Archive pour July 2009

J’y étais: Nine Inch Nails aux arènes de Nîmes le 28 juillet 2009

Nine Inch Nails n’a pas en notre pays la popularité d’un Michael Jackson dont la sanctification ne saurait tarder. Pourquoi ? Parce qu’il ne rentre dans aucune catégorie (les rockeux trouvent ça trop électronique, les fans d’électro trop rock), et dans un pays où l’ouverture musicale est l’exception et la tribu d’appartenance sociale la règle, rien d’étonnant. Pourtant, Trent Reznor, parce que Nine Inch Nails, c’est Trent Reznor, est l’archétype de l’artiste autodidacte, omnipotent, avant-gardiste… qui ne connaît aucune limite dans sa création. Forcément, ça ne peut que plaire à un gars comme moi. Et pourtant. Ce n’était pas facile au lycée d’écouter Nine Inch Nails, période la plus importante pour l’appartenance à un groupe social. Lenoir, Zegut, Radio Nova, Radio FG, j’écoutais à l’époque les 4… ce qui n’avait rien de commun.

Logiquement, une oreille éduquée à tous ses sons, ne pouvait qu’apprécier Head Like a Hole, et le chef d’oeuvre des chefs d’oeuvre (dans les textes, comme dans les sons, et la structuration de l’album) The Downward spiral… C’est bien avec ce dernier qu’a commencé ma frénésie de collection des “Halo”, maxi, sous-projets, albums de remixes sortis de l’imagination de Trent Reznor, qui visaient chacun à aller plus loin encore, soit dans la démarche de proposer des choses que l’on attend pas, soit dans un bricolage sans limite. Nine Inch Nails, c’est quoi ? C’est de prime abord, un groupe bruitiste, et la “faune” qui va aux concerts du sieur en France n’est pas si éloignée que cela de celle qui va à HellFest voir Marylin Manson. Eh oui, malheureusement la plupart des gens sont venus à NIN via Marylin Manson (alors que le deuxième n’est qu’une caricature dont a enfanté le premier). Pourtant le premier titre qui a fait connaître NIN, aura été un titre “dance” (au bon sens du terme) qui passait en boucle sur MTV. D’autres l’auront remarqué sur l’excellente bande originale de The Crow (où même ceux qui comme moi ne sont pas super fans de Cure pourront écouter un très bon titre du groupe) où il reprenait avec excellence Dead Souls de Joy Division. D’autres l’auront découvert par la reprise de Johnny Cash de Hurt (la chanson qu’il vous faut écouter si vous ne connaissez pas NIN, ainsi que sa reprise). Parce que NIN, c’est tout ça, ça peut être proche du metal, comme de la techno, comme d’une musique de film, comme de piano minimaliste (sur The Fragile notamment) qui, à la Erik Satie, saura vous toucher.

Plus de 15 ans que j’écoute ce groupe, et il faut qu’il annonce que c’est sa dernière tournée (ouais y’en a eu 2 autres qui ont annoncé ça cette année) pour que je décide de me rendre à un de ses concerts. Problème, en France, il n’est annoncé qu’au Zenith… j’ai horreur de la froideur et de l’impersonnalité des Zenith (on ne doit pas que des bonnes chances à Monsieur Jack Lang), je m’étais donc résolu à aller le voir… sauf que, par le plus grand des hasards, il se retrouve au festival de Nimes (programmation fourre-tout à la Vieilles Charrues, mais réparti par soir, donc au final pas si mal que ça) et je me demande comment les programmateurs ont pu avoir l’idée de le mettre dans le line-up (surtout que les Eurockéennes, plus proche du style et l’ayant déjà accueilli, l’avaient approché) sachant que les festival a comme sponsor principal NRJ et NRJ12… c’est de l’anti NRJ NIN ! Bref, l’occasion donc de venir dans un lieu vieux de 2000 ans, et de faire le touriste dans une ville que je ne connais pas.

Si je ne fais pas le fan basique qui crie dès qu’il voit son idole (parce que Trent Reznor est quand même l’une des personnes dans la musique que je respecte le plus, et sur 15 ans, c’est même lui de loin) comme certains peuvent le faire avec Charlie Winston alors qu’il n’a commis qu’un album :D , j’avoue que j’ai ressenti quelque chose (une démystification peut-être) lorsque je l’ai vu sur scène. Mais pas de souci, c’est encore la musique plus tard qui m’aura donnée des frissons, pas l’image. J’attendais beaucoup, et je n’ai pas été déçu. On n’est pas dans le vieux groupe qui redéroule ses vieux titres de façon à relever l’enthousiasme du public régulièrement (façon Smashing Pumpkins – dont le meilleur album au passage a connu les mêmes producteurs que des collaborateurs de NIN), ni dans celui du groupe de rock pataud, qui fait encore des shows comme on les faisait dans les années 70 et que les moyens techniques étaient limités (chanson de 4′ pause de 2′, chanson de 4′, etc)… le show est millimétré, et on évite les causeries banales et interminables des groupes usuels. Le mot entre les titres se limitant à un thank you et le silence complet pendant plus d’1 seconde n’interviendra que 4 fois en 2 heures… et jamais plus de 20 secondes ! Bref, si l’homme est douée dans la composition, le relationnel (ce qui me fait dire que ceux qui disent ne pas pouvoir faire tout seul mentent, sont fainéants ou ont une autre activité), il l’est tout autant dans l’exécution d’un show. Rien à dire sur l’énergie, le travail fait sur les morceaux, le live est dans une énergie plus électrique et organique que les disques, et c’est tant mieux, car le fan de rock obtus à l’électro qui se retrouvera au concert n’aura pas à se plaindre de bout en bout. C’est une performance rock, rien de moins, mais très certainement, et de loin, le meilleur concert rock des 200 auxquels j’ai dû assister. Hurt, joué en unique rappel (je crois que le festival, même si c’était un concert complet, avait des obligations horaires), aura été le paroxysme du set bien évidemment. Et il faut dire que joué dans une arène, sans les voix des spectateurs qui couvrent celle du chanteur (j’en avais un peu peur par les bribes entendues sur les autres shows, publiées par l’équipe de promo de Trent sur son site web), c’était parfait… comme quoi le fait que les Français ne maitrisent pas l’anglais… ça a du bon parfois :D

Gros cafard (certes la chanson – quand on la comprend – aide) en revanche à la fin du concert, parce que je me suis dit que probablement jamais je n’assisterai à un autre concert de NIN, ni à un meilleur concert rock tout court.

Le début de Hurt (ouh c’est pas bien)

La Mer (pour le son)

Le coffret “bien débuter NIN :) ” sur iTunes (bravo c’est mieux)

Beatport and exclusive tracks, best way to promote piracy ? Example with Paul Ritch

Paul Ritch Carrrrramba Monkey mix in Google

One of the latest tracks by Paul Ritch, Carrrrramba (Monkey mix) is among the best sales on the US platform, and still, there are many chances that track is massively pirated. Quick analysis on how and why:
1° Track is exclusive to Beatport
2° Beatport sucks at SEO
3° Track is not on sale on artist website neither on label website
4° Google is indexing relevant websites on a given expression. Relevant websites for this query are, in order: artist website, label website, artist MySpace, label MySpace, legal music downloads websites, other websites

1+2+3+4 equation equals to illegal downloads being in top results in Google !!!

What’s even worst in the story is that Beatport is proud to have exclusives, and artists and labels really think that is a chance for them !

For those who do want to purchase the track, it’s here (jI don’t promote Beatport, but the artist)

Beatport et ses exclus, meilleure manière de promouvoir le piratage ? L’exemple avec Paul Ritch

Paul Ritch Carrrrramba Monkey mix dans Google

L’un des derniers titres de Paul Ritch, Carrrrramba (Monkey mix) est parmi les meilleures ventes de la plateforme américaine, et pourtant il y a de grandes chances que le titre soit largement piraté… Analyse sur le pourquoi et le comment:
1° Le titre est en exclusivité sur Beatport
2° Beatport est très mauvais en SEO (Search Engine Optimization)
3° Le titre n’est proposé à la vente ni sur le site de l’artiste, ni sur le site du label
4° Google indexe les sites pertinents sur une expression donnée. Les sites pertinents sur cette expression sont dans l’ordre: site de l’artiste, site du label, MySpace de l’artiste, MySpace du label, sites de vente en ligne, autres sites

L’équation 1+2+3+4 fait que ce sont les téléchargements illégaux qui arrivent en top des recherches dans Google !!!

Le pire dans l’histoire, c’est que beatport s’enorgueille d’avoir des exclusivités, et que les artistes et labels croient que ça puisse leur être bénéfique !

Pour ceux qui veulent acheter cet excellent titre, le lien est ici (je n’encourage pas Beatport, mais l’artiste)

Eurockéennes, le bilan (en vrac)

Pas de vrai bilan de festival pour les Eurockéennes, vu que j’ai passé une bonne partie de mon temps à (di)vaguer de scène en scène pour faire des clichés, mais quelques impressions en vrac

Sur le plan général, c’était ma première visite au festival de Belfort (je sais, je devrais avoir honte, mais Belfort c’est loin de la Bretagne), et je dois dire que le site est sympathique, et qu’il est indéniable que des “grands festivals”, les Eurockéennes est celui qui a la programmation la plus riche (de la tête d’affiche, mais aussi des découvertes sympas)

Sur les concerts, j’ai vu une bonne partie des groupes (2/3 on va dire) mais je n’ai vraiment assisté aux concerts complets que de Prodigy et Laurent Garnier. Si les premiers ont fait la quasi-unanimité, je n’étais pas pour ma part dans la même euphorie (sobriété et recul sur leur historique en sont certainement la raison). Je n’aime pas leur nouvel album qui essaie de reprendre de façon fade, quelques sons (ficelles ?) qui avaient fait le succès d’autres morceaux par le passé, et en live, ces morceaux ne sont pas meilleurs. Restent les classiques, et de ce côté, il n’y a pas à dire, Prodigy c’est du lourd, mais ça ressemblait quand même à une légère réorchestration (voire réinterprétation à l’identique pour Voodoo People) des morceaux originaux, passés sur CD, avec 2 MCs… pas spécialement extraordinaires (et répétitifs “french people/warriors”) dans ce rôle. Ca ne vaut assurément pas un live des Chemical Brothers. Ils seront aussi à Rock en Seine, nul doute que ce sera un probable copié-collé. Le live de Garnier, comme toujours me met dans une position partagée. La révision des morceaux chez Garnier est excellente, mais ça fait toujours bizarre d’entendre un Gnoumanjitruc/Crispy Bacon qui balancent bien (et Garnier stupéfait des slams qu’ils ont provoqués), puis que ça tombe à plat. Le format concert pour de l’électro “dansant”, j’ai toujours du mal à apprécier. Après, Laurent Garnier est parti dans plusieurs directions avec son album, comme dans une volonté – louable – de couvrir tout ce qui lui plaît… mais du coup, ça manque de cohérence. Le live subit par conséquent des rythmes tout aussi disparates.

Quelques autres remarques sur les concerts que j’ai vus partiellement. Dans le même registre que Prodigy (à savoir un groupe qui a connu un succès il y a quelques années, mais a du mal à revenir sur le devant de la scène), Tricky ne m’a pas particulièrement bluffé (j’aurais dû aller le voir au moment où il était en pleine gloire), même sur les titres de Maxinquaye, l’absence de Martina Topley-Bird se faisant ressentir. Heureux néanmoins de l’avoir enfin vu. Chez les Ting Tings, je commence à me demander quelle est la part de préparation (comprendre pré-enregistré), la prestation vue de prêt de la chanteuse, m’ayant semblé un peu trop parfaite par rapport à l’approximation de l’utilisation des pédales d’effets. C’est de l’électro-pop festif sympa, mais déjà vus à Art Rock, je ne me suis pas attardé. J’ai en revanche été agréablement surpris par Pete Doherty, que je ne trouve pas si exceptionnel que ça sur disque (mais bénéficie d’une aura médiatique pour les raisons que l’on connaît), mais il faut bien avouer qu’il a du charisme, et du talent, lorsqu’il joue tout seul sur scène avec sa guitare… fût-ce du Billie Jean. Dans le registre du “distrayant”, on mettra Les Wampas, évidemment, show dans le show, les fous de Monotonix (qui jouent dans… voire sur… le public), Noisettes et sa gazelle de chanteuse. Phoenix et Charlie Winston étaient là où on les attendait, conforme à ce qu’on en a entendu sur leurs récents albums. Mention favorable à Phoenix qui aura sû tenir la grande scène avec un genre électro-pop qui n’y est pas forcément très adapté. Pour le second, on voit que le marketing des majors est toujours efficace ! Un bon tiers de la salle, fans acquis à la cause dès que quelqu’un orné d’un chapeau (même pas le sien) a fait son apparition. Rodrigo y Gabriela, également peu probables tenants d’une grande scène ont proposé une prestation plus que sympathique, surtout pour les amateurs de guitare sèche, évidemment. Sur la durée, je ne sais pas ce que ça vaut, mais en festival, c’est un bon moment. Je me souviens du live de Yuksek il y a 1 an à Astropolis, où le jeune homme paraissait timide, à en faire un set moins long que prévu et ne savant pas comment combler et le temps qui lui était alloué, et l’attente du public qui en redemandait. 11 mois après, il est certain qu’et le manque d’assurance et la longueur de son set ont été revus, et c’est vraiment une performance intéresssante qu’il livre. Je lui ai glissé 2 mots sur Remix.me… c’était déjà ça :) J’aurai passé Birdy Nam Nam déjà croisé dans 4 (5?) festivals précédemment, sans avoir été franchement convaincu par autre chose que les panneaux à LED. Pas mon style on dira. J’ai été content de voir Kool Shen (en remplacement de Mos Def) alors que Cypress Hill remplaçait NTM (vous suivez ?) bien que le consensus était de dire qu’on n’y avait pas perdu au change avec le groupe américain. Les ayant personnellement vus à 2 reprises, les locaux NTM m’auraient plus tout autant pour ne jamais les avoir vu en live.

Sur l’application, puisque j’avais à l’occasion du festival développé ma première application iPod/iPhone pour un festival de musique (c’est à ma connaissance, avec Coachella, la seule application du genre), le bilan est satisfaisant même si sur 3 points cela aurait pu être mieux. D’abord les délais de validation d’Apple pour les mises à jour d’application, qui atteignaient en moyenne les 3 semaines (en soumettant l’application Eurockéennes directement en 3.0, j’ai eu une validation en 17 jours), ce qui fait que l’application n’a été officiellement disponible que le premier soir (le warm up) du festival. Moyen pour la communication. Ensuite, parce que le choix de cet OS et la couverture réseau pas tip top (que ce soit chez SFR ou Orange) a fait que l’appli sur site pouvait mettre un certain temps à répondre (surtout jeudi). Il faut donc revoir une page de chargement par défaut sur le line-up temps réel, et réduite à la programmation du jour (voire des heures à venir) pour un chargement minimal. Enfin, j’ai eu le droit à mon jugement de valeur (en général les mauvais photographes jugent les bons photographes au prix de leur matériel) sur le fait que je faisais des photos avec un iPhone. Soit, je le concède, c’est pas le top, mais en attendant que les reflex (j’en avais un aussi) intègrent une carte SIM et un upload direct vers Flickr, je n’ai pas d’autres solution… et les photos de l’iPhone étant principalement faites pour êtres vues sur un mobile… CQFD. En même temps, vu le niveau d’érudition musicale (très peu avaient vu ne serait-ce que 2 groupes de la prog, et bcp n’avaient qu’entendu parler de certains artistes, pourtant diffusés dans des reportages TV, certes pas à la Star Ac’), de la plupart des photographes, je ne sais pas qui était le plus à même de faire un jugement de valeur. Enfin, bon ça me rappelle quand à la fin des années 90, les photographes me regardaient de travers sur les festivals parce que j’utilisais un numérique… CQFD again.

Ai rencontré 3 membres de Grandcrew enfin, et avec mes activités diverses (dans l’encodage video, la musique, le mobile, …), il est certain que j’aurais plaisir à travailler avec eux à l’avenir.

Merci à Simon de m’avoir encouragé à faire les 18 heures de trajet (aller/retour) pour le festival, je ne le regrette pas. Et j’espère bien continuer à me rendre à ce rendez-vous, et à travailler avec les organisateurs à l’avenir.