Deezer: 70000 Euros en 6 mois… pour combien d’écoutes, de téléchargements ?
Je le dis depuis le début, le mode de financement de la musique par Deezer n’est viable que pour Deezer. Jonathan Benassaya, son fondateur a toujours été disert (vous voyez le jeu de mot) sur les chiffres d’audience, mais n’a jamais pu répondre à la question de la rémunération par écoute. Aujourd’hui, on en a un gros indice avec les chiffres officiels de la SACEM (qui ne sont pas les sommes effectivement versées aux artistes rappelons-le). 70000 Euros en 6 mois pour un site qui claironne avoir 500 millions de pages vues par mois (donc au moins autant d’écoutes sinon plus lorsqu’on écoute plusieurs titres d’un même artiste, ce qui est fréquent), ça fait 0,00002333 Euros pour la SACEM par écoute, au mieux, soit au final 0,000016 pour l’artiste. N’importe quel artiste à 5 pages vues par jour sur son site personnel mettant du Adsense ou autre gagnera beaucoup plus par mois que ce qu’il ne pourra gagner avec l’énorme audience de Deezer. Je ne parle même pas des méthodes pour télécharger la musique de Deezer, qui elle manquent à coup sûr d’indices. Alors quand je lis sur les blogs Hi-Tech que ce sont des systèmes qui garantissent un accès libre à la musique pour l’internaute et une juste rémunération pour l’artiste, je ris doucement.
Un autre chiffre que Deezer claironne c’est celui de sa base d’inscrits, 2,3 millions qui vaut certainement largement plus que 70000 Euros elle. Maintenant, il ne faut pas oublier que Deezer, son business, c’est de vendre de l’espace publicitaire, et que la musique n’est qu’un moyen de constituer des bases de données et d’afficher (ou pas avec les plug-ins qui les enlèvent) un maximum de pages avec publicité. Que des artistes soient rémunérés est le cadet de ses soucis, hormis juridiques (et de ce côté-là ils se sont blindés)
Je ne suis pas pour la riposte graduée (complètement déplacée par rapport aux priorités), mais je dois dire que j’en ai plus qu’assez de ceux qui claironnent que l’avenir des musiciens passent par ce genre de sites. L’avenir (à court terme) des entrepreneurs de vente de temps de cerveau disponible peut-être, mais c’est tout
Samedi sur Système disque, le patron de la SACEM parlait de 0,0002 centimes pour l’artiste avec l’offre Orange musique max (500 téléchargements par mois pour 12 euros)
On va réinventer les sous en gise de millième de centimes pour pouvoir parler sans trop se perdre avec tous ces 0 après la virgule. le plus drôle (si on peut dire) c’est que le “modèle Deezer” est très fortement peu rentable pour le site à long terme.
Je pense que comme beaucoup de start-ups, ils essaient d’avoir une base d’utilisateurs pour ensuite se vendre. En attendant ils levront des fonds et promettront (chaque année) la rentabilité pour l’année suivante
Deezer devrait investir dans le blé et le pétrole et avec les dividende faire son site de musique, il y a aura moins de morts comme ça
Il s agit de la part touchee par la SACEM et non des revenus de Deezer. souviens que Deezer partage ses revenus aussi avec les maisons d editions par ailleurs ces 70k ne sont qu un % du revenu (sans savoir exactement de combien il est). Donc les revenus de Deezer peuvent etre plus importants. Il faudrait aussi voir la progression des revenus sur le temps car seulement dernierement on commence a voir des publicites normales sur le site
Bonjour Sylvain,
Il est marrant le monde tu trouves pas ? Les ventes de musique physique s’effondrent, le digitial ne décolle pas, le piratage est en hausse et voila que des irréductibles essayent de légaliser l’écoute gratuite de musique sur le net. On va voir la SACEM, ils nous donnent leurs conditions, que nous négocions pendant longtemps, et nous signons un accord. Cet accord a été validé par la SACEM et il est appliqué à la lettre. Si la SACEM ne peut pas gérer les données de répartition que nous lui envoyons (données fournit dans le même format qu’un iTunes), en quoi sommes nous responsables ? nous n’avons floué personne, nous appliquons un contrat à la lettre. Maintenant, si l’opinion souhaite voir disparaitre Deezer, alors c’est un autre débat.
Bon vent à toi,
Jonathan
PS : j’ai vu que tu avais un lecteur Last.fm, renseigne toi sur leur signature à la SACEM et le montant de leurs reversements, tu serais étonnés
Ouriel, j’ai toujours dit que Deezer ne s’intéressait pas aux musiciens, ce n’est que confirmé par ces chiffres de reversement. Je m’en fiche de la situation financière de Deezer (si ce n’est que je trouverais aberrant que l’ensemble des artistes diffusés Deezer soient moins rémunérés qu’une unique personne chez Deezer), et encore plus des conditions particulières avec les majors. Tu parles viabilité du modèle économique du site, à la rigueur ça je m’en fiche. Pire, tu parles des reversements éditeurs, je pense moi que c’est du clientélisme avec les majors, et que malheureusement de plus en plus de services vont vers cela, parce que c’est la manière la plus rapide d’avoir du catalogue et donc de l’audience derrière, mais on retombe alors dans les travers de la mise en rayon du modèle physique et on dit aux indés “ben vous avez déjà la chance d’être là “. Depuis le début de Deezer, les artistes indés (des internationaux j’entends) me disent qu’ils ne gagnent rien avec TOUS ces services où on utilise à priori leur contenu (alors bien sûr là j’attends le “ben ils n’ont qu’à demander à ce qu’ils soient retirés… c’est sûr que leur taf c’est de faire de la veille technologique sur tous les services qui s’approprient leur contenu… déjà moi je suis dans ce marché et j’ai du mal à connaître tous les services alors….)
Jonathan, se défendre en disant “bah la SACEM ils sont idiots d’avoir signé cet accord, c’est de leur faute et pis c’est tout”, ou bien “bah les autres ils ne font pas mieux”… disons que c’est… pas ce que j’attends du fondateur de Deezer…. et un peu éloigné du discours claironné dans les medias High-Tech qui disait il y a qq mois que tout le monde allait être content du niveau de reversement. Je vois que tu continues à dire que tu es là pour sauver le monde de la musique (tu n’es pas le seul en même temps), ça me fait toujours marrer, enfin, s’il y a des dirigeants de majors assez naïfs pour y croire, tant mieux. Dire que le digital ne décolle pas est du n’importe quoi, beaucoup d’artistes que je connais vendent plus qu’en physique, après ça dépend des interlocuteurs à qui tu t’adresses pour avoir ce message. Moi, et les artistes de mon entourage, on n’a jamais cru qu’il y avait quoi que ce soit à sauver, les dirigeants des majors, ont pt’et leur poste à sauver, à part ça je vois pas… ils sont rentrés depuis longtemps dans une gestion d’actifs (depuis les compilations CD à tout va des années 90), donc ceux qui comptent sur eux pour développer de nouveaux artistes. Je vois par ailleurs que tu es un nouveau lecteur de ce blog car une étude de cas a déjà été faite sur les rémunérations de Last.FM, et si les reversements étaient 30 fois plus importants que ceux de Deezer (enfin des chiffres que j’en glane évidemment), je concède que vu que les deux sont dans l’ordre des petites fractions de cents, la différence au final pour la poche de l’artiste n’est pas énorme. N’empêche que Last.FM m’a fait acheter de la musique, ça ne m’est jamais arrivé via Deezer. Et puis si tu renseignes un peu plus, tu verras que le concept Last.FM (radio personnalisée selon les goûts par apprentissage) existait déjà en 2000, fait par des Français dont je suis, qui eux demandaient à priori l’autorisation des ayants droit, n’affichaient pas de publicité, donc bien loin des manières de la plupart des sites attrape-pubs d’aujourd’hui.
“L’opinion veut voir disparaître Deezer”, ça y est, on est rerentrés dans le modèle “les majors et la SACEM sont les méchants, nous on est les gentils, hein vous voyez bien les internautes on vous donne accès à la musique gratuitement, faut pas couper le site, hein !”. Tu peux avoir ce discours démago à la télé ou les sites Internet d’informatique, certainement pas sur ce blog
Pour la répartition, ça ne date malheureusement pas d’hier, ça a toujours été, donc tu dois vraiment pas connaître la musique en ligne si tu ne le découvres qu’en 2008
Le digital ne décolle pas parce que les grands de ce monde s’obstinent à nous donner des choses qu’on ne veut pas acheter.
Je suis tout prêt à acheter de la musique en ligne, d’ailleurs c’est désormais mon premier moyen d’achat, mais uniquement quand on me donne ce que je veux acheter : de la musique, pas un support.
Quand je vois que l’artiste que je souhaites mettre dans mes oreilles n’est pas disponible autrement que dans des fichiers sécurisé, bloqués, dont je ne pourrais rien faire au bout de x changement de machine ou de continent (je suis français, je rêve d’acheter des films français sur fnac vod depuis le japon où j’habite, mais mon IP ne me le permet pas, vous voyez, ça, j’adore !…), des titres que je ne peut pas écouter à la maison, dans ma voiture, au bureau parce que j’aurais atteint le quota de copie du fichier, ça veut dire quoi ?… Faut-il vraiment acheter à nouveau la musique qu’on aime à chaque changement de technologie ou de pièce dans sa maison ?
Non, pour moi les DRM c’est définitivement Non. Et par effet de bord un artiste DRMisé ou sur CCCD eh bien, ça me répugne un peu aussi, j’ai plus envie.
Drôle de monde comme vous dîtes, où on fini par perdre le plaisir de l’écoute à cause d’un sigle à trois ou quatre lettre !
Donnez nous des formats ouverts ! Pas des paquets de chaînes autour d’un peu de musique !
Ca pourrait changer la donne.
C’est pas moi qu’il faut convaincre pour virer les DRM. Il n’y en a jamais eu un seul sur Neo, et c’était une condition même pour rejoindre la plateforme
. Le malheur, c’est que la plupart des artistes sont OK, mais pas leur éditeur.
Bonjour,
Je suis inscrit à la SACEM en tant que compositeur de musique instrumentale.
Est-il possible de présenter ou vendre sa musique sans posséder de cd drm, sdrm, upp…et autres.
En possession d’un home studio, je peux les proposer
en MP3, WAW, CDA….
Dans l’attente de vous lire, salutations musicales.
Oui, vous êtes libre de le faire. Mais en tant qu’inscrit à la SACEM, vous devrez reverser 8% de vos ventes à la SACEM.
Bonjour Sylvain et merci d’avoir répondu.
Je ne suis pas certain que ma musique plaise, dans quel intérêt ferais-je un vrai CD ?
J’essaye de m’inscrire chez MUS1, me prendraient-ils avec mon handicap ?
Pouvez-vous me donner davantage de renseignements sur ces fameux 8 %.
Si mes compositions se devaient de plaire, faire un CD traditionnel ne poserait aucun problème.
Salutations.
Sylvain (et peut-être Jonathan).
Si çà vous amuse, il y a deux types (Turcate et Roupert) qui se sont lancés dans une bataille de coms sur Electronlibre
http://www.electronlibre.info/La-Sacem-montre-les-dents,120 autour des 70.000 euros de Deezer.
Y en a même un qui explique pourquoi Deezer n’était pas obligé de signer avec la SACEM.
Rock’n roll!
Bon, je viens un peu tard sur ce post… mais c’est marrant (enfin… le mot n’est peut être pas bien choisi..) de constater à quel point chacun voit midi à sa porte.
Je suis francais, habitant en France… mon petit label (www.mobilart.net) est basé en France… je bosse depuis des années avec des artistes et partenaires aux US, Afrique et Asie.. et chacun a une vision différente du gros buzz : la musique numérique.
Mais soyons clairs : le monde numérique ne s’est pas construit pour que les millions de musiciens sur la planète puise mieux en vivre ! le monde numérique s’est construit pour que son business puisse exister, point. D’où confusion.
Autrement dit : mettre ses musiques en ligne, pour un musicien, ne peut pas permettre à ce même musicien d’en vivre. C’est pas fait pour ca… et pour cause ! il ne fera qu’alimenter un processus qui a existé sans lui, et qui continuera à exister sans lui, en tant qu’individu… on est vraiment dans le sens de la “chair à canon” des guerres mondiales…. pas plus…
Qui a dit – et qui peut encore croire ? – que la musique numérique allait servir aux musiciens ? ca n’est vrai que dans un schéma de communication, mais pas de ventes directes.
Le monde numérique est verrouillé selon le modèle : musique moins chère (ou streaming) pour tout le monde = réduction drastique des marges = peanuts pour les musiciens.. et par bcp pour les agence numériques, d’ailleurs.
Donc, le modèle économique de la musique numérique consiste exclusivement à la fourniture de produits en “masse”. Certainement pas le modèle qui va permettre à un musicos de s’y retrouver.
Le pauvre musicien se trouve donc devant un dilemme : accepter de diffuser sa zik pour des clopinettes, ou les garder dans ses tiroirs. Dans un cas il diffuse, dans l’autre il reste inconnu…. d’ailleurs il peut diffuser et rester inconnu aussi, mais ça c’est assez normal, en soi, dans le monde artistique. Mais en aucun cas, il ne pourra prétendre à profiter de la manne.
Je reviens de Corée, ou les fondamentaux sont un peu différents. Du fait de la spécificité culturelle de ce pays, et de sa puissance technologique. Et c’est assez marrant d’être à cheval entre France-Asie-US-Afrique concernant la musique digitale.
ALors, Deezer ou pas Deezer ?
En tant qu’utilisateur, je suis content de trouver des morceaux que j’ai envie d’entendre sur ce site…. est ce qu’il rapporte qq chose aux musicos ? non. Mais ca permet de les entendre, si on les cherche….
En tant qu’agent (et musicien moi-meme), je n’aime pas le “business model” de la nouvelle économie… j’ai du mal à supporter que les musicos servent de chair à canon à l’industrie numérique. Mais, puisqu’il faut accepter la chose et ne pas prendre sa vessie pour une lanterne, on a le choix d’accepter le fait, ou non. Mais pourquoi ne pas nous en servir dans le sens d’un panel d’outils de communication ? essentiel, bien sur, aux musiciens.
Et puis, avant de parler de droits SACEM, parce que là aussi il y aurait un roman à écrire, parlons du concret, à savoir la vie de la culture musicale, de sa production devant des gens, les concerts, festivals… la musique numérique n’est qu’un aspect de cette diversité, ni plus, ni moins.
Pour preuve de ce que je viens de dire, un blog de Jacques Attali, auquel j’avais répondu sur : http://blogs.lexpress.fr/attali/2007/01/ironie-du-virtuel.php
Salut à tous, je serais heureux d’avoir vos réactions sur emaurer@mobilarts.net
Ed
Mobilarts
http://www.mobilarts.net
emaurer@mobilarts.net
[...] je pense notamment à Deezer, recommandé à tout va par une ministre qui semble peu se soucier des versements ridicules aux artistes par cette société. Il est vrai que dans le même temps, les majors, elles, perçoivent des [...]
Bonjour à tous,
J’ai atterri par hasard sur ce blog. J’ai découvert Deezer il y a quelques semaines lors d’une réunion à Strasbourg avec l’un des responsables de cette plate-forme. Le concept m’a paru plutôt sympa. La rémunération des artistes me parait effectivement bien faible. J’ignore quelles sont leurs recettes publicitaires ainsi que leur partage. Mais je n’entend aucun artiste présent sur myspace (et consorts) s’offusquer de ne rien toucher pour l’écoute de ses titres, alors que les recettes publicitaires sont plutôt conséquentes. Sans vouloir prendre position pour l’un ou pour l’autre, je pense que le fond du problème est que nous sommes dans une période charnière où un modèle économique est encore à inventer.
Je suis artiste autoproduit et je ne sais pas encore comment m’y prendre pour vendre efficacement ma musique. Vendre sur des plates formes de téléchargement? Sans une grosse communication avec matraquage sur les radios et télés nationales, c’est plutôt compromis. Les titres seront noyés parmi des milliers d’autres sans aucune visibilité. Vendre des CD? Là encore, il faut être présents dans les rayons des hypers avec le matraquage qui avec. Sans une major, impossible. Les majors ne signent quasiment plus rien depuis longtemps. Donc c’est l’impasse et c’est aussi la grande raison de la crise du disque. Les major se contentent, chacun le sais, de vivre essentiellement sur les back catalogues. Les seules productions qu’ils sortent sont d’une pauvreté artistique affligeante. Il en va de même pour la majorité de la production indépendante. Dans la musique occidentale, on ne créé pratiquement plus rien depuis le début des années 80. On se contente de copier coller se qui se faisait déjà , en prenant garde de changer les étiquettes. Le paradoxe est que la technologie, elle, à considérablement progressé, avec notamment le SACD, alors que la plupart des jeunes générations écoutent des mp3 de qualité dégradée, sur de vulgaires oreillettes. Du coup, le marché de la HIFI s’est effondrée en même temps que le CD. Tous cela faute aux majors qui n’ont pas investi sur l’avenir en signant de vrais créations, et aussi en France, à l’Education Nationale qui n’enseigne plus l’art à l’école. Conséquence, nous avons de nouvelles générations plutôt incultes, très en retard par rapport à certains pays européens.
Pour gagner sa vie avec la musique, il reste les concerts. Là encore, faire sortir les gens de chez eux pour venir voir un artiste en développement, donc fatalement peu connu, ce n’est pas gagné. Car, comme je le disais, le français à une curiosité intellectuelle très limitée. Il paiera 50 euros pour voir la Star Acc en tournée, mais il ne lachera pas 5 euros pour voir un groupe local dans le caf conc en bas de chez lui! Restent les petits festivals, où les programmateurs ont les mêmes oreilles formatées que le public. Alors si vous faites une musique qui sort du formatage, passez votre chemin. Quand aux premières parties, elles sont souvent squattées par des artistes imposés par les majors.
Le système est vraiment à réinventer.
Salut à tous
Yannick
MySpace et Deezer, la grosse différence, c’est que l’un est un outil promotionnel où un indé peut mettre sa musique (mais pas seulement, il y gère son identité), et l’y vendre, l’autre est une manne financière réelle pour les majors, et pour les indés on leur dit qu’ils sont déjà bien de la chance qu’on les mette sur le site (sans les payer). C’est le postulat de base, et déjà pour moi, ça suffit à faire une GROSSE différence
Je te trouve bien sévère sinon avec la production indépendante. Il y a des gens qui s’en sortent très bien, des festivals qui ont aussi des programmations intéressantes (je ne parle pas de ceux à plus de 50000 spectateurs)
A l’ère d’Internet, la promotion est différente, le rôle de la major inutile, il faut voir la relation directe, la niche, plutôt que de se noyer sur une plateforme généraliste. Sur NeoMusicStore, il y a eu un exemple très parlant, dès 2006, avec Mattrach qui gagnait presqu’un SMIC mensuel (plus aujourd’hui mais réparti sur plusieurs supports) rien qu’en plaçant des widgets sur son MySpace
Durant 2 ans, j’avais mis un album complet en téléchargement sur Kizum (sans DRM), une plate forme disparue aujourd’hui. J’étais sans doute un des premiers à mettre sur mon myspace et sur nom site perso un widget pour vendre directement en téléchargement. Résultat: pas la moindre vente. Alors je me suis posé la question: quel est le profil de l’internaute qui paierait 0,99€ pour télécharger un de mes mp3? Pas les 15 – 25 ans qui n’ont pas de carte bleue et qui trouvent leur bonheur sur Emule. Pas les 25 – 35 ans qui ont une carte bleue, mais qui ont les oreilles trop formatées pour investir dans ma production musicale. Restent les 35 – 55 ans, plutôt mon coeur de cible, mais qui n’avait ou n’a pas encore le réflexe d’acheter de la musique par ce biais, et encore moins de dévoiler le numéro de carte bleue sur le net. Ces derniers sont encore attachés au bon vieux CD.
Conclusion: j’en déduit que j’étais sans doute un peu trop en avance sur les habitudes de consommation sur le net(de même pour Kizum, ce qui a conduit à leur fin). Aujourd’hui, les choses ont beaucoup changer. La population d’internautes a considérablement évolué, en nombre et en catégorie d’âge. Je suis donc prêt à retenter l’expérience. C’est toujours mieux que de laisser dormir mes titres sur mon disque dur, non?
… Perso, notre agrégateur nous a dit qu’on toucherais rien de la part de Deezer (pourtant la part prod doit être plus importante que la part sacem…)car les “relevés ne sont pas conforme”… En d’autre termes, ils gardent le fric que Deezer leur à filé. Là elle est belle la vie, par ce que par titres ca fait pas grand chose, mais sur l’ensemble du catalogue du n1 de la distrib digital en europe, ca doit payer au moins les factures téléphone portable !
On nous a donc proposer de virer notre catalogue (je dirige un tout petit label) de chez Deezer (bah oui c’est comme ça le monde, si il n’y a pas d’argent à prendre, faut vite partir). C’est fou comme cette industrie oublie un des agents fondateurs de son commerce : L’audite.L’auditeur que je suis aime Deezer, l’artiste que je suis aime deezer (mais ne gagne pas d’argent avec), je déteste tout les intermédiaires qui s’en mettent plein les poches avec l’argent qui appartient normalement à l’artiste (distrib, point de vente, banque…) et ceux qui verrouille le système pour justifier leur place (les éditeurs, je l’espère sont une espèce en voie de disparition…) Deezer est quelque part la dedans, mais on au moins le mérite d’essayer qq chose (et pas de sur_sécurisé, interdire/verrouiller…)
Internet se voit petit à petit appartenir un peu à tout le monde, et ca fait peur aux grands de ce monde…