Réinventer la musique en ligne: NeoMusicStore v3 teasing
On l’entend souvent à gauche et à droite, tel site de vente en ligne va réinventer la vente de musique sur Internet… On l’entend tellement et c’est si souvent associé à du vaporware (l’idée est lancée, mais l’existence même du service reste à prouver longtemps après l’annonce) qu’on n’y fait plus trop attention.
NeoMusicStore est rentable (attention, à ceux qui ont peur du capitalisme, rentable ne signifie pas qu’il permet de payer des vacances aux Bahamas 300 jours par an à son fondateur… cet été je me suis rendu compte que ça fait la 4ème année à la suite que je ne pars pas, donc hein…, cela signifie juste que les recettes sont supérieures aux dépenses), mais la plus-value différentielle tend à se limiter puisque la plupart des sites proposent ou vont proposer la musique sans DRM ce qui était le postulat de base de NeoMusicStore, et avec l’indépendance des artistes et labels par rapport aux majors, les 2 conditions sine qua non pour rejoindre la plateforme. Aujourd’hui plus de 300 labels indépendants ont rejoint le site, auxquels s’ajoutent 1200 via des agrégateurs (dont je ne comprends toujours pas l’utilité, ce qui est confirmé par l’intégration et les mises à jour peu régulières de leur catalogue sur NeoMusicStore faute de les recevoir), il atteint donc une taille correcte, sans être parmi les ténors étrangers du catalogue indépendant (eMusic, Beatport, DJDownload) qui comptent tous plusieurs milliers de labels indépendants, mais des modèles plus restrictifs (soit par abonnement, soit avec des téléchargements coûteux)… que faire donc pour cette v3 ? Financièrement donc, si le site est rentable, il ne permet pas pour autant de dégager de bénéfice substantiel permettant d’en vivre.
Sur le plan des innovations, NeoMusicStore a été le premier à permettre un téléchargement par podcast (donc automatisé dès lors que vous avez payé), et une écoute intégrale des titres, et est encore parmi les seuls à proposer ces fonctionnalités. Mais elles ne permettent pas pour autant de se différencier suffisamment.
NeoMusicStore v3 consistera à mettre en valeur… celui qui justement crée de la valeur dans le processus artistique… et pas les intermédiaires de tout poil, l’artiste donc, réel créateur, arrangeur, etc et son label, réel défricheur et faiseur de tendances. Attention qui veut dire mettre l’artiste en valeur, ne veut pas dire dans le sens où on lui propose une page communautaire payante qu’il ne parviendra jamais à rembourser comme d’autres le font… non non non
Contrairement aux idées reçues, un artiste se fait rarement connaître seul dans son coin avec un hit potentiel qui se fait remarquer par un décideur médiatique ou industriel. Généralement, c’est plutôt un processus long (ou pas, et c’est là qu’Internet fait la différence) qui fonctionne plus sur le réseau (non promis, je ne veux pas faire un MySpace-like !!!) avec d’autres artistes qu’autre chose (qui les invitent dans leurs concerts, font écouter les demos à des directeurs artistiques qu’ils connaissent déjà , etc)… et parfois via du “parasitisme” même d’une certaine façon, ou c’est la première partie par exemple qui connaît le succès. Je me souviens par exemple avoir assisté au tout premier concert d’Emilie Simon, c’était en première partie d’Avril… Aujourd’hui qui connaît Avril (non pas Lavigne) et qui connaît Emilie Simon ? Ceci sans renier la qualité des productions d’Avril qui sont pourtant tout aussi léchées que celles de l’artiste électro française la plus connue.
Ma tâche sur NeoMusicStore v3 sera de rendre le partage, les réseaux, vraiment effectifs dans la création de valeur… Quelque chose que ne renierait pas Alban Martin avec son concept de cocréation, fût-il un peu trop utopique tel que décrit dans son livre.
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