Archive pour November 2007

Glowria: 60 Euros de débit, de plus en plus fort

Je vous ai déjà parlé de mes difficultés de résiliation de contrat avec glowria, et et bien là je viens d’avoir un débit de 60 euros, qui sort de nulle part, pas de facturation pas d’email rien… juste un débit de 60 Euros. Je vais dans mon compte Glowria… liste des paiements, je vois le paiement de 60 euros… et là la totale… quand je clique pour voir la facture: “La facture ne peut être générée”. Comme par hasard ! C’est sûr qu’elle est difficile à rédiger celle-ci. Il va sans dire que le paiement va être contesté auprès de ma banque au plus vite… (en copie la DGCCRF) J’crois que c’est le summum de la relation clients que j’ai pu avoir sur les 30 dernières années :)

Toujours garder les accusés de réception même des mois après, ça sert parfois, la preuve !

La révolution musicale par Philippe Axel “Liberté, égalité, gratuité”

Reçu (gratuitement, je précise pour éviter tout soupçon de subjectivité), dans ma boite aux lettres il y a quelques jours, édité chez Pearson éducation, l’ouvrage de l’artiste indépendant et blogueur philaxel.com, va à l’encontre du rapport tout récemment remis à Nicolas Sarkozy. Ce rapport, rédigé je le rappelle par le président de la Fnac Denis Olivennes, lui-même tout à fait hostile à toute notion de gratuité, prônant avant tout une riposte graduée à l’égard des internautes téléchargeant des oeuvres illégalement, et la mise en place de solutions de vente en ligne interopérables.

Philippe Axel, lui, considère la marche – forcée peut-être – vers la gratuité comme inéluctable, à la manière d’un Jacques Attali qu’il cite souvent et qui prédit que les biens non rivaux (ceux qui peuvent être copiés à l’infini, sans nécessité de matérialité) ne pourront être vendus alors qu’ils sont dans le même temps mis à la disposition gratuite de tous. L’auteur ne croit donc pas au modèle de téléchargement à l’unité qui s’est imposé depuis iTunes Néanmoins, alors que c’est – au moins en visibilité – aujourd’hui le consensus lorsque l’on parle de gratuité des contenus sur Internet, il ne croit pas non plus à leur financement par la publicité; d’une part parce que la technologie permet aujourd’hui et permettra de plus en plus de s’en affranchir quand bien même on essaie de nous l’imposer; d’autre part parce qu’elle ne ferait qu’amplifier le mouvement de merchandisation/mercantilisation de la musique, déjà bien avancé aujourd’hui chez les majors du disque, à un moment où les directeurs artistiques des majors n’ont plus d’artistique que leur titre.

Bien que n’y adhérant pas totalement, l’auteur est un fervent défenseur des licences Creative Commons, sous lesquelles il diffuse sa propre musique car il déplore les actuels mécanismes de répartition comme de subventionnement, qui n’apportent aucune solution viable à l’indépendant qui se perd rapidement en formalités administratives, la prime étant donnée artificiellement aux plus grosses structures, cela ne favorise pas l’émergence de nouveaux artistes de musiques actuelles faute de moyen de production (et c’est quelque chose de complètement vrai dès lors que les productions ne peuvent être faites dans un home studio). Il rappelle au passage que les musiques actuelles, au contraire du classique, du jazz, etc ne bénéficient de quasiment aucun soutien public ou mécénat car consdérées à tort comme bénéficiant d’assez de moyens grâce à l’industrie musicale.

Si je le rejoins dans le postulat que la publicité ne peut être un mode de financement de la musique, je ne pense pas plus que la généralisation des taxes ou subventions puisse l’être contrairement à ce qu’il semble donner comme piste. En effet, il propose une licence légale qui prélèverait des faibles montants qui seraient reversés aux sites Internet de contenu. Je pense qu’un “consommateur” de musique est aujourd’hui déjà beaucoup trop taxé (supports vierges, clés USB, disques durs, baladeurs, etc), alors même que la musique a pu être légalement acquise. Je n’ai jamais été pour que la communauté paie pour les pirates, je ne le suis toujours pas, d’autant plus lorsque les reversements de ces taxes perçues tombe dans les travers que l’auteur lui-même dénonce par ailleurs

Pour la partie support, il propose des évolutions qui me semble être finalement basiques, puisque c’est appliqué la recette des DVD (bonus, contenus exclusifs) aux CD. Malheureusement, si cela s’avère nécessaire pour la pérennité du support CD, cela ne peut être suffisant pour autant, et je ne crois pas à un réel avenir des supports autres que collectors (même le support et le symbole n’ont plus de valeur aujourd’hui), et c’est en cela que le vinyle retrouve aujourd’hui ses lettres de noblesses dans l’”élite musicale”.

Ce livre va bien au-delà du simple constat et de l’énoncé de nouvelles pistes de développement – bien qu’elles y soient présentes, puisqu’on y sent le réel engagement d’un artiste indépendant – salarié par ailleurs – qui a bien étudié tous les aspects de la transition que nous sommes encore en train de vivre… de là à dire que la gratuité et le mécénat s’imposeront, j’en doute personnellement, surtout dans les pays où l’exception culturelle n’existe pas.

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Les limites du modèle publicitaire: le cas Airtist

Je n’aime pas parler des “concurrents” de NeoMusicStore sur mon blog, qui plus est lorsqu’ils sont français, et que leur modèle a du mal à prendre, mais je me le permets désormais pour Airtist, car je ne le considère plus du tout comme un concurrent désormais (encore moins avec la v3 de NeoMusicStore à venir Q1 2008)

Airtist a annoncé, il y a de cela près de 3 ans, qu’il allait révolutionner la musique en ligne. Soit. De nombreux et répétés démarchages de labels indépendants français ont été faits avant l’ouverture même du site qui est intervenue elle, il y a environ 15 mois. Dans le même temps, les fondateurs ont multiplié les initiatives pour aller dégoter des subventions sur le modèle économique révolutionnaire qu’ils comptaient donc déployer. Aux dernières nouvelles, ils auraient même levé des fonds (immédiatement consacrés probablement à une démarche de vente d’espaces publicitaires). Ce modèle révolutionnaire, quel est-il ? Tout simplement d’obliger les internautes à regarder une video de 30 secondes pour pouvoir en échange télécharger un titre (ce qui devait s’appliquer à tous serait désormais très limité en nombre de titres). L’auteur étant rémunéré à hauteur de 7 cents (en décalé lorsqu’il aura atteint un palier de ventes). Donc cela oblige probablement Airtist a vendre au moins le double aux annonceurs ET à faire du gros volume pour rentrer un jour dans ses frais (et pour les artistes, le volume est également indispensable, surtout s’ils doivent partager les revenus avec les producteurs, éditeurs, etc)

Aujourd’hui, 3 ans après les premières annonces, force est de constater qu’hormis les publicités Google sur les pages artistes (qui ne rapportent rien aux artistes), la publicité comme moyen de monétisation des téléchargements de musique est toujours aux abonnés absents, malgré des campagnes régulières qui annonçaient sa disponibilité imminente depuis l’ouverture soit plus de 15 mois maintenant. Et encore désormais, le catalogue serait partiel… Ca ne coûte rien, et ça permet de faire parler de soi, quand on avance qu’on peut avoir de la musique gratuitement légalement (et l’actualité du moment pourrait les inciter à l’annoncer une énième fois). Ils sont même jusqu’à aller se comparer au système de Radiohead. Soit. Si je suis allé moins loin, après tout, j’ai aussi dit que la vente directe était le postulat de NeoMusicStore dès sa conception comme Radiohead pour son dernier album.

Airtist, le jour où il proposera effectivement la musique contre publicité (et j’avoue que cela dépend plus de leur trésorerie que d’autre chose si ça doit arriver), et tous les sites qui disent vendre de la musique en échange de publicité, ne vendent pas de musique. Ils utilisent la musique pour vendre de l’espace publicitaire. Evidemment, ce n’est pas ce qu’on annonce à l’artiste (surtout quand comme Airtist, on lui VEND le fait de donner sa musique en échange de publicité – ce qui est d’ailleurs le summum en la matière)

Airtist est tellement dans une valorisation de sa base membres (seule chose qui pourra attirer des annonceurs qui rechigneront à payer plus cher pour être sur une unique plateforme que via Google sur tout le web étant d’avoir une base de données TRES QUALIFIEE) qu’il en organise des concours bidons (bidon non pas parce qu’il n’y a pas d’enjeu, il y en a bien un, par exemple en ce moment un baladeur, qui fait également l’objet d’eloges de la part des fondateurs, comme par hasard) où le but est de récompenser l’artiste ayant reçu le plus de vote (le but caché étant d’obtenir un maximum de membres). Malheureusement ça a pour effet:
1. D’avoir des votes et des profils bidons et donc d’avoir une base de données relativement pauvre
2. De décrédibiliser les artistes qui recoivent 20 fois plus de votes qu’ils ne vendent de titres (ou alors Airtist ne devrait pas afficher le nombre de titres vendus)
3. D’avoir une réputation très mercantile auprès des internautes déjà excédés par les usages de fichiers par la plupart des commerçants du web, ce qui est complètement incompatible avec l’orientation indé (manque de mieux ?) prise par le site

Dernier problème pour airtist, c’est que leur concept révolutionnaire il y a 3 ans (pas tant que ça puisque c’est ce que Napster proposait déjà aux éditeurs dans les mois qui ont suivi sa création il y a bien longtemps maintenant, et tous les P2Pistes derrière avec les avantages de la distribution P2P et d’une large audience en plus), est en place aujourd’hui sur de nombreux sites, et le moins que l’on puisse dire, c’est que cela ne prend pas vraiment…

Bref, vous l’aurez compris, NeoMusicStore v3 n’aura pas plus de publicité (soit aucune) que les versions précédentes, car c’est un marché complètement différent… où les concurrents sont Google Adwords/Adsense/Doubleclick, Yahoo Overture, et toutes les régies publicitaires.

[EDIT] Lisez l’excellent livre de Philippe Axel, qui envisage aussi la gratuité, mais d’une toute autre forme que celle-ci

Mission Olivennes: j’avais tout bon non ?

Souvenir, c’était le 6 septembre…

Quel visionnaire (en toute modestie) ! :)

MXP4: ça fait Pschitt ?

J’attendais avec impatience le nouveau projet de Gilles Babinet qui s’est quand même plus que bien débrouillé avec Musiwave en la revendant au meilleur moment (en même temps Microsoft veut la racheter aujourd’hui donc peut-être aurait-il pu attendre encore un peu), quand les sonneries hi-fi pour mobiles ont connu leur apogée… bon certes pas pour quand il dit qu’il est passionné de musique et que c’est pour cela qu’il se lance dans ce genre de projets (pour vendre au final de la sonnerie à 3 Euros pièce). Philippe Ulrich et Sylvain Huet associés à l’aventure, c’est quand même digne d’intérêt aussi…

Alors qu’ils viennent de présenter leur projet, je comprends qu’il est totalement éloigné de la vision que je m’en faisais… celle que j’attends pour le développement de la co-création de mon côté. Ca semble avant tout être un produit (oui j’ai bien dit produit) qu’ils souhaitent vendre à l’industrie musicale qui commence à peiner à trouver de nouvelles sources de revenus viables. Format propriétaire (le pire dans l’histoire je pense), contrôle de toute la chaîne (“codec”, hébergement, diffusion) par la société, vision du remix basé quasiment exclusivement sur les prises lors de l’enregistrement (et c’est là qu’on comprend qu’ils s’adressent surtout aux majors qui veulent absolument rentabiliser leurs productions), et un fumeux – mais vendeur – concept sur une adaptation de la musique à nos ondes cérébrales (sic)

Pour la techno ça ressemble à de l’AAC (oui l’AAC est multichannel jusqu’à 48 pistes) auquel on aurait greffé des fonctionnalités de scripts, quelque chose que l’on peut faire avec du Flash ou du Quicktime (j’entends Adrien dire “et le BIFS aussi”)… et un peu d’imagination aujourd’hui (mais aussi y’a 5 ans)

Bref, à moins d’avoir Apple comme partenaire, et/ou de l’imposer sur tous les CD vendus dans le commerce (les CD c’est quoi déjà ?), difficile aujourd’hui d’y voir l’avenir de la musique comme ils l’annonçaient si modestement. Ah oui… va pas falloir être pressé non plus, c’est annoncé pour l’été 2008 (ok 2008 c’est dans un mois maintenant), soit plus d’un an d’annonces (ce genre de choses c’est jamais bon quand on parle de révolution). Bonne chance néanmoins à l’équipe, mais faudra sacrément changer d’orientation pour que je m’y intéresse désormais ! En même temps, l’histoire pourrait se répéter, je suivais Musiwave quand c’était autre chose qu’une boite qui vendait des sonneries mobiles et avais arrêté dès lors.