Archive pour September 2008
Nokia N96 disponible dès le 15 septembre (aux Pays-Bas) à 799 Euros
Il sera déployé dans le cadre des abonnements Mobile TV de KPN (DVB-H). C’est le premier mobile DVB-H “grand public”. A 150 Euros plus cher, il aura néanmoins du mal à faire de la concurrence à l’iPhone 3G d’Apple. A voir les offres avec abonnement.
Gratuité de la musique en téléchargement sur Internet: 2 logiques s’affrontent, une est oubliée
La logique de l’entrepreneur web
L’entrepreneur web peut avoir 2 objectifs:
- Etablir, comme tout chef d’entreprise, un modèle économique, qui permet à l’entreprise de s’auto-financer voire de dégager des bénéfices
- Revendre son entreprise à un gros acteur (c’est le but de nombreuses start-ups qui lèvent des fonds aujourd’hui sans jamais avoir cherché la rentabilité au préalable). Cela rappelle l’époque qui a précédé l’explosion de la bulle, où l’époque était déjà au financement par la publicité, sans pour autant avoir des rentrées nécessaires pour assurer sa viabilité à long terme (surtout en période de décroissance des investissements publicitaires
La logique de l’internaute
L’internaute dépense. Il veut dépenser le moins possible. La gratuité est donc forcément un appât. Mais il veut aussi un système simple, pas ennuyeux. Aujourd’hui, la “gratuité est financée” de 3 façons:
- affichage Google Adwords partagé avec l’artiste (façon Jamendo, Imeem, Deezer). De loin la meilleure solution par l’internaute car elle ne gêne que peu (voire pas du tout avec les plug-ins adéquats) l’expérience utilisateur, et apporte forcément le plus d’audience
- la publicité dans le fichier (façon We7). C’est la 2ème solution la moins ennuyeuse car si l’internaute doit écouter cette publicité pendant les x jours qui ont suivi son téléchargement, elle disparait au bout de cette période, donc pour les musicophiles, c’est l’idéal pour enrichir leur discothèque
- la publicité avant chaque téléchargement (façon Airtist). La plus ennuyeuse car elle oblige à perdre 30 secondes (en plus du temps de téléchargement, car ce n’est pas pendant le téléchargement) avant d’accéder à un titre (impossible en effet de récupérer plusieurs titres à la fois dans cette formule). De fait elle a aussi le moins de succès chez les internautes parmi les formules gratuites
Comparatif de l’audience selon les formules (Imeem vs We7 vs Airtist)
Oubliée: la logique de l’artiste
L’artiste, et je pense là surtout à l’artiste qui n’a pas d’engagement avec une major du disque (qui s’octroie les droits de vendre sa musique comme elle l’entend), mais qui aujourd’hui gagne sa vie grâce à sa musique, veut continuer à gagner sa vie ainsi, sans pour autant devenir dépendant d’un acteur qui déciderait pour lui. Aucun des 3 financements ci-dessus ne lui permet aujourd’hui de maintenir ses revenus. Dans le meilleur des cas, ils sont divisés par 20 (et donc l’engage à changer d’activité pour vivre)
Daft Punk donne musique en échange de temps de cerveau disponible
C’est le cas en fait pour son éditeur EMI qui arrive (enfin depuis le temps qu’il était annoncé) sur le site de téléchargement français Airtist… mais tous les titres ne sont pas disponibles, et ceux disponibles ne le sont pas tous en téléchargement gratuit. Bizarrement, même parmi ceux disponibles en gratuit, ils sont plus chers que partout ailleurs dans la version payante (donc autant dire que personne ne les achètera sur la plateforme). A noter que We7, autre site proposant du téléchargement gratuit financé par la publicité a de son côté signé avec 3 majors, Universal restant la seule à ne pas avoir signé.
Sur Airtist, les titres EMI trustent déjà les bons emplacements promotionnels sur le site. Comme je l’avais dit précédemment, malheureusement, les services qui n’ont pas de ligne artistique vers les indépendants par choix (mais plutôt par défaut) comme ceux basés sur le financement par la publicité, cherchent surtout à avoir du catalogue de majors, seul capable de drainer du trafic de masse (à défaut de téléchargement payant), condition sine qua non pour “vivre de la publicité” (si tant est que ce soit possible)
J’avais dit que ce business du gratuit ne serait pas viable hormis pour les majors qui font du court terme. Les chiffres en France de Deezer pourraient néanmoins fraîner leurs ardeurs (cf les chiffres de rémunération de Deezer). Il faut dire que la crise est de plus en plus présente et que les coupes budgétaires visent en premier la publicité. Deezer ne parvient pas à la rentabilité avec des publicités nationales, je vois mal comment Airtist pourrait l’être avec des publicités majoritairement locales. Maintenant, la rentabilité n’est probablement pas l’objectif réel non plus. Bon courage aux montpellierains pour un éventuel rachat donc, le préalable à cela étant la course à l’audience (et visiblement y’a encore du chemin comparativement à imeem ou We7, avec des coûts par téléchargement qui plus est plus élevés chez Airtist en raison de l’affichage de la video)
Des questions aux dirigeants d’Airtist s’ils passent par là:
- Est-ce qu’EMI a exigé d’être actionnaire de la société ?
- Est-ce qu’EMI a exigé une avance sur recettes ?
- Est-ce qu’EMI bénéficie des mêmes conditions de rémunération que n’importe quel autre artiste ou label sur le site ?