La fin des agrégateurs et de leurs injustifiées commissions !
Vous le savez, je n’ai jamais été très fan des agrégateurs numériques qui essaient de répliquer dans le numérique ce qui existait sous forme de distributeurs dans le monde physique. A la différence près qu’un distributeur physique:
- gérait des stocks, des palettes de disques à transporter dans toute la France ou plus
- payait des avances sur recettes aux labels
alors que le distributeur numérique:
- ne gère aucun stock, se contente d’encoder un CD et de l’envoyer aux serveurs de vente (ce que peux faire n’importe quel internaute sans aucune compétence technique)
- paie lui en retard les labels et artistes, car en déporté jusqu’à atteindre un certain palier, souvent assez élevé (et donc thésaurise sur une multitudes de montants à payer)
Dans la relation avec NeoMusicStore et leurs artistes, les agrégateurs:
- demandent des conditions de rémunération spéciales
- imposent des conditions de livraison, sans prendre en charge leur coût
- interdisent aux artistes et labels qu’ils représentent de pouvoir vendre sur NeoMusicStore en direct dès lors que l’agrégateur a signé avec NeoMusicStore
En fait, ils imposent aux petites plateformes ce qu’ils ne peuvent imposer aux grosses, ceci dans l’espoir que les petites plateformes de toutes façons se plieront à leurs exigences parce qu’elles veulent avoir le plus large catalogue possible. Etant donné qu’on n’a jamais été sensible à ce genre d’arguments (bien entendu on préfère avoir le plus large catalogue possible pour les acheteurs, mais pas au prix d’une remise en cause de l’équilibre NeoMusicStore, ni au détriment des artistes représentés par les agrégateurs), la plupart, malgré leurs nombreuses relances (dues aux faits que leurs labels/artistes clients souvent veulent bénéficier des services promotionnels exclusifs de NeoMusicStore), se sont cassés les dents.
C’est pourquoi dans les faits jusqu’ici, un seul d’entre eux a été accepté sur la plateforme. Le clientélisme n’a jamais été la philosophie de NeoMusicStore, et nous savions que le temps assénirait le marché. Il semblerait que cela arrive maintenant.
Aujourd’hui, une nouvelle ère s’annonce.
Tunecore, qui a acquis ses lettres de noblesse en ne prenant aucune commission sur royalties, et en ayant en catalogue des artistes comme The Cure ou Nine Inch Nails, propose désormais sa plateforme technique à n’importe qui. Alors bien sûr les artistes et labels Tunecore ne sont pas distribués sur 500 plateformes. Mais quand il s’agit des généralistes, Tunecore est sur celles qui rapportent. Et de nombreux artistes et labels reviennent actuellement des agrégateurs qui proclament être sur plein de plateformes, mais pour lesquels au final, c’est très long pour chacune d’entre elles (y compris iTunes) et très peu rémunérateur pour les plateformes en dehors des 4 plus grosses (dans l’ordre: iTunes, Amazon MP3, eMusic, Napster) qui représentent 90% des ventes. NeoMusicStore va intégrer le service TuneCore directement dans le back office artistes et labels, ainsi une seule interface pourra être utilisée par les labels et artistes tout en bénéficaint des conditions avantageuses (100% de royalties) de TuneCore. Fidèle à notre politique, nous n’appliquerons pas de marge sur ce service qui sera proposé au même tarif qu’en direct sur TuneCore, le but étant juste d’apporter une facilité pour pouvoir vendre et sur son propre site/MySpace/widgets en vente directe et sur les plateformes généralistes, sans avoir à refaire plusieurs fois les mêmes opérations. Cela va dans le sens de notre système d’upload de videos simultané sur YouTube, DailyMotion, Google Video, MySpace, Facebook & co.
Avec la possibilité de ne payer que 9.99$ pour mettre un titre sur toutes les plateformes généralistes, et d’avoir 100% des royalties, les agrégateurs qui marchent à coup de 15 à 30% de commission risquent d’avoir du souci à se faire sur la compétitivité de leur offre.
L’agrégateur est bien pratique quand tu as un label de plusieurs dizaines de références.
Tu peux bien sûr passer par d’autres système comme Tunecore ou Consolidated Independent, Media Net ou même 7 digital.
Le métier d’agrégateur évolue vers plus de promo et de srvice pour les artistes et les labels et surtout offre un poids pour négocier de la visibilité sur les sites (les 4 qui fond le chiffre).
Certes, pour chaque nouvelle plate forme de vente en ligne, le rôle de l’agrégateur n’est pas des plus agréables. Tu payes pour intégrer le catalogue, tu te dois d’avoir le max de catalogue donc d’avoir le max d’agrégateur pas très chaud car pas garantit de faire du chiffre avec ton site. Du point de vue du site, l’agrégateur, c’est un peu un branleur.
Du point de vue du label, l’agrégateur offre un service de distribution numérique clé en main qui est aussi demandé par les labels. Laisser une marge à son distributeur est un réflexe normale. Pas devoir payer pour la mise en ligne aussi. et c’est bien pratique quand tu as un gros catalogue, ou pas les connaissances et pas le temps…
Après, je te l’accorde, le marché numérique est loin d’être parfait. Ça oui !
Pour ma part, je trouve Tunecore cher et pas adapté à un artiste en développement. Je m’appellerais Prince, Phil Collins ou NIN, oui, je signerais pour Tunecore, c’est toujours mieux de ne pas lâcher de com quand on fait plusieurs milliers de dollars de royalties. Mais pour un artiste en développement, c’est cher 28$89. Faut pouvoir vendre pour rentrer dans les frais et les prix de ventes en lignes entame une baisse.
La mise en ligne, même si tu n’as pas de stock à gérer comme en physique a un coût, celui de la compétence technique pour le faire et celui du contact avec avec les sites les plus performants.
L’intérêt c’est d’avoir des offres différentes entre agrégateurs cassique et solution à la tunecore.
Le mois où j’ai lancé NeoMusicStore, un agrégateur français (dont je tairai le nom par charité) m’a contacté en me disant “ça vous intéresserait d’avoir un catalogue d’1 million de titres”. Bien entendu ils ne l’avaient pas, et rien que cette phrase en disait long dans la façon dont ils gèrent la musique. En cela ils ont devancé les majors en assumant (certes pas devant les artistes) une gestion d’actifs plus qu’une gestion d’artistes ou d’oeuvres. Est-il par ailleurs normal que ces agrégateurs imposent des contrats d’exclus de 3 à 5 ans, alors que personne ne sait dire comment sera la musique sur Internet à un horizon 12 mois ? (sans parler de leur propre activité).
Je parle de Tunecore dans l’article qui est ce vers quoi les agrégateurs vont aller, puisqu’hormis un interfaçage technique, leur rôle est limité, sauf à faire des choses à la MyMajorCompany, Spidart & co. Depuis le début de NeoMusicStore, je n’ai jamais compris qu’aucune norme de livraison ne s’impose.
6,40 Euros pour mettre un titre sur les plateformes qui font 90% des ventes sous une semaine tu trouves ça cher ? Plus que les 100 Euros d’avance généralement consentis à un agrégateur (sans parler du contrat qui t’empêche d’aller ailleurs si une meilleure offre se fait jour)? Et comparativement aux 30 Euros pour la fourniture d’accès à Internet chaque mois ? Au kilométrage à parcourir pour mettre en rayon un disque chez 3 disquaires ?
La compétence technique est marginale pour un agrégateur. C’est du transfert de fichier textes et binaires entre une adresse IP et une autre. Le contact humain, c’est du copinage, comme on en voit dans le physique. Faut être ami avec le DA de l’agrégateur qui doit être ami avec le responsable contenu de la plateforme… ou bien consentir des cadeaux… Ce n’est pas la vision que je me fais de la distribution numérique, et plus largement de la démocratie Internet.
De toutes façons, la visibilité sur une plateforme de vente en ligne n’a jamais permis à elle seule d’atteindre des volumes à 4 chiffres. C’est en amont du point de vente qu’il faut s’illustrer. En tant qu’acheteur important (50 à 100 titres par mois) je n’ai pas une seule fois acheté de la musique parce qu’elle était en tête de gondole.
Je pense que le choix est salutaire, mais je ne prédis pas beaucoup d’avenir aux agrégateurs qui imposent cette combinaison:
- exclusivité
- paiements reportés
- commissions importantes (plus de 1%)
En ce moment, toutes les 2 semaines, j’ai un label qui me dit soit il veut passer en direct (sur des agregateurs corrects puisqu’avec des contrats qui ne durent pas 3 ans), soit qu’il attend desesperement la fin de son contrat,
“6,40 Euros pour mettre un titre sur les plateformes qui font 90% des ventes sous une semaine tu trouves ça cher ? Plus que les 100 Euros d’avance généralement consentis à un agrégateur (sans parler du contrat qui t’empêche d’aller ailleurs si une meilleure offre se fait jour)?”
Avec les frais, ça fait 28 $ et des poussière. Si tu es en développement, tu n’est pas garantit de faire plus de 30 $ de CA en téléchargement. Entant qu’artiste, signé chez un agrégateur ne te coute rien. Ce sont les plate-formes de téléchargement qui paye pour avoir le catalogue, pas l’artiste ou le label.
“Au kilométrage à parcourir pour mettre en rayon un disque chez 3 disquaires ?”
Les marge des distributeur physique sont plus importante (nettement) que celle de l’agrégateur.
“Le contact humain, c’est du copinage, comme on en voit dans le physique. Faut être ami avec le DA de l’agrégateur qui doit être ami avec le responsable contenu de la plateforme… ou bien consentir des cadeaux…”
Encore faut il qu’il y ai du personnel sur les sites qu’on puisse soudoyer. Un site américain (dont je tais le nom par pur charité) n’a que 3 employés pour gérer toute l’Europe et c’est loin d’être le plus petit site de téléchargement.
“C’est en amont du point de vente qu’il faut s’illustrer. En tant qu’acheteur important (50 à 100 titres par mois) je n’ai pas une seule fois acheté de la musique parce qu’elle était en tête de gondole.” Moi non plus mais je doute qu’on représente la majorité des internautes et des consommateurs de musique. Côté visibilité, c’est la promo traditionnelle qui fait vendre le numérique, c’est bête mais c’est comme ça. La présence dans les TOP de vente est plus efficace que la présence en homepage. Donc ce n’est pas si ridicule que soit que de faire un travaille de distributeur avec des sites (comme on le faisait avec les centrales d’achats des GSA et GSS) même si c’est pas glorieux et que ton interlocuteur est le plus gros des incompétents (là aussi, charity day, je ne donnerais pas de noms
)
Tu oublie qu’on travaille traditionnellement par marge en musique, ce genre de réflexe ne se change pas en un jour, surtout si tu n’as pas en face un modèle économique fiable et un marché qui tient la route (et c’est loin d’être le cas en numérique, on est d’accord sur ce point !). Pour avoir travaillé en librairie ou tu payes toujours les frais de ports, tu est moins crédible avec une offre de CD sans frais de port qu’avec.
Hmm oui, sauf que si tu ne fais que 30$ de CA par an chez la plupart des agrégateurs tu n’auras le chèque qu’au bout de 4 ans… et dans ce cas, il faut pt’et se poser des questions sur l’opportunité de mettre en vente sa musique (pt’et qu’il y a autre chose à faire avant)

Je crois savoir de quel site américain tu parles, j’ai expérimenté
Pour le top je confirme, mais on y arrive pas par hasard, et on a plus de chances d’y arriver si on n’est que sur les plateformes ciblées (comme le dit Solveig pour Beatport) plutôt que sur 500. Enfin, bref, moi je pense toujours que c’est sur le site (ou Myspace, ou autre univers dédié) de l’artiste (ou du label) que c’est le plus facile de vendre… sinon, je n’aurais pas choisi cette voie
Pour la marge c’est vrai pour ceux qui étaient bien établis avant le numérique et qui ont du mal à prendre le virage, pas les autres
Toutafé. Le point positif c’est que le travail des agrégateurs a déjà pas mal changé depuis 2 ans et certains offres des outils de promos pas trop mal et développe de la promos sur le web (blog et radio)
Il faudra bien un jour ou un autre justifier les prix, c’et aussi ça le point positif de la concurrence.
C’est pour quand la V3 de Néo Music Store alors ?
La semaine prochaine s’il n’y avait pas un dialogue de sourd entre ma banque et ATOS. Je crains que cela ne soit plus long, ça fait 6 mois que je suis sur le dossier d’un nouveau système de paiement, et même si j’ai enfin la bonne API – après 4 mois, ATOS n’a visiblement pas inscrit NeoMusicStore dans la bonne case)