Fin des DRM … what’s next ?
SonyBMG aurait annoncé son intention de mettre fin (au moins partiellement) à l’usage des DRM sur ses ventes de musique en ligne, faisant d’elle la dernière major à abandonner ces mesures de protection. Bonne occasion que de réfléchir à l’avenir de la distribution de musique et à NeoMusicStore dans cette équation…
NeoMusicStore a été lancé en janvier 2004 sur le postulat du non-DRM (et aussi sur celui de la disparition des majors hormis dans le rôle de valorisation des fonds de catalogue). Quels sont les développements à attendre 3 ans plus tard, maintenant que ceci est presque acquis ?
Le financement de la musique par la publicité ? Non, comme je l’ai déjà dit, je ne crois pas à ce mode de financement, ni à l’échange de musique contre du temps de cerveau disponible, autrement que dans une vision à court terme et très limitée du “media musique”. Les artistes qui vivent par et pour la musique n’y adhèrent pas non plus… pour l’instant ou durablement ? Je pense que ça dépend de chacun en fait. Cela existera, mais cela restera un usage limité car ça reste plus pénible que le P2P (pour chercher et récupérer des morceaux, et donc n’amènera pas ses utilisateurs vers ce genre de services durablement), avec un catalogue beaucoup plus limité. Ceux qui y voient un moyen de ramener les pirates se trompent lourdement, et n’ont pas compris l’intérêt du P2P, qui est loin de se limiter à la gratuité. Aujourd’hui, aucun artiste ne m’a dit tirer de revenu quelconque des Deezer, Last.fm et autres systèmes de broadcast de musique sur playlist. Spiral Frog se lance dans une course à la levée de fonds, et pourtant je n’ai jusqu’ici connu aucune société dans le domaine de la musique sur Internet qui ait levé des fonds et ayant été un jour rentable (au mieux Launch se sera revendue à Yahoo, Musiwave à Microsoft, Last.fm à CBS, mais cela s’arrête là ). Dans tous les cas, aucun store n’a jamais été racheté, ce qui n’a rien d’étonnant, car il n’y a pas de réelle alternative à iTunes encore aujourd’hui
La facilité d’acquisition pour l’internaute, c’est là la réelle plus-value du P2P… et il faut essayer d’arriver à la même chose avec les ventes.
La vente directe était aussi un de mes postulats sur NeoMusicStore. Je pense qu’il y a aujourd’hui de plus en plus d’initiatives (au-delà de celle très médiatique de Radiohead) qui vont dans ce sens. Cela existe déjà sur NeoMusicStore, mais sa visibilité et son étendue seront améliorés avec la prochaine version. Au delà de la vente, la relation directe est importante, et le principal argument communautaire des labels qui se prétendent communautaire. Hors ou en label communautaire, mettre l’internaute au même niveau que l’artiste est inéluctable. MySpace et Facebook n’en sont que les prémices.
Les recommandations sont je pense aujourd’hui le nerf de la guerre. Beaucoup d’offres, difficile de faire le tri autrement que par les charts. Beaucoup de sites (ceux qui ont compris un minimum les spécificités du commerce en ligne) ont implémenté “ceux qui ont acheté X ont aussi acheté Y”… c’est un premier pas, mais cela n’arrive pas au niveau d’un Pandora ou Last.FM pour les services 100% net, ni à celles d’un journaliste, DJ, ou disquaire, avec une connaissance musicale qui ne se limite pas à la playlist d’une radio ou aux charts. Il ne faut pas se leurrer, dans toute la production qui sort chaque jour, tout n’est pas bon. Un filtrage avancé est donc nécessaire.
La promotion s’inscrit dans le même domaine. Aujourd’hui, il faut être débrouillard pour sa promotion. Ce n’est pas donné à tout le monde, il faut donc mettre à la fois des outils et des conseils à disposition des artistes, notamment émergents, parce que pour être découvert, il ne suffit malheureusement pas de faire de la bonne musique. Il faut déclencher l’intérêt, si possible d’influents.
Les produits “plus” ont fait l’objet de plusieurs tentatives marketing plus ou moins heureuses. Lorsque vu comme un simple bonus, c’est loin d’être suffisant pour motiver l’achat, hormis les fans viscéraux. Il faut savoir profiter du nouveau media Internet et de ce qu’il permet, plutôt que d’essayer de répliquer les modèles du physique.
Bref, pas mal de choses qui montrent que la transition est encore loin d’être terminée de la vente de disque à celle du titre vendu à l’unité sans limitation technique.
Très bon menu de l’année 2008, belle synthèse, bravo !
La publicité et la musique ont de beaux jours devant eux quand biensur, la musique n’est qu’un produit d’appel pour un produit commercial. c’est ce que nous prépare le nouveau producteur de Madonna.
Pour le reste, il n’y a pas une mais plusieurs solutions, adapté à chaque genre et artiste. le problème, c’ets que le modèle économique d’ITunes paralyse un peu la création de nouveau mode de conso plus axé sur la qulité musicale que sur l’iPod. La musique est souvent qu’un produit d’appel pour l’instant.
Oui, il y a pourtant des outils comme les Last.fm & co qui pourraient être autre chose qu’un simple player radio…