La musique indé en téléchargement en france… y’a-t’il un marché ?

Ce n’est pas au constat des ventes de NeoMusicStore faites à des français (encore que si, car c’est clairement la population la moins représentée, avec la plus faible progression depuis 2 ans et demi maintenant, alors que dans le même temps, c’est la seule population non anglophone qui dispose d’une version dans sa langue), mais avant tout, à la réaction de certains lorsqu’on distribue des coupons qui permettent de télécharger de la musique. “Bah ça sert à rien, on utilise Emule”. Alors, oui vous utilisez Emule, mais là on vous file un truc gratuit pour vous, qui rémunérera l’artiste (c’est NeoMusicStore qui paie lorsqu’on distribue des coupons). Souvent c’est le même public qui se cache derrière les arguments “j’achète pas parce qu’il y a rien qui va à l’artiste”… et là quand y’a 100% qui va à l’artiste on nous sort ce genre d’ânerie (c’est le mot), avec le sourire en plus ! Je respecte Guillaume Champeau et d’autres qui ont défendu des alternatives au téléchargement avec DRM, mais ils ont tellement déséduqué le public par un manichéisme vendeur, que ce dernier est désormais rétif à l’idée même de payer pour la musique, ce qui n’a pas de sens sauf peut-être pour un informaticien qui considère que c’est qu’une suite de bits (et encore lui l’informaticien, travaille-t’il à l’oeil, quand bien même lorsqu’il travaille sur des projets open source ? Je ne crois pas)

Dans le même temps, je vois que mes concurrents qui se concentrent sur le marché français vendent encore moins, largement moins, surtout si on prend en compte leur volume de visiteurs (du moins celui qu’ils annoncent), et pour certains l’écho médiatique dont ils disposent. Rédhibitoire ? Il y a de quoi s’interroger effectivement sur la réalité d’un marché du téléchargement indépendant en France. Sur le marché généraliste, Virgin déjà peine, mais il y a sur ce marché des gens qui achètent des sonneries, et les clients historiques qui achètent régulièrement leur musique en grande surface… mais déjà en grande surface, le catalogue indépendant est réduit à peau de chagrin… vaut-il mieux se concentrer sur le marché étranger ? Je pense que oui, à défaut, depuis le début, et l’histoire ne fait que le confirmer (d’autres sites le comprennent enfin)

De tous les pays où des coupons ont été distribués, la France est le seul pays où on peut entendre cette remarque (et avec un fort taux qui plus est), et c’est fort dommage pour notre scène indé. Pour une fois, j’espère vraiment avoir tort néanmoins…

EDIT: en répondant à une étude commanditée par Rock Tympas, organisateur du festival de la Route du Rock, j’ai pu constater avec celui qui menait l’étude que j’étais le seul interrogé à télécharger de la musique légalement sur Internet… confirmant ainsi mes convictions sur le marché indé du téléchargement… hormis ceux qui de près ou de loin sont dans la musique, rares sont ceux qui achètent, au moins au format dématérialisé.

6 réponses à to “La musique indé en téléchargement en france… y’a-t’il un marché ?”

  • Je crois qu’on pourrait presque commencer par se poser la question : y’a t il un marché de la musique indé tout court ?
    Car à mis à part le traditionnel Cd qu’on ramene d’un concert (tout comme on rapporte un paquet de pates d’italie…bref l’achat souvenir, limite produit derivé),
    ou pire le Cd placé dans le disquaire ou la fnac du coin (et là on touche la notion de produit local), je ne vois pas trop quelle est aujourd’hui la place de la musique
    indépendante sur le marché du disque en ce qui concerne le grand public.
    Revenons à Internet …Ce qui est interessant, c’est qu’au final les artistes indés sont les moins touchés par le piratage de masse puisque peu ou pas disponibles sur le P2P.
    Et c’est sans parler du nombre colossal d’artiste qui donnent (strategiquement ou idéologiquement ) les titres sur internet. Qui les écoutent ? Au fond avec un peu d’ironie, j’ai parfois l’impression que l’on a vu un marché là où il n’y avait pas forcement un public. (Enfin pas encore , l’espoir est tout ce qu’il nous reste).Que l’on a construit des caisses enregistreuses de luxe, d’immenses supermarchés bourrés de produits que personne ne connait …Alors que 90% des gens volent dans les supermarchés d’en face “sous l’oeil des vigiles” les produits que les médias leur presentent comme indispensables. On peut donc distribuer des bons d’achats par liasse de 100 … Le problème est en amont.

  • En France ? Parce qu’à l’étranger, il y a pour sûr un marché…
    Je pense néanmoins que le succès de sites de recommandations aboutira dans quelques années (mais nous qui baignons dedans depuis plusieurs années déjà , on a du mal à le comprendre que ce soit aussi long) à faire émerger des artistes indés (surtout qu’à ce moment-mà les majors ne développeront plus de nouveaux artistes, déjà qu’il y en a qu’une quinzaine de signé par an et par major actuellement… et encore beaucoup de produits TV qui sortiront au mieux 2 albums)

    Attention l’indé est aussi atteignable sur le P2P, mais c’est pareil pas sur le P2P de masse, en son temps Soulseek avait vraiment du succès dans cette population

    Bref, c’est plus un problème d’éducation et d’envie qu’un problème économique, donc ce n’est pas désespéré :)

  • Le peu de place fait à la découverte, à la nouveauté (et je parle pas que de musique) dans les médias de masse trad, l’arrivée du grand public sur Internet et les outils 2.0 feront sans doute (enfin encore une fois je l’espère) que l’émergence de talent ( pas uniquement artistique) sera possible. Nous regardons tous dans cette direction depuis des années, et tu as parfaitement raison de souligner l’impatience qui est la notre. Surtout au moment où on pourrait croire que le capital « découverte de talent » sur Internet en France se soit épuisé avec Kamini. Comme si la montagne avait accouché d’une souris.

    Ce qui est assez intéressant et paradoxal, c’est qu’au moment même où le grand public pointe le bout de son nez (je ne pense pas qu’on en soit plus loin), qu’on commence à capitaliser sur cette pratique jusqu’ici marginale « écouter et découvrir de la musique sur le net » à grand coup de plate forme, beaucoup des acteurs historiques de la musique indépendante sur Internet en France se sont essoufflés, laissant le champs libre aux grands groupes de médias pour les derniers 50 mètres. Ont-ils commencé la course trop tôt ? Ont-ils couru dans la bonne direction ?

    Je crains que l’on ai cédé aux sirènes du quantitatifs ( la multiplication des sites, des plateformes, des albums, des artistes ) , que l’on se soit un peu noyé dans un discours éthique, sans réunir les conditions favorables à l’émergence de talent , de leadership d’opinion, voir de nouveau média sur internet. C’est-à -dire «moins de chose » mais « partout » et « beaucoup ».

    Alors , qu’on me fouette à coup de « longue traine », de « chacun aura sont quart d’heure de gloire » et de « révolution culturelle ». Mais à ce moment là , je trouve qu’il y a une sorte de paradoxe à attendre de l’émergence de talent et à faire du « buzz », des stratégies une quasi religion. Autant attendre un bateau à Orly …

    Cela dit ce qui nous avons vécu jusqu’ici appartient au passé. L’arrivée des grands groupes médias et industriels sur le secteur ( et par conséquent des moyens ) permettra elle l’émergence de nouveaux talents ? Les acteurs de la musique indépendante sur le net ( Webzine, web radio, vente de mp3) parviendront il à se lier pour constituer un réseau compact, capable de réunir les conditions nécessaires à l’émergence de nouveaux talents ?

  • La longue traîne est un concept pour les distributeurs, pas pour les artistes, car cela permet de rentabiliser un catalogue en l’ayant à la fois le plus large possible, et en déportant les paiements des artistes. Et de ce côté-ci, ça marche à peu près, du moins à court terme… et ça permet de lever des fonds :)

  • [...] Je m’interrogeais il y a peu de temps sur l’existence d’un marché pour la musique indépendante en ligne en France… il semblerait qu’encore une fois je ne me trompe guère… car après Nupha, DigitalDeejay, Uploud, Overzic, JamLabel, voilà qu’Another Track (fondé par des bretons) a aussi fermé… [...]

  • Malgré l’état du marché, il y a vraiment un marché pour les indépendants.Ce marché demande de la réactivité et de l’inovatio. Vivre en vendant peu, c’est ce que fait le jazz, le baroque, le chant grégorien, le free jazz et la musique du monde. Trouver un équilibre financier, sans passé par un label, me parait difficile. Le but de ces structure est de centraliser les dépenses, offrir une visibilité aux artistes (la marque du label) et un peu de vente physique dans les quelques rayons qui vendent de la musique. Bref, faire un travail de producteur et de distributeur. Malheuruesement, les points de ventes ne vendent plus de musique jusque quelques CD), les majors du disque, déjà sous pression des médias n’ont plus aucun pouvoir sur les entreprises d’informatique. Face à Google, apple ou un FAI, aucune majors ne fait le poid.
    Pourtant, toutes les musiques ont un marché, un marché de niche. L’équation à résoudre et la suivante :
    comment vendre de la musique si l’ont à ni point de vente ni visibilité.

    Le Web 2.0 avec ses sites communautaires peut apporter une réponse mais tout reste à inventer.
    Enfin, la long traine, modèle conomique de distributeur n’ai pas compatible avec le développement d’artiste.

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