Eurockéennes, le bilan (en vrac)

Pas de vrai bilan de festival pour les Eurockéennes, vu que j’ai passé une bonne partie de mon temps à (di)vaguer de scène en scène pour faire des clichés, mais quelques impressions en vrac

Sur le plan général, c’était ma première visite au festival de Belfort (je sais, je devrais avoir honte, mais Belfort c’est loin de la Bretagne), et je dois dire que le site est sympathique, et qu’il est indéniable que des “grands festivals”, les Eurockéennes est celui qui a la programmation la plus riche (de la tête d’affiche, mais aussi des découvertes sympas)

Sur les concerts, j’ai vu une bonne partie des groupes (2/3 on va dire) mais je n’ai vraiment assisté aux concerts complets que de Prodigy et Laurent Garnier. Si les premiers ont fait la quasi-unanimité, je n’étais pas pour ma part dans la même euphorie (sobriété et recul sur leur historique en sont certainement la raison). Je n’aime pas leur nouvel album qui essaie de reprendre de façon fade, quelques sons (ficelles ?) qui avaient fait le succès d’autres morceaux par le passé, et en live, ces morceaux ne sont pas meilleurs. Restent les classiques, et de ce côté, il n’y a pas à dire, Prodigy c’est du lourd, mais ça ressemblait quand même à une légère réorchestration (voire réinterprétation à l’identique pour Voodoo People) des morceaux originaux, passés sur CD, avec 2 MCs… pas spécialement extraordinaires (et répétitifs “french people/warriors”) dans ce rôle. Ca ne vaut assurément pas un live des Chemical Brothers. Ils seront aussi à Rock en Seine, nul doute que ce sera un probable copié-collé. Le live de Garnier, comme toujours me met dans une position partagée. La révision des morceaux chez Garnier est excellente, mais ça fait toujours bizarre d’entendre un Gnoumanjitruc/Crispy Bacon qui balancent bien (et Garnier stupéfait des slams qu’ils ont provoqués), puis que ça tombe à plat. Le format concert pour de l’électro “dansant”, j’ai toujours du mal à apprécier. Après, Laurent Garnier est parti dans plusieurs directions avec son album, comme dans une volonté – louable – de couvrir tout ce qui lui plaît… mais du coup, ça manque de cohérence. Le live subit par conséquent des rythmes tout aussi disparates.

Quelques autres remarques sur les concerts que j’ai vus partiellement. Dans le même registre que Prodigy (à savoir un groupe qui a connu un succès il y a quelques années, mais a du mal à revenir sur le devant de la scène), Tricky ne m’a pas particulièrement bluffé (j’aurais dû aller le voir au moment où il était en pleine gloire), même sur les titres de Maxinquaye, l’absence de Martina Topley-Bird se faisant ressentir. Heureux néanmoins de l’avoir enfin vu. Chez les Ting Tings, je commence à me demander quelle est la part de préparation (comprendre pré-enregistré), la prestation vue de prêt de la chanteuse, m’ayant semblé un peu trop parfaite par rapport à l’approximation de l’utilisation des pédales d’effets. C’est de l’électro-pop festif sympa, mais déjà vus à Art Rock, je ne me suis pas attardé. J’ai en revanche été agréablement surpris par Pete Doherty, que je ne trouve pas si exceptionnel que ça sur disque (mais bénéficie d’une aura médiatique pour les raisons que l’on connaît), mais il faut bien avouer qu’il a du charisme, et du talent, lorsqu’il joue tout seul sur scène avec sa guitare… fût-ce du Billie Jean. Dans le registre du “distrayant”, on mettra Les Wampas, évidemment, show dans le show, les fous de Monotonix (qui jouent dans… voire sur… le public), Noisettes et sa gazelle de chanteuse. Phoenix et Charlie Winston étaient là où on les attendait, conforme à ce qu’on en a entendu sur leurs récents albums. Mention favorable à Phoenix qui aura sû tenir la grande scène avec un genre électro-pop qui n’y est pas forcément très adapté. Pour le second, on voit que le marketing des majors est toujours efficace ! Un bon tiers de la salle, fans acquis à la cause dès que quelqu’un orné d’un chapeau (même pas le sien) a fait son apparition. Rodrigo y Gabriela, également peu probables tenants d’une grande scène ont proposé une prestation plus que sympathique, surtout pour les amateurs de guitare sèche, évidemment. Sur la durée, je ne sais pas ce que ça vaut, mais en festival, c’est un bon moment. Je me souviens du live de Yuksek il y a 1 an à Astropolis, où le jeune homme paraissait timide, à en faire un set moins long que prévu et ne savant pas comment combler et le temps qui lui était alloué, et l’attente du public qui en redemandait. 11 mois après, il est certain qu’et le manque d’assurance et la longueur de son set ont été revus, et c’est vraiment une performance intéresssante qu’il livre. Je lui ai glissé 2 mots sur Remix.me… c’était déjà ça :) J’aurai passé Birdy Nam Nam déjà croisé dans 4 (5?) festivals précédemment, sans avoir été franchement convaincu par autre chose que les panneaux à LED. Pas mon style on dira. J’ai été content de voir Kool Shen (en remplacement de Mos Def) alors que Cypress Hill remplaçait NTM (vous suivez ?) bien que le consensus était de dire qu’on n’y avait pas perdu au change avec le groupe américain. Les ayant personnellement vus à 2 reprises, les locaux NTM m’auraient plus tout autant pour ne jamais les avoir vu en live.

Sur l’application, puisque j’avais à l’occasion du festival développé ma première application iPod/iPhone pour un festival de musique (c’est à ma connaissance, avec Coachella, la seule application du genre), le bilan est satisfaisant même si sur 3 points cela aurait pu être mieux. D’abord les délais de validation d’Apple pour les mises à jour d’application, qui atteignaient en moyenne les 3 semaines (en soumettant l’application Eurockéennes directement en 3.0, j’ai eu une validation en 17 jours), ce qui fait que l’application n’a été officiellement disponible que le premier soir (le warm up) du festival. Moyen pour la communication. Ensuite, parce que le choix de cet OS et la couverture réseau pas tip top (que ce soit chez SFR ou Orange) a fait que l’appli sur site pouvait mettre un certain temps à répondre (surtout jeudi). Il faut donc revoir une page de chargement par défaut sur le line-up temps réel, et réduite à la programmation du jour (voire des heures à venir) pour un chargement minimal. Enfin, j’ai eu le droit à mon jugement de valeur (en général les mauvais photographes jugent les bons photographes au prix de leur matériel) sur le fait que je faisais des photos avec un iPhone. Soit, je le concède, c’est pas le top, mais en attendant que les reflex (j’en avais un aussi) intègrent une carte SIM et un upload direct vers Flickr, je n’ai pas d’autres solution… et les photos de l’iPhone étant principalement faites pour êtres vues sur un mobile… CQFD. En même temps, vu le niveau d’érudition musicale (très peu avaient vu ne serait-ce que 2 groupes de la prog, et bcp n’avaient qu’entendu parler de certains artistes, pourtant diffusés dans des reportages TV, certes pas à la Star Ac’), de la plupart des photographes, je ne sais pas qui était le plus à même de faire un jugement de valeur. Enfin, bon ça me rappelle quand à la fin des années 90, les photographes me regardaient de travers sur les festivals parce que j’utilisais un numérique… CQFD again.

Ai rencontré 3 membres de Grandcrew enfin, et avec mes activités diverses (dans l’encodage video, la musique, le mobile, …), il est certain que j’aurais plaisir à travailler avec eux à l’avenir.

Merci à Simon de m’avoir encouragé à faire les 18 heures de trajet (aller/retour) pour le festival, je ne le regrette pas. Et j’espère bien continuer à me rendre à ce rendez-vous, et à travailler avec les organisateurs à l’avenir.

Une réponse à to “Eurockéennes, le bilan (en vrac)”

  • Au nom de toute l’équipe je tiens à te renvoyer ton merci.
    C’était un plaisir de te croiser, même si c’était brièvement.
    A+