Dec
17
2009
10

Du photographe de concert… et de son importance dans l’écosystème de la musique

Un récent rappel à l’ordre (inapproprié sur la forme comme sur le fond à mon goût) d’un photographe sur un post précédent m’amène à écrire celui-ci que j’avais en tête depuis très longtemps. Photographe de concert (surtout de festival) depuis 1996 à titre amateur (dans le sens où je ne vends pas mes captations, même lors de publications papier), j’ai remarqué que la plupart des photographes dans ce milieu s’accordaient une importance bien supérieure à la réalité de l’écosystème de la musique. L’incompréhension vient surtout de la perception du photographe en tant que maillon essentiel dans la chaîne de promotion de la musique, alors qu’il faut se rendre à l’évidence, celle-ci est quasi-nulle (pour ne pas dire complètement nulle).

Quelles sont les règles que je m’impose en tant que preneur de vue:
1. Connaître un minimum chacun des artistes que je photographie (oui même aux Trans)
2. être conscient que je suis dispensable, remplaçable par un autre photographe
3. être conscient que la musique n’a pas besoin d’image pour être ressentie
4. être conscient que s’il n’y avait pas de photographies “officielles” du concert, il y en aura de toutes façons des officieuses via une multitude d’appareils photos de poches
5. Ne pas voler de photos lorsque je bénéficie d’un accès privilégié pour faire des photos “officielles”
6. Ne pas utiliser le flash (sauf en cas d’usage répété de stroboscope)
7. Ne pas empêcher les autres de faire leurs prises de vue
8. Ne pas faire de jugement sur l’équipement de mes pairs

Ca peut paraître du bon sens, mais je peux vous dire que dans une fosse de festival, il y en a déjà un paquet qui ne respecteront pas ces règles

Quelles sont les règles auxquelles je m’astreins quand je publie mes photos ?
1. Fournir une copie des originaux haute résolution bruts (sans retouche ni ajout de signature)
2. A défaut, mettre à disposition ces photos sur mon compte Flickr, libres de droits
3. Ne pas faire de parasitisme, en apposant mon nom, ou ma signature sur chacune des photos, et faire ainsi croire que le photographe a plus d’importance que le sujet dans la photo.

Quelles sont les règles auxquelles je m’astreins en tant que publieur de photos externes ?
1. Citer la source explicitement sous forme de texte
2. Garder les watermarks et autre signatures sur les images.
3. Mettre un lien avec title optimisé pour la SEO vers la source
4. Limiter la citation à 1 ou 2 photos.

Je n’aime pas les photographes qui viennent vous donner des leçons de citation, surtout quand c’est en agitant le prétexte de “l’artiste m’a donné les autorisations pour avoir des photos sur mon site uniquement” et que ce site n’a AUCUNE visibilité.
Je n’aime pas les photographes qui ne sont connus que parce qu’ils photographient des gens connus, et viennent encore se gloser sur leur travail
Je n’aime pas les photographes (c’est valable pour les bloggeurs aussi) qui n’aiment pas être repris partiellement, alors que cela ne les choque pas qu’un musicien voie sa musique téléchargée illégalement

Written by Sylvain Corvaisier in: musique |
Dec
10
2009
3

Emilie Simon live @ Olympic, Nantes. Un bonheur simple.

J’avais évoqué, dans une de mes désormais rares critiques de disques, le revirement d’Émilie Simon sur son dernier album, qui passait d’un minimalisme vibrant à une grosse machine faite d’orchestrations beaucoup plus sophistiquées, à mon grand désarroi. Bien qu’il fasse partie des tous meilleurs albums de 2009, son écoute n’a pas le même impact émotionnel sur son auditeur (en tout cas moi) que les précédents. Fort heureusement, l’émotion qui a quasi disparu sur disque est intacte sur scène, les frissons présents aux premières notes de “Nothing to do with you”, “Fools like us”, “Chinatown” ou encore “Fleur de saison”. La formation sur scène est elle, en revanche plus minimale que lors de la tournée précédente, ce qui a pour conséquence directe la reproduction de nombreux sons sous forme de samples. Point de trompettiste, aucun instrument exotique comme on a pu le voir par le passé, Emilie est au clavier/sampleur, un batteur (Darren Beckett), un bassiste/contrebassiste (Adam Chilenski), et un panneau qui illustre de manière graphique les notes du séquenceur (un peu à la manière du ToneMatrix) complètent le setup. Tenue proche de celle qu’elle arbore dans son clip Dreamland, voix irréprochable de maîtrise pendant tout le concert, et un bras à effets utilisé avec parcimonie (reverb et delay), Emilie séduit toujours autant et impressionne par son assurance pour qui l’a vue souvent timide depuis ses débuts.

Pas trop de surprises sur la set list, c’est très proche de ce que l’on avait entendu lors de la Black Session de Lenoir à la Maison de la radio le 21 septembre, avec quelques réminiscences des albums précédents (en piochant dans chacun d’entre eux), mais sans aucune cover. En réalité, son talent de compositeur est tel, qu’elle peut se permettre de réaliser des “covers” de ses propres titres, avec des réorchestrations (pour le coup minimales) où le clavier est la base qui déroule la chanson. “Fleur de saison” en est une belle démonstration. Un bonheur simple, c’est ce que m’aura procuré le concert d’Emilie Simon ce soir, et je ne regrette pas le déplacement depuis Rennes , même si le le 24 janvier 2010 à l’Etage (surtout vu ce que j’entends de la nouvelle salle du Liberté haut, toujours aussi peu adaptée aux concerts, en architecture, comme en tarification) ne sera qu’une occasion de renouveler ce bonheur simple pour bien commencer l’année 2010 comme je finis 2009.

Ah oui, il y a aussi une application non officielle pour les possesseurs du smartphone à la pomme, faite par qui vous savez :)

[EDIT] J’avais délibérément choisi pour cet article de ne pas cette fois l’illustrer avec une de mes photos à moi. Mal m’aura pris de vouloir donner de l’exposition à un photographe nantais

Written by Sylvain Corvaisier in: musique |

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