Wormee: le concurrent de Deezer par Orange ?

La R&D d’Orange en matière de services web est surtout connue pour ses “copycats”: Bubbletop pour la copie de Netvibes, Pikeo pour la copie de Flickr, Soundtribes pour la copie de MySpace… pour ne citer que les plus connus… que vous ne connaissez pourtant probablement pas. Le dernier né, annoncé par quelques-uns de mes contacts Twitter semble cette fois être le copycat de Deezer. Si jamais Orange souhaitait s’imposer dans les contenus musicaux comme il semble vouloir le faire aujourd’hui dans le domaine des contenus audiovisuels, voilà qui pourrait grandement inquiéter un acteur principalement français comme Deezer (qui déjà avec Musiline, a trouvé un sérieux compétiteur dans le secteur de la vente d’espaces publicitaires qui est le sien)

L’atout pour Deezer: avoir une légitimité (je n’ai pas dit légalité) chez les internautes par son rapprochement avec Free et son discours très démago anti-SACEM et anti-majors (bien qu’elle signe des accords avec les 2 et semble ne pas prêter beaucoup d’intérêts aux indépendants si le volume de contenu susceptible d’afficher des publicités n’est pas significatif). C’est un sacré atout, car si Orange a de loin la plus grande part de marché, la société n’a probablement pas la meilleure image parmi les utilisateurs de ces services.

Je n’ai pas encore pu testé le service mais de nombreuses fonctionnalités communautaires sont annoncées sur le blog. En tout cas, le ver est dans l’orange :D

9 réponses à to “Wormee: le concurrent de Deezer par Orange ?”

  • Un de plus dirons nous. Preuve que le juxbox numérique a de l’avenir (si Orange investit et y croit c’est que…)
    Rien qu’en France, on commence à avoir une bonne offre. Ajoutez à cela tous les services similaires anglais et américains, on peut se poser de sérieuses questions sur la viabilité de ce genre de services (ou sur le modèle économique dans le futur). Pas tester Wormee mais au moins ce service à la base de données et la puissance Orange aux fesses. Moins d’inquiétude pour le warm !

  • Pas beaucoup de barrières à l’entrée. La seule étant un accord avec les majors. Un copier-coller pour le reste. J’attends de voir Wormee avant de me prononcer, mais même si le service est bien, à moins de le déployer sur tout le réseau Orange (pas seulement français), ça va quand même être dur de passer devant Deezer en France, et Imeem à l’étranger

  • Il faut se méfier des projets d’Orange qui n’aboutissent jamais (ou alors sur autre chose), cf Bubbletop… devenu Djinngo (tiens ça me rappelle qqch ce nom)

  • François:

    Deezer anti-SACEM et anti-majors arff, les derniers recrutés chez Deezer sont des pros du marketing issu de Columbia et Sony Music, et leur arrivée coïncide avec la disparition des tops rock ou métal, au profit du top France et du recentrage sur les produits Universal et BMG

    Deezer est en cours de noyautage par l’industrie tout comme les radios libres en leur temps ont été bouffées par le système

  • Julien:

    Je ne comprends pas trop la remarque sur les labels indépendants “et semble ne pas prêter beaucoup d’intérêts aux indépendants si le volume de contenu susceptible d’afficher des publicités n’est pas significatif”.

    En effet, on peut lire sur Deezer (http://www.deezer.com/legal/partners.php) qu’ils ont signé avec quelques indés, comme Naïve, Beggars, Because Music et je pense encore d’autres…

  • @François
    Yep, il y a le discours “marketing” à l’attention des internautes, le discours à l’attention des investisseurs… et la réalité

    @Julien
    C’est exactement ce que je dis. Si tu connais le milieu indépendant, tu sauras que ceux que tu cites sont plus des agrégateurs de groupes qui vendent, dans le sens où ils agrègent des musiques en tous genres, plus que des labels indépendants avec direction artistique (attention, ça ne veut pas dire que leur catalogue est mauvais non plus loin de là). Ceux que tu cites sont loins d’être 100% indépendants puisqu’ils distribuent leur musique via des majors

  • Donc on passe d’un système où la musique est géré par des majors qui se foutent “un peu” de la qualité tant que ça vends, à un système où des gens qui contrôle la diffusion se balancent complètement de la musique tant que ça fait vendre du forfait mobile.

    en route pour la bonne musique de demain gérée par des gens qui s’y intéresse vraiment, si si :(

  • Euh, on y est déjà pas mal en 2008 je trouve avec les financements par la pub…

  • [...] Wormee dont j’avais déjà parlé brièvement ici en Novembre a été officiellement présenté ce jour lors d’une conférence Orange Vallée (à laquelle je n’étais malheureusement pas convié, aurait-on peur de ma plume qui ne fait pas la course aux “cadeaux” en tous genres réservés aux blogueurs influents ?), et les premières images laissent penser que l’ergonomie, bien qu’inférieure je pense à celle, minimaliste mais efficace, de Spotify semble supérieure à celle que nous offrent aujourd’hui les autres sites de jukebox français ou étrangers. Intéressant, Orange évoque déjà des pistes sérieuses de financement en ne le réduisant pas à la seule publicité d’emblée (les difficultés de Deezer pour amener la publicité audio dans ses flux d’un côté, et la puissance des régies publicitaires de Lagardère pour Musiline de l’autre n’y sont probablement pas étrangères). Pourtant, s’il y a bien un acteur avec les moyens de garder le dos rond et de lancer un service à perte en ce moment sur l’Internet français, c’est bien Orange. A noter qu’Orange annonce également d’emblée calquer la stratégie (qui lui réussit dans le mobile, un peu moins dans la TV) que la société applique pour les contenus audiovisuels, à savoir une disponibilité sur plusieurs terminaux (site web, TV, mobile) et pourrait dès lors obtenir les faveurs des early adopters qui sont déjà sur iPhone par exemple… [...]