Panoramas #12, Morlaix
Vendredi
Une seule salle en ce vendredi avec DJ Zebra et Missill en têtes d’affiche, mais de bons moments avec les Switch On’s, formation de 4 DJ de Brest plutôt techno (que quoi rendre la pareille au Sonic Crew), et le duo Filip Dean + Tepr (local qui s’exporte), qui auront été une bouffée de fraicheur dans ce festival. DJ Zebra est toujours un showman, et pour cela, le bienvenu dans tout festival. Une introduction Gorillaz avec un bagad saura mettre le public dans sa poche, ne reste plus qu’à dérouler ses fameux bootlegs avec une sélection cross-genres mais toujours très festive et dansante. Parfait dans ce rôle. Après Christophe Maé le gamin en folie a trouvé sa nouvelle cible dans la chanson niaise, Grégoire
. On a le showman, mais il y a aussi la showwoman en shorty dentelle et longues chaussettes qui également fidèle à sa tradition, bien connue en nos contrées, balance du gros son Big/break beat et drum’n'bass… Bref, une soirée bien orchestrée, et avec assez de variété
Samedi
Je ne m’attendais pas à une foule aussi compacte pour ce samedi, après la relativement faible affluence du vendredi, mais c’est visiblement la soirée phare du festival. Je passerai sur l’ivresse généralisée à laquelle on est malheureusement habitué plus on va dans l’Ouest de notre Bretagne… Il parait que c’est un rite de passage et que c’est cool de boire le plus de mauvaises bières possibles. Dans la salle “Club Sésame”, le sentiment qui domine, c’est vraiment l’overdose des ficelles de l’electro clash à la Surkin/Ed Banger. J’avais dit avoir apprécié Surkin dans le cadre d’Astropolis l’an dernier, mais c’était parce que la soirée était relativement variée. Là c’est plus l’impression d’avoir vu 3 fois le même DJ. Les mêmes recettes, les mêmes titres, et une place à l’improvisation totalement nulle dans le tracklisting. Même Zebra, dont ce n’est pas forcément le point fort, fait mieux dans le domaine ! C’est efficace, lourd, mais trop… lourd. Bref, un Strip Steve et ses sons acid house late 80′s de Chicago aurait largement suffi pour représenter le genre, histoire d’avoir au moins un semblant de neuf. A-Track apporte la technique en plus, Djedjotronic un peu d’originalité malgré tout dans ses sons, et Surkin, n’apporte plus rien si ce n’est des droits SACEM (si on croit naivement que la SACEM reverse sur la base des playlists DJ) sur les titres déjà joués par ses comparses quelques heures avant (quand ils n’auront pas eux-même joué plusieurs fois le même titre, la crise faisant sans doute) Pas de quoi me réconcilier avec l’écurie Ed Banger en tout cas qui semble recycler ses propres recettes en continu. Côté grande salle, si j’ai manqué Ebony Bones et Puppetmastaz, j’ai quand même pu assister à la prestation des Guru Jazzmattaz. Honnêtement, si j’avais connu la période avec Solaar (avec 2 a), et surtout la regrettée Funk Mob de l’époque qui allait avec comme producteur du rapper, je n’y avais guère prêté d’oreille depuis. Le live est propre, mais les paroles interludes dans un public français qui ne parle que peu anglais étaient un peu longuets. Musicalement, l’exercice est sympa, mais je n’y accroche plus comme par le passé. Birdy Nam Nam était ZE tête d’affiche du festival (après y être venu il y a 2 ans). Encore une fois, comme à Astropolis (et pt’et aux Trans où je ne les avais pas vus), ils déroulent un set qui semble peu improvisé (mais cela devient malheureusement de plus en plus la règle dans le DJing de festival il semblerait) mais qui sait mettre le feu. On n’en attend pas moins du quatuor
Miss Kittin & The Hacker comptent écumer les festivals cette année. Avertissement à ceux qui les avaient vu il y a quelques années, pas grand chose de neuf ni dans le son (je n’ai pas encore eu l’occasion d’écouter la version album) ni dans le show, avec un Grenoblois impassible et la Miss qui fait monter la température (comme peuvent le laisser suggérer mes photos). Les fans d’électro-pops seront néanmoins aux anges. Popof sera finalement “relégué” à la grande salle… ce qui s’avérera une excellente idée compte tenu du son qu’il distille. Il a acquis durant ces derniers mois ses lettres de noblesses dans l’intelligentsia techno de la planète, et à raison. Après les déchaînements de beats, warp sounds et caisses claires du club Sésame, sa sélection peut forcément paraître moins péchue de prime abord, mais un peu de finesse (ce qui est assez inattendu de quelqu’un issu originellement du milieu free) ne nuit pas, et elle aura constitué une excellente conclusion au festival
Panoramas a bien grandi (avec les stars locales aussi) et fait partie des festivals auxquels il faut assister en Bretagne (je ne mets pas les Vieilles Charrues dans le lot). Seul “faux pas”, une programmation trop linéaire dans la salle Club le samedi, mais sur ce point les DJs sont pt’et les plus à blâmer… J’y assitais pour la première fois en 12 ans, il est évident que ce sera à renouveler…