Astropolis 2009, 15ème… ou 11ème c’est selon…

Qu’on calcule le nombre total d’éditions ou celles auxquelles j’ai assistées. Ca va devenir un maronnier sur ce blog, mes reports de festival à force :D 11, c’est beaucoup (j’assiste au festival sans discontinu pour DJing depuis 1999), alors, cette fois-ci, les événements ont voulu que je passe cette édition avec des jeunes qui n’ont pas mon recul, mais apportent plus de fraîcheur, et un regard et sur les historiques et sur les petits nouveaux, plus que complémentaire. La fraîcheur s’est logiquement quelque peu entamée chez moi au fil des ans. Ambiance générale, déceptions, confirmations et bonnes surprises, astro-panorama complet.

Fait rare, l’astro-astre (il est de coutume de tout préfixer astro à Brest début Août) était présent sur les 4 jours, et si les températures n’étaient pas pour autant méridionales, cela permet de profiter des événements dans des conditions agréables (au contraire des intempéries méridionales d’Electromind). Le Brestois (et le Breton plus largement) est toujours consommateur d’ivresse en grande partie (la perspective de mes propos sur les Nuits Sonores dans un précédent post est significative quand on sait qu’il y avait des “cadavres” jonchant le sol de l’entrée de Keroual dès 20h), et Astropolis est toujours le festival “de la musique qui tape”, avec un excellent son… mais de pauvres lights et visuels… Cette édition ne fait pas exception… même si nombre de ces points sont plus à mettre au passif d’un festival qu’on suit depuis si longtemps. Pourtant, la première soirée augurait du meilleur, puisque CocoRosie (après Underwires, guère à sa place ici) ouvrait le bal du festival dès le mercredi (parmi les changements en 11 éditions, il y aura eu le nombre de soirs), et il va sans dire que c’était un bon choix, tant l’audience (très féminine comme vous l’aurez pu voir sur mon Flickr) était calme et captive … à l’exception de notre Mathieu local qui demandait d’”envoyer” ;) . Seul bémol, un prix d’entrée (qui ne s’appliquait pas à moi) était quelque peu prohibitif (le même groupe était présent à Rennes pour bien moins cher dans une salle plus petite, on comprend mal l’envolée). La Carène a vraiment apporté un plus au festival… on ne peut pas dire qu’un lieu comme le César soit très approprié à l’événement. De fait je n’aurais de toutes façons pu (pour raisons administratives) m’y rendre cette année et me serai donc contenter de la Carène les 3 premiers soirs). Hors défoncé, le raver moyen est quand même bon enfant, la sécurité cool, et c’est aussi pour ça qu’on aime le festival. Il a su rester authentique.

Richie Hawtin était l’attraction du jeudi (même si Troy Pierce n’était pas annoncé comme amuse-bouche loin de là), et de nombreuses personnes viennent voir le producteur, leur “idole” (c’est bien le terme que j’ai entendu). Pour l’avoir déjà vu à 2 reprises au festival, je m’attendais à un bon moment, mais je connaissais aussi les faiblesses du sieur: une grande froideur, un set linéaire dicté uniquement parce qu’il a envie de faire, et une communication avec le public quasi nulle. De ce côté, pour moi, il n’y aura donc pas eu de surprise sur sa prestation, propre, efficace… comme on l’attend. Et du côté de ceux qui justement le voyaient la première fois, ils ont été déçus par tout cela et auront au final préféré le second couteau. Cela ne remet pas en cause pour autant ses qualités de producteur, label manager et vision (et je serais mal placé de dire le contraire avec Remix.me). Son Twitter aura été aussi un bon moyen de partager encore plus l’expérience (dommage que le Twitty Wall ait été aussi discret à la Carène, ça fait partie des innovations – certes un peu nerdy – sympathiques). Dommage aussi (mais on y est habitué à Astro) qu’aussi peu de lumière soit mise sur le DJ (de manière générale). Ou si on ne veut pas le starifier, il faut également en faire autant dans le reste de la comm. D’ailleurs, sur ce sujet, il est à noter que les responsables des lights ne comprenaient même pas les demandes des groupes (je pense notamment à Au Revoir Simone qui avait demané une ambiance dark sur l’un de ses derniers titres et qui l’a fait tous feux allumés). C’est pt’et pas leur métier de comprendre l’anglais, mais à ce moment-là, se synchroniser avec les groupes par rapport au tracklisting serait une bonne idée. Sur le plan des déceptions, le samedi cette fois, Erol Alkan ne m’aura toujours pas convaincu, bien qu’étant prêt à changer ma position par rapport à sa prestation des Nuits Sonores… ça envoie, mais c’est vrai qu’on n’est pas loin du son du Nord comme on pouvait le faire dans les “Thunderdome” comme j’ai pu l’entendre autour de moi. Je n’accroche pas. Pas plus qu’à The Proxy, auquel je n’adhère décidément que quand je suis sous l’emprise d’alcool. Le même set aux Transmusicales, aux Nuits Sonores, et à Brest. En l’espace de neuf mois. Mouais. Surkin, il faut le voir une fois, en général, la deuxième ça nous gonfle déjà. A son passage sur la scène AstroFloor, plusieurs personnes m’ont dit n’entendre que les graves, certains pensant qu’il y avait même un problème de son. Il a son public, la presse généraliste, par panurgisme (suffit que Télérama, Les Inrocks et Libé en disent du bien pour que le reste de la presse suive en général dans les musiques “underground’), l’encense, tant mieux pour lui. Je l’ai déjà dit, ce n’est pas ma came. Après je suis pt’et tout simplement trop vieux :D . Sur le plan des déceptions liées au son, celle la Cour en manquait singulièrement (au moins un caisson de graves). On avait peine à voir Enola enchaîner des pépites sans que le sound system suive. On aimerait aussi que le toit de la Carène ne soit pas seulement un espace de plus pour du son qui cogne (qui plus est avec des DJs qui sont loin d’avoir soit un niveau technique acceptable, soit un sens du DJing… comme la plupart des DJs “bouche-trous” vus sur le festival d’ailleurs… ), mais une ambiance plus lounge serait la bienvenue, le lieu y étant propice. Evidemment le cadre et la température n’en feront jamais un Cafe del Mar, mais il serait judicieux de le penser autrement.

Enola, c’était l’un des 2 noms que j’avais donnés à mon entourage sur les gens à ne pas manquer (vous aurez deviné le deuxième) sur la soirée du samedi, et je ne m’étais pas trompé. Ce gars-là a non seulement agrégé les meilleurs influences américaines et européennes dans ses prods, mais il est d’une chaleur communicative (hédoniste pour reprendre un adjectif qui est un étendard du festival, et qui ne me déplait pas :p) qui fait vraiment plaisir. Il prend son pied, et le transmet au public. Toujours plus agréable qu’un DJ qui fait constamment la moue, fût-il dans un rôle. Je suis client de ses prods dans mes sets, et je pense que c’est le talent français des derniers mois. J’avais clairement apprécié ce choix artistique lors de l’annonce de la programmation. Dommage qu’il soit passé si tôt en live, il aurait mérité un plus large public, d’autant qu’il est plus à l’aise dans son live que dans un set DJ. Electric Rescue, qui aura pris sa suite sur l’Astro Floor, n’a pas eu la même subtilité, ni les mêmes structures de morceau… C’est l’efficacité qui aura primé. Il en faut, mais les adeptes comme moi d’une techno léchée, auront à attendre longtemps sur l’Astro-floor un son qui leur colle aux tripes. C’est vers 4h que ce son est arrivé, en la personne de Sven Vath. Tête d’affiche n°1 du festival, elle n’est pour autant pas usurpée tant il aura donné une claque à toute l’assistance (Après 4 jours et mon âge, j’avais malgré tout du mal à rester vaillant sur les coups de 6h30… dommage car il aura été parfait jusqu’au bout). Techniquement efficace, une sélection variée, des mixes longs qui ne font pas traîner en longueur des titres qui ne le méritent pas, mais au contraire leur donne leur vraie dimension sur un son adapté (j’ai été étonné du rendu de certains titres de la dernière compilation Cocoon, label du sieur), et le tout, à 100% sur vinyle siouplé, dans un style démonstratif mais pas racoleur (non non, je ne citerai personne d’autre :p). Faute de Gui Boratto qu’on m’a dit parfait (dans son style, et dans ses tracks), je m’étais reporté sur le live de Laurent Garnier à la Carène, sans grande conviction, l’ayant déjà vu aux Eurockéennes (je l’avais volontairement manqué à Lyon). Pourtant, son live a quelque peu évolué (un nouveau titre, pas franchement exceptionnel, mais louable) car laissant une part d’improvisation au show. Intéressant, les morceaux s’enchaînaient sans réel blanc, contrairement aux Eurockéennes. Le DJ s’adapte et aura su conquérir un public, il est vrai déjà bien acquis à sa cause.

Parmi les choses à revoir, on aimerait évidemment, surtout après avoir fait les nuits sonores, que tout soit bien sur des rails, on a l’impression parfois d’une certaine légèreté dans l’organisation (chose entendue dans la bouche de nombreuses personnes qui faisaient ce festival pour la première fois), ce qui est dommage après 15 ans. ça en fait certes aussi le charme, on n’est clairement pas dans la grosse machine… mais bon quand on vient pour la 11ème fois sur le festival pour en faire une promo plutôt intéressante, c’est toujours dommage de devoir refaire un pitch… on ne demande pas une accred pour ne pas payer. J’ai payé une (ou plusieurs) accred pro aux Trans et aux Nuits Sonores. En revanche, on ne leur a fait ni application mobile, ni couverture photo avec fourniture complète des photos et videos commes on le fait depuis 11 éditions sur Astropolis… C’est pt’et pour faire la fine bouche, mais il serait bon pour le festival qu’il se professionnalise un peu plus, d’autant qu’il y a des gens compétents et passionnés qui y passent (Loig cette année par exemple). Ce ne sera jamais les NS, mais prendre modèle sur les Transmusicales serait une bonne chose.

Enfin, sur un plan 100% privé, cette édition d’Astropolis aura pour moi été l’occasion d’enterrer de mauvais souvenirs d’une édition il y a 5 ans, et rien que pour cela cette édition avait de quoi me rendre heureux :)

Quelles sont les choses que vous avez aimé, qui vous ont déçu, plu ou déplu… exprimez-vous dans les commentaires

2 réponses à to “Astropolis 2009, 15ème… ou 11ème c’est selon…”

  • Aro c’était la première année pour moi. Parmis les bons points on peut souligner les bonnes surprises par rapport a la qualité des différentes salles. La carène magnifique équipement qui m’a fait forte impression et le vauban si retro, un lieu plein de charme.

    Les 3 trois prestations les plus marquantes auront été pour moi Sven vath, que je ne connaissais pas et qui avec son set si house mais transporté sur une autre planete. Troy pierce qui malgré son air glacial ma fait levé les bras avec une techno minimal aux accents house très dansante. enfin gui boratto qui ne constitue en soi pas une surprise mais qui m’a procuré une réelle émotion.

    Du coté des déceptions ritchie le grand qui est tombé de son trone, renversé par un sven vath survolté. En effet le king de la minimal avec ses deux laptops fait la part belle à la technologie et nous gave de ses effets avec son set autoroute et monotone la ou Mr vath se contente de deux platines.
    Autre point négatif le sonic crew qui aura monopolisé nos oreilles pendant de longues heures sans pour autant réveillé en moi quelconque envie de me trémousser. le niveau technique des trois sonic est vraiment disparate, bon point pour le nommé dalbrant qui est au dessus du lot et que j’aurais aimé voir jouer plus de 3 skeuds de suite.

    pour conclure je suis très content de mon premier astro que j’ai partagé avec quelques amis et notamenmt sylvain qui m’a éclairé de sa science de la techno.