Archive pour February 2008

Stop Talking. Start Doing.

C’est un slogan publicitaire (d’IBM) que je trouve assez à propos dans la vie de tous les jours… et si c’est bien de leur dire aux autres, il faut d’abord se l’appliquer à soi-même. Mon objectif de livraison pour la v3 de NeoMusicStore est toujours fixé à la fin mars. Il va donc falloir que je fasse une pause sur d’autres activités d’ici là si je veux être dans les temps. Donc une semaine de vacances pour moi pour reprendre des forces, et probablement un peu plus d’1 mois pour ce blog (il n’est pas exclu que quelques posts apparaissent ne serait-ce que pour vous tenir informé de l’avancement… ou d’éventuels retards :( )

DailyMotion sur les pas de Yahoo Video… dans la radio ???

Des bruits (dans le domaine de la musique et de la radio FM) font état de la volonté de Dailymotion d’investir la création de radio personnelle (comme l’a annoncé récemment Radionomy et comme le fait depuis plus de 10 ans Live365.com) avec la possibilité pour les diffuseurs de produire leur propre contenu, ou de piocher dans du contenu mis à disposition tout en pouvant choisir des publicités à y insérer (rien de révolutionnaire donc jusqu’ici) et mettrai beaucoup de moyen dessus (débauchage, partenariats avec des acteurs “vedettes”).

Ce que je ne comprends pas, c’est que Yahoo Video! propose déjà ça (depuis cette semaine, et plutôt bien) dans le domaine de la TV (ce qui au passage fait un acheteur potentiel de moins pour DM), et que ça semblerait une évolution plus logique à priori pour DailyMotion que d’investir celui de la radio, même si sa couverture lui permettra certainement rapidement de concurrencer Live365.com (ou Shoutcast dans une certaine mesure), et de faire oublier Radionomy, ou Awdio, 2 services récemment lancés sur ce domaine du broadcast personnalisé. Est-ce qu’ils comptent lancer les 2 en même temps ? N’ayant pas de sources assez informées chez les chaînes TV, je ne peux m’avancer sur ce point.

Maintenant, ce n’est un secret pour personne pour dire que le succès de DailyMotion s’est et se fait encore sur la publication de contenu protégé, et que le business model, sans même qu’il y ait de procès fleuves, est très fragile, et une rentabilité, annoncée pour cette année, sera plus que difficile à atteindre “ever” même je dirais. Que dire si une crise économique générale intervient comme beaucoup l’annoncent, et donc diminue de fait les investissements publicitaires ? DailyMotion en lançant ce service cherche certainement à élargir sa couverture. Sera-ce suffisant pour trouver un acquéreur (seule sortie viable pour l’équipe à mon avis). DailyMotion est français, on a de quoi en être fier, malheureusement, on sait aussi que du point de vue des sociétés étrangères, les acquisitions de sociétés françaises ne sont pas les plus faciles.

Sur le principe, après le User-Generated-Content, on rentre dans une phase de User Generated Broadcast. A priori c’est quelque chose qui existe déjà dans le domaine du podcast (sauf que là on est dans le on-demand). Bien que travaillant dans une société d’encodage leader dans le broadcast IPTV et mobiles, je crois plus personnellement à une évolution vers le on demand qui permet une utilisation quand on le souhaite plutôt qu’à un schedule défini. Avec la globalisation c’est même on ne peut plus logique, si on veut s’adresser à un public qui ne s’arrête pas à 2 ou 3 fuseaux horaires. Dans tous les cas, il faudra donc que ces services permettent les 2, mais si le contenu produit est faible (ce qui est généralement le cas quand on n’a pas les moyens), quel est l’intérêt alors d’avoir un broadcast ?

Vous l’aurez lu ici en premier :)

Vendre sa musique en ligne: les pièges financiers à éviter

Beaucoup de services sur Internet qui proposent à des artistes ou éditeurs de vendre leur musique sont très opaques sur leurs conditions de rémunération. Voici les points à vérifier:
1) Y’a-t’il un montant forfaitaire, mensuel ou annuel à payer ? Couvre-t’il uniquement votre présence sur une plateforme ou inclut-il des services additionnels de promotion ou vente ?
2) Ce qui sert de base de calcul ? Est-ce le prix de vente au consommateur ? Est-ce la rémunération de la plateforme à votre distributeur/agrégateur/concentrateur ? Est-ce la base TTC ou HT ?
3) Sous quel délai serez-vous payé ? Immédiatement lors de la prise de commande ? Lorsque vous aurez atteint un certain palier de rémunération ?
4) Dans le cas de palier, combien faut-il de ventes pour atteindre ce palier ? Combien de mois cela représente-t’il dans une période normale de ventes (c’est à dire en dehors d’une actualité particulière de la plateforme).
5) Y’a-t’il des frais à payer pour le virement (frais de traitement de dossier, d’envoi de chèque, de commission Paypal, de virement international, etc)
6) Assurez-vous que vous ne transférez aucun droit à la plateforme de vente, autre que celui de vendre votre musique pour vous, que vous n’accordez aucune exclusivité (une exclusivité n’est jamais en votre faveur à l’heure d’Internet)

Rapidement, cela peut réduire comme peau de chagrin la rémunération effective de l’artiste ou éditeur donc tous ces points sont à vérifier lorsque vous vous engagez avec un partenaire qui vendra votre musique, ou la transmettra à des plateformes de vente en ligne.

Parce que ça fait partie des choses ennuyeuses, sur NeoMusicStore, on a toujours essayé d’être transparent sur ce point et d’éviter les dérives qui sont là pour faire de la trésorerie sur le dos des artistes et donner l’illusion aux investisseurs que le business model est viable puisque l’argent rentre (sauf qu’on oublie de le ressortir, alors qu’il faudra bien un jour). Comme il n’y a pas d’investisseur sur NeoMusicStore (entreprise “familiale”), pas besoin de faire ce genre de magouille. Voici donc en toute transparence les nouvelles normes (plus rémunératrices) désormais appliquées

Editeurs
85% sur ventes quand utilisation de leur propre solution de paiement, paiement immédiat
70% sur ventes quand utilisation de la solution de paiement NeoMusicStore, paiement trimestriel par Paypal, virement bancaire (SHAR), chèque en euros.

Artistes
Paiement immédiat aussi souvent que possible (lorsque la commande ne contient que des titres d’un même artiste), virement sur compte personnel sous forme de crédit de ventes aussi souvent que l’artiste le souhaite.
Versement de 20 cents par article (téléchargement, disque ou merchandising) vendu, à NeoMusicStore (à l’avance)

Comment télécharger la musique sur Deezer

Deezer et d’autres services se sont lancés sur le postulat qu’on ne peut qu’écouter la musique sur leur service en échange de publicité. Enfin, ça c’est ce qu’ils disent aux majors et sociétés de gestion collective (quand ils ne vont pas jusqu’à dire qu’ils détiennent la solution à la crise… ben voyons). N’importe quel internaute aguerri sait pourtant:
- Que des plug-ins pour Firefox (qui représente 25% des connexions désormais dans notre pays) permettent de bloquer l’affichage de la publicité (et donc permettent une écoute littéralement gratuite, sans même compensation par la publicité), et que c’est le type de plug-in le plus populaire.
- Qu’à partir du moment où un fichier musical est écoutable sur une page web, il est possible de télécharger ou récupérer la source, d’une manière ou d’une autre.

On lit de nombreux forums et blogs qui s’enorgueillissent d’avoir la méthode pour télécharger de la musique sur Deezer, ou qui proposent des solutions pour ne pas s’ennuyer avec la pub sur le site. J’ai moi-même été étonné du nombre de requêtes du genre “Comment récupérer la musique sur Deezer” dans les stats de ce blog d’où le titre de ce post… alors que nulle part jusqu’ici on ne trouvait cette information sur le site… Quelle solution alors pour enregistrer la musique sur Deezer ? Eh bien malheureusement je ne vous donnerai pas la solution ou les outils pour télécharger, car ce post ne me servira qu’à des fins statistiques pour évaluer le volume de demandes comparé au positionnement dans les moteurs de recherche pour des requêtes données autour de cette “astuce”. J’affinerai probablement avec le temps les mots et expressions-clés pour m’assurer de couvrir un maximum le spectre d’internautes qui cherche à le faire (malheureusement cela fait des mois que certains le font déjà et n’ont donc plus besoin de faire cette recherche, donc ne pourront être comptabilisés via mon “enquête”)

Enfin pour tous les déçus qui arrivent sur ce post sans trouver la solution pour pirater la musique sur Deezer, essayez de faire l’effort d’acheter ne serait-ce qu’un titre d’un artiste indépendant cette année, si possible en le lui achetant en direct (via NeoMusicStore par exemple évidemment, mais aussi par leur site pourquoi pas aussi quand ils le proposent). Vous aurez fait plaisir à un artiste sans vous ruiner, ni en rémunérant des intermédiaires que vous exécrez peut-être

Deezer, uniquement 70000 Euros collectés en 6 mois

XIII Bis records en redressement judiciaire: où comment l’indé peut – aussi – faillir

L’un des labels indépendants (indépendant dans le sens économique au moins) français avec le catalogue le plus “mainstream”, avec des signatures de gens débarqués de majors (Alain Chamfort, Tears for Fears, Paul Personne), des artistes américains morts dont les détenteurs de droits ne se préoccuppent guère de l’usage de la musique qui peut être fait à l’étranger (Ray Charles), des stars du passé maintenant dans un quasi anonymat (Muriel Moreno, Elmer Food Beat), mais aussi des choses un peu perdues dans ce catalogue (Daran). On ne vend pas de la musique comme on vend des chaudières à gaz (activité précédente du fondateur de XIII bis), on ne réussit pas (plus) dans ce milieu par simple opportunisme, et avec la généralisation du numérique, c’est une autre manière de consommer et de vendre de la musique indé qui apparaît. Les distributeurs/agrégateurs/concentrateurs de tous genres ne sont plus les gros acteurs du marché indé, comme c’était le cas dans le domaine physique. En effet, ce que les difficultés de ces structures montrent d’abord, c’est que dans le milieu indépendant, la stratégie du fourre-tout, de l’opportunisme à tout-va, sans réelle identité, sans développement d’un style propre, sans s’adresser à un public bien défini, ne fonctionne tout simplement pas. Hier c’était V2, acteur indépendant international, aujourd’hui XIII bis (qui espère probablement se faire racheter par une major également, bien que ce soit ô combien plus difficile avec son marché étroit)

Attention, ce n’est pas pour autant une généralité. Because Music, fondé par l’ex-Virgin Emmanuel de Buretel, est l’exemple-type du label monté dans des conditions de catalogue similaires (c-à -d varié dans les genres et les publics) qui a sû assurer sa transformation à l’ère du numérique. Peut-être tout simplement parce qu’au-delà de la multiplicité des genres, il y a une vraie direction artistique avec une vraie découverte de talents, des artistes vraiment issus du milieu indépendant (qui n’ont pas atteri là par défaut), et une vraie stratégie aussi à la tête du label.

Amusant, Airtist met XIII bis à la une de son catalogue cette semaine (comme ils l’avaient fait pour v2 avant son absorption). J’attendais des dérives du modèle publicitaire, je ne pensais pas les voir si rapidement. Encore une fois, c’est le chant du cygne, une vision à court terme et un mépris des artistes (combien accepteraient de donner leur musique en échange de publicité pour un commerce local si on le leur demandait ?) qui conduisent à mettre un catalogue à disposition de cette manière, histoire d’espérer un retour financier immédiat (je ne suis pas certain que la publicité pour des commerces locaux soit suffisante pour cela). Pire, si le label tombe en liquidation judiciaire, les artistes auront perdu et le contrôle de l’usage de leur musique et leur éditeur. Alain Chamfort va peut être pouvoir nous gratifier d’un autre clip inspiré du coup, ce sera déjà ça.

Bref, avec cette défaillance de plus, je confirme ce que je pense de la musique aujourd’hui, il n’y a pas crise mais transition et évolution, et seuls les acteurs qui ne savent pas s’adapter (pour des raisons de culture souvent, car plus orientés vers l’économie que vers une ligne directrice artistique) disparaissent