Last.fm racheté par CBS pour 280M$… so long Kioskradio
J’ai toujours été très attentif à l’évolution de Last.fm, car le site a dès le début eu une vision très proche de celle que j’avais avec Kioskradio…
Kioskradio a été développé en 1999/2000 sur l’idée d’une radio personnalisée qui s’adapterait au goûts des internautes au fil de leurs écoutes, grâce à des algorithmes proches du “vous avez aimé, vous devriez aussi aimer” d’Amazon. Last.fm s’est développé avec le même modèle à partir de 2002, à la différence près que le site n’a pas demandé en amont, jusqu’à une histoire très récente, l’autorisation des ayants droits pour diffuser leur musique, bien leur en aura pris, puisque ça a été le principal point d’achoppement avec Kioskradio… et ce qui est le cas avec la plupart des services de recommandation musicale en France… même encore aujourd’hui (même si la tendance est à l’assouplissement ces derniers temps) En effet, malgré l’autorisation des artistes pour diffuser leur musique, Kioskradio était contraint de verser des droits phénoménaux (sans aucun appui sur de quelconques revenus ou chiffre d’affaires). Par ailleurs, la nécessité d’obtenir à priori le consentement des ayants droits est un travail de longue haleine… alors qu’avec le succès de la plateforme avec beaucoup de contenus, ce sont les fournisseurs de contenu (en tout cas dans le domaine indé) qui demandent à rejoindre la plateforme.
Le site a joué à plein de son système en revanche lors de la fusion avec AudioScrobbler puisque la musique écoutée hors du site (sur iTunes, Winamp ou d’autres players MP3 supportés) fait partie intégrante des algorithmes… dès lors, la base de données d’artistes et de titres s’enrichit drastiquement puisqu’elle se constitue à partir des tags ID3 de centaines de milliers d’utilisateurs… qui plus est d’utilisateurs qui ne trouvent pas leur compte dans les programmations des radios FM, et donc une très grande diversité…
5 ans d’existence, 15 millions d’utilisateurs mais toujours pas de perspective de rentabilité… s’il y a bien un endroit où le service a failli, c’est là, mais heureusement diront certains car cela lui aura peut-être évité une dérive trop commerciale (que beaucoup d’utilisateurs doivent également craindre avec le rachat par CBS), surtout avec l’entrée dans le capital de purs investisseurs financiers. Kioskradio est arrivé trop tôt (pas de haut débit) au mauvais endroit (dans un pays où les sociétés de gestion collective n’ont aucune vision) mais le site avait d’emblée la volonté de s’orienter vers la vente directe (ce vers quoi NeoMusicStore s’est finalement orienté) en espérant ne pas trahir cependant le précepte d’origine qui était celui de la découverte de nouveaux horizons sonores… (et en cela le refus d’investissement extérieur est une garantie sur la politique à mener)
Pour NeoMusicStore, c’est une bonne chose que Last.fm soit racheté par CBS, parce que Last.fm est le seul service qui permettait vraiment une découverte et une promotion des artistes indépendants, ce que nul service aujourd’hui n’est réellement capable de faire (MySpace dans une certaine mesure, mais ses dérives vers un site purement communautaire – voire de rencontres – pour de simples raisons mercantiles, est en train de ruiner cet atout), et c’est vraiment l’axe de différenciation majeur que je compte poursuivre avec NeoMusicStore, tout en pensant (et c’est là aussi une limite de Last.fm, même si de nouvelles fonctionnalités il y a peu laissaient présager du meilleur) au monde offline… puisque cette semaine (cela sera officialisé le 1er juin) sont lancés les coupons, qui doivent devenir un moyen de prolonger l’expérience de la scène sur fichier, et faire découvrir – les usages en la matière sont presque sans limite – de la musique facilement à des amateurs de musique qui ne la consomment pas seulement sur Internet mais aussi dans des concerts, festivals, etc…
Pour ceux que ça intéresse, mon – dernier et actuel – compte – payant – last.fm: neomusicstore (étonnant, non ?)