Archive pour July 2007
Trax qui meurt… la presse musicale française toujours plus mal
La presse musicale n’aura jamais su atteindre l’aura et l’influence qu’elle peut avoir outre-manche. Philippe Manoeuvre en est le plus digne représentant, tant dans sa que dans son échec. Quand NME “découvre” Artic Monkeys, quelques mois après notre journaliste musical national “découvre” Naast et essaie d’implanter la “nouvelle scène rock française” (sic) parisienne au-delà du périphérique… voire des frontières… Evidemment c’est un échec. Rock&Folk (oui pour ceux qui ne connaissent pas R&F, Philippe Manoeuvre en est la mascotte et le rédacteur en chef) est néanmoins le seul magazine français “de référence” pourrait-on dire, qui a su braver les effets de mode pour durer plus de 40 ans… à tel point que lorsque la TV ne fait ni de la variété, ni des clips à gogo, c’est souvent le sieur Manoeuvre qu’aujourd’hui encore on invite pour parler de musique.
Mais Rock&Folk avait en quelque sorte son pendant pour les musiques électroniques (au sens large), avec Trax. Alors qu’il y a 10 ans seul Coda existait dans le paysage électronique français en matière de presse (et faisait référence car de nombreux “importateurs” du mouvement électronique composaient son équipe de rédaction), Trax venait avait une approche qui visait à conquérir le grand public, tout en proposant des découvertes via un CD 10 titres inclus avec le magazine (alors que la population électro d’alors était toujours rompue au vinyle). Et la mayonnaise a pris, grâce à un contenu de qualité, une mise en page agréable… et des annonceurs qui suivaient, l’électronique ayant gagné en respectabilité (notamment dans les autre media) à cette époque. Bon an, mal an, le magazine s’est renouvelé en cédant à la mode du “tendances” (c’est d’ailleurs un magazine “tendances” qui a racheté la marque Trax, Technikart), perdant ainsi quelques-uns de ses plus fidèles lecteurs, se faisant racheter par Cyber Press Publishing… mais le lectorat n’a jamais vraiment décollé (13000 ventes par numéro dernièrement), peut-être aussi parce que l’électronique est toujours resté confinée à une population limitée…
On pourra aussi lui reprocher le côté “Tu me prends une publicité, je te fais un article, et je mets un titre sur le CD promotionnel”, mais c’est le mode de fonctionnement de toute la presse musicale en France, tout simplement parce qu’elle n’atteint pas une masse critique de lecteurs pour assurer sa subsistance des abonnements et annonceurs désintéressés par l’éditorial
Malheureusement sur le web français, la situation n’est pas meilleure, aucun site éditorial ne draîne de trafic important sur la seule musique (généralement les sites ajoutent d’autres cordes culturelles ou fashion à leur arc). Dès 1997, j’avais voulu moi-même lancé DJing, et n’avais pu que me heurter aux nombreuses barrières (quand déjà pour promouvoir il faut payer, y’a quelque chose qui cloche) qui s’érigent devant celui qui veut créer du contenu éditorial autour de la musique dans notre pays. Heureusement quelques motivés comme Liability savent me faire mentir
Le blog de l’équipe de Trax
Le rachat de la marque Trax par Technikart sur Rue89
Virgin France à vendre: la grande distribution a compris qu’elle avait perdu sur le terrain du numérique ?
La Fnac mise en vente il y a peu par Pinault, Virgin en vente par Lagardère, nos gros argentiers français auraient-ils compris que la grande distribution de biens culturels avait vécu avec les nouveaux modes de distribution numérique pour les produits cultutels et le discount pour les produits hi-tech ? L’agitateur culturel n’avait déjà plus d’agitateur que le lobbyisme pratiqué auprès de nos gouvernants depuis quelques années. Voici que Lagardère, l’armurier français qui détient aussi Virgin France (qui inclut le groupe Europe), envisage de céder sa chaîne de magasins, pourtant déployée dans les années 90 en concurrent principal de la Fnac, et sa boutique en ligne VirginMega.fr qui n’offre sans doute aucune perspective de rentabilité à court, moyen ni même long terme en dehors des sonneries lucratives de téléphones mobiles, marché qui décroît de façn importante depuis plusieurs mois.
Planete Saturn prend dans les villes la place des Fnac et Virgin en offrant un service minimum mais des prix serrés. A l’heure de l’overdose d’informations, le consommateur s’informe AVANT d’acheter son produit, et le marché du conseil en magasin se réduit désormais à une population de seniors, remettant ainsi en cause le modèle de la Fnac ou de Virgin qui peinent à concurrencer les discounters d’autant que leur service après-vente se réduit de plus en plus à une simple intermédiation avec les fabricants.
Sur le front de la musique en ligne VirginMega et FnacMusic sont les 2 acteurs franco-français, ceux qui n’hésitent pas à faire du lobbyisme auprès de nos élus dès lors qu’une proposition de loi pourrait mettre en danger leur modèle économique. La différenciation des sites est minime, chacun s’évertuant à coller au train de l’autre dès qu’une nouveauté (le non-DRM par exemple) se profile chez le concurrent. Tous les 2 ont d’abord choisi la solution Microsoft, seuls solution alternative considérée viable en 2004 par ces acteurs, avant de demander de concert une généralisation du MP3, lorsqu’ils ont vu que leur stratégie d’opposition à l’iPod et de fidélité à Microsoft (sachant que le Zune n’est pas compatible avec les titres de ces plateformes) ne payait pas… tout ceci bien entendu au nom de la défense du consommateur selon leurs communiquants.
Jamendo a – enfin – trouvé des fonds
C’était un peu l’arlésienne depuis quelques mois… Techcrunch annonce que Jamendo, qui jusqu’ici malgré une grande couverture médiatique, ne parvenait pas à trouver un business model qui puisse assurer sa rentabilité, a bouclé son premier tour de table avec Mangrove Capital (qui avait déjà investi dans AllPeers, un plug-in Firefox annoncé comme révolutionnaire, et qui a plutôt fait Pschiit depuis
). Avec cet investissement, la société luxembourgeoise spécialisée dans la distribution de musique libre sous licence Creative Commons, souhaite avant tout développer ses activités commerciales (comme le confie Laurent Kratz repris sur Musique 2.0). Bonne nouvelle, cette levée de fonds aura d’ores et déjà permis à l’équipe de se renforcer.
Nouveau système de recommandation sur NeoMusicStore
C’est un point différenciant très fort dans la vente de musique en ligne (et encore plus dans le domaine indépendant où les auditeurs sont à la recherche de nouveautés en dehors des charts) que de proposer des recommandations dignes de ce nom. Dès le départ NeoMusicStore a intégré cette idée, mais pour avoir un bon système de recommandation, il faut le nourrir…
Avec la forte croissance du nombre d’artistes disponibles sur NeoMusicStore (plus de 400 nouveaux arrivants sur les 30 derniers jours), le temps était venu de mettre en place un système de recommandations qui prenne plus en compte la proximité des artistes que le système “ceux qui ont acheté ceci ont aussi acheté cela” déjà en place dans le panier d’achat, et qui donne une visibilité aux artistes n’ayant pas encore vendu de titres (pour peu qu’ils soient considérés proches d’autres artistes déjà présents). Un nouveau système a été développé, avec une formule maison qui prend également en compte des données externes. Le système est d’ores et déjà appliqué sur certaines références du catalogue, et sera étendu progressivement (et affiné) dans le mois qui vient. Le résultat est pour l’instant très satisfaisant et devrait faciliter la vente des nouveaux artistes ajoutés au catalogue assez rapidement (d’autant que cela améliorera dans le même temps leur référencement dans les moteurs de recherche)
La prochaine (grande) étape sur ce plan sera de proposer une newsletter 100% personnalisée pour chaque utilisateur chaque semaine… l’algorithme est déjà pensé, mais il faut d’une part un plus grand catalogue de nouveautés chaque semaine, et d’autre part une plus grande capacité de calcul… très certainement dédiée