Dans le “business” de la musique en ligne et contre Hadopi
Je n’ai pas jugé bon de poster contre la loi Création et Internet autrement nommée Hadopi, non pas parce que j’ai une position honteuse que je n’assumerais pas (comme beaucoup de mes “confrères” du secteur), mais parce que je considère cette loi, avant même sa mise en application comme caduque, et comme de l’argent public inutilement dépensé. Alors bien sûr, “l’industrie de la musique” ne va pas bien à l’ère d’Internet, pourtant la musique elle-même n’a jamais été aussi visible, consommée que depuis qu’Internet a assuré sa diffusion. Alors bien sûr, de nombreuses start-ups aux dépenses démesurées, et au business model pas du tout viable voient en cela un moyen d’arriver plus facilement à la rentabilité (enfin, ça c’est sans compter sur la faiblesse de leur produit par rapport à la concurrence, je pense notamment à Deezer par rapport à Spotify, recommandé à tout va par une ministre qui semble peu s’émouvoir des versements ridicules aux artistes par cette société, tout en disant que c’est pour eux qu’est faite cette loi. Il est vrai que dans le même temps, les majors, elles, perçoivent des sommes intéressantes, beaucoup plus élevées que la part artistes sur une même diffusion…).
Il ne m’a jamais semblé bon de faire des lois pour défendre telle catégorie sociale (qui n’en a pas besoin) ou tel secteur économique, surtout des secteurs économiques vieillissants qui refusent de se remettre en question (et que ce soit dans la musique ou l’automobile par exemple). C’est une question de politique générale du gouvernement plus que de spécificité sur un usage (même si les internautes sont forcément plus concernés par leur propre sort). Après, je ne monte pas sur mes grands chevaux, ni ne hurle par volonté démagogique que c’est un scandale non plus, comme le font beaucoup de sites technologiques, tout simplement parce que je sais que le premier internaute qui se verra sa connexion suspendue pourra porter plainte auprès de la Cour Européenne qui lui donnera raison. J’étais aussi, comme les gens sensés du domaine technologique, à la rigueur plus d’accord sur le principe de l’amende, quitte à devoir avoir une loi. Et je suis aussi un pirate quand je n’arrive pas à remettre la main sur mon CD des Tribulations extra-sensorielles de la Funk Mob et ne peut le trouver sur aucune plateforme de vente en ligne (pour le racheter)…
Mais la raison principale qui fait que je ne suis pas pour contrairement aux autres acteurs, c’est que je n’ai pas de business model à valider, je ne spolie pas les artistes et labels dans mon modèle au profit soit des internautes, soit d’entrepreneurs, soit d’investisseurs, soit de lobbies selon le vent porteur du moment pour ma société. A vrai dire, ils ont même des facilités de trésorerie puisqu’ils sont payés en temps réel, et jusqu’à 100% du prix de vente, là où l’ensemble des autres acteurs garde pour lui une somme de petites (parce que les commissions reversées sont plutôt faibles) sommes destinées à ces artistes et labels (qui agrégées font des sommes importantes) sur leur propre trésorerie… et je m’évertue à innover pour toujours proposer plus à l’internaute comme à l’artiste.
Messieurs de Airtist, Deezer, FnacMusic, StarZik, VirginMega, dites-nous donc aussi clairement sur vos tribunes respectives pourquoi vous êtes pour Hadopi…
Très bon article Sylvian.
Je pense que lepoint de vu des start-up et site de musique en ligne est simple.
1 – réduire “une concurrence illégale” même si c’est accessoire et pas forcement l’objectif n°1
2 – rassurer les ayant droits et propriétaire de contenu pur facilité l’émergence de leur business.
J’ai vu ça http://www.thelocal.se/18770/20090409/ ce week-end, ce qui me fait dire qu’ils sont pt’et raison d’être pour…
Merci pour cet article empreint de discernement. Cela fait plaisir à lire dans ce débat toujours si passionné.
masique.com
Euh pour atterrir, n’oublions pas que 240 000 écoutes streamées sur Deezer genèrent 147 € aux auteurs compositeurs (Source Sacem) Donc même en cas d’une vague de “peur du gendarme” post hadopi et d’une ruée sur les plates formes de streaming légal , nous en serons toujours au point zero d’une solution réaliste de financement de la création. Reste à voir si le téléchargement légal décolle…Messieurs, nous allons en avoir la démo sous peu …
240 000 écoutes streamées sur Deezer genèrent 147 €
c’est nul.