De l’esbrouffe des PR dans la musique, et leur reprise sur les blogs et journaux

Qtrax est l’exemple parfait de la press release (communiqué de presse en bon français) repris par toute la communiqué des bloggeurs (et pire de la presse, bonne excuse pour les bloggeurs pour expliquer leurs manquements) tel quel sans vérifier une information, qui fait que tout le monde prenne pour acquis (même si ici en l’occurrence cela n’aura duré que 24h, mais c’est uniquement grâce à l’étendue de l’information et l’implication de gros agents économiques et leur démenti qu’on a bénéficié de cette vérification) une information purement marketing, qui plus est complètement erronnée

Encore hier, SFR annonce 6 millions de téléchargements en 2007, et rien que 2 millions en décembre, tout en annonçant 250000 forfait illimythics vendus, et 29% du marché du téléchargement. Dès lors de nombreux blogs et journaux reprennent l’information comme quoi c’est une réussite et un sérieux concurrent à iTunes. Sauf que:
- il n’y en a pas un qui a fait le simple calcul du nombre de téléchargements par utilisateur (2 000 000 / 250 000, très compliqué c’est sûr) qui montre qu’il y a au mieux (si on considère qu’aucun autre client SFR ne télécharge de musique parce que sinon, c’est encore moins), 8 téléchargements par mois dans le cadre de l’offre Illimythics. Pour une offre illimitée, qui plus est en phase de lancement (donc largement testée par les clients pour voir ce que ça vaut), il y a au contraire de quoi se poser des questions sur la viabilité de l’offre, puisque ça ne fait même pas un album.
- Il y a eu plus de 50 millions d’euros de revenus sur le téléchargement en 2007 d’après les projections publiques (donc limitées aux chiffres du SNEP qui ne comprend que les plateformes françaises généralistes, et donc exclut toutes les ventes faites par des plateformes étrangères à des français, les ventes sur des plateformes spécialisées, etc) qu’on en a, quel est le calcul qui permet à SFR de revendiquer 29% du marché avec 6,7 millions de téléchargements ? Est-ce parce qu’ils considèrent qu’un titre est vendu en moyenne plus de 2 Euros et que donc en volume ils atteindraient ce chiffre ? Auquel cas là on tendrait à montrer que dans l’offre illimitée chaque titre coûte effectivement plus cher que dans une offre non illimitée ?
- Personne ne connaît le nombre de téléchargements faits sur iTunes

Bref, plus que dans tout autre domaine, la musique (parce qu’elle intéresse de nombreux observateurs sur le développement de l’économie numérique) est propice au bullshitage en tout genre. Et tout le monde (ou presque) se contente de copier ou paraphraser (voire monter des théories sur l’économie numérique basées dessus) ces communiqués (pourquoi donc ne pas aller dans une inflation des annonces)

J’annonce donc officiellement ici que la version 3 de NeoMusicStore disponible en mars 2008 proposera de la musique gratuite, interopérable, transférable, copiable sans limite, sans DRM, sans publicité, sans avoir besoin de surfer sur le site (elle arrivera directement par podcast dans votre lecteur sur votre PC ou téléphone, en analysant vos ondes cérébrales), tout en rémunérant grassement les artistes pour leur assurer de payer l’ISF. Ah … et puis vous aurez un bisou de l’artiste qui se déplacera chez vous pour faire un concert privé sur simple demande par email.

3 réponses à to “De l’esbrouffe des PR dans la musique, et leur reprise sur les blogs et journaux”

Laisser un commentaire