ArtistShare, SellABand, Spidart, MyMajorCompany, … la spéculation sur l’entertainment pour tous ?
Grosse actualité sur les sites qui permettent aux internautes de financer l’enregistrement et la promotion des artistes… Pas moins de 2 sites français dans le lot (les 2 derniers) avec des ambitions encore plus élevées que les sites référents en la matière que sont ArtistShare et SellABand (ce dernier ayant eu une grande publicité aura certainement inspiré nos entrepreneurs français) puisqu’ils demandent 50000 Euros 70000 Euros d’investissement avant de démarrer le processus.
Au-del des problèmes juridiques (l’appel l’épargne) et le montage financier qui pourrait être bancal (comment les sociétés se rémunèrent-elles tant qu’il n’y a pas de ventes de musique ? Par les intérêts sur les placements ? Par les placements eux-mêmes ? Qu’advient-il alors en cas d’échec de la société ?), cela paraît l’heure actuelle, pour le moins ambitieux; les internautes – français surtout – sont réticents dans leur grande majorité payer pour de la musique, malgré l’instantanéité et la facilité d’obtention, alors comment parier sur une capitalisation long terme (et forcément subjecte blocage des fonds pour une certaine période) ? Cela ressemble du mécénat plus qu’ du soutien par passion/admiration…
Le mécénat est-il assez vaste pour financer de nombreux artistes 50000 ou 70000 Euros ? Une rémunération (sur ventes pas sur ce capital) de 20 35% des artistes est-elle suffisante, l où de nombreux services proposent aujourd’hui 70% et plus ? Le développement d’artistes, . Le développement “produit”, qui se fait quasiment 100% sur des partenariats a-t’il besoin d’un intermédiaire de plus ? Au contraire, l’association avec des partenaires exclusifs risque-t’elle plutôt pas de freiner un moment où on comprend qu’il vaut mieux être partout et qu’il est de plus en plus facile de l’être (OpenSocial annoncé par Google cette semaine, aura certainement ses développements dans la musique par exemple) ?
Le postulat de ces sites n’est pas que la relation de l’artiste au fan va devenir plus directe, même si c’est ce qu’ils vendent de manière “marketing”, leur postulat c’est de se substituer aux majors du disque (et aux labels indépendants) pour faire l’intermédiation et la thésaurisation entre l’artiste et le fan… donc économiquement, la différence n’est pas fondamentale, surtout pour l’artiste… pour le public, on introduit une notion d’investissement et de possible spéculation, et que l’on joue sur la possibilité “de gagner gros”. Alors maintenant, c’est vrai pourquoi pas investir sur un artiste comme on investit sur Google ou une assurance-vie… Le risque est plus grand mais l’implication dans le processus créatif est plus tangible que le financement dilué d’une grande société. Beaucoup de complications en revanche dans les déclarations de revenus en perspective
Ca peut marcher:
- Pour les artistes grand public style variétés, notamment ceux qui se font “virer” des majors, et je pense que c’est l -dessus que capitalisent tous ces sites qui se lancent aujourd’hui. Ils devraient alors rogner sur le business des agrégateurs la Believe/Wild Palms qui n’ont déj pas besoin de ça…
- Pour les artistes qui tournent déj mais ont malgré tout du mal signer (le cas de nombreux artistes qui passent par l’associatif, et sont réticents la vente directe, au MP3, etc, en préférant les circuits traditionnels…)
Ca ne marchera pas:
- Pour les autoproduits qui s’adressent une niche de style, mais pas de frontière (je pense tous ceux qui font de l’électro par exemple)
- Pour les productions qui s’adressent un public jeune qui préfère avoir tout de suite ce qui est la mode, quitte ce que ce soit jetable plutôt qu’investir des mois l’avance sur quelque chose qu’ils peuvent avoir tout de suite.
Je pense que c’est encore un moyen de profiter de la long tail (beaucoup d’artistes pourraient être intéressés par l’appât du gain disons-le… le chiffre est impressionnant, même si rien ne leur revient au final comme revenu…) plus que de la mettre en valeur (l’entreprise gagne de l’argent pendant des mois tant que les placements ne sont pas investis), mais malheureusement, si une fois le contexte juridique bien défini, techniquement, ce n’est pas une solution difficile mettre en place, il n’y aura pas pour autant 20 acteurs qui feront ce même business… les artistes iront logiquement celui qui leur donnera le plus d’exposition, et pour cela, SellABand et ArtistShare ont pris une sacrée longueur d’avance…
En tout cas, je serais un artiste aujourd’hui je serais bien perdu, et j’aurais bien du mal choisir ce qu’il y a de mieux… rien qu’entre ces 4 l mais aussi avec toutes les autres solutions proposées… je pense que je préférerais quand même reposer sur quelque chose de tangible l tout de suite, plutôt que dans plusieurs mois…. surtout qu’effectivement ça bouge tous les jours, et rien ne me dit qu’il n’y aura pas un SellABand 2 fois plus avantageux, quand j’aurai levé la moitié de mes 50000$…. et l j’aurais l’air bien malin… ne pas savoir si j’ouvre un compte sur le nouveau pour faire mon album plus vite ou si tant pis je reste sur mon SellABand parce que j’ai déj 25000$…. enfin tout ça, c’est sans compter sur les contrats d’exclusivité que demandent peut-être ces sociétés pour se prémunir de la concurrence, qui si elle est profitable aux artistes, ne l’est pas elles…
11 Comments »
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Complètement d’accord avec cet article. J’ai d’ailleurs posé la question Spidart concernant l’environnement fiscal et légal qui fait que leur clone de sellaband n’est pas adapté la France.
En France on ne peut pas collecter de l’argent des particulier ainsi en leur promettant une rémuneration sans une accréditation de l’autorité des marchés financier… qu’apparemment ils n’ont pas !!!
Fiscalement c’est super flou aussi, quid de la TVA ? Comment doit on déclarer ces revenus de producteur ???
Apparemment ils ne se sont pas posés la question…
Ce qui montre la fragilité et le peu de crédibilité qu’on est en droit d’attendre d’une entreprise qui collecte notre argent !!!
Enfin, pour finir sur une note amusante… je dirai heureusement qu’il existe une bourse de la musique : Zikpot : qui est une parodie de la Bourse où on ne risque pas notre argent réel. On peut miser sur la cote d’un artiste star ou nouveau talents (il y a déj 8000 inscrits sur le site)… et au pire on gagne des cadeaux…tout en aidant les artistes se rendre plus visible.
Tout le monde joue le jeu de la parodie, c’est assez fun !
http://www.zikpot.fr
[...] lire également cet excellent billet sur le [...]
Au-del du flou sur le cadre légal et fiscal très bien décrit dans cet article, se pose la question du lien qu’ont les artistes avec ce type de plate-forme :
Que se passe-t-il si tel artiste mis en avant sur une plate-forme se fait repérer par une major “réelle” ?
Se fera-t-il débaucher ?
Dangereux pour MyMajor et leurs fans producteurs…
Ou alors les artistes mis en avant auront un contrat d’exclu avec MyMajor : que se passe-t-il pour eux si les fans n’adhèrent pas : ils seront mis au placard comme dans une vraie major
Donc l’intérêt de la bonne équipe artistique de MyMajor est bien de signer en direct les artistes VRAIMENT prometteurs, ce sont les usages de la profession et c’est bien légitime…
Sur leur plateforme web, mon avis ils ne mettront que des artistes au potentiel limité, pour eux, pour les retours sur investissement des fans, en déplaçant tout le risque financier sur ces même fans…
On aurait donc un e-label “forcément” au rabais…
On peut reprocher des amateurs de créer des sites web pas toujours adaptés aux vrais besoins des artistes, mais ce n’est pas leur faute.
On peut s’inquiéter de voir des vrais professionnels proposer au public une part de leur gâteau qui diminue tant et plus : pour moi “too good to be true”…
Mais initiative suivre attentivement néanmoins
Spidart Labélisé
Nous sommes heureux de vous annoncer la labellisation de Spidart par l’organisme NOVACITE de la CCI de Lyon.
Cette organisme labélise les entreprises innovantes et qui ont notamment une équipe forte, solide et complémentaire.
94% des entreprises labellisés Novacité éxiste 5 ans.
http://www.novacite.com
Cette nouvelle nous permets de vous présenter l’équipe Spidart, promit les photos et complément seront en ligne prochainement:
Nicolas CLARAMOND Fondateur 5 ans d’expériences professionnelles en start-up et grands groupes.
Maxime Perben Co-fondateur Chef de projet informatique.
Benjamin Hekimian Associé : Directeur Artistique de Spidart et fondateur de kariel-records.
Bertrand Lenotre Associé : Fondateur de Podemus.com et journaliste.
François Buisson Associé : Co-fondateur de Podemus et consultant en stratégie d’entreprise.
Rémy Pernot Associé : Directeur des Services de Cegid informatique.
Studio-HB Associé : Web-agency développeur et web designer de Spidart.com.
Démentit juridique : beaucoup de personnes se pause la question de l’appel publique l’épargne, nous vous affirmons que le statut juridique de Spidart concernant ce point est bordé : Le Cabinet d’avocat Lamy et Associés s’est chargé il y a 6 mois de cela :
http://www.lamy-associes.com.
Néanmoins nous ne pouvons dévoiler publiquement le montage juridique pour des raisons de concurrence.
Cdlt,
L’équipe Spidart.
[...] la production, a dernièrement produit son 10éme artiste. L’environnement est déj très concurrentiel et les enjeux sont posés par Sylvain [...]
“Néanmoins nous ne pouvons dévoiler publiquement le montage juridique pour des raisons de concurrence.”
Donc on vous donne des sous mais on a pas le droit de savoir…
Bah ca donne envie ca !!
“Néanmoins nous ne pouvons dévoiler publiquement le montage juridique pour des raisons de concurrence.”
Donc on vous donne des sous mais on a pas le droit de savoir…
Bah ca donne envie ca !!
Tu ne veux pas qu’on te livre le business-plan aussi
Puis je pense que c’est le résultat qui nous intéresse plus que les textes de Maitre l’avocat
Il semblerait qu’il y ait encore un petit nouveau… ça va en faire du monde ça sur le marché ! No Major Musik (c’est amusant comment ils s’opposent tous aux majors et sont pourtant presque tous issus des majors, et souhaitent en appliquer les principes fondamentaux… serait-ce vendeur ?)
http://www.nomajormusik.com/
A mon avis, toutes ces plateformes visant uniquement le marché français n’ont aucune chance de marcher. Ce n’est pas tant leur modèle que leur équipe et leurs compétences que je vise. Simplement la mentalité française et le fait de réunir autant de producteurs dans notre pays (par curiosité calculer le nombre d’investisseurs français sur sellaband et leur panier moyen).
La seule solution est de se déployer l’international et sur ce domaine Sellaband a pris beaucoup trop d’avance pour être inquiété, surtout que la somme qu’ils demandent est beaucoup moins importante (50 000 $ = 39 000 €) et leur réputation établie. Quand on voit un site comme mymajorcompany.com demander 70 000 $ , on peut se poser des questions.
Par contre, le fait que ces sites se déclarent différents de Sellaband, il faut arrêter les bêtises. Il n’y a pas de honte avoir repris un business model existant qui fonctionnait bien. Quand je vois des rigolos se déclarer premier label participatif au monde (que mymajorcompany ne se sente pas spécialement visé, je mets les autres dans le même panier mais c’est tout de même eux qui l’affichent le plus ostensiblement dans leur communication), je rigole doucement.
Et qu’apporte de véritablement innovant ces plateformes par rapport au modèle de Sellaband? Je pense qu’il s’agit ici de leur véritable problème.
Et le dernier né…: http://www.ProduceMyLive.fr,
celui l n’est pas issu d’une major!
Pour produire de la musique live et des concerts…
slt à tous! quelqu’un a-t-il du neuf sur le modèle juridique des labels communautaires? c’est mon sujet de mémoire et j’y comprends vraiment rien… merci d’avance!