Route du Rock, jour 2: éclatants Smashing Pumpkins

Tout le monde ou presque était là pour eux ce jeudi soir au Fort-Saint-Père. Un public acquis, un nouvel album à sortir… il fallait à Smahing Pumpkins de distiller régulièrement certains des anthems de leur Mellon Collie and the Infinite Sadness ou Siamese Dream au milieu de leurs nouvelles productions pour s’assurer d’un succès quasi-certain. Et il en aura été ainsi. Toutes les 3/4 chansons, on avait effectivement le droit à un de ces titres, invariablement pendant toute la durée de leur set (environ 1h30). Difficile dans ce cas, de savoir prendre du recul…

La voix et la guitare de Billy Corgan, comme toujours, occupent tout l’espace scénique, faisant des autres musiciens (hormis peut-être le batteur Jimmy Chamberlin – normal c’est le seul autre membre historique du groupe) des figurants auxquels s’attache d’ailleurs très peu le réalisateur de la captation des concerts. Smashing Pumpkins, c’est le groupe de Billy Corgan avant tout, et peu de personnes diraient le contraire… Sauf que… Smashing Pumpkins a acquis ses lettres de noblesses avec un album,Mellon Collie and the Infinite Sadness, et selon moi, ce qui fait la force de Smashing Pumpkins sur cet album ce n’est pas Billy Corgan, du moins pas QUE Billy Corgan. C’est surtout le trio de producteurs Alan Moulder, Billy Corgan et Flood qui ont su ajuster à eux trois une part d’électronique, et de variation rythmique qui fait que les passages les plus énergiques prennent plus de relief, que lors d’un simple déchaînement de guitares et batteries… et c’est un petit peu sur ce point que semble pêcher les productions de Zeitgeist, le nouvel album des Smashing Pumpkins. Si on sent encore les influences électroniques ici où là , elles semblent plus avoir été apportées pour donner un peu plus de variété, qu’une réelle profondeur ou construction aux morceaux.
Pour ceux qui ne connaissent pas Alan Moulder et Flood, je les renvoie à Wikipedia évidemment. Fan déjà de Nine Inch Nails, Jesus and The Mary Chain, Depeche Mode et PJ Harvey, et connaissant Smashing Pumpkins avant Mellon Collie, j’avais d’emblée moi senti l’influence de ces producteurs sur les titres des Smashing Pumpkins. Adore, leur album suivant n’avait pas connu le même succès car le trio de producteurs n’avait pas été reconduit (et de nombreux conflits avaient surgi entre Brad Wood le remplaçant et Billy Corgan, au point que Flood avait été rappelé in extremis). Sur Zeitgeist on ne les retrouve pas non plus, et ça s’entend (je précise que je n’ai pas écouté/téléchargé l’album, je me contente de leur prestation scénique pour juger). Bien entendu, comme à chaque reformation de groupe à succès, cela ne conditionne pas les ventes (du moins dans les premières semaines) du nouvel album, mais sur la distance, et même si ça a besoin d’être reconfirmé par une écoute “at home”, Zeitgeist ne devrait pas non plus obtenir le succès de l’album-phare du groupe.

En résumé, la prestation des Smashing Pumpkins a effectivement éclipsé tous les autres concerts de la soirée, mais aura dû son succès surtout à la reprise des anciens titres, et à l’énergie incontestable déployée lors de leur introduction et de leur final.

Pas de jour 3 de la Route du Rock (désolé, mais les papys de Sonic Youth ne m’intéressent pas plus que ça…). Une recommandation de lecture en revanche avant de partir, le blog de fluctuat

Et n’oubliez pas…
Pop is not a musical form

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