Archive pour January 2008

De l’esbrouffe des PR dans la musique, et leur reprise sur les blogs et journaux

Qtrax est l’exemple parfait de la press release (communiqué de presse en bon français) repris par toute la communiqué des bloggeurs (et pire de la presse, bonne excuse pour les bloggeurs pour expliquer leurs manquements) tel quel sans vérifier une information, qui fait que tout le monde prenne pour acquis (même si ici en l’occurrence cela n’aura duré que 24h, mais c’est uniquement grâce à l’étendue de l’information et l’implication de gros agents économiques et leur démenti qu’on a bénéficié de cette vérification) une information purement marketing, qui plus est complètement erronnée

Encore hier, SFR annonce 6 millions de téléchargements en 2007, et rien que 2 millions en décembre, tout en annonçant 250000 forfait illimythics vendus, et 29% du marché du téléchargement. Dès lors de nombreux blogs et journaux reprennent l’information comme quoi c’est une réussite et un sérieux concurrent à iTunes. Sauf que:
- il n’y en a pas un qui a fait le simple calcul du nombre de téléchargements par utilisateur (2 000 000 / 250 000, très compliqué c’est sûr) qui montre qu’il y a au mieux (si on considère qu’aucun autre client SFR ne télécharge de musique parce que sinon, c’est encore moins), 8 téléchargements par mois dans le cadre de l’offre Illimythics. Pour une offre illimitée, qui plus est en phase de lancement (donc largement testée par les clients pour voir ce que ça vaut), il y a au contraire de quoi se poser des questions sur la viabilité de l’offre, puisque ça ne fait même pas un album.
- Il y a eu plus de 50 millions d’euros de revenus sur le téléchargement en 2007 d’après les projections publiques (donc limitées aux chiffres du SNEP qui ne comprend que les plateformes françaises généralistes, et donc exclut toutes les ventes faites par des plateformes étrangères à des français, les ventes sur des plateformes spécialisées, etc) qu’on en a, quel est le calcul qui permet à SFR de revendiquer 29% du marché avec 6,7 millions de téléchargements ? Est-ce parce qu’ils considèrent qu’un titre est vendu en moyenne plus de 2 Euros et que donc en volume ils atteindraient ce chiffre ? Auquel cas là on tendrait à montrer que dans l’offre illimitée chaque titre coûte effectivement plus cher que dans une offre non illimitée ?
- Personne ne connaît le nombre de téléchargements faits sur iTunes

Bref, plus que dans tout autre domaine, la musique (parce qu’elle intéresse de nombreux observateurs sur le développement de l’économie numérique) est propice au bullshitage en tout genre. Et tout le monde (ou presque) se contente de copier ou paraphraser (voire monter des théories sur l’économie numérique basées dessus) ces communiqués (pourquoi donc ne pas aller dans une inflation des annonces)

J’annonce donc officiellement ici que la version 3 de NeoMusicStore disponible en mars 2008 proposera de la musique gratuite, interopérable, transférable, copiable sans limite, sans DRM, sans publicité, sans avoir besoin de surfer sur le site (elle arrivera directement par podcast dans votre lecteur sur votre PC ou téléphone, en analysant vos ondes cérébrales), tout en rémunérant grassement les artistes pour leur assurer de payer l’ISF. Ah … et puis vous aurez un bisou de l’artiste qui se déplacera chez vous pour faire un concert privé sur simple demande par email.

Qtrax et les modèles gratuits: ce que ne comprennent pas ces services (et leurs défenseurs)

Aujourd’hui en matière de consommation de musique sur Internet, il y a pour moi 2 publics:
L’amateur.
L’amateur est quelqu’un qui s’intéresse réellement à la musique. Il ne fait pas du remplissage mais de la sélection. Il achète ou achetait des disques, va en concert, festivals, et est prêt à payer de la musique dans la mesure où il sait que l’artiste est rémunéré. Il préfère acheter soit sur iTunes parce que c’est facile sans nuisance et qu”il s’en fiche des problèmes d’interop (ou achète en iTunes Plus), ou alors sur une plateforme pure MP3
Le téléchargeur P2P.
Il ne consentirait pas à acheter de musique quelqu’en soit le prix (bien que certains se défendent que les prix soient trop élevés, dans les faits quand ils ont le choix, l’exemple Radiohead étant flagrant, ils préfèrent ne rien payer, voire continuer à le télécharger via leurs outils habituels plutôt que via un site où il faut saisir ses informations personnelles, quand bien même le téléchargement serait lui direct et instantané après cette étape). C’est un public qui ne veut pas qu’on lui impose quoi que ce soit (le DRM et ce qui l’empêche d’écouter sa musique comme il l’entend étant le plus flagrant)

Le postulat de Qtrax et des autres services Internet basés sur la publicité
C’est qu’il y aurait un public entre les 2. Un public qui n’est pas prêt à payer, mais qui est prêt avoir des nuisances (manque d’interopérabilité, limitation des usages sur ordinateur ou autre équipement, publicité avant ou pendant la lecture de morceaux), et que ce public même représente une majorité d’internautes. Faites un sondage dans votre entourage sur les gens qui font ça aujourd’hui régulièrement (ce genre de services existent depuis belle lurette), et voyez combien de personnes y adhèrent. Personnellement je n’en ai aucune. Les 2 publics cités au début de ce blog représentent 100% des gens de mon entourage (qu’ils soient informaticiens ou complètement allergique aux ordis). Pourtant ces services pensent que non seulement il y en a un mais qu’il représente la majorité des utilisateurs ! Leurs fondateurs, investisseurs et défenseurs font probablement partie de ce rare public, on les a trouvés !!!

Expliquez-moi comment quelqu’un qui télécharge aujourd’hui sur le P2P avec aucune des nuisances que nous infligent ces sites pourrait trouver une plus-value dans ces services ? Tous ceux qui voient là l’avenir de la musique ne savent tout simplement pas se mettre à la place de l’internaute lambda, et pensent un peu comme à la belle époque des services lancés en 2000 (Wouah c’est cool comme idée, et puis le financement y’a pas mieux pour tout le monde…) sans vraiment regarder ce que l’internaute gagne par rapport à l’existant…

La rémunération des artistes dans le cadre de diffusion gratuite sur Internet par l’exemple Last.fm

MIDEM 2008: QTrax, Last.FM, Deezer et Yahoo obligent, la gratuité de la musique va être au centre des débats pendant une semaine. Livrons donc nous à une petite analyse. Prenons un artiste non signé qui a pas mal de succès sur YouTube, MySpace, Last.fm (qui servira d’exemple car seul à donner publiquement ses rémunérations), etc, et sur NeoMusicStore, modeste plateforme de téléchargement de musique indé: Mattrach

A l’heure où j’écris ces lignes il a été écouté 1735 fois sur Last.fm.
A l’heure où j’écris ces lignes il a été téléchargé 3113 fois sur NeoMusicStore.

Sur Last.fm il reçoit 0.0005$ par écoute (minimum garanti et probable effectif).
Il reçoit donc: 1735 x 0.0005 = 0,8675 soit un total de 0.59 Euros (avec la conversion Euro-dollar de ce jour, en estimant qu’il n’y ait pas de frais de change)

Sur NeoMusicStore il vend sa musique 0.75 Euros (prix qu’il a choisi) le titre, avec reversement de 20 centimes de commission par vente à NeoMusicStore soit 0.55 Euros qui lui sont versés
Il reçoit donc: 3113 x 0,55 = 2334,75 soit un total de 2334,75 Euros

Donc à tous ceux qui disent que la musique gratuite est l’avenir… oui pt’et pour les publicitaires ou plateformes qui vendent la publicité. Pas pour les artistes. On voit ici qu’en une seule vente MattRach gagne autant AVEC 1 UNIQUE TELECHARGEMENT EN VENTE DIRECTE qu’en 1735 écoutes sur Last.fm.

Sans parler que Last.fm ne paie probablement pas en temps réel (contrairement à NeoMusicStore), et qu’il faudra qu’il atteigne un palier… bref, il faudra des mois pour atteindre 3 francs 6 sous.

Pire cela signifie qu’un jeune de 16 ans est plus fort à utiliser les systèmes de promotion et de recommandation pour se promouvoir que Last.fm qui fait pourtant loi dans le domaine (et que je considère comme l’un des meilleurs algos pour découvrir de la musique, seulement voilà ce n’est qu’un algorithme avec ses limites).

La musique payante, et les recommandations non algorithmiques ont donc encore un bel avenir si on s’intéresse à autre chose que la musique de consommation (expression que j’invente mais qui pourrait bien être une dénomination officielle quand on fera de la musique sur un thème ou dans un genre qui permettra d’afficher les pubs les plus rémunératrices !)

Ce post n’empêchera pas certaines start-up de dire que la publicité en ligne est l’avenir de la musique pendant ce MIDEM 2008. On saura au moins pour qui quand elles le diront ! Donc, vous qui croyez rémunérer vos artistes favoris en les écoutant sur Deezer, Radio blog ou d’autres, dites-vous que rien ne vaut de leur acheter un titre en direct ne serait-ce qu’un par an, ce sera plus qu’en les écoutant 5 fois par jour chaque jour de l’année (ce qui s’avèrerait un exploit) sur l’un de ces services .

[EDIT] Les écoutes de MattRach sur Last.FM ne seraient que du “scrobbling” (lecture dans un media player sur son PC) donc pas lues sur le site directement. La base resterait la même néanmoins dans le cas d’une écoute sur site.

Download. Remix. Sell your remix: Introducing B2C2C model for digital music.

Rennes, Cannes, 25.01.2008
After having imposed high bitrate DRM-free tracks since its launch in January 2004, indie music store NeoMusicStore is going one step further 3 years later by offering multitrack audio files for a selection of tracks, audio files that customers will be able to freely edit to their own taste or style then sell on NeoMusicStore, affiliate websites, but also on their blog, website or social network such as MySpace or Facebook, thus inventing a B2C2C unlimited lifetime model for digital music.

Starting today, the first remix packages will become exclusively available on DJing.com, world leading electronic music website since 1997, before being added to NeoMusicStore new version by the end of this quarter.

Additional revenues for artists and producers.
Remix packages will be sold between €10 and €40, thus multiplying by 10 to 40 the revenue you can expect from a track. Even if only 5% of customers buy the package, that’s in the short term a 45% to 195% increase to today’s revenues for the same track. If one of more of the remix produced by fans is popular, original artist can expect to sell more original tracks, but also more remix packages… and then can obtain more popular remixes. As an editor can also give rebirth to its back catalogue with this new product, and songs may be edited to contemporary sound, that’s literally a vertuous circle with unlimited lifetime.

No additional work for artist or producers
Artists and producers don’t need to spend more time in studio to create variations of their music. They don’t need to reenter studio to produce new audio content for their back catalogue. They only need to deliver their master multitrack audio files, so they can start right now to sell these remix packages.

No interoperability issues. No learning curve.
NeoMusicStore won’t reproduce the interoperability headache that DRM files provoked during the last years. Some pre-formatted libraries may be available for some remix packages (such as Ableton-Live, Apple Garageband, Pro Tools, etc) but for every single package, a raw WAVE version that you can import in any software you are used to is provided. Respecting the same interoperability engagement, remixes will be sold in MP3 320k format.

No limitation to creativity and imagination.
Remixers are free to add their own sounds, their own touch to the remixes. They are not limited by the original artist choices. A moderation process gives a better exposure to those considered best by both the original artist and customers, but remixers are free to expose their remixes wherever they want as long as they are using NeoMusicStore widgets and store functionalities to distribute and sell it.

About NeoMusicStore: indie music store founded in January 2004. Website reached profitability in 2006 with its direct selling business model. A new version will be released during Q1 2008 introducing other advanced products and services.

http://www.djing.com/remix-packages/

Beatport, le lecteur / webradio que vous avez toujours voulu !

Pour tous les DJ comme moi qui cherchent une bonne solution pour écouter les nouveautés sur Beatport, il y en a une nouvelle ! Je viens juste de créer un lecteur qui joue toutes les sorties par date d’arrivée et genre. Allez juste à http://www.djing.com/beatport/, et lancer un player avec le genre de votre choix. plus d’options viendront bientôt…

En fait, il est basé sur le player de NeoMusicStore v3 à venir dans les prochaines semaines. Mais comme je me suis dit que ça pourrait être utile pour mon propre usage sur Beatport, et pour d’autres aussi, j’en ai construis une version simplifiée avec le contenu Beatport !