Télécharger. Remixer. Vendre. La cocréation pour tous via le remix façon NeoMusicStore…

Voici donc en avant-première (les premiers remix packages seront disponibles à la vente le 25/1 exclusivement sur DJing.com) l’une des grandes features qui seront disponibles avec la version 3 de NeoMusicStore.

Je vous ai pas mal parlé ces derniers temps du remix, et d’autres projets qui pour certains m’avaient convaincu (NIN) et d’autres beaucoup moins (MXP4) en matière de remix, sans pour autant arriver à la prétention qu’ils s’étaient fixée (réconcilier musique et Internet, permettre de nouveaux revenus, de nouvelles pistes de création). Voici les grandes lignes du remix façon NeoMusicStore:

1. Pas de travail supplémentaire en studio pour l’artiste original
Si le remix que l’on propose à l’utilisateur/auditeur final demande un travail conséquent en amont à l’artiste/compositeur/producteur, cela réduit d’autant son accessibilité à une masse d’artistes. Qui, hormis des artistes qui ne comptent pas leur temps, peut se permettre en effet d’enregistrer ou réenregistrer des pistes pour proposer des variantes qui excèdent 3 ambiances ? L’artiste original fournit les parts (ou pistes) de son master, laissant ainsi toute la latitude au remixeur. On est dans le même environnement que pour un remixeur professionnel

2. Pas de limitation implique une réelle personnalité du remixeur, et une réelle variété des remixes
Puisque le remixeur dispose des parts originales, il peut y greffer ses propres sons, effets, arrangements sans aucune limite et donc imposer sa propre touche ou personnalité à son remix, et non rester cantonné sur les rails imposés à l’enregistrement, quand bien même les aiguillages seraient nombreux… Il n’y a donc pas de limitation de style ou d’ambiance, et cela permet des réinterprétations originales (pensez par exemple à Christopher O’Riley qui reprend Radiohead au piano classique) qui peuvent être à mille lieues du titre original, ou alors juste des versions personnalisées pour un DJ qui voudrait avoir un mix original avec des créations déjà jouées par des centaines d’autres DJs de la même manière.

3. Une manière plus facile de se faire connaître
Le plus dur, pour un artiste de talent, est de débuter, d’être découvert. Pas vraiment facile avec ses propres compositions, son propre nom de sortir de nulle part du jour au lendemain, vers la lumière de la critique. Les tremplins, les sites de notation, OK, mais ne serait-ce pas plus facile de bénéficier du succès d’un autre artiste en proposant sa propre interprétation ? Imaginons que vous soyez un bedroom DJ par exemple, qui aime s’essayer à Ableton Live. Vous remixez un titre d’Ellen Allien. Ce titre est apprécié par le staff de Bpitch Control (son label), et donc mis en avant sur son remix package. D’emblée vous obtenez la reconnaissance de toute une communauté électronique fan de ce label ou cette artiste qu’il aurait été très difficile d’obtenir avec vos propres productions. Dans la foulée, vous mettez vos propres productions à disposition et obtenez ainsi du succès sur celles-ci aussi. Accessoirement, vous obtenez plus de dates de représentation, avec une visibilité mondiale, ce qui n’est pas rien. C’est un peu comme les compilations de Beatrice Ardisson qui permettent de faire découvrir de nouveaux artistes via des reprises, si ce n’est que le processus est largement simplifié (téléchargement des parts, remix puis upload/vente)

4. Pas de nécessité de s’équiper avec un logiciel ou matériel spécifique
On ne retombe pas dans les errances de l’interopérabilité que l’on a connues (et connaît encore, même si ce n’est probablement plus pour très longtemps) avec les DRM. Les parts sont fournis au moins dans un format “raw” (c’est à dire wave, qu’il soit 16 ou 24 bits) et optionnellement dans des formats intégrables directement à un outil de composition/séquençage/tracker (Ableton Live, Logic Pro, etc) donc aucun souci “technique” pour le remixeur. De même, lorsque le remixeur met à disposition ses remixes, il les met dans le format des artistes qui vendent leurs productions sur NeoMusicStore, c’est à dire en MP3 320k, donc là aussi aucun problème d’interopérabilité. Enfin, côté diffuseur, pas besoin d’acquérir une licence spécifique pour pouvoir diffuser les remixes. Inutile de répéter les erreurs faites ces dernières années pour de faux prétextes de piratage qui cachent en fait des vélléités de verrouillages pour mieux profiter de mesures techniques de protection, qui ne protègent de toutes façons que les portefeuilles de ceux qui les vendent.

5. Une source additionnelle de revenus non négligeable pour l’artiste original… mais aussi pour le remixeur
Les remixes packages seront vendus au prix moyen de 15 Euros (avec des tarifs oscillant probablement entre 10 et 40 euros selon la popularité du remix package mis en vente). A ce tarif, et même si seulement (c’est une hypothèse basse), 5% des acheteurs prennent le remix package, cela fait une augmentation des revenus de 70% par titre pour les artistes/éditeurs originaux. Mais, et c’est là que réside la plus grande nouveauté, le remixeur a le droit de revendre son remix, dans la limite de l’utilisation de la technologie NeoMusicStore pour le tracking (qui lui permet néanmoins de vendre sur NeoMusicStore bien sûr, mais aussi sur les sites affiliés, sur son blog ou site perso, sur son MySpace, Facebook via des widgets, etc). La seule limitation étant donc de ne pas revendre sur des plateformes de vente en ligne, ou mettre à disposition le fichier, l’artiste/éditeur originaux conservant les droits sur les oeuvres “dérivatives” (et qui n’empêche donc pas la revente des remixes ensuite sur iTunes ou d’autres plateformes, avec éventuellement possibilité de reversements de droits aux remixeurs sur ces reventes, cela reste à la discrétion des détenteurs des droits). Donc un bon remixeur pourra non seulement se faire plaisir et connaître en achetant un remix package pour créer sa version, mais aussi gagner de l’argent (avec les mêmes conditions qu’un artiste NeoMusicStore) sans avoir à en vendre des centaines ou des milliers. Autre avantage financier pour l’artiste original, si un des remixes créé se vend bien, l’original ET le remix package, c’est donc un cercle complètement vertueux. Dernier avantage, le back catalogue peut ainsi renaître avec des remixes plus “actuels”

Le numérique en matière de musique, ce n’est pas seulement le clonage facilité, c’est la démultiplication de créations possibles, par une myriade d’acteurs qui coopèrent. C’est ce qu’entend proposer cette nouvelle feature de NeoMusicStore, que je pense réellement révolutionnaire et “2.0″ si tant est que ce qualificatif ait réellement un sens. J’ai déjà le feedback de plusieurs artistes et éditeurs, mais j’attends aussi le vôtre :)

MXP4 ça fait Pschitt
NeoMusicStore v3 teasing part 3: Y34R Z3R0 R3MIX3D
Remix packages

3 réponses à to “Télécharger. Remixer. Vendre. La cocréation pour tous via le remix façon NeoMusicStore…”

  • Bien joué ! moi aussi j’ai hâte de voir ce que ça va donner !

  • Je suis d’accord à 100% !!
    nous avons enfin la possibilité de nous passer de feu les majors…

    même si le principe n’est pas nouveau, nous arrivons à une maturité technologique et des posssibles d’interoperabilité plus simple qu’au première heures du sampling.

    Juste une question quid des droits et de leur gestion ?
    creative comon ? sacem ? copyright ?

  • A ma connaissance (et à celle d’artistes aguerris au remix à qui j’en ai parlé), ça n’existe pas déjà d’avoir le droit ET de faire une remix ET de le revendre, quasi librement.

    Quasi, car effectivement, les remixes n’ont pas le statuts d’arrangement et restent sous les droits de l’artiste original (quels qu’ils soient)