) avec une mise en jambe parfaite pour le festival, sur une formation folk pour le moins originale (choeur, “orchestre”). Beaucoup d’émotion avec cette combinaison. The Gaslamp Killer, s’il n’est probablement pas un DJ talentueux (peu d’impro), n’en mérite pas moins le détour, presque plus pour l’”acting” que pour le son, tant il entraine son audience dans les subtilités mélodiques de sa playlist par ses contorsions (pauvre iPad qui recevait son enthousiasme aussi). Enfin terminons avec The XX (puisqu’arrivé trop tard pour voir les clones de Phoenix Two Door Cinema Club) qui comme cela a déjà été rapporté reproduisent quasiment de manière indentique (mais plus allongée) leur album sur scène. Mais quel bonheur quand même que de retrouver la voix de la chanteuse, le minimalisme qui alterne calme et énergie, même si on ne peut s’empêcher qu’on aurait été si bien à L’Omnibus pour la Collection Hiver, pour les apprécier à leur juste valeur.
Pour ceux qui viennent directement au dernier paragraphe, et en résumé pour les autres, aux rangs du très bon, il aura donc fallu mettre dans l’ordre Martina Topley Bird, Massive Attack, Black Keys, The XX et LCD Soundsystem, des déceptions, Charlotte Gainsbourg et Fuck Buttons, et sur les découvertes sympas, Oy, Ethiopiques, Hindi Zahra, et My Lady’s House… Tout ça dans la limite de ce que à quoi j’aurai assisté évidemment ! Un excellent cru encore pour moi en tout cas, avec une organisation et une ambiance (même avec les enfants venu voir cette Chantal Goya masculine qu’est Mika) qu’on peut leur envier dans notre Bretagne éthylique.
Emilie Simon aux Eurockeennes (avec moi dans la video visiblement
)
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Compte-rendu propre, net et efficace ! J’ai pas mal souri sur certains mots acerbes… J’attends avec impatience Massive Attack à Rock en Seine. Qui sait, peut-être que je me déciderai à venir les voir à la Route du Rock puisque finalement mes vacances dans le Verdon tombent à l’eau. Par contre, je n’ai pas aimé la vidéo (et pas parce qu’on y aperçoit le bout de ton nez)…propos tellement réducteurs sur Emilie Simon : beuark !