Archive pour January 2009

Bruce Springsteen aux vieilles charrues ou comment le prix d’entrée des festivals a pris 200% en moins de 10 ans

Les Vieilles Charrues ont annoncé fièrement ce jour que Bruce Springsteen serait l’hôte star de l’édition 2009 des Vieilles Charrues à Carhaix, et ce pour un concert exclusif en France. Au-delà du regard artistique qui ferait dire que les autres artistes comptent pour pas grand chose, ceci montre que les organisateurs de festival n’ont pas encore compris les raisons de la désaffection de certains festivals ces dernières années. Bobital en a fait les frais (bon les amateurs de musique ne verseront pas une larme non plus), et les Vieilles Charrues, plus que jamais, déroulent le rouleau compresseur sans s’intéresser de manière quelconque à ce qui fait l’âme d’un festival musical… la musique ! En 1996, les Vieilles Charrues étaient un festival comme un autre, où on voyait les artistes autrement que sur un grand écran, qui ne payait pas d’exclusivité pour avoir tel ou tel artiste, il n’y avait pas d’objectif d’audience, les prix étaient modérés. Aujourd’hui, l’audience a augmenté, la programmation est devenue l’antichambre des directeurs artistiques des majors qui placent leurs artistes (à vrai dire, on pourrait se demander si ce n’est pas elles qui devraient payer), les cachets ont explosé, et les tarifs rendent rédhibitoire l’accès au festival pour les passionnés, qui doivent limiter le nombre de festivals auxquels ils se rendront en conséquence.

Qui dit exclusivité pour les Vieilles Charrues, dit impossibilité pour les autres festivals d’accueillir les artistes. Ca peut être bienvenu quand tous les festivals manquent d’originalité dans leur programmation (et il faut avouer que c’est un peu le cas aussi ces dernières années au moins avec les festivals d’été), mais c’est se couper une partie du public qui ne pourra pas payer et l’entrée au festival et des centaines de kilomètres pour s’y rendre, sans parler des conditions d’écoute qui ne sont pas optimales dans des champs. Quand on respecte les musiciens et le public, ce n’est pas une façon d’agir. Qui plus est cette course à l’exclusivité a amené des charges de plus en plus élevées pour les festivals, et une concurrence malsaine s’est instaurée entre eux, ce qui pourrait, en cette année morose économiquement, en amener d’autres à la banqueroute.

Et l’artiste dans tout ça ? Ben l’artiste il fait confiance à son tourneur qui doit lui assurer le meilleur retour sur investissement par concert. vaut-il mieux faire des dates au Stade de France, sachant qu’il faudra payer la location du stade, la scène, le matériel, les déplacements depuis le concert précédent de tous les techniciens, leur bouffe, leur hébergement, etc, en n’étant pas sûr de faire le plein 2 soirs, ou alors faire seulement 1 soir dans un coin paumé en Bretagne où il n’y aura rien de tout cela à payer, et une assurance de cachet et d’audience ? Le calcul est vite fait.

A noter que les Transmusicales, qui n’a aucune tête d’affiche mise en avant au détriment des autres, n’est basé que sur la découverte, et les concerts à dimension humaine, a plus que rempli ses “objectifs” cette année, à un moment peu propice à la dépense futile (période de crise, avant Noël), sans payer aucune exclusivité. Voilà qui prouve que l’on peut avoir un succès artistique, d’audience et financier, sans se compromettre.

Bref, les Vieilles Charrues sont devenues au concert tout ce que l’on critique au disque chez les majors. Paupérisation de l’offre, consommation de masse, adaptation à ses propres objectifs plutôt qu’à ceux des fans, etc. (Bon je dis ça la plupart des gens de mon entourage breton qui y vont, y vont plus pour se retrouver autour de la buvette que devant la scène…). Espérons que cette course à l’exclusivité (apportée par Live Nation en premier lieu) ne sera pas trop contagieuse.

L’info poussée en temps réel via Twitter, la preuve par l’exemple avec les problèmes d’OVH ce samedi

J’essaie régulièrement de convaincre les artistes de rejoindre Twitter car c’est un outil qui demande peu de ressources (contrairement à MySpace et Facebook par exemple) et permet de rassembler une communauté de gens intéressés par ce que l’on fait. On pousse son information de n’importe où (notamment un téléphone portable via SMS) en temps réel vers ses followers (qu’on n’est pas obligé de suivre en retour, contrairement à Facebook et MySpace qui imposent les communications bidirectionnelles) Accessoirement, les marques et entreprises devraient également s’y mettre, au moins en suivant ce qu’il se dit sur eux dans le feed des usagers via search.twitter.com. Ainsi, travaillant ce jour sur NeoMusicStore depuis mon domicile, j’ai noté de nombreux problèmes de connexion (alors que je n’avais aucune alarme remontée par Pingdom). Je suis allé voir ce qui se disait sur Twitter à propos d’OVH, et la combinaison des informations Pingdom, de ma connexion et des tweets passés, m’a fait dire que le problème était probablement un problème de peering avec Neuf… ce que j’ai annoncé sur Twitter à 15h34 alors qu’OVH ne l’a annoncé qu’après 17h sur son site travaux.ovh.net … qui était lui-même inaccessible. Ayant travaillé dans une société d’hébergement par le passé, on s’était souvent trouvé dans la même situation que celle-ci, où le site qui doit informer des perturbations est lui-même perturbé… A la lueur de ces problèmes, OVH serait bien avisé de créer un compte Twitter sur lequel il posterait ses incidents… notamment depuis que Twitter a de bons résultats de disponibilité :)

Beatport nouvelle version: le test

Ayant listé les lacunes et soucis rencontrés avec Beatport (côté client, label ou partenaire) il y a peu dans ce post qui a suscité beaucoup d’intérêt, je me devais de tester Beatport 4.0 côté utilisateur, je vais donc me concentrer sur les points positifs et les points négatifs de cette version 4.0. Ce post pourra être mis à jour au gré de mes tests…

+
Une interface plus propre, plus lisible. Pas parfaite, mais quand on connaît déjà le site, on s’y fait
La fonction add to playlist est vraiment la bienvenue, même si elle peut encore être largement améliorée (généralisation, ajouts multiples) à la façon Neo v3
Enfin une qualité sonore accceptable (même plus vu qu’on a le droit à du 96k stereo)
L’idée de la playlist toujours atteignable

-
Les “x dernières semaines” ne sont pas les x dernières semaines, mais “il y a x semaines”
Toujours les latences dues à l’interface flash, qui empêche de cliquer avant que tout soit chargé (et donc encore compliqué pour les petites connexions)
Toujours pas de full track preview
Des fonctionnalités de base comme le tri sont non fonctionnelles sur charts
La playlist peut-être mise sur le côté mais pas de prev/next track dans le player
La playlist est limitée en nombre de titres, dommage quand on navigue et ajoute des choses en queue au fur et à mesure.
Où sont les flux RSS ?

Concernant les problèmes “politiques” (délistage de labels, affiliation), Beatport n’a pas encore communiqué, sauf en disant que la plateforme était plus “scalable” (donc logiquement ils ne devraient plus délister… qu’en sera-t’il ?).

Accessoirement, ce manque de finition alors qu’ils avaient fait une grosse communication autour depuis quelques temps déjà (nom de domaine dédié, videos de features, dont pourtant beaucoup ne sont pas implémentées aujourd’hui…), ça me conforte dans l’idée de sortir NeoMusicStore v3 avant qu’il ne soit complètement terminé.

Je pense que cette version 4.0 de Beatport devrait quand même redorer le blason du site, et augmenter le panier moyen. Maintenant, les prix élevés par rapport à la concurrence et le peu de nouveautés en matière de recommandations assistées limiteront aussi l’effet dans le temps de cette nouvelle version.

A noter que Bleep a aussi sorti sa nouvelle version, en rajoutant des produits physiques et du merchandising… tiens tiens :)

Clak! Festival, tremplin video et live pour les artistes d’Ile-de-France

Je ne cache pas apprécier la jeune équipe de MyGroovyPod, car pour les avoir rencontrés, ils sont mus par la même passion que moi, la musique, plus que par le business qui est autour. Et c’est tellement rare dans les sociétés/sites webs qui utilisent la musique de nos jours, que c’est réconfortant, ça permet de se sentir moins seul dans le domaine. Au-delà de concerts retransmis live sur Internet (et auquel ressemble en cela Is Playing At My House… lui même inspiré de Groovetech… qui n’a je pense pourtant pas inspiré la jeune équipe de MyGroovyPod malgré un nom proche vu que le site n’est probablement connus que de vieux de la vieille dans la musique sur Internet comme moi), le site propose un tremplin sous forme de video et de live donc puisque chaque groupe doit se présenter avec 1 video et 3 compos, et au terme de la phase de présélection, les groupes se produiront à la Bellevilloise avec diffusion live sur Internet, et donc la possibilité pour les internautes de participer à la sélection en plus d’un jury professionnel. Bien loin de la Star’Ac, le focus est donc sur la musique et la scène, dans un tremplin qui sert avant tout à donner de l’exposition aux groupes de la région. Et c’est bien la le seul reproche qu’on puisse émettre, c’est qu’il soit limité à la région Ile de France, mais c’est un début. Clak! Festival c’est par ici

Concernant MyGroovyPod, je serais un opérateur ADSL et/ou mobile, je leur proposerais de diffuser leurs concerts directement sur les box ADSL ou sur mobiles, avec mise en avant dans l’EPG des lives à venir… s’ils veulent s’intéresser un tant soit peu à la création et aux indés plus qu’aux grosses machines… Cela attirerait certainement plus d’internautes qu’un accord avec telle ou telle major… A bon entendeur…

J’y étais: Daft Punk, L’Intro (l’Espace), Rennes, 1996

De retour d’une première tournée (enfin de premiers concerts) aux US, le duo était revenu faire une halte à Rennes après son passage remarqué aux Transmusicales en décembre 1995. Rollin’n’scratchin’ est diffusée plusieurs fois dans toutes les raves, la claque Homework est prête mais l’album pas encore sorti, c’est donc malgré tout à un public d’initiés que s’adresse cette soirée. DJ Kenobi aux platines coincées derrière le bar (c’est risible aujourd’hui de voir l’espace dans lequel ils ont joué ce soir-là) de l’Intro, petite salle à l’étage de l’Espace alors dédiée à la communauté gay, je suis à table avec Guy-Manuel et Thomas, évidemment non chevauchés de masque/casque, et bien loin d’être assaillis par les fans. Ils déroulent ensuite un set comme ils avaient l’habitude de faire à l’époque (des boucles, des filtres, des mash-ups)… un peu à la manière de ce que fait Justice aujourd’hui. Rien à dire, le set est impeccable. Plus drôle, en fin de soirée, ils rejoignent la grande salle de l’Espace pour un set d’à peine une heure, et c’est une salle médusée (qui n’aura sans doute pas su qu’elle avait assisté là à la performance d’un groupe qui allait devenir mythique) qui se demandait pourquoi on passait un tel son … qui ne passe pas à la radio !!!